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ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE

samedi 31 juillet 2010

LA TOILE DE FOND DU CRASH ISRAELIEN EN ROUMANIE




LA TOILE DE FOND DU CRASH ISRAELIEN EN ROUMANIE

 
Par Jacques BENILLOUCHE


Six pilotes israéliens et un militaire roumain ont trouvé la mort le 26 juillet dans un accident d’hélicoptère CH-53 qui s’est écrasé dans la région de Brasov. L’hélicoptère israélien participait à un exercice conjoint, Blue Sky 2010 avec les militaires roumains. Les dernières informations nous confirment que les américains participaient aussi à cet exercice en tant qu’observateurs et conseillers techniques.

La Roumanie a remplacé la Turquie

La Roumanie s’est substituée à la Turquie pour offrir à l’aviation militaire israélienne de larges espaces pour ses entrainements loin d’Israël. Les pilotes ont en effet besoin de se familiariser avec des régions montagneuses, de haute altitude, pour retrouver les conditions et le scénario auxquels ils risquent d’être confrontés dans le ciel iranien. Tayyip Erdogan avait fermé son espace aérien aux avions militaires israéliens après la brouille consécutive à la flottille de Gaza du 31 mai.

Des informations militaires éclairent les conditions dans lesquelles se sont déroulés ces exercices qui, dans leurs dernières phases, avaient pour but de simuler une attaque contre les installations nucléaires iraniennes. La région montagneuse de Brasov avait été justement choisie parce qu’elle abritait des falaises abruptes et de nombreuses grottes qui pouvaient représenter, à l’identique, les tunnels creusés à même la montagne par les iraniens pour cacher leurs installations nucléaires.

Les iraniens craignaient de ne pas recevoir les systèmes russes S-300 destinés à les protéger contre des bombardements massifs israéliens ou américains, portés au moyen d'avions de combat ou de missiles. Ils ont donc trouvé une solution de rechange locale, deux années auparavant, en enterrant profondément sous des montagnes de plusieurs centaines de mètres d’altitude toutes leurs installations nucléaires.

Les israéliens avaient donc besoin de trouver la parade en testant le vol à basse altitude à travers des gorges étroites pour échapper aux radars iraniens rendus aveugles par les massifs et pour atteindre les grottes iraniennes. A l’arrivée, la destruction des bases nucléaires devait s’effectuer par des missiles spéciaux capables de s’infiltrer dans les tunnels tortueux pour n’exploser que lorsque la tête avait précisément identifié sa cible.

Il ne fait aucun doute que ces manœuvres comportent des risques auxquels des pilotes chevronnés ne sont pas à l’abri. Ils doivent travailler en exploitant à l’extrême les spécifications de leur matériel puisqu’ils doivent passer, en une fraction de seconde, d’une faible altitude face aux tunnels au sommet des montagnes en évitant le choc contre les falaises. Le choix de hauts gradés, colonels et capitaines, figurant parmi les morts israéliens, atteste de la nécessité de recourir aux meilleurs éléments de l’aviation disposant d’une expérience de haut niveau. L’armée a dû recourir aux services de réservistes à l’instar du lieutenant-colonel Avner Goldman dont l’expertise et les états de service devenaient indispensables pour ces missions à haut risque.

Collaboration Israélo-américaine

Les militaires embarqués sur le deuxième hélicoptère, qui contrôlait l’opération à distance, ont expliqué que le crash a eu lieu parce que celui qui les précédait n’avait pas contourné les nuages alors que la règle fondamentale dans ce cas est de garder en permanence la vue nette sur leur cible. Cela explique l’hypothèse formulée par l’armée d’une défaillance humaine.

Cet accident met en relief la stratégie de l’armée de l’air israélienne qui s’exerce à parcourir de longues distances, non seulement avec des bombardiers, mais aussi avec des hélicoptères lourds impliquant un ravitaillement en vol. Tsahal donne ainsi une nouvelle vision de ses méthodes de combat consistant à approcher au plus près son ennemi pour le débusquer dans le moindre recoin.

La Grèce avait participé à ce genre d’exercice car la distance qui la sépare d’Israël, 1600 kms, représente l’espace que les pilotes doivent parcourir pour atteindre l’Iran. Ces manœuvres interviennent précisément après celle effectuée entre le 6 et 10 juin au large des côtes sud d’Israël, dénommé « Juniper Stallion 2010 », à partir du porte-avions USS Truman. Une soixantaine de Super Hornet ont simulé une attaque contre des cibles situées dans le Néguev tandis que des escadrilles israéliennes de F-16 décollaient des bases d’Allemagne et de Roumanie pour s’exercer au ravitaillement en vol et à la simulation de combat dans les airs durant leur trajet.

Les services de renseignements laissent entendre que les américains ont permis aux israéliens d’utiliser le base Mikhail Kogalniceanu sur la Mer noire, à proximité de Constanta, ainsi que la base de Bezmer en Bulgarie. La complicité intense avec les américains et le silence persistant du premier ministre israélien sur ses intentions à l’égard de l’Iran tendent à démontrer que l’option militaire n’est pas exclue. Les Etats-majors israélien et américain collaborent de manière intense comme le démontrent les nombreux exercices conjoints qui ont lieu tous les jours. Il semble que la décision finale appartiendra aux militaires lorsqu’ils pourront rassurer les dirigeants politiques sur la réussite de leur expédition.

vendredi 30 juillet 2010

SLATE : POLLARD, L'ESPION AMERICAIN QUE WASHINGTON NE VEUT PAS LIBERER




POLLARD, L'ESPION AMERICAIN QUE WASHINGTON NE VEUT PAS LIBERER
par Jacques BENILLOUCHE



Les Etats-Unis refusent toujours de libérer Jonathan Pollard, un Américain condamné en 1987 pour espionnage au profit d'Israël.

Le scientifique russe Igor Soutiaguine a été échangé le 8 juillet à Vienne contre la jeune espionne moscovite de 28 ans, Anna Chapman après avoir été condamné à de la prison ferme en Russie. Il avait été convaincu d’espionnage pour le compte des États-Unis. Anna Chapman fait partie des dix personnes qui ont été arrêtées lors d’un coup de filet spectaculaire aux Etats-Unis, en juin 2010 et qui ont été relâchées après un échange russo-américain.........


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http://www.slate.fr/story/25247/jonathan-pollard-espion-israel

lundi 26 juillet 2010

GUYSEN-TV : JOURNAL du 25 juillet 2010

BALLET DIPLOMATICO-MILITAIRE A DAMAS par Jacques BENILLOUCHE Le gouvernement israélien analyse les conséquences des rencontres diplomatiques secrètes qui ont eu lieu à Damas sur le thème des mesures à prendre contre Israël. Il craint que des velléités offensives ne poussent les protagonistes à prendre l’Etat juif de vitesse. Selon les services de renseignements israéliens, le président Bachar Al-Assad, le ministre turc des affaires étrangères Ahmed Dagutoglu, le chef du Hamas Khaled Meshaal et le premier ministre libanais Saad Hariri se sont entretenus le 19 juillet pour arrêter une position commune après les bruits de bottes persistants dans la région. Les craintes d’une intervention de Tsahal contre l’Iran, impliquant automatiquement le Hezbollah, les incitent à synchroniser un dispositif commun dont les efforts devraient être concentrés sur le ventre mou constitué par la bande de Gaza..... Lire la suite video

jeudi 22 juillet 2010

SLATE - LE «SAVANT» IRANIEN ET L'OPTION MILITAIRE ISRAELIENNE

Le «savant» iranien et l'option militaire israélienne Par Jacques BENILLOUCHE Le retour au pays du «savant» iranien Amiri pourrait renforcer l'engagement américain aux côtés d'Israël. Deux informations à priori sans lien entre elles concourent à réactualiser les problèmes du nucléaire iranien. La première concerne la défense antibalistique d’Israël et la seconde l’évolution des renseignements collectées concernant l’Iran. Les experts israéliens sont convaincus qu’aucune frappe contre l’Iran ne peut être effectuée avant que les mesures draconiennes de protection ne soient assurées. Le risque vital pour l’Etat hébreu serait engagé si les Iraniens décidaient de riposter car leur capacité de nuisance et de destruction ne peut être totalement éradiquée. Système ALTBMD Les Etats-Unis ont accepté de fournir à leur allié le système de défense ALTBMD qui protège actuellement les forces de l’Otan contre les tirs de missiles. Ce système a été développé par la multinationale d’origine française, Thales Raytheon Systems. Grâce à ce nouveau matériel sophistiqué, l’Etat-major israélien est dorénavant en mesure de détecter et de suivre tout missile envoyé sur Israël à partir de n’importe quel endroit du Moyen-Orient, l’Iran en particulier...... Lire la suite du texte sur Slate.fr en cliquant sur le titre de l'article en rouge. http://www.slate.fr/story/25147/iran-israel-amiri-guerre

mardi 20 juillet 2010

LES IRANIENS IMPLIQUENT ISRAEL DANS LES ATTENTATS

LES IRANIENS IMPLIQUENT ISRAEL DANS LES ATTENTATS Par Jacques BENILLOUCHE Les pays arabes et l’Iran trouvent toujours une échappatoire lorsqu’ils pataugent dans leurs problèmes internes. Il leur suffit alors d’accuser Israël ou le Mossad pour se dédouaner mais, à trop vouloir imaginer la main des israéliens partout, leurs arguments perdent de crédibilité. Téhéran vient cependant d’accuser Israël d’avoir joué un rôle important dans le double attentat du 14 juillet qui a fait 27 morts dans l’est du pays. Responsables étrangers En assurant que « les responsables de ce crime ont été entraînés et équipés hors des frontières et ils sont ensuite venus en Iran », le vice-ministre de l’intérieur iranien avoue implicitement l’échec de ses services de sécurité qui ne sont plus capables de surveiller les frontières malgré l’omnipuissance de l’armée et de ses commissaires politiques. Il feint d’ignorer que l’attaque avait déjà été revendiquée par le groupe sunnite extrémiste Joundallah, de l’ethnie Balouche en réaction à la pendaison de leur chef. Il lui était difficile de reconnaitre les vrais inspirateurs du massacre sans accuser implicitement de carence les Gardiens de la Révolution, les idéologues du régime. Le Mossad a toujours reconnu qu’il n’avait pas d’implantation en Iran car il craignait les retombées politiques sur la communauté juive forte de 20.000 âmes. Or, les iraniens veulent lui donner un pouvoir énorme qu’il n’a pas dans le pays. Cependant, il est fort probable qu’il utilise des relais locaux, bien introduits, trouvant un intérêt à collaborer avec l’occident. L’opposition interne ne manifeste pas ouvertement sa résistance aux mollahs et ne conteste pas l’existence et les fondements du régime mais uniquement les hommes politiques qui, selon eux, ont dévoyé la révolution. Seule l’opposition extérieure, qui ne compte pas moins de 35 partis et en particulier les Moudjahiddines du Peuple, a choisi la lutte armée comme unique moyen de mettre fin au régime. L’occident a longtemps hésité avant de les aider puisqu’ils les ont inscrits sur la liste officielle des organisations terroristes. Ils défendent en effet un islamisme pur et dur qui ne les distingue pas des tenants du pouvoir en place en Iran. Soutien extérieur Ces opposants avaient une capacité de nuisance qui cadrait avec les intérêts de ceux qui veulent en finir avec le régime iranien. Les moudjahiddines ont maintenu des contacts clandestins avec des sympathisants dans leur pays et financé des cellules dormantes qui, justement, commettent régulièrement des actes de terreur. Les services de renseignements allemands avaient trouvé des accointances entre eux et les israéliens qui n’ont pas été démenties par l’une ou l’autre des parties. L’Etat d’Israël ne s’est jamais caché de soutenir les groupes d’opposition qui combattent ses ennemis. Il aide ainsi les rebelles kurdes, qui s’opposent à la Syrie et à la Turquie, en les armant et en envoyant sur place des militaires israéliens pour former des officiers. Les moudjahiddines s’appuient sur les israéliens pour qu’ils les aident à ne plus figurer sur la liste noire des organisations interdites afin de bénéficier d’une implantation américaine. Ils ont besoin des financements occidentaux officiels pour acquérir un armement sophistiqué. Ils avaient marqué leur bonne volonté en obtenant d’un de leurs sympathisants, travaillant sur le programme nucléaire, des documents secrets qui auraient été remis à un agent israélien en Turquie. Les américains avaient d’ailleurs utilisé ces preuves pour justifier l’existence d’un programme nucléaire iranien. Cependant Israël ne s’est jamais directement impliqué dans des attentats contre des civils car il réprouve une méthode qui discrédite le combat sans que les résultats obtenus soient tangibles et qui ne fait pas parti de son mode opératoire. Les moudjahiddines y voient un moyen de déstabiliser le régime, de créer la suspicion et la panique parmi les services de sécurité et de prouver leur existence. Malgré cela, l’Iran est persuadé, parce que la thèse l’arrange, que les tentacules du Mossad sont suffisamment efficaces et puissantes pour être dirigés jusqu’à lui. On ne prête qu’aux riches.

samedi 17 juillet 2010

LES KURDES PRIS DANS L’ETAU TURCO-SYRIEN

LES KURDES PRIS DANS L’ETAU TURCO-SYRIEN Par Jacques BENILLOUCHE L’inquiétude avait été grande après le coup de froid entre la Turquie et Israël non pas seulement en raison de la dégradation des relations bilatérales mais en raison du risque de transfert de technologie israélienne aux pays arabes. L’armée turque est entièrement équipée par les industries militaires israéliennes et elle vient de recevoir une dotation de dix drones israéliens commandés en 2005. Le gouvernement avait ouvert un débat sur l’opportunité de livrer un matériel sensible après la quasi-rupture mais Benjamin Netanyahou tenait à respecter les engagements et la signature de l’Etat d’Israël. Des informations viennent de parvenir à l’Etat-major israélien précisant que des troupes turques et syriennes utilisaient pour la première fois des drones «Héron» produits par les Industries Aéronautiques Israéliennes (IAI) dans une opération conjointe de grande envergure contre les kurdes. Des drones turcs
Des sources du renseignement israélien viennent de dévoiler que des troupes syriennes ont été engagées à la fin du mois de juin dans des combats acharnés contre des tribus kurdes qui ont souffert de la destruction de quatre villes du nord, entrainant la mort de plusieurs centaines d’entre eux. Les syriens ont utilisé des «Héron», drones d’espionnage, qui ont été prêtés par Tayyip Erdogan à ses nouveaux alliés syriens. Les israéliens considèrent l’usage de cette arme de haute technologie par les Syriens comme extrêmement préoccupante. La Turquie, membre de l’Otan, a délibérément pris la décision de mettre à la disposition d’un allié de l’Iran du matériel sophistiqué. Ils ne se réfèrent pas au contournement de l’embargo iranien mais ils craignent que cette nouvelle arme de pointe ne se retrouve dans quelques temps entre les mains des mollahs. Des discussions intenses entre Washington et Jérusalem ont conduit l’Otan à réclamer des comptes à la Turquie qui, à ce jour, n’a fait aucun commentaire. Les israéliens ont mis en garde Erdogan contre la violation flagrante du contrat de vente des drones qui interdit l’utilisation par une autre puissance, et à fortiori par des pays ennemis. L’utilisation effective de ces drones dans des conditions réelles sur un champ de bataille permet de décrypter les spécifications du matériel, ouvrant ainsi la possibilité de le contrer lors d’une utilisation par l’armée israélienne. Les services de renseignements croient savoir que des experts iraniens sont déjà sur place à Damas pour pirater ces informations techniques. Cette campagne militaire à grande échelle contre les kurdes aurait été directement télécommandée par des généraux turcs installés à Damas auprès du commandement syrien. La décision de lancer l’opération avait été prise après le réchauffement des opérations kurdes contre la Turquie, au lendemain de la brouille avec Israël. Onze soldats turcs avaient été tués dans deux attaques des rebelles kurdes, provoquant une riposte aérienne de l'aviation turque contre le Parti des travailleurs du Kurdistan dans le nord de l'Irak. Ces attaques répétées, presque quotidiennes, faisant des morts parmi les militaires, mettaient au défi une armée turque convaincue qu’Israël n’était pas étranger à ce regain de violence. Dans une déclaration écrite, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan avait souligné que la Turquie était « prête à payer le tribut nécessaire pour anéantir le PKK ». Armée syrienne active Les kurdes, répartis dans trois pays différents, ont une grande mobilité qui a contraint les turcs à demander de l’aide. Les troupes d’élite syriennes ont été aux prises avec les rebelles kurdes du PKK turc, entrainés et armés par Israël, dans quatre grandes villes syriennes, Qamishli, Al-Asakah, Qaratshuk et Diwar qui ont été complètement encerclées et bombardées. Les victimes civiles collatérales sont nombreuses. Mais la Syrie justifie ces massacres par le fait que les militants PKK qui lancent des attaques contre la Turquie viennent du nord de l’Irak et sont des kurdes syriens envoyés en renfort pour soutenir le combat de leurs frères turcs et pour les soulager en ouvrant un autre front. Alors que Damas garde le silence sur ces opérations, les turcs sont plus loquaces et annoncent d’ailleurs 185 morts et 400 prisonniers. D’autres sources estiment que les pertes sont plus élevées. La Syrie est ouvertement engagée dans ce conflit puisque de nombreux contingents de militaires évoluent à la frontière irakienne pour bloquer la route aux renforts kurdes cherchant à prêter main forte aux combattants de Turquie. Le Hezbollah a rejoint, lui-aussi, l’axe turco-syrien afin d’aider les syriens à bloquer les kurdes pourchassés jusqu’à la frontière libanaise. Le président syrien a réquisitionné ses alliés du Hezbollah pour qu’ils verrouillent la frontière syro-libanaise et pour empêcher les combattants kurdes d’y trouver refuge. De nombreux barrages ont d’ailleurs été établis dans plusieurs villes libanaises pour traquer les kurdes. Des incidents graves ont d’ailleurs éclaté à la mosquée Al-Nabaa, au sud de Beyrouth, qui ont pris fin le 14 juillet après avoir fait plusieurs morts dans le camp des combattants kurdes. Interrogé par des journalistes turcs, le président Bachar El-Assad s’est contenté d’éluder la question : « je ne suis pas au courant des détails des cette opération. Le problème n’est pas de savoir si nous avons capturé 10 ou 100 terroristes. Ce qui importe, c’est le principe. » Il estime en effet que le pacte militaire signé avec la Turquie en octobre 2009 justifie la coopération des deux armées et l’échange de matériel. La rupture des termes du contrat sur les drones pourrait pousser les israéliens à revoir leur politique d’assistance à l’armée turque. Des instructeurs de Tsahal et des Industries Aérospatiales Israéliennes avaient été envoyés en Turquie pour former les militaires à l’usage de ce nouveau matériel mais la tension entre les deux pays les avait contraints à revenir en Israël. Par mesure de rétorsion, Israël pourrait surseoir à l’envoi de ses techniciens mais cela ne baissera nullement la pression sur les forces kurdes prises en étau.

vendredi 16 juillet 2010

SLATE/ORANGE : L’ALIBI DES FLOTTILLES DE GAZA

L’ALIBI DE LA FLOTTILLE LIBYENNE Par Jacques BENILLOUCHE Le problème israélo-palestinien a toujours servi de défouloir aux pays arabes lorsqu’ils avaient à résoudre leurs propres conflits intérieurs. Cet exutoire permettait de fixer l’attention hors des sujets sérieux qui étaient ainsi escamotés. L’époque où les organisations terroristes se faisaient connaitre par des détournements d’avions ou par des prises d’otages est révolue car elles ont compris que la violence desservait leur cause. Il semble qu’à présent l’affrètement de flottilles, chargées de briser le blocus israélien de Gaza, soit devenu à la mode car il occupe les premières pages des médias durant plusieurs jours et fait couler de l’encre plutôt que du sang, à l’exception bien sûr du navire turc Marmara. Il s’avère cependant que certains organisateurs détournent la mission de solidarité à des fins personnelles, aux antipodes de l’objectif apparent.
Guerre de Palais La flottille libyenne, qui devait rejoindre Gaza le 14 juillet et qui a accosté en définitive un quai égyptien, n’avait pas été organisée par la Libye qui avait renoncé depuis longtemps à occuper le devant violent de la scène politique. Sa dernière élection au Conseil des droits de l'homme de l'ONU, malgré les efforts de nombreuses ONG qui la jugeaient indigne d'y siéger, l’a contrainte à adopter un profil bas et une modération opportuniste. Cette flottille s’inscrit en fait dans le combat interne qui déchire les prétendants à la succession de Mouammar Kadhafi.
Le président libyen avait désigné officiellement son successeur en la personne de son quatrième fils, Moatassem Billah, au détriment de son ainé, Seif Al-Islam, qui n’a pas l’intention d’obtempérer. Ce dernier complote sans relâche pour succéder à son père qui a décidé de quitter le pouvoir en 2013. Pour favoriser la prise du pouvoir par celui qu’il a choisi, le colonel Kadhafi a imposé à son fils Seif l’exil à l’étranger en 2007, en lui intimant l’ordre d’y rester pendant au moins cinq années et de ne revenir qu’après l’installation officielle de son frère.
Seif se préparait depuis longtemps à prendre la tête d’un potentat riche en pétrole et en gaz. Il s’était constitué des alliés parmi les islamistes en favorisant la libération de trois chefs djihadistes et de deux cents militants. Il s’était affiché, en guise de symbole, avec Abdelhakim Belhaj, l'émir du Gicl, Khaled Chrif, son chef militaire, et Sami Saadi, l'idéologue, tous fraîchement libérés. Il avait organisé sa stratégie pour rassembler les forces vives afin de préparer son avènement grâce à des alliés qui l’aideraient à contrer son frère.
Mission désavouée Selon des sources du renseignement israélien, sa dernière initiative prétextant le soutien à Gaza avait pour but de se rappeler aux bons souvenirs de ses concitoyens en affrétant l’Almathea sur ses propres deniers. La mission de ce navire devait lui offrir l’auréole pro-arabe qui pouvait se grandir si un affrontement intervenait avec la marine israélienne dans les eaux de Gaza. Cette action a été, dès l’origine, formellement désavouée par les dirigeants de Tripoli qui s’opposaient à cette aventure dès lors où ils avaient compris la finalité de l’expédition.
Le colonel Kadhafi, qui dirige encore d’une main de fer son pays, a tenté en vain de freiner les ardeurs de son fils rebelle. Le 11 juillet il a donc interdit le décollage d’avions privés à destination de l’Egypte, la Grèce, la Crète ou Chypre afin d’empêcher Seif de rejoindre en héros sa flottille. La victoire politique et médiatique de son fils contestataire risquait de sonner le glas des ambitions de celui qu’il avait choisi pour lui succéder. Un porte-parole officiel libyen a d’ailleurs confirmé le 12 juillet que Seif al-Islam agissait en son nom propre et sans la caution de son gouvernement : « La Libye ne souhaite pas intervenir et pense que ce navire dissimule en fait une aventure et un risque ». Il faisait allusion en effet à la mise en garde du ministre israélien Uzi Landau qui avait prévenu le navire libyen que la marine israélienne serait moins indulgente qu’avec le Marmara turc.
Les officiels libyens confirment que l’objectif du Almathea n’avait rien à voir avec une prétendue mission de solidarité à l’égard des palestiniens mais concourrait plutôt à résoudre les intrigues de palais fomentées par les frères ennemis. Ils insistent pour faire comprendre que l’Etat libyen n’était pas partie prenante dans cette opération de pure propagande. Ils ont précisé que le sponsor de l’opération était la fondation privée de bienfaisance financée par le grand magnat, Seif al-islam, qui n’intervient qu’à titre personnel pour succéder à son père à la place de son frère, lieutenant-colonel, chef des services de renseignement et homme fort de l'armée.
Lockerbie Seif n’était pas de nature à se voir imposer des décisions qui freinaient son ambition. Il a donc décidé de revenir au pays, à grand renfort de publicité et contre la volonté de Kadhafi. Il était assuré de ne pas se faire contrer par son père qui pouvait difficilement mettre en danger les fondements de son propre régime. Il avait profité de son exil doré pour s’acoquiner avec les milieux d’affaires russes et britanniques qu’il soudoyait à coups de contrats de gaz et de pétrole. Pour justifier son retour au pays, il avait monnayé la libération de l’ex-espion Mohamed Al-Megrahi, condamné à vie après le détournement du vol Panam 103, écrasé à Lockerbie avec 261 personnes à bord. Il avait prétexté un état de santé en phase terminale du condamné pour le ramener avec lui à Tripoli en héros, le 21 aout 2009, sous le nez d’un Mouammar Kadhafi mis devant le fait accompli. Le colonel avait compris qu’il avait été berné lorsque le médecin, qui avait signé l’acte de libération, confirma le 12 juillet que Megrahi « pouvait vivre encore 10 ou même 20 ans. »
Seif s’est constitué un trésor de guerre à Londres pour conquérir son pouvoir. Quand il a évalué les dividendes politiques perçus par Tayyip Erdogan à l’occasion de sa flottille de Gaza, il a choisi de l’imiter pour brûler les étapes en saisissant la chance qui lui était offerte d’apparaitre en première page des médias en défenseur de la cause palestinienne. En raison du refus de son père de laisser l’Almathea appareiller depuis la Libye, il a été contraint de choisir un port grec avec tous les obstacles imposés par la marine israélienne. Mais il rêvait de se faire intercepter par la marine militaire pour obtenir les galons de héros pro-palestinien capable de succéder à son père.
La Fondation Kadhafi, affréteur du navire, n’a pas cherché la confrontation car telle n’était pas son but. Elle a estimé que le cargo Almathea, avait suffisamment «marqué des points » en faveur du peuple palestinien et de la reconstruction de Gaza même s'il n’avait pas accosté le quai de Gaza. Son directeur, Youssef Sawan a estimé que « l'objectif d'Almathea a été atteint sans que le sang coule ». Au nom de Seif al-Islam il a annoncé que la Libye avait obtenu des garanties pour « dépenser 50 millions de dollars dans la construction de logements dans la bande de Gaza avant l'hiver et fournir 500 maisons préfabriquées pour ses habitants ».
Le fils rejeté de Kadhafi semble sortir gagnant de cette épreuve de propagande qui, une fois encore, s’est faite sur le dos des palestiniens qui espèrent cependant que les dons parviendront jusqu’à eux contrairement à toutes les précédentes promesses des pays arabes.
article paru sur le site ORANGE et sur SLATE : http://actu.orange.fr/points-de-vue-actu/l-alibi-des-flottilles-de-gaza-29822.html http://www.lepost.fr/perso/j-benillouche/prive/

mercredi 14 juillet 2010

SAVANT IRANIEN : UNE AFFAIRE ROCAMBOLESQUE

SAVANT IRANIEN : UNE AFFAIRE ROCAMBOLESQUE Par Jacques BENILLOUCHE Le physicien nucléaire iranien Shahram Amiri parti à la Mecque se purifier, au propre comme au figuré, disparait en Arabie saoudite en juin 2009. Il vient d’être retrouvé quelques mois plus tard à l’Ambassade du Pakistan aux Etats-Unis. Son histoire reste pour le moins incohérente et suspecte. Il n’a donné aucune indication sur la façon dont il s’est retrouvé aux Etats-Unis et ses enregistrements vidéo sont contradictoires. Il avait d’abord affirmé avoir été enlevé par des agents américains et saoudiens, voire israéliens, puis il a changé sa version des faits en justifiant sa présence aux Etats-Unis par une volonté de parfaire ses connaissances universitaires. Cette épopée est à rapprocher avec la déclaration publique d’Ayoub Kara, vice-ministre israélien chargé du développement du Néguev et de la Galilée qui avait récemment affirmé qu’Israël avait aidé à la défection d’un savant iranien impliqué dans le programme nucléaire de son pays. Il avait précisé à la radio : « Il est encore trop tôt pour donner d’autres détails. Ce savant séjourne actuellement dans un pays ami ». Les coïncidences sont troublantes. Le porte-parole du ministère américain des Affaires étrangères, P.J. Crowley a confirmé « qu’il se trouve aux Etats-Unis de son propre chef et il est, de toute évidence, libre de partir ».
Cette déclaration n’exclue pas la suspicion sur la réalité des faits. S’il décidait d’un retour en Iran, Amiri a intérêt à peaufiner l’explication sur son enlèvement car les iraniens ne rigolent pas avec ceux qui font défection à leur régime. Durant ces quelques mois, il aurait pu en effet collaborer avec les services américains en livrant des informations sensibles sur le programme nucléaire iranien. Il est difficile de croire qu’il ait consacré tout ce laps de temps à du tourisme civil. Les israéliens seraient intéressés à l’entendre et même à le protéger car sa position restera toujours suspecte aux yeux des iraniens qui pourraient croire à moitié à son histoire rocambolesque teintée d’invraisemblances. Il devra trouver des arguments percutants s’il ne veut pas se trouver pendu à une grue en plein place publique à Téhéran. Il est de toute façon brûlé pour une fonction active dans les usines nucléaires iraniennes car, suspecté d’être un agent double, les mollahs pourraient l’accuser d’être retourné au pays pour saper le programme nucléaire. C’est la seule conséquence positive à la fois pour les américains et pour les israéliens qui cherchent par tous les moyens à ralentir la course à la bombe nucléaire de l’Iran.
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lundi 12 juillet 2010

GUYSEN-TV : ETATS-UNIS ET ISRAEL, INTERVENTION DU 11 juillet 2010

EXTRAIT DE 12MN DE L'INTERVENTION AU JOURNAL TELEVISE DE GUYSEN-TV du 11 JUILLET 2010 THEME : LES RELATIONS ISRAELO-AMERICAINES FACE A L'IRAN ET LA SYRIE video

dimanche 11 juillet 2010

SLATE : LE DANGEREUX DOUBLE JEU SYRIEN AU PROCHE-ORIENT

SLATE : LE DANGEREUX DOUBLE JEU SYRIEN AU PROCHE-ORIENT par Jacques BENILLOUCHE

Dans le même temps, Bachar El-Hassad se dit prêt à négocier la paix et dote le Hezbollah libanais d'un armement sans précédent.

La Syrie est-elle en train de berner une nouvelle fois l'occident? D'une part, Damas affiche sa volonté d'oeuvrer à établir la paix au Proche-Orient et d'autre part elle participe activement au réarmement du Hezbollah libanais et soutient fermement l'Iran d'Ahmadinejad.

Le danger tel qu'il est perçu aujourd'hui en Israël vient du sud Liban. Un conflit entre Israël et l'Iran y mêlant peut-être les Etats-Unis et la Syrie pourrait se déclencher non pas à cause des ambitions nucléaires de Téhéran mais à la suite d'une confrontation entre l'armée israélienne et le Hezbollah. Le mouvement islamique chiite se prépare activement depuis plusieurs mois à cette éventualité avec l'aide active de Damas. Et la communauté internationale semble surtout vouloir regarder ailleurs.

Bachar El-Assad joue comme son père Hafez El-Assad savait si bien le faire, mène un jeu ambigu en feignant de rechercher la discussion avec les Israéliens alors qu'il prépare le «front nord» israélien à une déflagration. Dans une interview publiée le 27 juin par le journal brésilien Estado de S. Paulo, il explique envisager «la possibilité d'une aide brésilienne pour amener Israël à négocier avec d'autres pays arabes afin de désamorcer les tensions nées de sa politique à Gaza». Il répondait implicitement à Benjamin Netanyahou qui en mars s'était déclaré «prêt à se rendre immédiatement à Damas pour s'entretenir avec le président syrien Bachar al-Assad des négociations de paix, à l'inviter à Jérusalem ou à le rencontrer sur le territoire d'un pays tiers».

Usine de M-600....

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samedi 10 juillet 2010

SLATE : LES DRUZES D'ISRAEL PLUS NATIONALISTES QUE LES JUIFS

SLATE : Les druzes d'Israël plus nationalistes que les juifs
Par Jacques BENILLOUCHE

L'assassinat en Israël d'un sous-officier druze, en février, par un officier palestinien de Cisjordanie, a remis au devant de l'actualité cette communauté discrète, très impliquée dans la vie israélienne. La compréhension du conflit israélo-palestinien passe par la connaissance des populations qui composent l'Etat d'Israël. Les minorités sont importantes et jouent souvent un rôle primordial au sein de la communauté israélienne. Nous commencerons cette enquête par l'une des minorités musulmanes: les Druzes. Les Druzes, professant une religion musulmane hétérodoxe, sont installés au sud du Liban (350.000), au sud de la Syrie (700.000) dans le djebel Druze et au nord d'Israël en Galilée (120.000). Leur religion, fondée sur l'initiation philosophique, est considérée comme une branche ismaélienne du courant musulman du chiisme. Mais cette secte, ayant abandonné certains préceptes islamiques, s'est transformée en religion à part en se distinguant des autres musulmans avec lesquels les relations sont souvent houleuses. Leur doctrine est dérivée de l'ismaélisme et constitue une synthèse du mysticisme musulman et de la pensée coranique. Courant monothéiste par excellence, il insiste sur l'unité absolue de Dieu. Religion discrète

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mercredi 7 juillet 2010

ENTRETIENS TENDUS ENTRE NETANYAHOU ET OBAMA

ENTRETIENS TENDUS ENTRE NETANYAHOU ET OBAMA Par Jacques BENILLOUCHE La visite de Netanyahou aux États-Unis a commencé sous de meilleurs auspices que celle du 23 mars durant laquelle un camouflet sévère lui avait été adressé par le président américain, excédé de l’attitude musclée d’un premier ministre soumis aux pressions de sa coalition fragile. Elle a été mieux préparée que les précédentes parce que les deux dirigeants ne pouvaient plus afficher une mésentente mal comprise par leur électorat. Leurs conseillers ont planché sur les points du contentieux existant entre les deux pays afin d’aplanir leurs divergences. Nucléaire iranien A chacune des précédentes visites, l’Administration américaine imposait les sujets de l’ordre du jour en privilégiant le problème du processus de paix, des constructions dans les implantations et l’épineux statut de Jérusalem. L’impossibilité de Netanyahou d’aborder les problèmes sécuritaires d’Israël était à l’origine de sa mauvaise humeur car il estimait que les priorités de la défense de son pays primaient sur toutes les autres questions. Les discussions aborderont cette fois le programme nucléaire iranien mais la question de la centrale nucléaire de Dimona ne sera pas éludée alors que l’Etat d’Israël se refuse à en parler. Ce secret de polichinelle est d’ailleurs une question taboue soumise à la censure militaire israélienne. Le danger iranien est perçu de manière totalement différente par les deux alliés qui doivent trouver un consensus sur les mesures à prendre contre l’Iran nucléaire.
Barack Obama s’est peu exprimé sur le sujet, préférant laisser à ses ministres le soin de faire des déclarations, parfois contradictoires. Le Secrétaire à la Défense Robert Gates avait estimé le 17 juin que l’Iran était capable de lancer une attaque contre l'Europe au moyen de « dizaines ou même de centaines de missiles ». Il confirma quelques jours plus tard à Bruxelles que, selon les services de renseignement, « l'Iran pourrait être en mesure d'avoir assez d'uranium enrichi pour se doter d'une bombe atomique d'ici un à trois ans. Mais cela n'inclut ni la phase de fabrication d'une arme ni le développement d'un vecteur ». Lors de sa visite en Israël le 28 juin, l’amiral Mullen, chef d’Etat-major des armées, avait assuré que les Etats-Unis étaient sur la même longueur d’onde en ce qui concernait les mesures à prendre en cas d’inefficacité des sanctions contre l’Iran. Dénucléarisation du Moyen-Orient Les Etats-Unis sont à présent convaincus qu’ils n’ont plus de moyens de pression pour interdire aux israéliens d’attaquer les bases nucléaires iraniennes s’ils en prenaient la décision. L’Etat-major israélien presse son gouvernement d’intervenir avant qu’il ne soit trop tard. Les américains cherchent à louvoyer soit en envoyant en Israël de hautes personnalités civiles et militaires chargées de convaincre les israéliens de temporiser soit, en invitant à Washington les décideurs militaires pour les dissuader d’agir seuls.
Israël s’était inquiété de la décision d’Obama de soutenir la résolution pour la dénucléarisation du Moyen-Orient dans la mesure où il refuse d’adhérer au TNP (Traité de non prolifération nucléaire) qu’il juge biaisé puisqu’il ne mentionne nullement l’Iran. Netanyahou a fait comprendre aux américains que l’application de cette résolution à son pays le libèrerait de son engagement de ne pas intervenir seul contre les usines nucléaires iraniennes. La confiance sera rétablie entre les deux dirigeants lorsque cette question sera résolue.
Cette visite, qui intervient dans un climat de sérénité, pose le problème d’un accord nécessaire sur un programme commun à appliquer face à la nucléarisation de l’Iran. Le premier ministre israélien, selon son entourage, a laissé entendre qu’il pourrait lâcher du lest sur d’autres problèmes clefs si un consensus sérieux était trouvé, garantissant la sécurité de son pays. Le programme des discussions reste donc chargé puisque les problèmes en suspens ne manquent pas entre les deux gouvernements. Quatre thèmes à l’ordre du jour Netanyahou pourrait accepter de relancer, avec les palestiniens, les pourparlers indirects qu’il refusait jusqu’alors et qui n’ont jamais été enclenchés parce que les israéliens ne croient pas à l’efficacité des intermédiaires. Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, en faisait un préalable pour faire avancer le processus de paix. Il avait été amadoué lors de sa visite à Washington puisque le président Barack Obama lui avait promis 400 millions de dollars d'aide civile. Le premier ministre israélien pourrait, de son côté, donner son accord pour une sorte de plan Marshall, suggéré par l’Arabie Saoudite à la Maison Blanche le 29 juin, afin de relancer l’économie en Cisjordanie mais aussi à Gaza. Il pourrait aussi laisser carte blanche aux troupes palestiniennes, sous la conduite de Mohammed Dahlan, l’ancien homme fort de Gaza, qui presse son président de le laisser reconquérir le territoire gouverné par le Hamas. L’Egypte ne s’opposerait pas à ouvrir sa frontière de Rafah pour laisser passer les forces conquérantes afin de se débarrasser de la nuisance islamique à ses frontières.
Le gel des constructions dans les implantations, prenant fin le 26 septembre, est le problème d’achoppement sur lequel Netanyahou est prêt à faire des concessions. Il aurait une solution capable de satisfaire à la fois les palestiniens et l’aile nationaliste de la coalition israélienne malgré sa « promesse » de dégeler les constructions. Il est acculé à transiger face à la volonté manifestée par les travaillistes de quitter la coalition si le processus de paix stagnait.
L’activisme du Hezbollah risque de déclencher une guerre car sa proximité avec les frontières de l’Etat juif crée une menace permanente. Israël et les Etats-Unis ont intérêt à collaborer pour limiter l’entrée d’armes lourdes et de missiles balistiques au Liban en provenance de la Syrie qui continue à réarmer de manière massive la milice islamique. Le danger est croissant au nord et les spécialistes militaires croient qu’une guerre avec le Hezbollah est plus proche qu’avec l’Iran. La disparition cette semaine de son mentor Fadlallah, qui ne cachait plus son opposition avec les mollahs iraniens, risque de faciliter la reprise en main du Hezbollah par les Pasdarans et le déclenchement de provocations pour susciter des représailles israéliennes.
Enfin, le problème épineux de la Turquie reste fondamental pour les américains. Les Etats-Unis n’ont pas ménagé leur soutien total à Israël face au problème de la flottille de Gaza en refusant la constitution d’une commission internationale chargée de juger cet incident. Ils détiennent encore beaucoup d’influence auprès du turc Erdogan pour le dissuader de renforcer ses liens avec les ennemis potentiels de « l’axe du mal » : Syrie, Iran et Hezbollah. La Turquie reste en effet une pièce stratégique, avec Israël, dans le dispositif américain de maillage de la région par des amis sûrs et puissants. Bien que l’issue soit incertaine, ils sont en mesure de favoriser une réconciliation entre ces deux anciens alliés.
Le retour en Israël de Benjamin Netanyahou déclenchera ou non la décision d’Israël de frapper les usines nucléaires iraniennes entrainant, selon les experts militaires israéliens, une déflagration régionale très limitée contrairement aux prédictions pessimistes.

mardi 6 juillet 2010

DISPARITION DE DEUX ADVERSAIRES D’ISRAEL

DISPARITION DE DEUX ADVERSAIRES D’ISRAEL Par Jacques BENILLOUCHE A deux jours d’intervalle, deux ennemis irréductibles d’Israël sont morts dans leur lit. Le Palestinien Abou Daoud, « cerveau » de la sanglante prise d'otages de sportifs israéliens en 1972, est décédé le 3 juillet. Le grand ayatollah Mohammad Hussein Fadlallah, un des chefs de l’islam chiite et mentor du parti pro-iranien Hezbollah, est mort le lendemain. Chacun, à sa manière, avait axé son combat sur la destruction d’Israël. Munich 1972 Abou Daoud avait échappé à tous les tueurs israéliens qui agissaient sur ordre de l’Etat d’Israël. Au lendemain du massacre de onze membres de l’équipe israélienne aux Jeux Olympiques de Munich en 1972, Golda Meir, Premier ministre israélien, avait établi une liste de palestiniens devant être éliminés par représailles pour leur participation à l’attentat. Abou Daoud avait été inclus dans cette liste à double titre. En effet, il avait d’une part dirigé l’assassinat des athlètes mais il était aussi chef de l’organisation « septembre noir », issue du Fatah de Yasser Arafat, qui avait été créée en 1970 pour venger le massacre et l’expulsion de combattants palestiniens de Jordanie. L’opération de Munich avait été à l’origine d’une guerre secrète israélo-palestinienne qui s’était déroulée avec acharnement et sans pitié durant vingt ans. Treize éliminations ont été perpétrées dans le monde entier parce que Golda Meir avait promis que la tuerie ne resterait pas impunie.
Le « cerveau » savait que sa tête était mise à prix et il décida de se cloitrer définitivement à Damas après avoir été arrêté à Paris en mai 1977, puis expulsé vers Alger parce que les autorités françaises voulaient éviter tout conflit avec les pays arabes. A l’occasion de la sortie de son livre à Paris en 1999, il avait cherché à y revenir mais le droit d’entrer sur le sol français lui avait été refusé. La raison officielle soutenait l’impossibilité de faire de la publicité à un palestinien qui « avait avoué sa pleine responsabilité dans l’organisation de l’attentat de Munich ».
Mais il semble en fait que Leila Shahid, représentante de l’OLP, ait œuvré pour cette interdiction. Abou Daoud n’était plus en odeur de sainteté chez les palestiniens car il avait révélé que Mahmoud Abbas, le président actuel de l’Autorité palestinienne, avait été le financier de l’opération de Munich. Il aurait d’ailleurs récupéré, des propres mains d’Abou Daoud, 500 dollars représentant le reliquat du budget qu’il lui avait été alloué pour l’opération. Par ailleurs l’OLP ne tenait pas, à l’époque, à offrir une tribune à un dirigeant formellement hostile aux accords de paix d’Oslo ni à permettre la diffusion de révélations gênantes mettant en difficulté une direction palestinienne ouvertement pour le dialogue avec les israéliens. Agent du Mossad Le Mossad avait tenté plusieurs fois de l’éliminer, en particulier dans un café de Pologne en 1981 où il avait reçu sept balles d’un tueur qui l’attendait. Il en avait réchappé de peu grâce à des soins intensifs dispensés en Allemagne. Cependant, dix ans plus tard, de sérieuses présomptions faisaient de lui un agent double du Mossad et du groupe palestinien Abou Nidal. Il aurait négocié avec les israéliens sa vie sauve en échange d’une collaboration avec les services de renseignements. Ses amis palestiniens l’avaient dénoncé en révélant que, pour échapper aux tueurs du Mossad, il avait accepté d’aider à l’élimination de certains de ses complices du groupe de Munich et d’y participer lui-même. Mais pour sa défense, il avait justifié l’abandon de sa lutte contre Israël en raison de la signature des accords d’Oslo pour lesquels il s’était pourtant opposé.
Son retour à Ramallah en 1995, avec l’autorisation de l’Etat juif, confortait d’ailleurs cette thèse alors qu’il était notoire que les israéliens ne pouvaient lui pardonner d’avoir été le chef de l’opération de Munich. Son sort avait été scellé avec celui de ses treize complices mais sa collaboration avec le Mossad lui avait permis de couler des jours tranquilles à Damas, jusqu’à sa mort. Guide spirituel A l’inverse d’Abou Daoud qui était un militant opérationnel, Mohammad Hussein Fadlallah était considéré comme le guide idéologique et spirituel du Hezbollah, à sa création au Liban en février 1985. Il ne maniait pas les armes mais plutôt la rhétorique ce qui ne l’empêcha pas d’être inscrit dès 1995 par les Etats-Unis, à l'instar du leader actuel du Hezbollah Hassan Nasrallah, sur leur liste des «terroristes internationaux ». En effet il avait accueilli en 1979, dans des camps d’entrainement créés à cet effet, les Pasdarans, Gardiens de la révolution iranienne, lorsqu’ils ont débarqué au Liban pour exporter la révolution iranienne. Il avait été accusé dans les années 1980 par les médias d'être à l'origine des prises d'otages d'Américains au Liban. Il avait en effet inspiré l’enlèvement et l’assassinat en juillet 1982 de William Buckley, chef de la CIA à Beyrouth et, en 1988, de William Higgins, officier américain travaillant pour l’organisation de supervision de la trêve de l’ONU au Sud-Liban (UNTSO), exécuté après deux ans de détention. Les israéliens le tenaient pour responsable de l’exécution de trois soldats juifs enlevés en octobre 2000 dont les corps ont été échangés avec Elhanan Tannenbaum contre 429 prisonniers libanais et palestiniens.
Les israéliens n’avaient pas ménagé leurs efforts pour éliminer ce dignitaire charismatique. Il échappa en effet à plusieurs attaques dont la plus meurtrière se déroula dans la banlieue de Beyrouth, en 1985, lorsque 80 personnes périrent. Profondément impliqué dans la politique intérieure libanaise, il prônait l’avènement d’un régime islamiste au Liban mais il savait se montrer pragmatique en rejetant les appels au djihad lancés par Ben Laden et en s’élevant contre les attentats dans les pays arabes, la station Charm-El-Cheikh en particulier. Mais son implication directe dans la politique intérieure libanaise le rendait suspect vis-à-vis de la France. Idéologue sans concessions, il n’avait pas ménagé le gouvernement français puisqu’en 2009, le débat sur le port du voile intégral en France l’avait entrainé à accuser « le président Sarkozy d’opprimer la femme et de porter atteinte à sa volonté et à sa liberté de choix lorsqu’on lui interdit de choisir ses vêtements ». Il avait cependant pris du recul vis-à-vis des iraniens qu’il jugeait peu ouverts au développement intellectuel et scientifique et fermés à une interprétation originale et modérée des textes de l’islam. Son influence dans le monde chiite dérangeait les mollahs d’Iran dont il n’appréciait pas l’ingérence sur le « parti de Dieu » tout en restant partisan de la lutte armée contre Israël.
Son remplacement à la tête du Hezbollah ne sera pas aisé car aucune personnalité de son renom, de son indépendance et de sa culture ne sera en mesure de l’égaler. Les iraniens en profiteront pour choisir leur candidat afin de consolider leur influence sur le Hezbollah avec le risque de le radicaliser plus encore. Les israéliens interprèteront la nomination d’un proche des mollahs iraniens comme un casus belli.

dimanche 4 juillet 2010

BILLET D’HUMEUR : LA FLOTTILLE DE GAZA, ENCORE!

BILLET D’HUMEUR : LA FLOTTILLE DE GAZA, ENCORE! Par Jacques BENILLOUCHE
Ecouter et voir le texte radiophonique dans la vidéo en fin d'article
Les journaux et les sites internet ont relayé, en première page, une information en provenance de Turquie concernant le résultat de l’autopsie des victimes de la flottille de Gaza. Ils nous apprennent que sept des neuf victimes ont été « criblées de balles » tandis que cinq autres ont été « touchées à la tête ». Ces détails macabres, certes dramatiques, n’apportent rien aux motivations du déroulement de l’incident. Il n’y a pas à s’étonner que la mort rôde toujours quand des soldats armés se trouvent impliqués dans des opérations militaires.
L’information est cependant insidieuse puisqu’elle a pour finalité d’exacerber la haine contre les israéliens. Elle veut mettre en évidence le côté « barbare » des commandos juifs qui ont tiré sans tenir compte de la panique qui régnait sous l’œil des caméras médiatiques alors que les coups de barre de fer s’abattaient sur des soldats en sous-nombre. Nul ne peut imaginer le comportement de jeunes tombés dans la nasse à qui on demande de faire preuve de discernement. Il s’agissait d’actes de guerre et non d’une partie amicale de barbecue sur le bateau. La défense de la vie passe souvent par des actes de mort.
La divulgation de ces détails tend à faire passer Tsahal pour criminel de guerre alors que le comportement des autres armées dans la région ne subit pas de commentaire de ces mêmes journalistes. Aucun n’a relaté la façon dont les soldats de l’Otan, les français en particulier, meurent sur le champ de bataille afghan ni la manière dont les talibans sont mis hors d’état de nuire. Le nombre de balles dans les corps n’apporte rien à la douleur des familles qui perdent un être très cher.
Tsahal n’avait pas prétendu utiliser des martinets ou des cornes de bœuf contre des militants déterminés à en découdre. Les victimes n’ont pas été égorgées comme en Algérie, pendues par les pieds à un mât comme en Iran, explosées comme en Irak ou décapitées au sabre comme en Arabie Saoudite. Elles n’avaient pas non plus buté contre le parapet du navire, n’avaient pas glissé sur le pont au moment où un mousse le nettoyait et n’avaient pas été défenestrées comme ces deux policiers israéliens tombés aux mains de palestiniens à Ramallah. Elles sont mortes dans le feu de l’action parce qu’elles avaient choisi de se battre au lieu de se rendre comme les passagers des cinq autres navires.
Les commandos auraient dû, selon les spécialistes en mal d’inspiration, garder leur sang froid, se laisser lyncher, faire l’économie de balles ou, à la rigueur, éviter de viser la tête. Dans la panique de leur défense, ils ont certainement eu tort d’appliquer en réel les exercices auxquels on les avait habitués dans les stands de tir militaires quand on leur apprend à viser la tête de la cible représentant un corps humain.
Cette information sur les causes de la mort des neufs turcs sur le Marmara n’a aucun intérêt documentaire ni politique bien qu’elle ait été diffusée par de grands journaux qui ont cherché à satisfaire leur curiosité macabre. Les journalistes devraient plutôt faire preuve de plus de précisions et de détails lorsque les atteintes aux droits de l’homme sont bafouées sur d’autres théâtres d’opérations. Nous attendons d’eux qu’ils publient dorénavant l’autopsie de tous les morts au champ d’honneur qui sera gravée sur leurs tombes du carré militaire.
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vendredi 2 juillet 2010

GUYSEN-TV : LE CHŒUR DES PLEUREUSES

GUYSEN-TV : LE CHŒUR DES PLEUREUSES Par Jacques BENILLOUCHE Voir la video du texte en fin d'article
L’expérience de financer un journal est une aventure passionnante surtout s’il s’agit de défendre Israël ou, pour le moins, de donner les clefs pour appréhender le sujet du peuple juif. L’IMPACT avait en France une réputation de journal sérieux et complet car ses journalistes faisaient partie de l’élite de la presse francophone israélienne. Ilan Saada, David Sebban et Laly Derai et les autres qui m’excusent de ne pas les citer, ont donné ses lettres de noblesse à quelques pages de réconfort. Les présentoirs se vidaient à une allure où il fallait sans cesse renouveler l’approvisionnement. Bien sûr, le journal était gratuit. Les avis étaient unanimes pour féliciter l’initiative car peu de journaux français étaient aussi complets sur l’actualité israélienne.
Nous avions demandé de l’aide sous forme de publicité, de dons de quelques euros mais les lecteurs n’ont pas suivi. Ce qui devait arriver arriva car les poches finissent toujours par se vider. Le journal est mort entrainant avec lui nos certitudes et nos espoirs. On entendit alors le « chœur des pleureuses » se lamenter qu’il n’y avait plus rien à lire de positif, qu’il n’y avait plus personne pour combattre la désinformation, pour soutenir un peuple abandonné par l’opinion internationale et pour conforter les soldats de Tsahal en leur prouvant qu’ils ont le peuple juif derrière eux.
L’Histoire bégaie et les leçons ne sont jamais apprises. Aujourd’hui Guysen.TV est en danger de mort et il risque de s’éteindre et de cesser d’émettre parce que 9 euros par mois est une somme colossale pour de nombreux français : le prix d’un café sur les Champs-Elysées, le prix d’un sandwich, le prix d’un gâteau, le prix de la liberté, le prix de la solidarité, et le prix de la voix d’Israël dans le monde. Les pleureuses pourront chanter leur requiem mais il sera alors trop tard.
J’ai honte pour Guysen forcé de mendier, j’ai honte pour le peuple juif français qui ne mesure pas où est son intérêt. J’ai honte pour moi. Mea culpa.
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