BILLET D’HUMEUR : ACHARNEMENT CONTRE L’IRAN
Par Jacques BENILLOUCHE
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Il semble que le sort s’acharne sur les iraniens qui n’arrivent pas à s’extraire des problèmes qu’ils rencontrent dans leurs usines nucléaires. Ils passent de déboires en déboires comme si le pays qu’ils ont planifié d’éradiquer leur a jeté le mauvais œil.
Ils ont d’abord affronté le virus Stuxnet qui a rendu malades tous les ordinateurs de contrôle des centrifugeuses nucléaires au point de les affoler. Ils ont toujours nié avoir été contaminés mais le président Ahmadinejad pouvait difficilement avouer sa défaite. Pour la première fois il vient de reconnaitre, par une parabole, que le virus informatique Stuxnet avait réellement affecté les centrifugeuses produisant l'uranium enrichi. Pour justifier le retard pris au démarrage de l’usine de Bushehr, il a confirmé que « ces centrifugeuses avaient connu des problèmes provoqués par des logiciels installés sur des équipements électroniques ». Ses collaborateurs se sont ensuite empressés de certifier qu’ils avaient réussi cependant à cerner le problème puisque que le virus était éradiqué.
La situation semblait reprendre le cours normal lorsqu’à nouveau les agences de presse annonçaient qu’un physicien du programme nucléaire iranien, le professeur Majid Shahriari, a été tué lundi matin dans l’explosion d’un engin piégé placé sur sa voiture par des motocyclistes tandis que son passager, scientifique enseignant dans la même université, a été grièvement blessé. Les autorités officielles ont confirmé l’attentat en précisant que « des agents de l’entité sioniste avaient attaqué deux professeurs éminents qui étaient en route vers leur bureau en compagnie de membres de leurs familles ». Il est cependant étonnant qu’à Téhéran les familles assistent les scientifiques dans leurs travaux dans les laboratoires.
L’information était cependant incomplète car il s’avère que la mort du professeur Shahriri risque de remettre en cause la lutte contre le virus Stuxnet qui était censée être terminée. En effet, en plus d’être expert du programme nucléaire iranien, il était chargé d’une mission de haut niveau sur les codes informatiques et sur la guerre cybernétique. Il avait en fait la responsabilité de détecter et cerner les effets du virus.
Téhéran accuse les services de renseignements américains et le Mossad israélien d’être les instigateurs de cet attentat réalisé par deux équipes circulant à moto. Mais le mode opératoire est sujet à caution. Les autorités précisent qu’il y a eu une explosion alors que les photos diffusées montrent un véhicule Peugeot criblé de balles. Ce détail morbide démontre l’audace des assassins qui ne reculent devant aucun risque en se présentant au-devant de leurs victimes pour ne pas rater leur cible alors qu’il pouvait utiliser le déclenchement à distance d’une bombe.
Cet attentant vient au lendemain de la divulgation des documents WikiLeaks dans lesquels le chef de Mossad, Meir Dagan, avait suggéré l’organisation d’opérations clandestines pour déstabiliser l’Iran. Le doigt est donc pointé sur celui qui est encore en service pour quelques jours encore avant son départ à la retraite et qui avait reçu de la part des égyptiens le sobriquet de « Superman de l’Etat juif ».
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