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ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE

mardi 30 novembre 2010

BILLET D’HUMEUR : ACHARNEMENT CONTRE L’IRAN


BILLET D’HUMEUR : ACHARNEMENT CONTRE L’IRAN


Par Jacques BENILLOUCHE


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Il semble que le sort s’acharne sur les iraniens qui n’arrivent pas à s’extraire des problèmes qu’ils rencontrent dans leurs usines nucléaires. Ils passent de déboires en déboires comme si le pays qu’ils ont planifié d’éradiquer leur a jeté le mauvais œil.

Ils ont d’abord affronté le virus Stuxnet qui a rendu malades tous les ordinateurs de contrôle des centrifugeuses nucléaires au point de les affoler. Ils ont toujours nié avoir été contaminés mais le président Ahmadinejad pouvait difficilement avouer sa défaite. Pour la première fois il vient de reconnaitre, par une parabole, que le virus informatique Stuxnet avait réellement affecté les centrifugeuses produisant l'uranium enrichi. Pour justifier le retard pris au démarrage de l’usine de Bushehr, il a confirmé que « ces centrifugeuses avaient connu des problèmes provoqués par des logiciels installés sur des équipements électroniques ». Ses collaborateurs se sont ensuite empressés de certifier qu’ils avaient réussi cependant à cerner le problème puisque que le virus était éradiqué.

La situation semblait reprendre le cours normal lorsqu’à nouveau les agences de presse annonçaient qu’un physicien du programme nucléaire iranien, le professeur Majid Shahriari, a été tué lundi matin dans l’explosion d’un engin piégé placé sur sa voiture par des motocyclistes tandis que son passager, scientifique enseignant dans la même université, a été grièvement blessé. Les autorités officielles ont confirmé l’attentat en précisant que « des agents de l’entité sioniste avaient attaqué deux professeurs éminents qui étaient en route vers leur bureau en compagnie de membres de leurs familles ». Il est cependant étonnant qu’à Téhéran les familles assistent les scientifiques dans leurs travaux dans les laboratoires.

L’information était cependant incomplète car il s’avère que la mort du professeur Shahriri risque de remettre en cause la lutte contre le virus Stuxnet qui était censée être terminée. En effet, en plus d’être expert du programme nucléaire iranien, il était chargé d’une mission de haut niveau sur les codes informatiques et sur la guerre cybernétique. Il avait en fait la responsabilité de détecter et cerner les effets du virus.

Téhéran accuse les services de renseignements américains et le Mossad israélien d’être les instigateurs de cet attentat réalisé par deux équipes circulant à moto. Mais le mode opératoire est sujet à caution. Les autorités précisent qu’il y a eu une explosion alors que les photos diffusées montrent un véhicule Peugeot criblé de balles. Ce détail morbide démontre l’audace des assassins qui ne reculent devant aucun risque en se présentant au-devant de leurs victimes pour ne pas rater leur cible alors qu’il pouvait utiliser le déclenchement à distance d’une bombe.

Cet attentant vient au lendemain de la divulgation des documents WikiLeaks dans lesquels le chef de Mossad, Meir Dagan, avait suggéré l’organisation d’opérations clandestines pour déstabiliser l’Iran. Le doigt est donc pointé sur celui qui est encore en service pour quelques jours encore avant son départ à la retraite et qui avait reçu de la part des égyptiens le sobriquet de « Superman de l’Etat juif ».












 

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lundi 29 novembre 2010

SLATE : Wikileaks: les Etats-Unis ont empêché Israël d'attaquer l'Iran



SLATE : Wikileaks: les Etats-Unis ont empêché Israël d'attaquer l'Iran
par Jacques BENILLOUCHE
Quand le roi Abdallah d'Arabie Saoudite demande une frappe contre Téhéran et quand l'Aurorité palestinienne refuse finalement de prendre le pouvoir à Gaza que lui propose les Israéliens avant l'offensive «plomb durci».

Barack Obama a prévenu le gouvernement israélien que certaines informations contenues dans les 251.287 télégrammes diplomatiques du Département d’Etat et des ambassades américaines rendues publiques par Wikileaks risquaient de perturber les relations israélo-américaines. En fait, les informations en question sont plus embarrassantes pour Washington que pour Jérusalem.


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dimanche 28 novembre 2010

SLATE : ISRAEL CRAINT UNE NOUVELLE GUERRE CIVILE AU LIBAN

SLATE : ISRAEL CRAINT UNE NOUVELLE GUERRE CIVILE AU LIBAN

Par Jacques BENILLOUCHE



Le Tribunal spécial pour le Liban, mis en place par l'ONU pour enquêter sur l'assassinat de Rafic Hariri en 2005, doit bientôt rendre ses conclusions. Il devrait mettre en cause le Hezbollah qui menace ouvertement le gouvernement libanais d'un coup d'Etat.

Benjamin Netanyahou a convoqué d’urgence, le 24 novembre, le cabinet de sécurité constitué des sept principaux ministres chargés des décisions importantes du gouvernement. Certains assimilent ce cabinet à un «cabinet de guerre» car il a toujours eu à débattre des décisions sécuritaires du pays. Le premier ministre israélien est inquiet des nouvelles transmises par ses services de renseignements sur l’éventualité au Liban d’un coup d’Etat du Hezbollah, soutenu par la Syrie et inspiré par l’Iran.


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http://www.slate.fr/story/30701/israel-liban-guerre-hariri-tribunal

vendredi 26 novembre 2010

BILLET D’HUMEUR : LA VIEILLESSE EST UN NAUFRAGE


BILLET D’HUMEUR : LA VIEILLESSE EST UN NAUFRAGE


Par Jacques BENILLOUCHE


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Les vérités ne sont pas bonnes à dire. Le rav Haïm Amsalem a dû l’apprendre à ses dépens lorsqu’il a décidé de quitter le sillon tracé par son parti. Il a aait preuve d’un courage estimable car il savait qu’il mettait en danger sa carrière politique et sa réélection de député à la Knesset.

Parce qu’il a voulu combattre l’appel au parasitisme de certains rabbins de yeshiva qui poussent les jeunes à passer leur temps uniquement à étudier la Torah, il a trahi les siens même si ses paroles étaient censées. Le travail est pourtant l’épanouissement de l’homme, la source de son indépendance et le moyen de donner à sa nombreuse progéniture une vie décente et un avenir à l'abri de la mendicité.

Parce qu’il a estimé que nous ne vivions plus à l’heure du schtétel et du schtrémel, il été critiqué pour sa vision d’un modernisme qui risquait de libérer les esprits et de les ouvrir au monde du nouveau siècle.

Le grand-rabbin orthodoxe Ovadia Yossef l’a condamné pour « ses opinions étranges et hérétiques» et l'a excomunié en réclamant son départ du parti. Le Conseil des Sages l’a suivi aveuglément car ses membres n’ont pas la liberté de penser individuellement. Il prétend que ceux qui étudient la Torah sauvent le monde mais j’avoue préférer confier le soin de la protection de ma vie à Tsahal et, à la rigueur, de mon âme aux hommes du Livre. Il ne faut pas lui en vouloir car le général de Gaulle avait déjà bien visé : « la vieillesse est un naufrage ».

Je sais qu’on ne s’attaque pas impunément au leader spirituel puisque certains médias, qui s’empressaient jusque-là de relayer mes articles, ont décidé une censure totale de mon blog. Mais j’assume car la liberté de penser et d'écrire est un droit auquel je ne renoncerai jamais et je sais que d'autres se substitueront aux fervents de la pensée unique.

Le Conseil des sages a tranché et tous les fidèles doivent avoir le doigt sur la couture du pantalon. C’est une démocratie étonnante que celle de confier son avenir aux anciens alors que la création du Shass avait impressionné ses nouveaux électeurs par la jeunesse de ses membres tranchant avec les retraités du regretté parti Mizrahi, par leur dynamisme et par leur fierté de porter haut l’étendard de leur judaïsme sépharade. Mais tel un nouveau inquisiteur Torquemada, sénile et intransigeant, le chef d’un monde qu’il veut anachronique a pointé le pouce vers le bas pour imposer que le couperet tombe sur la tête d’Amsalem.

L’homme qui peut réconcilier certains laïcs avec la religion, si elle se montre plus sensible à la conception du nouveau monde, ne peut avoir totalement tort et sa condamnation risque de revenir en boomerang à l’occasion des prochaines élections. Le Shass pourrait alors se retrouver marginalisé comme son ancêtre, le Mafdal qui n'a pas su opérer le virage.

Lire sur le sujet l'excellent article de Maître Brigitte ULLMO-BLIAH

http://www.parolevolee.com/index.php?option=com_flexicontent&view=items&cid=34%3Aarticles&id=1026%3Achapeau-&Itemid=76&lang=fr

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mercredi 24 novembre 2010

LA DERIVE INQUIETANTE DU JUDAISME ORTHODOXE SEPHARADE


LA DERIVE INQUIETANTE DU JUDAISME ORTHODOXE SEPHARADE


Par Jacques BENILLOUCHE





          J’avais écrit cet article à la fin de l’année 2009 et j’avais alors subi les foudres de certains de mes confrères et de la plupart des sites, publiant habituellement mes articles, qui se sont excusés de ne pouvoir se « mouiller » pour un sujet aussi sensible. J'ai été traité d'anti-religieux sinon de traitre au pays pour avoir pris position contre une certaine forme de religion. Mon blog n’existait pas à l’époque.
          Or, avec quelques mois de retard, le rav Haïm Amsellem, député Shass, abonde dans mon sens et confirme ses propos à la radio Kol-Israël. Je restitue intégralement mon article de 2009 sans apporter de changement car il reste d’une brûlante actualité puisque ce député risque d'être contraint à la démission ou à l'exclusion de son parti.

          Des mots que nous n'avons pas l'habitude d'écouter de la bouche d'un député orthodoxe.

          Ecoutez le député Amsellem à KOL-ISRAEL en cliquant sur le petit triangle noir.

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          Le judaïsme orthodoxe séfarade perd son âme et s’oriente, contrairement à son histoire, vers une dérive inquiétante qui ne s’inscrit nullement dans son passé sioniste. Par volonté de mimétisme il semble avoir décidé de choisir la voie antisioniste puisque cette tendance s’affirme dans des synagogues qui voient fuir leurs fidèles vers d’autres horizons religieux tant l’excès devient discutable.


          Les séfarades du Maghreb constituaient en Afrique du Nord un bloc monolithique modéré. La colonisation française les avait ouverts au monde moderne et à l’environnement dans lequel ils évoluaient. Les rabbins acceptaient certains compromis religieux qui leur permettaient de remplir leurs synagogues en fermant les yeux sur les quelques libertés prises avec la stricte loi religieuse. En revanche, ils s’appuyaient sur le sionisme afin de s’opposer à un rationalisme laïc et de maintenir solidaire et forte une communauté qui avait réveillé dans les années 1960 le judaïsme français assoupi. Les cours de Talmud Torah étaient l’occasion de rudiments de sionisme tandis que les sous-sols des grandes synagogues abritaient des cours d’hébreu en prévision d’un départ pour Israël.


Eclatement des orthodoxes


          Beaucoup de jeunes de la nouvelle génération sont retournés à la religion mais ils se sont éclatés en plusieurs tendances à leur arrivée en Israël. Le Shass, issu d’une scission du courant ultra-orthodoxe ashkénaze, est une invention purement israélienne. Le Mafdal, parti sioniste national historique, a accompagné presque tous les gouvernements depuis la création de l’Etat. Enfin la troisième composante, séfarade pure souche, défendait un judaïsme de cœur très attaché au culte des saints et à forte composante mystique, de tendance cabaliste.


          Aujourd’hui le judaïsme orthodoxe séfarade est en train de virer vers un antisionisme inquiétant confirmé par des faits irréfutables. « Lorsque l’Etat d’Israël reviendra à la Torah, nous célèbrerons Yom Haatsmaout » se plaisent maintenant à affirmer ces nouveaux adeptes du Livre Saint. Certains rabbins ont supprimé de la liturgie les prières, le Hallel, qui étaient habituellement récitées le jour de l’Indépendance pour refuser de considérer ce jour comme exceptionnel impliquant un commentaire relatif à une fête qui n’a pas lieu d’être à leurs yeux. Les livres de prières séfarades, calés sur les ashkénazes, ont été modifiés pour soustraire aux fidèles le symbole même de l’Etat d’Israël. Ainsi la bénédiction faite à l’Etat au moment de l’ouverture du tabernacle a été purement et simplement supprimée de la liturgie. Celle relative à Tsahal a été modifiée insidieusement pour supprimer toute référence au symbole étatique de l’armée. Dieu ne bénit plus « les soldats de l’armée de défense d’Israël » mais « il bénit les soldats d’Israël », formule qui supprime toute référence à l’existence d’un Etat.


          Les rabbins nord-africains avaient soutenu le sionisme avec toute la force de leurs croyances et ils émaillaient leurs commentaires hebdomadaires de la Torah par plusieurs références aux combats que menait Israël contre ses ennemis. Nombreux sont les « anciens » qui se souviennent encore des récits épiques de l’indépendance, exagérément amplifiés par leurs rabbins. La seule opposition religieuse au sionisme venait à l’époque du monde ashkénaze, du hassidisme Satmar de Hongrie en particulier, qui n’arriva pas à atteindre le judaïsme séfarade traditionnel.


Crise identitaire


          L’alyah des religieux séfarades s’est accompagnée d’une crise identitaire. Peu d’érudits pouvaient se prévaloir d’une connaissance talmudique approfondie et le fossé culturel qu’ils se découvraient avec les ashkénazes les conduisit, par complexe, à un mimétisme qui leur enleva leur originalité. Ils ignoraient pourtant que dès le IX siècle, le rabbin tunisien de Kairouan Khananel Benkhoushiel avait rédigé le premier commentaire du Talmud de Babylone et que le commentaire arabe achevé en 1168 par Moïse ben Maïmon faisait autorité parmi les Juifs des pays musulmans. De ce point de vue au moins, ils n’avaient aucun complexe à avoir.


          Alors que les rabbins séfarades avaient coutume de coiffer leur tête d’une chéchia rouge et d’enfiler leur pantalon blanc et leur gilet de soie parés de paillettes multicolores dans la pure tradition de leur région, la nouvelle vague décidait d’adopter, en s’installant à Bné-Brak, la tenue austère de l’orthodoxie lituanienne (les Mitnagdims), costume et borsalino noirs. Elle pensait, par la tenue, jouir du prestige ashkénaze le seul, selon eux, à ouvrir une ascension sociale dans le monde orthodoxe. Certains iront jusqu’à apprendre le yddish pour entrer dans des écoles talmudiques spécifiques afin de les égaler sinon leur ressembler. Mais en les singeant, ils renièrent leurs racines et leurs idées en trouvant judicieux d’adopter des dogmes non approuvés par leurs pères. S’ils consentent à une autonomie du peuple juif dans un Etat souverain, ils tiennent dorénavant à ce que cet Etat soit régi par la Torah.


Shass complexé


          Le parti séfarade Shass, créé par le Rav Shach en 1980, reste sous tutelle officieuse des rabbins lituaniens qui imposent leurs vues comme le prouve une illustration qui en dit long. Alors que ce parti dispose d’un réseau officiel éducatif, El Hamaayan, tous ses dirigeants préfèrent que leurs jeunes filles fréquentent le séminaire ashkénaze Beth Yaacov et leurs garçons, les écoles talmudiques lituaniennes. Les enfants se trouvent ainsi intoxiqués par la ligne anti étatique prônée par les enseignants. Les orthodoxes séfarades acceptent de se dévaloriser, tels des religieux de seconde classe, pour que leurs enfants accèdent au réseau scolaire lituanien. Ils vivent ainsi une dépersonnalisation de leurs origines qui les amènent à justifier l’annulation de la prière à l’Etat d’Israël « parce que l’Etat n’est pas fondé sur la Torah » ainsi que de la prière à Tsahal « parce qu’une armée où les femmes et les hommes sont mélangés ne mérite aucune bénédiction ».


          Le judaïsme orthodoxe séfarade garde certes son cœur séfarade mais son esprit a été dévolu aux ashkénazes lituaniens. Plutôt que d’avoir honte d’un passé qu’ils ignorent, ils devraient plutôt faire l’effort de le découvrir en assimilant le fait que la tenue noire ne fait pas forcément le bon orthodoxe. Loin de vouloir raviver un conflit de communauté anachronique, il est regrettable que les orthodoxes séfarades s’éloignent de leurs idéaux sionistes qui ont représenté le ciment des communautés orientales pendant plusieurs siècles. Les traditions d’alors mettaient l’accent sur la loi religieuse, la grammaire, la célébration des Saints, une prononciation spécifique, et sur des coutumes insérées dans le folklore. Ils ont abandonné leur pensée juive originale et ont enfoui dans la mémoire leur vision sur le rapport à l’emploi, à l’Etat, à l’armée, à la terre et à la politique pour le confier dorénavant aux ashkénazes de Lituanie qui sont désormais les vrais décisionnaires sur ces questions.


          Après l’annulation de la prière à l’Etat d’Israël, ils risquent de pousser le bouchon jusqu'à ignorer demain la sonnerie en souvenir des soldats de Tsahal tombés au combat, parce que cette forme d’hommage provient d’un Etat qu’ils réprouvent. Cette question est effectivement d’actualité dans les milieux orthodoxes séfarades de Bne-Brak qui en débattent mais qui ne se rendent pas compte qu’ils se déshonorent en optant pour cette dérive antisioniste.






























mardi 23 novembre 2010

BILLET D’HUMEUR : POLITIQUE ET SEXE


BILLET D’HUMEUR : POLITIQUE ET SEXE

Par Jacques BENILLOUCHE

Général Ouri Bar-Lev

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Il était notoire que les français avaient une relation privilégiée avec les questions touchant au sexe mais il semble qu’ils soient à présent battus par les israéliens. A chaque fois qu’une nomination de haut niveau doit intervenir, certaines dames se rappellent au bon souvenir des médias pour se plaindre d’avoir été approchée, de très près, par leur supérieur hiérarchique. Cela devient une litanie qui fait désordre.

Mais le problème choquant réside dans le fait que ces prétendues victimes soulèvent des questions de viol ou de harcèlement plusieurs années après la date supposée des faits comme si leur mémoire s’était endormie ou que le remords n’était plus supportable. La réalité de la plainte devient alors suspecte. La longue réflexion s'assimile à une volonté d'attendre l’occasion d’agir par vengeance pour contrecarrer une nomination prestigieuse. Elles se seraient grandies si elles avaient révélé, avec courage, le problème immédiatement après l’acte de vilénie.

Les cas d’accusation contre de hautes personnalités sont nombreux en Israël. L’ex-président de l’Etat, Moshe Katsav, a été inculpé en 2006 de viol et de harcèlement sexuel qui auraient eu lieu entre 1996 et 1999. La victime a mis plus de sept ans à décider de sa plainte. Moshé Katsav nie cependant les faits mais il a dû démissionner de son poste.

L'ancien ministre de la Justice Haïm Ramon a été reconnu coupable d'acte indécent en 2007 après avoir été accusé d'avoir harcelé une jeune soldate et de lui avoir arraché, contre son gré, un baiser. Il a été contraint d’abandonner sa fonction et sa carrière a été brisée. Cela parait risible par rapport aux frasques de l'italien Berlusconi.

La corporation de la police israélienne est aujourd’hui sous le choc après l’annonce faite, le 18 novembre, qu’une enquête pénale pour harcèlement sexuel a été lancée à l’encontre du général Ouri Bar-Lev au moment même où il était pressenti pour devenir le prochain général en chef de la police. Dans ce cas encore, une employée du ministère de la sécurité intérieure fait remonter les faits à deux ans auparavant. Hasard du calendrier, le général risque de perdre son poste.

En France la situation est différente puisque les hommes politiques ont plutôt décidé de séduire, non pas leurs subordonnées, mais les journalistes femmes de la télévision. Christine Okrent et Bernard Kouchner, Béatrice Shönberg et Jean-Louis Borloo, Anne Sinclair et Dominique Strauss-Kahn, Audrey Pulvar et Arnaud de Montebourg, Marie Druker et François Baroin, Valérie Trierwreiler et François Hollande. Mais pauvres hommes ! Ils s’aperçoivent après coup qu’ils sont dans une prison dorée car ils ne peuvent pas briser leurs chaînes sans briser leur carrière.

La seule solution pour éviter ce genre de problème en Israël serait, dorénavant, de suivre les préceptes évolués et judicieux de nos rabbins qui ont toujours décidé la séparation des femmes et des hommes dans la vie comme dans la synagogue. Les femmes seraient dirigées par des femmes et les hommes par des hommes. Mais gageons que les perdantes seront les femmes elles-mêmes car il n’y a pas de pire peste qu’une femme chef. Tous les époux ont fait la triste expérience à la maison.

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http://www.jerusalemplus.tv/index.php?option=com_content&task=view&id=6463&Itemid=218











lundi 22 novembre 2010

SLATE : Comment le virus Stuxnet s'en est pris au programme nucléaire iranien


SLATE :Comment le virus Stuxnet s'en est pris au programme nucléaire iranien

par Jacques BENILLOUCHE
Usine nucléaire de Bushehr
Les experts sont maintenant convaincus que le virus a été conçu pour s'attaquer aux centrifugeuses de Natanz utilisées par Téhéran pour enrichir l'uranium.

Les experts commencent à en savoir plus sur le virus Stuxnet qui a contaminé les ordinateurs iraniens et notamment ceux utilisés dans son programme d'armement nucléaire. Les chercheurs américains et allemands ont décortiqué le programme informatique du virus qui, contrairement aux autres de type «familiaux» semble aujourd'hui clairement avoir été conçu «sur mesure». Ils sont à présent convaincus qu’il a même été fabriqué pour s’attaquer spécifiquement aux sites nucléaires iraniens....

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dimanche 21 novembre 2010

BILLET D’HUMEUR : EL AL OU ELBIT ?



BILLET D’HUMEUR : EL AL OU ELBIT ?


Par Jacques BENILLOUCHE








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Je suis fier de moi car j’ai participé, à ma manière, à la croissance des bénéfices d’El Al avec mes différents voyages en France. Comme tous les français, j’ai payé plein pot car on m’a appris à acheter bleu-blanc et à ne pas rechigner sur le prix. Effectivement nous payons plus chers que les anglais mais il est vrai qu’ils ont à supporter les frais de la royauté et ceux du mariage du prochain roi.

Le chiffre d’affaires d’El Al est en croissance de 13%, passant de 496 à 561 millions de dollars. L’augmentation des bénéfices est plus significative, 245%, avec 42 millions de dollars cette année contre 12 millions l’an passé. Il me vient donc à l’idée de demander au grand aviateur PDG, Elyezer Shkedy, quelques petites faveurs à mon intention personnelle. En plus de l’amélioration de la qualité des repas qui m’ont fait détester, même chez moi, le poulet-riz, j’accepterais bien quelques billets gratuits, et rêve inaccessible, une petite réduction des tarifs pour les français.

En revanche, j’aurais à me plaindre de la rentabilité de mes économies placées dans la haute technologie et l’armement. La société Elbit, spécialisée dans la vente de matériel militaire sensible et sophistiqué, annonce une baisse de son chiffre d’affaires qui passe de 732 à 649 millions de dollars, essentiellement due à une réduction des ventes en Europe. Je sais qu’ils en veulent à Lieberman mais ils n’ont aucune raison d’en vouloir au pays entier.

Il y a bien sûr une relation de cause à effet. Le calme aux frontières, précaire certes, entraine l’afflux de touristes en Israël et les israéliens ne se privent pas d’aller dépenser leur shekel fort dans les horizons étrangers. Là où l’on passe, Milan ou les Châteaux de la Loire, on n’entend plus parler qu’hébreu Par ailleurs l’armée ne consomme plus autant d’armement puisque le Hezbollah et le Hamas hésitent encore à nous attaquer, à quelques fusées Grad près. Quant aux iraniens ils sont occupés à jouer avec le virus Stuxnet qu’on leur a envoyé et qui a chamboulé leurs centrifugeuses nucléaires.

Alors donc, ma religion est faite. Je préfère payer mes vacances françaises plus chères et continuer à engraisser El Al plutôt que de souhaiter la guerre pour augmenter les bénéfices d’Elbit. Je vois déjà certains de mes lecteurs m’accuser de pacifisme démodé mais j’assume.
















samedi 20 novembre 2010

MOHAMED DAHLAN ET LA REUNIFICATION PALESTINIENNE


MOHAMED DAHLAN ET LA REUNIFICATION PALESTINIENNE



Par Jacques BENILLOUCHE




Dahlan avec Mahmoud Abbas et Ismael Haniyé

Dahlan avec Ehoud Olmert et Chaoul Mofaz

Alors que les négociations de paix avec les palestiniens piétinent et qu’il se confirme que le plan de paix de Barack Obama se met progressivement et secrètement en place malgré l’opposition du parti du premier ministre israélien, la coopération arabo-israélienne s’affirme ouvertement de jour en jour. A la demande des américains, les différents services de sécurité s’organisent pour contrer les terroristes qui agissent au Sinaï en traversant les tunnels de Gaza.

Actions contre Al-Qaeda

Les américains avaient inauguré le principe des assassinats ciblés avec Mohammed Namnam grâce à l’aide des renseignements reçus de la part des israéliens et des égyptiens. Ils sont déterminés à combattre l’organisation Al-Qaeda, bien implantée en Afghanistan, qui cherche à étendre son influence dans tout le Moyen-Orient. Ils ont convaincu les égyptiens à collaborer totalement avec Jérusalem.

Le 17 novembre, l’aviation israélienne a procédé à l’élimination de deux frères qui circulaient en voiture à Gaza, Islam et Mohammed Yasin. Le missile qui a frappé leur véhicule, en plein centre de Gaza, a visé des chefs de l’Armée de l’Islam. Ils avaient été responsables du kidnapping en 2007 du journaliste britannique Alan Johnston et ils étaient impliqués dans l’enlèvement en 2006 du soldat Guilad Shalit. Ces activistes avaient peu de rapports avec la direction du Hamas et ils recevaient leurs directives opérationnelles directement d’Al-Qaeda.

Israël avait cessé ses opérations ciblées après l’opération « plomb durci » de 2009 mais il semble qu’il ait été amené à reprendre ces actions à la demande formelle des américains et des égyptiens. Le Caire avait réclamé l’aide d’Israël pour combattre les terroristes qui avaient pour mission d’enlever des israéliens dans le Sinaï afin de servir de monnaie d’échange. Des miliciens islamistes préparaient par ailleurs une nouvelle vague d’attentats, visant des cibles américaines en Egypte, qui avait été planifiée en représailles à l’assassinat de Namnam. Les services américains s’étaient engagés à s’opposer à la stratégie d’attaques coordonnées contre la force multinationale d’observateurs américains, FMO, à El Gorah à 37kms au sud-est du Sinaï.

Les Egyptiens avaient arrêté une vingtaine d'islamistes à Sheikh Zuwayid dans le Sinaï après la mort du leader de l'Armée de l'islam, Mohammed Namnam, tué à Gaza le 3 novembre. Plusieurs quotidiens arabes avaient affirmé que son élimination était due à une coopération totale entre les services égyptiens et israéliens. L’interrogatoire conduit par les services de renseignements égyptiens a mis en évidence l’étendue des ramifications de ce groupe et confirmé les projets d’attaques de cibles américaines. Le compte-rendu des interrogatoires a été transmis aux israéliens et aux palestiniens qui en ont fait un bon usage. Les palestiniens ont pu ainsi empêcher l’assassinat planifié de Jibrin Al-Bakri, gouverneur de Naplouse. Sur la foi de ces renseignements, les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne ont par la suite arrêté plusieurs membres de la branche armée du Hamas, les Brigades Azzedine El-Quassam, sous prétexte qu’ils portaient atteinte à la stabilité politique de la Cisjordanie.

Dahlan piaffe d’impatience

Le symbole de la collaboration arabo-américano-israélienne est représenté par Mohamed Dahlan. Mahmoud Abbas a du mal à freiner les ardeurs de celui qui est pressenti pour occuper le poste de vice-président. L’ancien homme fort de Gaza, sous le règne d’Arafat, ne perd pas espoir de reprendre le contrôle de la région qu’il dirigeait d’une main de fer. Il ne cesse de réclamer auprès des américains et des israéliens le droit et les moyens pour traverser la frontière égyptienne avec ses troupes. Il veut en découdre avec les islamistes en entrant à Gaza par la frontière de Rafah afin de détruire le régime du Hamas.

Il avait été qualifié comme l’homme à la fois de la CIA et du Mossad tant il était proche des occidentaux. Les rumeurs semblent avoir été plusieurs fois fondées. Vanity Fair avait révélé en 2008 qu’il avait rencontré George W. Bush pour obtenir que la CIA finance un coup d’Etat avorté contre le Hamas. Cette structure paramilitaire, soutenue par les américains, est encore en place en Cisjordanie. Dahlan est tellement impliqué avec les israéliens qu’il aurait convaincu Mahmoud Abbas et le premier ministre Salam Fayyad à utiliser le Shin-Bet israélien, service de sécurité intérieure, pour leur protection lors de leur déplacement autour de la Cisjordanie.

Mohammed Nazal, membre du bureau politique du Hamas, l’accuse officiellement de travailler pour les services de renseignements israéliens en expliquant que Dahlan a chargé certains de ses agents du Fatah de recueillir des informations détaillées sur les membres du Hamas à Gaza et, en particulier, de déterminer le lieu de leur résidence. Les israéliens s’en servent ainsi pour envoyer leurs missiles avec efficacité. Ces preuves de collaboration expliquent pourquoi les tentatives égyptiennes de réconcilier le Fatah et le Hamas sont vouées à l’échec. Le Fatah a bien signé un accord en octobre 2009 mais le Hamas s’est refusé à le faire. Il ne pouvait pas accepter l’intégration des forces armées du Hamas dans celles de l’Autorité palestinienne.

Pourtant le ministre des affaires étrangères égyptien Ahmad Aboul Gheit faisait de cette signature une exigence pour prendre en considération les réserves du Hamas. L’absence d’accord a libéré l’Egypte de son engagement de neutralité dans le conflit Fatah-Hamas. Le président Moubarak a donc donné l’ordre d’engager un combat sans pitié contre les forces islamistes qui créent des troubles au Sinaï et contre le Hamas en particulier.

Envahir Gaza

Les motivations de Dahlan sont nationales. Il agit parce qu’il est convaincu que le régime de Gaza nuit aux intérêts des palestiniens. Il sait que la partition entre la Cisjordanie et Gaza satisfait les israéliens et les américains qui, grâce à cette scission, arrivent à mieux peser sur les palestiniens. Il est d’ailleurs rejoint dans son analyse par le politologue Ibrahim Ibrash, résidant à Gaza : «Beaucoup de pays arabes ont commencé à réaliser le risque engendré par la séparation de Gaza de la Cisjordanie. ». Il justifie donc son activisme pro-occidental par la nécessité de donner à l’Autorité les moyens financiers et militaires pour étendre son pouvoir à Gaza.

Des sources du renseignement israélien affirment que Dahlan a présenté à son comité central, le 11 novembre, un plan d’invasion de Gaza, de 70 pages, pour restaurer le pouvoir de l’Autorité palestinienne. Il a prétendu que plusieurs pays européens et arabes approuvaient son initiative puisqu’ils acceptaient de former ses troupes pour la réussite de la mission. Il collabore donc avec les experts sécuritaires jordaniens, égyptiens et israéliens. Son plan répartit d’ailleurs les tâches qui impliqueraient aussi Israël d’une certaine mesure. La Jordanie est supposée devenir responsable de la formation d’un commando maritime qui attaquerait Gaza par la mer tandis que la frontière serait ouverte à Rafah.

Les occidentaux sont cependant sceptiques sur la viabilité d’un tel projet car le coup d’Etat de 2007 fut un échec cuisant et la fuite des généraux du Fatah vers l’Egypte n’avait pas été perçue comme une preuve de courage et une volonté de réussite. Les palestiniens ont estimé devoir donner des gages de bonne volonté en collaborant avec ceux qui pourraient les aider à récuper l'autre partie de la Palestine. Dahlan a donc engagé ses troupes dans une guerre de renseignements contre Al-Qaeda pour s’attirer les faveurs égyptiennes et américaines et, contre le Hamas pour convaincre les israéliens qu’il poursuit le même objectif d’éradication du régime de Gaza. Combien d’assassinats ciblés seront-ils nécessaires pour prouver la bonne volonté de Dahlan ?
































mercredi 17 novembre 2010

LE CHANGEMENT AU QUAI D'ORSAY VU D'ISRAËL



LE CHANGEMENT AU QUAI D'ORSAY VU D'ISRAËL

par Jacques BENILLOUCHE
                                                                                  

Le remaniement français est passé inaperçu en Israël. Les principaux journaux ont fait l’impasse sur la nouvelle. Ni Haaretz, ni le plus fort tirage Israël Hayom n’ont consacré quelques lignes au nouveau gouvernement français. C’est un non évènement ici. Israël et la France ont constitué un couple au bon sens du terme avec toutes ses dérives. Ils sont passés par toutes les phases : le flirt, l’idylle, l’amour fou, la passion, la querelle, la haine, l’indifférence, la séparation, la réconciliation et le divorce. A l’arrivée du Général de Gaulle au pouvoir, les relations franco-israéliennes n’ont pas résisté au travail de sape entrepris par Couve de Murville. De cette période date l’animosité d’Israël avec le Quai d’Orsay qui abritait des diplomates issus d’une vieille aristocratie catholique profondément pro-arabe.

Le Quai pro-arabe

En effet le ministre du Général de Gaulle décida, dans son souci d’éliminer les partisans de l’Algérie française, de vider le Quai des amis d’Israël et il recruta des fonctionnaires à particule, idéologiquement sensibles aux thèses des pays musulmans. Cette nouvelle vague de diplomates s’acharna à défaire en quelques mois les liens amicaux tissés avec l’Etat juif pendant 10 ans. Ils furent d’ailleurs aidés par la fin de la guerre d’Algérie qui ouvrait la voie à la reconquête du monde de l’islam, abandonné alors à la seule Grande-Bretagne.

Israël ne regrettera pas beaucoup Bernard Kouchner qui n’a pas été efficace à son gré. D’une manière générale, elle ne regrette jamais les juifs qui parviennent à de hauts postes dans les gouvernements étrangers. L’exemple de Bruno Kreisky, chancelier autrichien de 1970 à 1983, est éloquent puisqu’il ne s’entendit jamais avec Israël et qu’il préféra développer des relations très poussées avec l’OLP, alors ennemi déclaré de l’Etat juif.

Les israéliens savaient que Bernard Kouchner ne pouvait se réclamer de son identité juive car il risquait de susciter des réserves de la part de compatriotes qui vouent à l’islam une passion immodérée ou de ceux qui partagent encore les idéaux racistes d’extrême-droite. Ils étaient persuadés qu’ils ne tireraient aucun profit de la position du ministre puisque chacun de ses actes était mesuré au degré d’amitié perçu dans ses décisions vis-à-vis d’Israël. L’inertie du ministre dans le conflit israélo-arabe était donc justifiée par une volonté de ne pas être taxé de favoritisme alors que les israéliens attendaient de lui plus d’activisme à leur égard.

 
Inefficacité et inertie

 
D’ailleurs le ministre des affaires étrangères a été raillé dès sa prise de fonctions. L’agence Associated Press avait révélé, en septembre 2007, qu’il prenait ses ordres directement et en public de la ministre des affaires étrangères Tsipi Livni. L’AP avait rendu compte de la conférence de presse commune et avait rapporté ce fait : « Quand un journaliste israélien a interrogé M. Kouchner sur les plaintes de la Syrie selon lesquelles un avion de la chasse israélienne avait pénétré son espace aérien la semaine dernière, Tzipi Livni a été vue en train de griffonner un message et de le transmettre au ministre français. M. Kouchner a affirmé qu’il n’était pas au courant de cette affaire. »

Les griefs d’Israël étaient nombreux et pour trois d’entre eux, ils étaient inexcusables. La diplomatie israélienne avait trouvé que Bernard Kouchner n’avait pas été très incisif dans son action pour la libération du soldat franco-israélien Guilad Shalit. Par ailleurs, il n’a pas eu d’attitude originale puisqu’il a interdit son ministère à Avigdor Lieberman, persona non grata en France et en Europe. Il n’a eu aucune solidarité avec son collègue lorsqu’il fut qualifié de « Le Pen» par Nicolas Sarkozy. Le ministre israélien s’était d’ailleurs vengé lors de la visite en Israël de Kouchner le 11 octobre [6]. Il avait décidé de l’humilier en public en lui faisant la leçon : « Je n’attends pas de vous que vous régliez tous les problèmes du monde, mais j’attends en revanche que vous vous attaquiez à vous problèmes en Europe et que vous les régliez avant de venir nous faire la leçon. » Enfin, le ministre des affaires étrangères françaises n’a pas réussi à faire admettre Israël au sein de la Francophonie. Il fallait pour cela imposer aux membres un vote à la majorité et non pas à l’unanimité pour éviter qu’un seul Etat n’interdise l’entrée d’un pays qui compte plus d’un demi-million de francophones.

Un bastion inexpugnable

La nouvelle locataire du Quai d’Orsay est chiraquienne, pur jus. Le président Chirac n’a pas laissé de bons souvenirs en Israël du fait de ses liens étroits avec Saddam Hussein et Hafez Al-Assad, le syrien. La chute du dictateur irakien et l’assassinat de Rafik Hariri, grand ami de Chirac, avaient pour un temps réchauffé des relations mal en point mais Israël n’avait toujours pas trouvé grâce aux yeux des diplomates du Quai qui maintenaient leur anathème sur l’Etat juif. D’ailleurs il ne semble pas qu’un politique soit en mesure de s’attaquer à un bastion inexpugnable, mis à part Couve de Murville qui avait été en mesure d’imposer ses vues.

Lors d’une interview, Claude Goasguen député de Paris, nous avait parfaitement décrit la situation vue à travers l’œil d’un député de la majorité : « En réalité, la politique étrangère en France est réservée à une poignée d’individus sans contrôle. Le Président de la République, un petit peu le Ministre des Affaires Etrangères qui n’a pas grand pouvoir et le Quai d’Orsay. L’Assemblée nationale ne connaît rien de la politique étrangère de la France. En tant que député j’apprends tout par la presse comme vous. Nous sommes le seul pays à avoir un homme et un seul, à l’Elysée, avec le secrétaire général du Quai d’Orsay, qui décide de tout et qui est par nature en dehors de toute responsabilité politique. »

Les israéliens sont donc résignés à ne voir, dans l’avenir, aucune amélioration avec un ministère français qui leur est hostile. C’est pourquoi ils ont boudé la nouvelle du changement de ministre. Ils ne pensent pas que Michèle Alliot-Marie sera en mesure de faire mieux que Bernard Kouchner. Elle aura au moins l’avantage de ne pas être gênée par une identité qui a desservi son prédécesseur plutôt qu’elle ne l‘ait rassuré.



























mardi 16 novembre 2010

BILLET D’HUMEUR : LA GUERRE DE L’EAU

BILLET D’HUMEUR : LA GUERRE DE L’EAU


Par Jacques BENILLOUCHE

Usine de dessalement de l'au de mer à Hadera (Israël)
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La sècheresse sévit en Israël et dans les régions avoisinantes. En plein mois de novembre, le climat ressemble à celui d’un printemps chaud. Les conséquences sont dramatiques puisque le seul réservoir d’eau du pays, le lac de Tibériade, a déjà perdu 40cms de hauteur alors qu’il flirtait avec sa limite inférieure. La pêche y sera d’ailleurs interdite pour deux ans pour permettre une reproduction des poissons. L’Afrique connait les mêmes souffrances qui accentuent la famine et la maladie.

Au même moment, la France subit des précipitations importantes avec des inondations dans plusieurs régions. La Belgique n’est pas épargnée et quelques personnes ont payé de leur vie la colère du ciel.

Mais une question naïve me taraude : n’est-il pas possible de récupérer toutes ces eaux qui finissent par se diluer dans les océans afin d’aider des pays qui en feraient bon usage ? Pourtant, les occidentaux ont été capables de construire des pipelines pour le gaz et le pétrole qui défient les problèmes techniques.

Le 28 Décembre, Vladimir Poutine a officiellement inauguré le nouveau gazoduc Sibérie orientale-Océan Pacifique (ESPO), le plus cher et l'un des projets les plus importants dans le secteur énergétique russe. L'ESPO reliera Tayshet, dans la région de l'Irkoutsk, avec le port Kozmino sur l'océan Pacifique soit une longueur totale de 4.857 kms avec une capacité de 80 millions de tonnes.

Un oléoduc pétrolier relie Doba, au sud-ouest du Tchad, à Kribi au Cameroun sur une distance de 1.000kms. Un autre qui a été commencé en 2002 va de Bakou en Russie à Ceyhan en Turquie sur une longueur de 1.762 kms.

On pourrait donner d’autres exemples qui prouvent que la construction de pipelines est devenue une technique répandue mais les pays occidentaux se refusent à construire les moyens de transporter l’eau, symbole de la vie et de l’éclosion de la nature. Le partage de l’eau serait un moyen de pacifier des régions entières et d’empêcher des guerres parce que les paysans sont attachés à leurs terres. Il permettrait à des pays pauvres de développer des ressources nouvelles pour éviter que leurs populations s’exilent en Europe et gonflent les régiments des sans-papiers.

Ces pipelines d’eau transporteront la vie sans pour autant attenter à l’environnement comme le font ceux du pétrole. En effet, de par sa densité énergétique et sa forme liquide, le pétrole est à l’origine de catastrophe écologiques dont on ne parle pas pour éviter que les populations ne se rebellent contre le passage sur leur sol de gros tuyaux polluants.

Alors, comme rien n’est fait pour pallier le manque d’eau, il ne reste plus qu’à prier le Ciel pour que la pluie revienne dans notre région. Cette sècheresse aura eu au moins un aspect positif, la victoire de l’œcuménisme qui s’insère comme un pas vers la paix. Des juifs, des musulmans et des chrétiens, des palestiniens et des habitants des implantations du Goush Etzion, au sud de Bethléem, se sont réunis près du village d’Al-Walajah, le 11 novembre, pour une prière commune, afin que la pluie tombe sur la Terre sainte, en proie à la sécheresse. Ces deux peuples ressemblent aux familles déchirées qui se ressoudent lorsque le malheur frappe à la porte.

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http://www.jerusalemplus.tv/index.php?option=com_content&task=view&id=6401&Itemid=218














lundi 15 novembre 2010

LE HEZBOLLAH FACE AUX CONCLUSIONS DU TRIBUNAL


LE HEZBOLLAH FACE AUX CONCLUSIONS DU TRIBUNAL

Par Jacques BENILLOUCHE



Le Tribunal spécial pour le Liban (TSL), mis en place par l'ONU pour enquêter sur l'assassinat de Rafic Hariri dans un attentat à Beyrouth en 2005, est sur le point de déposer ses conclusions. Le Hezbollah récuse ce tribunal car il estime que son enquête est fondée sur des éléments faux et sur des témoignages sujets à caution. Pour s’opposer à la mise en cause prévisible de ses dirigeants, il avait organisé un exercice militaire d’intimidation, le 28 octobre, dans tout le Liban afin de tester l’état de préparation de sa milice armée et de la mobiliser pour ce qu’il appelle « l'heure zéro ».

Intimidation du Hezbollah

La manifestation avait été suivie d’un discours d’Hassan Nasrallah, le 29 octobre, sous forme de déclaration de guerre. Le chef de la milice avait alors ordonné « à tous les fonctionnaires et à tous les citoyens à boycotter le travail des enquêteurs de l'ONU car la coopération serait une atteinte à la Résistance ». Le gouvernement libanais avait interprété ce discours à la fois comme une mise en garde à son intention mais comme une volonté de réchauffer le front israélien si des conclusions impliquaient la responsabilité de la milice islamiste. Les manœuvres avaient été décidées en coordination avec le haut commandement irano-syrien pour s’assurer qu’à « l’heure zéro », la milice pouvait être déployée en ordre de bataille sur tout le territoire, en deux heures. Les dirigeants libanais ne sont pas dupes et se doutent que le Hezbollah prend prétexte du Tribunal pour s’assurer militairement du contrôle du Liban.

Les membres du Tribunal se sont inquiétés de ces méthodes d’intimidation tendant à s’opposer à leurs travaux. Ils ont demandé à ce que la reconstitution de l’attentat s’effectue en France dans l’intérêt de la sérénité de l’enquête mais ils sont convaincus à présent que les différentes preuves accumulées ne sont plus en sécurité au Liban.

Hassan Nasrallah vient de réitérer ses menaces de « couper la main » de celui qui arrêtera des membres de son parti dans le cadre de l'enquête menée par le TSL : « Ceux qui pensent que la Résistance acceptera toute accusation contre ses militants ou ses dirigeants se trompent ». Il s’élève avec insistance, par avance, contre le contenu de l’acte d’accusation qui devrait être rendu public à la fin de l’année par un Tribunal jugé « politisé et à la solde d’Israël ».

Des chefs islamistes dans la tourmente

Des informations des services de renseignements israéliens, reprises en partie par le Wall Street Journal, mettent directement en cause de hauts dignitaires du Hezbollah. Il est à présent acquis qu’Imad Moughnieh, assassiné à Damas le 12 févier 2008, était l’un des maitres d’œuvre de cet attentat en tant qu’expert en conception de voitures piégées de type 4x4, utilisées dans des attentats similaires au Liban. Le mystère de sa mort reste toujours entier car il est attribué pour certains au Mossad qui l’accusait de diriger les services de sécurité du Hezbollah et de servir d’agent de liaison avec l’Iran.

Mustafa Badr Eddine, adjoint de Nasrallah, qui a hérité du poste de son beau-frère Moughnieh, reçoit les ordres directement du général iranien Kassim Sulaimani basé à Téhéran. L’enquête a établi que la camionnette Mitsubishi qui a servi à l’attaque appartenait à un cadre du Hezbollah. Le parcours du véhicule a été retracé ainsi que l’origine des explosifs utilisés. Le TSL a identifié les autres organisateurs de l’attentat : Talal Ussein Hamiyé, Wafiq Safa et Ibrahim Muhammad Akil. L’inculpation de ces trois dirigeants de haut niveau justifie les craintes de Nasrallah et son agitation à empêcher le TSL à maintenir son acte d’accusation.

Talal Hussein Hamiyé a remplacé Moughniyeh comme chef militaire du Hezbollah. Il soupçonne les services de sécurité syriens d’être les commanditaires de l’assassinat de son prédécesseur puisqu’il a été réalisé à quelques mètres du quartier général des services de renseignements syriens. Il estime que si Damas n’était pas directement impliqué, il aurait au minimum prouvé sa collusion en laissant agir les agents israéliens en toute impunité. Chef du département des opérations spéciales, il est chargé d’organiser à l’étranger des actions de terrorisme.

Wafik Safa est le responsable de la sécurité interne du Hezbollah et l’adjoint du général iranien Hossein Mahadavi installé au Sud-Liban pour coordonner l’action du Hezbollah avec les iraniens. Il est aussi chargé de la coopération militaire avec les deux autres alliés libanais, la milice chrétienne du général Michel Aoun et les forces druzes de Walid Joumblatt. C’est à lui qu’incomberait le projet de prise de pouvoir du Hezbollah au Liban.

Ibrahim Muhammad Akil, est déjà connu en Europe puisqu’il avait planifié les attentats de 1986, les prises d'otages occidentaux à Beyrouth et les détournements d'avions. Nommé commandant militaire du Sud-Liban, il a en charge le front contre Israël.

Accusations sérieuses

Le procureur spécial du TSL, Daniel Bellemare, détient la preuve que le jour de l'assassinat de Hariri, ces quatre responsables avait mis en place un centre de commandement mobile pour l'exécution de l'opération. Cette accusation est fondée sur l’interception de conversations téléphoniques entre miliciens qui ont utilisé le système de communication militaire du Hezbollah pour transmettre les ordres et pour coordonner l’action des équipes sur le terrain. Les enquêteurs, qui recherchaient les preuves de l’utilisation de ce réseau téléphonique, ont été surpris de découvrir qu’un dispensaire militaire avait servi de relais aux assassins, entrainant ainsi une plainte du secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-Moon.

Les occidentaux s’inquiètent de voir le Hezbollah anticiper les accusations du TSL en s’attaquant au gouvernement libanais légal. Mais ils disposent de peu de moyens pour s’opposer à une action militaire de la milice chiite, forte de 20.000 hommes puissamment armés. Ils pourraient difficilement intervenir en force au Liban pour restaurer le pouvoir légal à la suite d’un éventuel putsch sans créer de guerre civile au souvenir douloureux. Le chef du parti des Forces Libanaises, Samir Geagea, estime que « la région passe par le dernier quart d'heure avant la tempête. Le Hezbollah veut transformer le Liban en théâtre de guerre. La complaisance n'est plus permise dans ce domaine. Les responsables doivent assumer leurs responsabilités ».

Préparatifs militaires

Une nouvelle résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU serait stérile car les sanctions n’auraient aucun effet sur la décision du Hezbollah de faire sauter le gouvernement de Saad Hariri. S’il prenait le pouvoir à Beyrouth, il risque de s’en prendre directement aux troupes de la FINUL pour les contraindre à quitter le Liban-sud. Cette hypothèse est prise au sérieux par les militaires israéliens qui s’inquiètent surtout des 1500 pasdarans présents sur le théâtre des opérations. L’acte d’accusation du TSL aurait un effet décisif sur la stabilité de la frontière israélo-libanaise.

Les israéliens font état de changements importants dans le commandement sud du Hezbollah. Nasrallah a nommé son cousin Hashim Safi Al-Din au commandement de la région sud après l’avoir rappelé de Téhéran où il occupait le poste de chef du bureau de liaison du Hezbollah. Il remplace Cheik Nabil Kaouk qui s’était distingué pendant la guerre du Liban de 2006. Cette nomination tend à s’insérer dans la menace de réactiver le front-sud si une extradition était demandée contre les dignitaires islamistes. Elle préfigure la constitution d’un Etat-major militaire de trois dignitaires chargés de préparer une éventuelle guerre contre Israël. Hassan Nasrallah, Hashim Safi Al-Din et l’iranien Hossein Mahadavi, général des brigades El-Quods, ouvrent ainsi la voie à la concrétisation des ambitions de Téhéran et de Damas pour asseoir leur influence au Liban.