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ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE

lundi 28 février 2011

SLATE - REVOLUTIONS ARABES : LE GERME PALESTINIEN





Slate : Révolutions arabes: le germe palestinien
Par Jacques BENILLOUCHE

Les Palestiniens ont été les premiers à combattre dans les rues et à chercher un modèle démocratique arabe.




Cela peut paraître surprenant, mais les émeutiers qui ont envahi les rues de Tunisie, d’Egypte et de Libye en réclamant la liberté et la démocratie ont été précédés par les Palestiniens. Mêmes s'ils n'ont pas un Etat, ils ont été les premiers à exprimer ce désir de liberté dans les rues et aussi, relativement librement, dans les urnes. Il faut aussi noter que pour une fois dans les rues de Tunis, du Caire et de Tripoli, Israël était pratiquement absent des slogans et des revendications. D’ordinaire, les frustrations politiques et économiques des sociétés arabes trouvaient un exutoire facile, dont ont usé et abusé tous les régimes, avec les deux Satans, Israël et les Etats-Unis.   

Lire la suite de l'article sur SLATE  :

http://www.slate.fr/story/34809/revolutions-arabes-palestine-germe

dimanche 27 février 2011

RADIO KOL ISRAEL JOURNAL DU 27 FEVRIER 2011 : LA MAIN DE L'IRAN




RADIO KOL ISRAEL JOURNAL DU 27 FEVRIER 2011 :
LA MAIN DE L'IRAN


Jacques BENILLOUCHE au micro de Dror SOLFER


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vendredi 25 février 2011

RADIO JUDAIQUES FM : JOURNAL DU 25 FEVRIER 2011




RADIO JUDAIQUES FM : JOURNAL DU 25 FEVRIER 2011

Les navires iraniens à travers le canal de Suez

Jacques BENILLOUCHE au micro d'OLIVIER

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BILLET D’HUMEUR : VALEUR RELATIVE D’UNE VIE ARABE




BILLET D’HUMEUR : VALEUR RELATIVE D’UNE VIE ARABE

 

Par Jacques BENILLOUCHE



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         La manifestation était monstre à Paris ce 18 juin 2010. Elle était la plus importante de mémoire de journaliste. Le cortège s’étirait de la République à la Nation, sur plusieurs kilomètres en rangs serrés. Un million de personnes selon la police ou deux millions de manifestants selon les organisateurs constituaient le cortège chargé de faire entendre la réprobation devant les massacres. Les informations venues de l’Etranger précisaient qu’au même moment des manifestations de protestation se déroulaient partout dans le monde, à Londres, à Bruxelles, en Turquie, en Jordanie et au Liban. Le Parti des musulmans de France (PMF), proche des mouvements islamistes radicaux, conduisait la marche avec son imam en tête en tenue de gala, tout de blanc vêtu.
La gauche française, à l’initiative du Nouveau Parti Anticapitaliste, avait lancé un appel à se rendre en masse au centre de Paris. Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts et porte-parole d’Europe Ecologie, était présente pour accompagner Olivier Besancenot qui s’est dit « révolté par cet acte de guerre » tandis que Marie-George Buffet, secrétaire du parti communiste pour quelques jours encore, appuyait cette déclaration de hochements de tête approbateurs. Bref tous les ténors de la bonne conscience étaient là ; la fine fleur de la contestation défilait comme elle le fait dans les grandes occasions quand elle estime que leur droit humain est bafoué.
            Depuis le début des révolutions, des centaines de cadavres jonchent les sols tunisiens et égyptiens. Mais le colonel Kadhafi a fait fort avec ses milliers de morts qui ont osé réclamer la liberté. On s’attendait à ce que les manifestants français aillent défiler en masse pour s’élever contre des meurtres de civils afin de marquer leur solidarité active mais ils n’ont pas réagi puisque les faits ne prêtent pas à attention lorsque des arabes tuent d’autres arabes.

Réprobation sélective

            Les mêmes militants qui s’était dérangés pour les neuf morts de la flottille de Gaza n’avaient aucune raison de s’intéresser à ce qui se passe dans les contrées arabes puisqu’il s’agit d’une guerre interne. Quelques milliers de morts arabes ne représentent pas grand chose par rapport aux neuf turcs tués sur le bateau Marmara. Il est vrai que le sujet ne fait pas vendre et ne mobilise pas les masses quand Israël n’est pas impliqué et quand les arabes n’apparaissent pas en victimes.
            Les donneurs de leçons habituels n’ont rien à dire sur ces massacres. Ils se taisent, ils ne s’expriment plus, ne réagissent pas dans les médias, ne condamnent plus les « actes barbares » et ils ont perdu leurs mots pour qualifier ce drame. Ils ne se voient pas autorisés à  militer pour le sauvetage de milliers de libyens qui n’avaient qu’à se laisser exterminer pour laisser en paix les organisations politiques françaises. Le blocus de Gaza était inconcevable quand il s’agissait de s’opposer au passage d’armes de destruction mais aujourd’hui la mort de civils semble trouver une justification aux yeux des donneurs de leçons.
            La vérité est une notion relative puisque les bonnes consciences françaises, qui s’opposent à Israël, sont toujours promptes à réagir quand elles estiment que l’Etat juif n’a «  aucune considération pour les Palestiniens, spoliés, chassés hors de chez eux et maltraités depuis 1948. » Les autres victimes ne méritent pas qu’on s’attarde sur leur sort et ne font l’objet d’aucune polémique. Telle est « leur » vérité. Le problème de ces élites est qu’elles ont l’indignation sélective pour ne pas dire exclusive. Il serait bon que, de temps en temps, elles enlèvent leurs œillères pour constater qu’il y a d’autres peuples qui méritent une attention et auxquels elles ne daignent même pas offrir un regard de compassion.  

   http://www.jerusalemplus.tv/index.php?option=com_content&task=view&id=7905&Itemid=218
  

mardi 22 février 2011

SLATE : Pour Israël, la menace iranienne se rapproche



SLATE : Pour Israël, la menace iranienne se rapproche
 
Par Jacques BENILLOUCHE

 
Téhéran profite du flottement du pouvoir égyptien et de l'affaiblissement américain pour envoyer des navires de guerre en méditerranée.
 
 
Deux navires de guerre iranien ont franchi le canal de Suez et pénétré en Méditérranée mardi 22 février pour la première fois depuis 1979 et la révolution islamique. Les navires sont la frégate de 1.500 tonnes Alvand et le transport de 33.000 tonnes Kharg. La frégate est armée de torpilles et de missiles anti-aériens et le Kharg possède des hélicoptères....
 
Lire la suite sur Slate :
 

KOL-ISRAEL DU 22 FEVRIER - ANALYSE DU DISCOURS DE KADHAFI



KOL-ISRAEL : JOURNAL DU 22 FEVRIER 2011 - LE DISCOURS DE KADHAFI

ANALYSE DU DISCOURS DU LIBYEN KADHAFI

par Jacques BENILLOUCHE 

au micro de Annie GABBAI



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GUYSEN-TV : DES NAVIRES DE GUERRE IRANIENS TRAVERSENT LE CANAL DE SUEZ



GUYSEN-TV : DES NAVIRES DE GUERRE IRANIENS TRAVERSENT LE CANAL DE SUEZ

Journal télévisé du 21 février 2011

Jacques BENILLOUCHE au micro de Myriam DANAN

Le croiseur iranien Kharg
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lundi 21 février 2011

LIBYE : UN PAILLASSON POUR RIEN




LIBYE : UN PAILLASSON POUR RIEN

 
par Jacques BENILLOUCHE



La ministre Rama Yade avait eu le courage d’afficher sa mauvaise humeur et son opposition à la visite en France du dirigeant libyen : « Le colonel Kadhafi doit comprendre que notre pays n'est pas un paillasson, sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits. La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort », et avait poursuivi, « Je serais encore plus gênée si la diplomatie française se contente de signer des contrats commerciaux, sans exiger de lui des garanties en matière de droits de l'homme. C'est un devoir ; la France n'est pas qu'une balance commerciale ».

Paroles, paroles

Certes le remplissage des caisses de l’Etat peut justifier parfois d’avaler quelques couleuvres mais, tout compte fait, le colonel Kadhafi avait fait illusion. Les chiffres compilés ont été bien en deçà des 11 milliards d’euros de contrats promis sans vergogne par le libyen. Certains politiques s’étaient d’ailleurs demandé s’il avait été judicieux de dérouler le tapis rouge devant un dictateur qui avait fait preuve d’une arrogance déplacée et qui n’avait pas cessé d’humilier la France et ses dirigeants durant sa visite.

Le colonel Kadhafi avait laissé éclater sa vindicte en refusant, avec une volontaire vulgarité, l’Union pour la Méditerranée prônée par le président français. Tandis que le dictateur s’installait dans sa folklorique tente bédouine au milieu des jardins de l’hôtel Marigny, résidence des hôtes de marque et qu’il était reçu à l’Assemblée Nationale, Jean-Pierre Raffarin justifiait alors cet excès d’honneur par des contingences politiques : « Pour la réalisation du grand projet de Nicolas Sarkozy d’Union méditerranéenne, il est important que la rive sud de la Méditerranée se développe et que la Libye fasse plus d’efforts pour développer le Maghreb. » 

Hélas, voulant se parer des habits trop larges de leader arabe panafricain, Kadhafi avait refusé la présence d’Israël dans cette union et s’était transformé en donneur de leçons : « Nous ne sommes ni des affamés ni des chiens pour qu'ils nous jettent des os. Si l'Europe veut coopérer avec nous, qu'elle le fasse avec la Ligue arabe ou l'Union africaine mais nous n'acceptons pas que l'Europe traite avec un seul groupe. » Il avait même poussé l’algérien Bouteflika et le Roi Mohamed VI du Maroc à bouder le sommet des pays de la méditerranée organisé par Nicolas Sarkozy.

L’espoir du Rafale

Le colonel Kadhafi s’est en fait joué de la France avec brio et à son avantage. Il avait fait croire qu’il serait le premier chef d’Etat arabe à commander l’avion de combat Rafale mais nul n’a vu sa signature au bas d’un bon de commande. Il avait fait miroiter l’acquisition auprès d’Aréva d’installations nucléaires civiles mais il n’a signé que la maigre vente d’équipements électriques. Quant aux travaux publics français, ils continuent encore à batailler pour la prise d’un contrat de quelques millions d’euros concernant la réalisation de l’extension de l’aéroport de Tripoli.

Kadhafi avait bien manipulé son monde sans pourtant être taxé de mensonge.  Il annonçait ce que ses interlocuteurs ne voulaient pas croire. Il était tombé aux oubliettes de l’Histoire après que les Etats-Unis aient fait exploser une partie de son palais mais Nicolas Sarkozy avait réussi à l’en sortir en faisant miroiter les besoins de restructuration de son pays. Mais sa surenchère n’avait pour but que de glorifier son personnage en ne distribuant qu’une aumône. 

Peu d’hommes politiques se sont posé, à l’époque, la question de l’intérêt d’une compromission avec un tyran, maître-chanteur de surcroit, qui ne cessait d’agiter ses pétrodollars en guise de carotte et qui, en remerciement pour le tapis rouge qui lui avait été déroulé à Paris, se permettait d’offrir un camouflet à Nicolas Sarkozy. Les promesses n’engagent certes que ceux qui les reçoivent mais Kadhafi avait apporté l’illustration d’une crédulité occidentale qui frise la naïveté.

Le problème des courbettes face aux dictateurs se pose aujourd’hui. Le syrien Bassar El Assad avait fait lui aussi les honneurs de la République. Quant à Ahmadinejad il peut encore compter sur la faiblesse des occidentaux pour les narguer en envoyant deux navires militaires face à la VIème flotte américaine. Il faudrait à présent que les dirigeants occidentaux anticipent la chute des derniers tyrans pour envisager une révision de la politique à leur égard. Mais les méandres de la politique sont impénétrables.

dimanche 20 février 2011

BILLET D’HUMEUR : LES PRIORITES DE L’ONU




BILLET D’HUMEUR : LES PRIORITES DE L’ONU

Par Jacques BENILLOUCHE

Le Conseil de Sécurité de l'ONU
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Les missions assignées à l’ONU dans sa Charte constitutive prévoient de « maintenir la paix et la sécurité internationales et de développer le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales ». Mais il lui arrive souvent d’avoir ses propres priorités imposées par la majorité des membres qui la constituent.
 Ainsi l'ONG Human Rights Watch (HRW) estime, en se basant sur des sources médicales et des témoins, que les forces de sécurité libyennes ont tué plus de 104 manifestants depuis le début du mouvement, la plupart à Benghazi, deuxième ville du pays et bastion de l'opposition, à 1.000 km à l'est de Tripoli. Mais ces morts n’entrent pas dans les priorités de l’ONU.
La mission des Nations Unies pour les droits de l'homme en Tunisie indique qu'au moins 147 personnes ont été tuées et plus de 500 autres ont été blessées dans les émeutes qui ont fait tomber le régime Ben Ali. Mais ces morts n’entrent pas dans les priorités de l’ONU.
Du 25 janvier au 11 février, durant les dix-huit  jours de manifestations qui ont  provoqué la chute du président Hosni Moubarak, 365 personnes ont été tuées et 5 500 blessées. Ce bilan provisoire a été annoncé par le ministère de la Santé égyptien. Mais ces morts n’entrent pas dans les priorités de l’ONU.
Au moins quinze civils ont été tués à Mogadiscio, en Somalie, dans des combats entre insurgés islamistes Shebab et soldats de la force de paix de l'Union africaine. Dans le sillage du soulèvement des tunisiens et des égyptiens contre la dictature, les jordaniens se soulèvent et ils étaient des milliers à manifester pour demander le renversement du gouvernement. Le black-out imposé par les autorités ne permet pas de compter les victimes. Le Bahreïn lui-aussi  s’enflamme sans que l'on sache, pour l’instant, le nombre de victimes de la répression. Mais ces morts n’entrent pas dans les priorités de l’ONU.
Mais enfin, heureusement, un sujet a trouvé grâce auprès des quatorze membres du Conseil de Sécurité qui recherchaient matière à débat pour leurs longues journées d’inactivité. Il ne s’agissait pas d’un projet de résolution arabe pour soutenir des peuples en voie de démocratisation, ni d’un projet pour venir en aide aux victimes des émeutes, ni d’un projet pour bannir l’usage de la force contre les civils mais d’un projet condamnant la politique de colonisation israélienne.
Enfin un sujet sur Israël était trouvé car les habitants des implantations sont un danger pour « la paix et la sécurité internationales et pour le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales ».Heureusement, Israël sauve la mise de l’ONU.


http://www.jerusalemplus.tv/index.php?option=com_content&task=view&id=7809&Itemid=218

BILLET D’HUMEUR : JUSQU’OU NE PAS ALLER TROP LOIN



BILLET D’HUMEUR : JUSQU’OU NE PAS ALLER TROP LOIN

Par Jacques BENILLOUCHE



Croiseur iranien Kharg
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Les erreurs d’appréciation de Barack Obama ne se comptent plus au Proche-Orient mais le président américain est intelligent et sait qu'il ne faut pas aller trop loin puisqu’il a remisé au placard ses velléités d’infliger une nouvelle correction à Israël. Le veto américain au Conseil de sécurité de l'ONU, bloquant un projet de résolution arabe condamnant la politique de  "colonisation"  israélienne, a été une bonne surprise car les mouvements populaires dans les pays arabes auraient pu l’inciter à un tour de vis supplémentaire dans la politique à l’égard de l’Etat juif. Il s’agit certes d’une péripétie politique mais le vote comporte le retour à un symbole fondamental en voie d’être périmé : « Israël allié indéfectible » des Etats-Unis.

En revanche, d’autres prennent leurs nouvelles marques après avoir franchi la ligne les séparant de l’occident. L’Egypte veut démontrer sa liberté recouvrée en estimant que ce veto « a déçu les espoirs du peuple non seulement palestinien et arabe, mais aussi au niveau international ». Elle s’impose donc de rejoindre ceux qui hurlent avec les loups parce qu’elle veut réintégrer sa place dans le monde arabe critique vis-à-vis d’Israël et qui avait été boudé par Hosni Moubarak. Les compteurs ne sont certes pas remis à zéro car le contentieux avec les Etats-Unis reste encore profond et porte un nom : l’Iran.

La prochaine étape critique consistera à scruter le comportement des Etats-Unis face aux deux navires de guerre iraniens qui viennent de traverser le canal de Suez pour narguer la VIème flotte américaine en Méditerranée et pour provoquer une réaction épidermique de l’Etat juif. Israël considèrera cette attitude comme un test. Ou bien les américains laisseront les iraniens piétiner leurs plates-bandes et ils confirmeront ainsi leur faiblesse vis-à-vis des mollahs ou bien, ils feront comprendre au régime iranien la limite qu’il n’aurait pas dû dépasser.

Les prochains jours décideront du rang qu’occuperont les Etats-Unis parmi les leaders du monde.

lundi 14 février 2011

SLATE : ISRAEL CHERCHE UNE NOUVELLE STRATEGIE



SLATE : Israël cherche une nouvelle stratégique

Par Jacques BENILOUCHE



Le sabotage d'un gazoduc dans le Sinaï par des commandos infiltrés du Hamas et d'al-Qaida est un mauvais présage pour la frontière sud d'Israël. L'Etat-Major israélien se prépare à devoir se défendre sur une frontière de 270 kilomètres pacifiée depuis 32 ans.
Le vice-président Omar SOULEIMANE avec Tsipi LIVNI
La chute de Hosni Moubarak et la nouvelle situation politique en Egypte contraignent le gouvernement israélien à une redéfinition totale de sa stratégie vis-à-vis de son voisin du sud avec lequel il a partagé 32 années de paix froide, certes, mais aussi de complicité cachée. Le nouveau chef d’Etat-Major, le général Benny Gantz, qui prend ses fonctions le 14 février, a finalement été préféré à Yoav Galant empêtré dans une affaire judiciaire. Il lui revient la tâche de construire la nouvelle philosophie de la défense du pays.....

Lire la suite sur le site Slate en cliquant sur le titre de de l'article en rouge :

http://www.slate.fr/story/34171/israel-egypte-sinai-strategie-defense


RADIO KOL-ISRAEL : L'EVOLUTION DE LA SITUATION EN EGYPTE



RADIO KOL-ISRAEL DU 13 FEVRIER 2011

L'évolution de la situation en Egypte
Jacques BENILLOUCHE au micro de Dror SOLPHER
Le vice-président Omar Souleimane


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dimanche 13 février 2011

BILLET D’HUMEUR : ZORBA LA HAINE




BILLET D’HUMEUR : ZORBA LA HAINE

Par Jacques BENILLOUCHE

 Ecouter le texte radiodiffusé

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Le compositeur grec Mikis Theodorakis s’était rendu célèbre durant la dictature des colonels grecs, dans les années 1967-1974, parce qu’il s’était opposé au régime oppressif  qui s’était abattu sur la Grèce. Nous avions une grande admiration pour lui et pour ses chansons patriotiques. Mais il vient de nous convaincre que ni ses dons musicaux et ni ses visions politiques n’étaient à la hauteur de sa réputation. La « vieillesse est un naufrage » et il se confirme que la danse du sirtaki ne favorise pas le développement des neurones. 
Il est tombé dans la mythomanie et dans le complexe de la persécution. En 2004 déjà, il estimait que « le peuple juif était à la racine du mal et qu’il existait un masochisme psychologique dans la tradition juive. » Parce qu’il n’avait pas réussi à se hisser au niveau des grands compositeurs internationaux, il imputait son échec aux autres. Il n’a pas voulu comprendre que la seule musique du film de « Zorba le Grec » ne suffisait pas à inscrire son nom au palmarès des grands noms. Alors, il avait  reporté sur les juifs l’origine de ses lacunes : « ils contrôlent une grande partie des finances mondiales et la plupart des grands orchestres symphoniques du monde ». Il justifie par des arguments fallacieux son absence des  salles de concert prestigieuses : «  Partout où il y a des juifs, partout où il y a des orchestres contrôlés par des juifs, on boycotte mon œuvre ». L’idée qu’il y avait peut-être des motifs artistiques à la défection de son auditoire ne l’a jamais effleuré.
Alors aujourd’hui, comme en 2004, il récidive parce qu’il était tombé aux oubliettes de l’Histoire. Comme Le Pen, il espère par l’invective, attirer l’attention d’un public qui l’a déserté parce qu’il ne peut plus le mobiliser par son talent perdu. Il  a compris qu’en s’attaquant aux juifs, les médias parleraient de lui, le compositeur oublié, l’homme des trois seuls succès de chansons (Sto Perigiali, Kaïmos, Une hirondelle) et des trois seuls musiques de films (Electre, Zorba le Grec, Z, Serpico). Son mal réside dans la perte de son inspiration.
Parce qu’on ne parlait plus de son œuvre sans relief, il vient de mobiliser la télévision pour se lancer dans des attaques antisémites désolantes. Il estimait mot pour mot : « être non seulement antisioniste mais également antisémite. Tout ce qui se passe dans le monde provenait du sionisme ». Sa vieillesse lui avait seulement fait oublier qu’il avait composé une œuvre « Mauthausen » pour s’associer aux victimes des camps de la mort. Mais c’était il y a longtemps, du temps où il avait du talent. Mais comme d’autres aigris, il a viré vers un antisémitisme virulent sous couvert d’antisionisme.  Il a dénoncé son premier ministre, George Papandreou,  qui entretient d’excellentes relations avec Benjamin Netanyahou, parce qu’il est entré de plein pied dans le monde du gauchisme stérile.
Alors il faut le laisser dans l’oubli, parmi les gens de mauvaise foi qui imputent aux juifs leurs déconvenues littéraires ou artistiques alors que l’inspiration les a quittés. Notre silence sera la pire des punitions pour un compositeur de musique.

vendredi 11 février 2011

UN VERITABLE TALENT : RACHEL ARNAUD




UN VERITABLE TALENT : RACHEL ARNAUD



Quittons la politique pour un peu de douceur dans notre monde désaxé ! Une chanteuse, découverte récemment, que certains jugeront anachronique car ses chansons sont des textes de pure poésie. 

Pour nous, les vieux, qui avons connu la rue des Canettes des années 1960 et la cave de Georges, nous ne pouvons qu'être saisis de nostalgie à l'écoute de ce qui nous rappelle l'époque de Saint-Germain des Près où tout était folie et tout était insouciance; écoutez et vous me remercierez !.

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Monochrome - Paroles et musique et toute la galère : Rachel Arnaud
Je suis l’asymétrie du monde
Et la géométrie variable
La seconde après la seconde
Le souffle et la danse du sable
Je roule en toi comme dans le lit
D’un fleuve indéfiniment droit
Tes lames m’aspirent et me lient
À ces eaux souillés de sang-froid
Sous les nénuphars monochromes
Attachée à tes algues-sangles
J’ingurgite l’Uni Royaume
Et Je disparait sous ta langue
Je suis le tiers que tu effaces
Le vivant qui se multiplie
Le long cortège des sans-place
Le prêt-à-mourir par ici
Moi qui t’incarne dans mes veines
Je veux flâner dans tes artères
Je veux exister hors tes glaives
Et mes brûlants rires de guerre
Emmêler mon sang et ta sève
Dans nos rayures cicatricielles
Mes essaims de rêve à tes lèvres
Ne plus jamais tomber du ciel


Le blog de Rachel ARNAUD :

http://rachelarnaud.unblog.fr/

mercredi 9 février 2011

PALESTINIENS : LES PERDANTS DE LA REVOLUTION EGYPTIENNE




PALESTINIENS : LES PERDANTS DE LA REVOLUTION EGYPTIENNE

Par Jacques BENILLOUCHE

Haniyeh, Abbas et Dahlan

            Les palestiniens ne sont pas satisfaits de la situation qui a été déclenchée en Egypte car ils craignent des répercussions sur leur projet de création d’un Etat palestinien aux côtés de l’Etat juif. Ils pensent que l’avènement, en première ligne des manifestants, des Frères musulmans égyptiens est un coup dur qui tend à renforcer le Hamas au détriment de l’Autorité palestinienne, très attachée au statu quo qui lui garantit une économie florissante bien qu’artificielle. Ils avaient choisi de s’impliquer dans la politique de Hosni Moubarak dont la proximité avec les américains leur permettait les largesses de Barack Obama et ses faveurs politiques. Il n’est pas certain que les successeurs de Moubarak auront les mêmes dispositions à leur égard.

Les régimes modérés

Mahmoud Abbas avait choisi le camp des pays arabes dits « modérés » bien que la  notion de régime modéré en Egypte ne couvre pas une réalité tangible mais il avait accepté de suivre une politique sensible aux thèses israéliennes. L’entrée en démocratie de certains pays n’est pas mesuré avec la même sensibilité par les israéliens car l’expérience prouve que plus les pays arabes entrent dans la démocratie et moins ils sont accommodants vis-à-vis de l’occident.
            Le silence des israéliens montre qu’ils sont désorientés puisque toute leur stratégie des dernières décennies était fondée sur la stabilité de leurs relations avec l’Egypte, leader jalousé du monde arabe, dans le cadre d’un traité de paix, de paix froide certes, sur lequel s’est appuyée la politique économique d’Israël. Certains dirigeants israéliens n’hésitent pas à interpréter ces troubles égyptiens comme la preuve qu’il n’est pas possible de faire une paix durable avec les arabes, à fortiori donc avec les palestiniens. Les nationalistes israéliens, qui avaient engagé un timide virage rendant inéluctable l’évacuation d’une grande partie de la Cisjordanie, pourraient revenir à leur attitude initiale intransigeante. Les tenants du maintien des territoires pour raison de sécurité trouveront de nouveaux adeptes et ils seront certainement suivis par les spécialistes militaires qui voient leur rayon d’action se réduire de manière dramatique, surtout depuis le lâchage turc.
            Les israéliens auraient pu exploiter leur amitié avec le président déchu pour le mettre en garde contre ses propres dérives. Le président Moubarak est fortement coupable de n’avoir pas su insuffler un vent de réformes politiques et économiques dans un pays qui voyait sa croissance s’élever au fil du temps sans que la population n’y trouve un intérêt personnel. Il a choisi, parmi ses ministres et hauts fonctionnaires, des hommes faibles, ou soumis, en nivelant par le bas pour éviter qu’une tête ne dépasse pour lui faire ombrage. Il avait axé sa stratégie sur le vide politique autour de lui sans se rendre compte qu’il entrainait, de fait, la montée de l’islamisme dans son pays. 

Autorité affaiblie

            Cette nouvelle situation affaiblit l’Autorité palestinienne qui ne devait sa survie politique que grâce au soutien de Moubarak. Elle est d’autant plus affaiblie qu’Al Jazzera  a porté un coup fatal à sa crédibilité en diffusant des informations mettant en cause son comportement douteux lors des négociations de paix. Les israéliens se rendent compte paradoxalement qu’ils sont aujourd’hui plus forts politiquement qu’ils ne l’étaient face aux palestiniens. Ils avaient connu des déconvenues lorsque les pays d’Amérique latine reconnaissaient, les uns  après les autres, l’existence d’un Etat palestinien fantôme, sans frontières définies. La faiblesse de l’Autorité palestinienne leur impose de faire preuve de générosité pour faire bouger les positions respectives. 
La Jordanie était le deuxième pays arabe à avoir signé un traité de paix avec Israël et l’incertitude règne sur les décisions que prendra le nouveau régime égyptien vis-à-vis d’Israël. L’expérience a prouvé que si l’on ne favorisait pas l’émergence, ou la survie des pays laïcs modérés, la porte restait grande ouverte aux extrémistes islamistes. Le rêve que le nouveau pouvoir aura la même proximité avec Israël est du domaine de la pure spéculation d’autant plus que cette proximité fut stérile pour trouver une solution viable au conflit palestinien.
Les Palestiniens risquent d’être les victimes directes des politiques arabes chaotiques et souvent hypocrites. Quelque soit son issue, le soulèvement en Egypte aura des répercussions en Cisjordanie et bien sûr en Israël si un régime anti occidental s’installait pour une longue durée. Le journaliste d’Haaretz,  Aluf  Benn, a tracé l’état des lieux: « La disparition du gouvernement du président égyptien Hosni Moubarak a laissé Israël dans un état de détresse stratégique. Sans Moubarak, Israël se retrouve avec presque aucun ami dans le Moyen-Orient. L’an dernier, Israël a vu son alliance avec la Turquie s’effondrer ».

Le Hamas a le vent en poupe

Selon les documents dévoilés par Al Jazzera, l’Autorité palestinienne a joué avec les égyptiens le rôle d’allié officiel d’Israël  puisqu’elle a approuvé l’application stricte par l’Egypte du blocus de Gaza. Suite à la chute du régime de Moubarak, Mahmoud Abbas risque donc de perdre son appui le plus sûr contre le Hamas tandis que simultanément les américains auront perdu le levier pour modifier la donne du conflit israélo-palestinien.
Sauf à rehausser son prestige par l’octroi de concessions et de résultats concrets, l’Autorité palestinienne joue sa survie et risque d’imploser si le Hamas exploite ses relations islamiques pour consolider ses positions. Les services de renseignements israéliens ont révélé qu’une unité, composée du Hezbollah et du Hamas, a pris d’assaut le 30 janvier la prison de Wadi Natroun, au Caire,  pour libérer 22 islamistes condamnés en Egypte pour des faits terroristes. Cette attaque audacieuse sur la prison égyptienne a été la première grande opération quasi-militaire qui a été réalisée conjointement par les deux organisations islamistes. Elle inquiète les dirigeants palestiniens qui voient se rapprocher les ingrédients d’une guerre civile.
D’ailleurs nombreux sont les militants qui ont réussi à s’échapper des prisons pour rejoindre Gaza où ils reprennent du service. Ayman Nofal, l'un des leaders du Hamas, a profité des émeutes en Egypte pour s'évader de la prison Abou Zaabal du Caire et réintégrer la bande de Gaza via un tunnel creusé sous l'axe Philadelphie. Ce chef des Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas, avait été arrêté en 2008 dans le Sinaï. D’autres chefs, qui avaient été arrêtés sous l’inculpation de collaboration avec les Frères musulmans ont déjà été accueilli à Damas. Le retour de ces chefs historiques consolide la stature du Hamas et réactive plusieurs cellules prêtes à fomenter des troubles en Cisjordanie.
La chute de Moubarak ne permettra plus à Mahmoud Abbas de camper sur une position intransigeante vis-à-vis du premier ministre « félon » Ismaël Haniyeh. L’exemple de la Tunisie et de l’Egypte prouve que l’usage unique de la force n’est plus de mise pour mater la rébellion à Gaza. Les palestiniens seraient ainsi amenés à revoir leur doctrine de collaboration entre les services sécuritaires palestiniens et israéliens. Par ailleurs les occidentaux, échaudés par l’échec de leurs investissements dans les appareils sécuritaires de leurs alliés, pourraient réviser leur stratégie. Les fonds en provenance de l’Europe et des Etats-Unis, de la Cia en particulier, risquent de se tarir après le mauvais usage qui en a été fait. Or ces fonds servent à financer un service sécuritaire pléthorique en Cisjordanie  et à calmer les prétentions de certains cadres palestiniens à rejoindre le clan du Hamas.
Des plans périmés

Tous les scénarios sont analysés par le gouvernement israélien qui doit revoir ses plans devenus périmés. Il doit prévoir l’attitude à adopter si les palestiniens, à l’instar des égyptiens, décidaient de se révolter contre leurs dirigeants. Une troisième Intifada n’est pas dans l’intérêt des palestiniens qui ont goûté à la paix, au confort et à l’amélioration de leur niveau de vie mais nul ne pourra s’opposer à ceux qui exigeraient le droit de bénéficier des mêmes droits acquis par leurs frères arabes suite à leur révolte. La complicité des services de sécurité israélo-palestiniens pour mater en Cisjordanie les opposants palestiniens risque de sauter en éclats. 
Si le Hamas suscite en Cisjordanie une insurrection générale, il est à craindre que l’Autorité palestinienne, certainement aidée en sous-mains par des conseillers israéliens et jordaniens, utilisera la force pour mettre fin à ces troubles afin d’éviter qu’ils ne s’étendent aux deux voisins. Ni la Jordanie et ni Israël n’ont intérêt à laisser se développer des démonstrations de solidarité avec l’Egypte qui peuvent déboucher sur l’annulation du traité de paix jordano-israélien.
Mahmoud Abbas est devenu l’homme solitaire qui ne peut se tourner que vers son  allié sûr, le roi de Jordanie et qui risque d’être contraint de composer avec l’Etat d’Israël s’il tient à garder la direction de l’Autorité palestinienne.   


lundi 7 février 2011

GUYSEN-TV DEBAT DU 7 février 2011 : OBAMA ET L'EGYPTE



GUYSEN-TV :  FOCUS  DU  7 FEVRIER 2011

OBAMA : TIMIDE AVEC L'IRAN, MENACANT AVEC L'EGYPTE


Débat dirigé par David SEBBAN 

avec Léon ROZENBAUM et Jacques BENILLOUCHE




Lien pour visionner toute la vidéo sur le site de GUYSEN-TV :

http://www.guysen.com/tv/index_flash.php?vida=5292

dimanche 6 février 2011

NETANYAHOU GUETTE l’ISSUE DE LA REVOLUTION EGYPTIENNE



NETANYAHOU GUETTE l’ISSUE DE LA REVOLUTION EGYPTIENNE

 



            Le gouvernement israélien hésite à se prononcer clairement sur le problème égyptien de crainte de gâcher ses cartes diplomatiques. Il est partagé entre l’aspect positif de l’avènement d’un pouvoir  démocratique et ses propres intérêts militaires. Avec prudence il a indiqué, aux premiers jours des émeutes, qu'Israël « suit avec attention les évènements. Mais notre objectif est d'assurer la paix entre nous et l'Egypte dans tous les cas de figure ». Le silence officiel des dirigeants israéliens démontre leur difficulté d’évaluer les conséquences de la révolution égyptienne. Des critiques se font d’ailleurs ouvertement entendre sur l’inefficacité des services de renseignements qui n’auraient rien vu venir. A leur crédit, il faut rappeler que tous les services civils et militaires viennent d’être simultanément pourvus de nouveaux chefs qui se mettent en place.

Risque d’extension de l’instabilité

Interrogé par les membres de la commission de la défense, le chef d'Aman, les renseignements militaires, le général Aviv Kochavi avait assuré « qu’il n’y avait pas de danger sur la stabilité du régime ». L’ex-ministre de la défense Shaoul Mofaz avait abondé dans son sens en estimant qu’il « est prématuré d’enterrer le régime Moubarak. Il y a un risque que les Frères musulmans parviennent finalement au pouvoir, ils sont autant l’ennemi d’Israël que du régime en place. S’ils prenaient le pouvoir,  cela constituerait un changement dramatique dans toute la région avec le risque que l’instabilité s’étende à d’autres pays ». Mais les observateurs israéliens estiment que le chef du renseignement militaire israélien a échoué dans sa tâche de prédire la réalité de la révolution.
L’ancien ambassadeur israélien en Egypte, Eli Shaked, craint une victoire des Frères musulmans dans les prochaines élections ce qui entrainera « une dégradation majeure dans les relations entre Israël et l’Egypte avec le risque que le traité de paix de 1979 en fasse les frais ».
En fait le gouvernement israélien s’était déjà positionné secrètement dans le débat puisqu’il avait envoyé un message aux Etats-Unis, à la Russie, à la Chine au Canada ainsi qu’à certains pays d'Europe pour les informer de la nécessité pour l’occident de préserver l’existence du régime actuel car la stabilité de l’Egypte contribue à la stabilité de tout le Moyen-Orient. Benjamin Netanyahou montre ainsi, une fois encore, son opposition à la politique de Barack Obama qui s’est brutalement désolidarisé de Hosni Moubarak sans concevoir une stratégie de rechange conforme aux intérêts occidentaux. Il est fort probable que l’Union Européenne, sans originalité, alignera sa position sur celle des Etats-Unis. Les israéliens renforcent leur théorie consistant à ne compter que sur eux-mêmes. La façon dont Moubarak a été adulé pendant des années puis traité sans ménagement par les américains ouvre la voie à un exercice solitaire du pouvoir israélien sur la région.

Lâchage de Moubarak
 
Hilary Clinton s’était aussi refusé à exprimer son soutien au président égyptien : « Je ne veux adresser aucun message de soutien à qui que ce soit. Je refuse de spéculer sur qui doit partir et qui doit rester ». Le lâchage de Moubarak était ainsi entériné. Un diplomate israélien a tenu à exprimer son opposition à cette nouvelle ligne politique : « Les Américains et les Européens sont entraînés pas leurs opinions publiques et ne prennent pas en compte leurs véritables intérêts. Même si on peut critiquer Moubarak, il faut donner à nos amis le sentiment qu'ils ne sont pas seuls. En Jordanie et en Arabie Saoudite on voit la réaction de l'Occident, de quelle manière tout le monde abandonne Moubarak, et cela aura des conséquences très graves ».
            Benjamin Netanyahou a réuni le 1er février son G7, son cabinet de sécurité des sept principaux ministres, pour définir la position officielle du gouvernement sur le débat : « La paix entre Israël et l'Egypte dure depuis plus de trois décennies et notre but est de faire en sorte que ces relations perdurent. Israël suit attentivement les événements en Egypte ainsi que dans l'ensemble de la région et tâche de préserver la stabilité et sécurité. Israël doit faire preuve de responsabilité et de retenue ».
            Le dialogue est maintenu en permanence avec les autorités égyptiennes. Des hauts responsables de la sécurité collaborent avec le vice-président, Omar Souleiman, sur les questions de sécurité à la frontière de Gaza en raison de l’accroissement de la contrebande d’armes par les tunnels. Le Hamas et les bédouins du Sinaï profitent en effet des troubles pour augmenter leur trafic. Les israéliens craignent cependant que l’ancien chef des services de renseignements, qui est un proche ami d’Israël, ne soit contraint de brader son amitié pour garantir sa légitimité auprès de son opinion publique.

Régime islamiste

            Les craintes d’Israël sont grandes de voir un régime islamique à l’iranienne s’installer à ses frontières car il y voit le même scénario qu’en 1979. Les israéliens prédisent que, si des élections étaient organisées dans les semaines qui suivent, les islamistes auraient la majorité tant est grande la lassitude de la population face à un régime dictatorial et corrompu. Ils ne ménagent donc pas leur soutien au président Hosni Moubarak puisqu’ils ont accepté une entorse au traité de paix israélo-égyptien de 1979 en permettant à 800 soldats d’entrer au Sinaï le 31 janvier alors que ni troupes et ni matériel blindé n’y sont autorisés.
Ces effectifs militaires sont venus en renfort des unités de police attaquées par des militants du Hamas venus de Gaza après avoir pratiquement ouvert la frontière avec l’Egypte pour prêter main forte aux Frères musulmans. Des voix s’élèvent à gauche pour demander s’il est judicieux d’aider un régime moribond mais il semble que le premier ministre ait privilégié les liens amicaux avec Moubarak plutôt que le réalisme politique. Le Hamas a d’ailleurs marqué sa désapprobation contre cette attitude par des tirs de roquettes depuis Gaza sur deux villes du sud israélien.
            Le vice-président égyptien Souleiman est certes très apprécié à Jérusalem mais, dans son pays, il est aussi décrié que le président. Les israéliens ne lui donnent pas une longue durée de vie politique parce qu’ils sont persuadés qu’il tombera en même temps que Moubarak. Israël espère cependant que la diversité de la société égyptienne lui permettra de résister à une théocratie despotique des islamistes et que les Frères musulmans, éventuellement au pouvoir aux côtés d’autres factions de l’opposition, pourraient être canalisés par un rôle accru de l’armée.
Israël s’insurge contre la volonté des occidentaux à distinguer différents modèles d’islamisme. Il ne croit pas à un islamisme "light" égyptien pouvant remplacer le régime actuel car une fois au pouvoir, il montre son vrai visage. L’exemple de la Turquie est éloquent en la matière. L’islamisme turc a progressivement grignoté des pans entiers de laïcité dans le pays. Il a mis au pas une armée garante des institutions en renvoyant à la retraite des centaines d’officiers et en accusant devant les tribunaux des dizaines de généraux suspectés de fomenter un complot. Ils ont modifié la Constitution, dans le silence de l’opposition, pour réduire le poids de l’armée dans les institutions afin d’avoir devant eux un boulevard lors des prochaines élections. A moins d’un coup d’Etat militaire, les islamistes turcs, comme ceux d’Iran, sont au pouvoir pour de longues années.

Doctrine américaine confuse

L’attitude des Etats-Unis dans ses rapports avec son allié arabe le plus fidèle a consolidé la rupture entre Barack Obama et Benjamin Netanyahou. Les méthodes coercitives du président américain à l’égard de ses alliés révulsent le gouvernement israélien qui craint que ces mêmes méthodes lui soient appliquées un jour.
 Selon des informations des services israéliens, le président Barack Obama a lancé un ultimatum, le 2 février, à Omar Souleiman et aux chefs de l’armée leur enjoignant de destituer immédiatement le président Moubarak. Hilary Clinton a confirmé elle-même au vice-président égyptien l’exigence de son président. Robert Gates en a fait autant auprès du ministre de la défense Mohamed Tantawi tandis que l’amiral Mike Mullen a réitéré cette volonté américaine lors de son entretien téléphoné avec le chef d’Etat-major égyptien, le général Sami Enan.
Hosni Moubarak ne l’entend pas ainsi et il a durci sa politique car il ne sent pas totalement abandonné. Certains pays arabes, craignant une retombée chez eux, lui prodiguent un soutien en secret et le poussent à résister aux pressions occidentales. L’armée égyptienne n’a pas encore fait son choix puisqu’elle s’est départie de sa neutralité en permettant à 50.000 partisans du président, hissés sur des chameaux, à s’introduire à la place Tahrir. Elle tient pourtant tous les postes de contrôle menant au centre de la Capitale mais son attitude a permis les affrontements sanglants au Caire. Ce soutien masqué aux partisans du président déchu prouve que la majorité de l’armée reste encore solidaire du président Moubarak qui donne l’impression évidente de n’avoir aucune intention de quitter le pouvoir avant terme.
 Les israéliens espèrent toujours un retour de situation ou, du moins une prise de conscience des principaux dirigeants de l’opposition. Ils ne sont pas opposés à « une transition » à condition que les Frères musulmans n’envahissent pas les arcanes du pouvoir. Ils voient quelques signes d’optimisme dans l’apparition de fissures dans le mur de l’opposition. Les partis laïcs, qui s’inquiètent de l’avènement d’un régime islamiste, ont accepté officiellement le dialogue avec le vice-président pour débattre de la réforme constitutionnelle alors que les Frères musulmans refusent toute compromission en dénonçant les agissements des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et d’Israël.
La situation en Egypte n’est pas aussi limpide qu’il n’y parait et l’ancien régime n’a pas abattu toutes ses cartes.