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samedi 30 avril 2011

AVIS DE TEMPETE EN ISRAEL




HAMAS-FATAH : AVIS DE TEMPETE EN ISRAEL

Par Jacques BENILLOUCHE

Abbas, Mechaal et Haniyeh
                 
               Les révolutions arabes auront eu au moins l’avantage de dénouer le conflit inter-palestinien.  La chute probable du président syrien ou, au moins, un changement de gouvernance a convaincu les deux parties palestiniennes à trouver un terrain d’entente. La faiblesse de la Syrie induit celle de son allié, l’Iran qui risque de souffrir d’une perte d’influence au Proche-Orient. Les syriens ne semblent plus en état de dicter leurs conditions au Hamas qu’ils financent, hébergent et réarment car ils sont plutôt occupés à défendre leur régime chancelant. Selon l’agence égyptienne Mena : «  Les délégations sont parvenues à un accord complet après des discussions sur tous les points, dont la formation d'un gouvernement de transition et le choix d'une date pour les élections ». Cet accord a été négocié de longue date mais il reviendra à l’ancien président Moubarak et à son adjoint le général Souleimane d’en recueillir les lauriers, tardivement certes, tant ils se sont obstinés à « inventer » une base de réconciliation entre Fatah et Hamas. Ils ont prouvé qu’il n’y avait aucune raison de désespérer des palestiniens qui devront leur donner acte de leur ténacité au moment où les anciens dirigeants égyptiens sont dans la tourmente.

Légitimité pour Mahmoud Abbas

                La question ouverte concerne l’usage ultérieur qui sera fait de cet accord. Les palestiniens auront le choix d’une réconciliation sur le dos d’Israël menant à la persistance du conflit, avec son lot d’attentats, de morts et de représailles. Ils pourraient en revanche accroitre, auprès de l’opinion internationale et du peuple palestinien, la crédibilité de Mahmoud Abbas qui obtiendrait une légitimité pour apposer sa signature au bas d’un accord durable avec les israéliens, sans risquer sa vie ou être qualifié de traitre.  
Le Hamas avait beaucoup hésité à signer puisque ses délégués n’avaient pas accepté, lors de leur réunion du 26 mars en Cisjordanie, de parapher un texte de réunification malgré la pression de l’Egypte et les bons offices de la Turquie, nouvel arbitre de la région. Mais les révolutions dans les pays arabes l’ont obligé à anticiper les changements encore incertains dans la plupart des dictatures arabes. Khaled Mechaal , le représentant basé à Damas, a senti le vent tourner et il a donné son feu vert.
Cet accord est reçu comme un coup de tonnerre par les dirigeants israéliens qui ne s’attendaient pas à une si rapide conclusion. En effet des négociations secrètes s’étaient tenues en Turquie sous l’égide américaine avec l’arbitrage du premier ministre Erdogan mais elles trainaient en longueur dans un va-et-vient permanent entre les protagonistes. Les révoltes arabes avaient mis aux oubliettes des négociations de réunification. Mais l’entêtement du nouveau ministre des affaires étrangères égyptien Nabil El-Araby et de Mahmoud Abbas a fini par payer et la signature de l’accord a pris de surprise Benjamin Netanyahou. Il ne voit pas d’un bon œil l’émergence du Hamas dans la scène internationale : « Le Hamas aspire à détruire l'Etat d'Israël et est tout à fait ouvert à ce sujet. Hamas tire des roquettes sur les villes israéliennes et nos enfants ». Bien que le langage ne semble pas avoir changé, les israéliens devront intégrer la nouvelle donne.

Concessions palestiniennes

La signature rapide de l’accord a nécessité de sérieuses concessions de la part de Mahmoud Abbas qui a été contraint de rogner sur sa position dominante et celle du Fatah en Cisjordanie. Il a accepté de créer un Conseil suprême ayant autorité sur tous les problèmes de sécurité en le plaçant au dessus du comité israélo-palestinien agissant sous la coordination américaine. Tous les membres du Hamas emprisonnés en Cisjordanie seraient libérés en incluant les terroristes impliqués dans des actions sanglantes contre Israël.
Mahmoud Abbas avait pour objectif de se présenter à l’Assemblée Générale de l’Onu, en septembre, en position de force pour exiger la reconnaissance d’un Etat palestinien. Quant à Khaled Mechaal, il envisage un nouveau point de chute si Bassar El-Assad tombait. Cet accord, résultat d’une diplomatie secrète initiée par les Etats-Unis, tend à réactiver l’alliance israélo-turque. Les américains ont obtenu de la Turquie qu’elle reporte son nouveau projet de nouvelle flottille de Gaza. Par ailleurs, le commentaire d’Abu Marzouk , un officiel du Hamas, sur un nouveau canal de médiation pour la libération du soldat Guilad Shalit est un signal envoyé par Ankara stipulant que la Turquie reste encore utile pour aider Israël.  
Les israéliens devront revoir leur stratégie fondée sur la dissension entre Fatah et Hamas qui, réunis à nouveau, vont être amenés à innover en ce qui concerne leurs relations avec leurs voisins. Une tempête politique risque de faire bouger les lignes en Israël et faire exploser les partis actuels. Le parti travailliste atone et décomposé a perdu son âme et, le parti centriste Kadima terne et passif ne fait preuve d’aucune initiative pour contrer le gouvernement, laissant à Benjamin Netanyahou un boulevard devant lui. Jusqu’alors, il était assuré de disposer d’une majorité de droite pour maintenir une position intransigeante ou une politique de stagnation facilitée par l’inertie des dirigeants palestiniens.
Par la force de leur réunification, les palestiniens disposent d’une occasion pour mettre au pied du mur un gouvernement israélien qui surfe sur un électorat devenu de plus en plus à droite parce qu’il n’a plus d’espérance. L’unité palestinienne retrouvée pourrait permettre une définition claire et précise de propositions palestiniennes originales, présentées officiellement avec la reconnaissance « de jure » de l’Etat d’Israël, incluant impérativement des concessions notables sur quelques questions fondamentales. Le droit au retour des réfugiés, la rectification des frontières de 1967 et la question des habitants des implantations devraient faire l’objet d’un consensus palestinien  douloureux qui entrainera inévitablement l’éclatement de l’opinion israélienne et de nouvelles élections avec des choix difficiles pour l’électorat.

Réactions passionnées

Les deux adversaires, Mahmoud Abbas et Benjamin Netanyahou, attendaient peut-être ce coup de pouce de l’extérieur pour justifier une nouvelle politique parce qu’aucun des deux n’avait le courage de sauter le pas. Le clivage gauche-droite avait disparu en Israël sous les coups de boutoir des craintes sécuritaires et il se reformulera quand il s’agira à nouveau de s’exprimer sur l’avenir des 300.000 pionniers des implantations parmi une population totale de 7 millions d’habitants en Israël. Le risque est grand de voir un déchainement de réactions passionnées. Mais les israéliens restent sceptiques sur l’avenir de cet accord car trois pactes de réconciliation ont déjà été signés dans le passé sans résultat. Il appartient donc à Mahmoud Abbas de les démentir.
Mais la nouvelle donne est du ressort de la population palestinienne, au moins celle de Cisjordanie, lasse de la guerre et de ses destructions stériles. Selon les documents WikiLeaks, les palestiniens étaient prêts, lors des pourparlers secrets intervenus entre 1999 et 2010,  à une approche plus pragmatique des problèmes cruciaux : le statut de Jérusalem avec renoncement à des quartiers entiers de Jérusalem-Est, le tracé des frontières avec des corrections notables, la question des réfugiés avec l’abandon du droit de retour. La contre-proposition israélienne avait aussi de quoi surprendre par son avancée parce que l’Etat d’Israël était devenu confiant en raison de l'étroite coopération entre les services de sécurité de l'Autorité palestinienne et d’Israël.

Concessions mutuelles

Si les palestiniens assimilent ces concessions comme une braderie de leur cause alors il n’y aura aucune avancée. Ils doivent intégrer l’idée que l’opinion palestinienne est prête à la paix parce qu’elle l’a démontré. La divulgation des éventuelles concessions avait amené le Hamas à exiger des manifestations de la population qui ne l’a pas suivi et qui, au contraire, a appuyé Mahmoud Abbas par des manifestations de soutien . La Cisjordanie a évolué face à son expérience de ni-guerre ni-paix bénéfique, surtout au contact des arabes israéliens qui envahissent ses centres commerciaux et ses villes. Ils ont goûté au luxe et aux plaisirs de la vie et leur réalisme a contaminé Mahmoud Abbas. Il pourrait alors mettre au pied du mur le premier ministre Benjamin Netanyahou, présenté dans une nouvelle biographie sous un aspect inédit : « il est indécis, hésite, une ligne de conduite qui caractérise son caractère encore aujourd’hui…ses jongleries et ses multiples bévues dans la gestion des affaires ont dévoilé un manque de maturité politique et une absence de leadership... il est excellent comme second mais incapable de naviguer seul, être commandant de bord ».
De leur côté, certains dirigeants israéliens acceptent dorénavant l’idée d’un partage de Jérusalem sous réserve que la vieille ville reste sous souveraineté israélienne. Les raisons sécuritaires liées à l’étroitesse du pays leur imposent de garder uniquement trois groupes de grandes implantations : Ariel, Maale Adoumim et Goush Etsion. Ces villes ne seront jamais évacuées car elles ont été conçues pour la défense du pays : la première contre une attaque dans sa partie centrale la plus étroite, la seconde pour la protection de Jérusalem et la troisième pour la défense du flanc central sud. Des compensations de territoires peuvent être envisagées ainsi que la cession de villes arabes israéliennes, Oum-El-Fahm ou Taybé, sous réserve d’acception par ses habitants rétifs à vivre sous gouvernance palestinienne.
L’avenir reste dans la volonté du Hamas de jouer, comme le Fatah, le jeu de la démocratie pour être considéré comme un interlocuteur fiable capable d’imposer à son peuple une décision acceptée et signée. La chute des dictatures arabes pourrait lui donner l’occasion d’être inséré dans le concert des organisations sérieuses non terroristes. Mais par nature, il restera attaché à ses convictions et à ses dogmes et donc, il est peu probable qu'il prendra le bon tournant politique. Cependant nous avons eu ces derniers temps de telles surprises dans le monde que plus rien ne nous surprendra.

jeudi 28 avril 2011

SLATE : La Syrie au bord de la guerre civile



SLATE : La Syrie au bord de la guerre civile

par Jacques BENILLOUCHE

La révolte d'une partie de la population syrienne contre le régime de Bachar El-Assad se transforme en conflit armé entre communautés.


La révolte en Syrie est sur le point de basculer. Le soulèvement est proche de se transformer en conflit armé entre communautés à l’instar de ce qui se passe en Libye. Les kurdes ont apparemment décidé de se joindre aux manifestants. A Amouda, dans la région de Qamichli, des milliers de Kurdes se sont mobilisés le 26 avril en solidarité avec la population syrienne sunnite pour braver, de nuit, l’interdiction de manifester en parcourant la ville à la lumière des torches.....

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mardi 26 avril 2011

SLATE : Sarkozy-Netanyahou: les «frères» devenus ennemis



SLATE : Sarkozy-Netanyahou: les «frères» devenus ennemis

par Jacques BENILLOUCHE

Des documents issues de Wikileaks montrent que depuis 2009 les relations diplomatiques entre la France et Israël n'ont cessé de se dégrader.


L'opinion israélienne n'avait pas accueilli avec enthousiasme l'arrivée au pouvoir de Barack Obama, soupçonné d'être trop sensible aux thèses palestiniennes.  Certains dirigeants israéliens, inquiets de la dépendance diplomatique et militaire vis-à-vis des Américains, souhaitaient s'affranchir de la mainmise des Etats-Unis en tentant de nouer de meilleures relations avec l'Europe et notamment la France et le Royaume-Uni......

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http://www.slate.fr/story/37261/sarkozy-netanyahou-freres-devenus-ennemis

 

BILLET D’HUMEUR : LIBYE, D’AUTRES TEMPS, D’AUTRES CIEUX




BILLET D’HUMEUR : LIBYE, D’AUTRES TEMPS, D’AUTRES CIEUX

Par Jacques BENILLOUCHE

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           On se souvient des frasques du colonel Kadhafi, reçu en grandes pompes à l’Elysée, après avoir imposé l’installation de sa tente de bédouin dans le parc du palais de Marigny. La ministre Rama Yade avait été choquée et avait cru devoir préciser que la France n’était pas un « paillasson sur lequel on pouvait s’essuyer ». Elle avait montré alors beaucoup de dignité au moment où Nicolas Sarkozy était pourtant au firmament des sondages. Il s’agissait bien d’un courage politique que l’inconscience ou, plutôt, la jeunesse pouvait permettre. C’était en d’autres temps, du temps où la France espérait placer 10 milliards de matériel alors qu’au final, elle n’a signé que 200 millions d’euros de contrats.

Mais le temps passe et en d’autres cieux, le président libyen du CNT (Conseil National de Transition), Moustapha Abdeljalil, vient d’être reçu par le chef de l'Etat français et il a demandé à la France d'intensifier ses frappes contre les forces du colonel Kadhafi et d'accroitre son aide humanitaire. Cette personnalité libyenne,  qui s’affiche au devant de l’actualité et sur les marches de l’Elysée, a eu pourtant un parcours ne manquant pas d’originalité. Mais la diplomatie française ne s’embarrasse ni de morale et ni de souvenirs. Nicolas Sarkozy, qui fait face à sa propre expérience militaire avec un risque de désastre, a mis les pieds dans le bourbier libyen qui pourrait devenir, pour lui, un petit Afghanistan. Il est donc prêt à toutes les compromissions, même celle d’oublier l’affaire des infirmières bulgares dénouée par sa précédente femme, Cécilia. 

Cette longue procédure diplomatique et judiciaire a eu lieu en Libye entre 1999 et 2007 et dans laquelle les inculpés, cinq infirmières bulgares et un médecin anesthésiste d’origine palestinienne naturalisé bulgare furent accusés sans preuves de plusieurs crimes. Les six inculpés ont été condamnés à mort après un procès douteux et un chantage odieux.  

Cette histoire doit être rappelée car le président du CNT libyen, Moustapha Abdeljalil, celui-là même qui veut remplacer aujourd’hui le colonel Kadhafi à la tête de la Libye, fut à son heure de gloire le Président de la Cour d'Appel. En cette qualité, il confirma notamment la condamnation à mort des cinq infirmières et du médecin bulgares, malgré le retentissement international de l’affaire. Il fut d’ailleurs récompensé en devenant, de 2007 à 2011,  secrétaire du Comité général du peuple, autre intitulé de Ministre  de la Justice. C’était en d’autres temps et en d’autres cieux.

lundi 25 avril 2011

SLATE : Syrie: noyer la révolte dans le sang



SLATE : Syrie: noyer la révolte dans le sang

Massacres et indifférences 

par Jacques BENILLOUCHE 

Des troupes syriennes ont été déplacées de la frontière israélienne vers les villes où des unités de l'armée ont refusé d'ouvrir le feu sur les manifestants. Bachar el-Assad semble jouer son va-tout.



La répression se poursuit en Syrie. Dimanche 24 avril, les forces de l'ordre ont à nouveau tiré sur des manifestants. Plusieurs personnes sont mortes et plusieurs ont été blessées près de Lattaquié, dans le nord-ouest du pays, selon des militants des droits de l'Homme. De nombreux militants hostiles au régime de Bachar el-Assad ont été arrêté.

Le président syrien semble aujourd'hui dans une impasse, incapable d'enrayer la révolte populaire contre son régime autocratique. Il avait le choix entre faire des concessions qui auraient pu étre interprétées comme une preuve de faiblesse ou réprimer sans retenue avec le risque de radicaliser encore plus son opposition. Ce n'est pas une surprise. Il a reproduit la stratégie de son père Hafez el-Assad qui consiste à ne jamais céder sous la pression. Bachar a donc choisi la répression sanglante sous le regard indulgent et impuissant du reste du monde qui émet tout au plus quelques condamnations. L'occident pourrait peut-être se mordre les doigts un jour de ne pas avoir saisi l'opportunité de faire disparaître un régime sans doute encore plus détestable que celui du colonal Kadhafi.

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http://www.slate.fr/story/37263/syrie-massacres-indifference-el-assad

dimanche 24 avril 2011

BASSAR AL-ASSAD MASSACRE EN SILENCE LES SYRIENS



BASSAR AL-ASSAD MASSACRE EN SILENCE LES SYRIENS

Par Jacques BENILLOUCHE


            La politique ne supporte pas la morale puisque les massacres persistent en Syrie sans qu’aucune action ne soit entreprise par l’occident pour venir au secours de populations soumises à une dictature implacable. Ce fut déjà le cas lors des émeutes en Iran durant lesquels l’occident a tourné la tête pour ne pas se voir impliqué. Bassar Al-Assad est pourtant l'un des adversaires les plus implacables des États-Unis. Il agit en tant que proche allié de l'Iran tout en fournissant des armes iraniennes au Hezbollah au Liban, et au Hamas de la bande de Gaza. Depuis 2003, le régime syrien a aidé des milliers de djihadistes à se répandre à travers le monde arabe et même en Irak où ils ont attaqué les soldats américains. Il a déstabilisé le gouvernement pro-occidental du Liban voisin en parrainant une série d'assassinats. Et pourtant, ces massacres exécutés contre le peuple syrien, à grande échelle, n’ont provoqué aucune réponse ferme des démocraties occidentales comme cela a été le cas en Libye.

Des dizaines de morts

            Les observateurs politiques estiment que le président syrien n’a pas su s’opposer à la contestation de son régime autocratique. Il avait le choix entre faire des concessions qui auraient été interprétées comme une preuve de faiblesse ou engager la répression avec le risque de radicaliser encore plus son opposition. Il a choisi la répression sanglante sous le regard indulgent du reste du monde.
            Les villes de Damas, Daraa, Hama et Izraa sont à feu et à sang et l’on y compte déjà plus de 100 morts et des blessés par centaines. À Deraa, plusieurs milliers d’émeutiers se sont rassemblés à la sortie des mosquées en exigeant l' « annulation de l'article 8 » de la Constitution, qui consacre l'hégémonie du parti Baas. Israël n’a pas été oublié des manifestants puisqu’à Zabadani, à 50 km au nord-ouest de Damas, ils ont crié : « Ni le Hezbollah ni l'Iran, c'est nous qui allons libérer le Golan ».
L’armée tire à vue à balles réelles et ne respecte pas la trêve des funérailles puisque  quinze autres victimes ont été dénombrées durant leur déroulement. Certains blessés sont contraints à la mort parce que l’armée bloque les ambulances pour masquer le nombre de morts et de blessés. Le Comité syrien de défense des droits de l’homme a précisé que   « les forces de sécurité syriennes ont commis des massacres dans plusieurs villes et régions aujourd'hui en Syrie, faisant jusqu'à présent 72 morts et une centaine de blessés ». Débordé, le président Assad a fait appel à son allié, l’Iran, pour l’aider dans sa répression de ses citoyens. D’ailleurs, le pouvoir commence à se fissurer car, au risque de leurs vies, deux députés Nasser Al-Hariri de Daraa et Khalil Al-Rifai ont démissionné de leurs mandats pour s’élever contre les massacres. Le régime n’est pas de nature à pardonner ce genre d’écart.

Frontières israéliennes dégarnies

            Les seules réactions à ces massacres sont des paroles diplomatiques sans lendemain. Le président Obama a condamné « l’utilisation scandaleuse de la violence » tandis qu’Alain Juppé a menacé Bassar El-Assad de le déférer devant le Tribunal Pénal International. Aucun des deux dirigeants n’a cependant réclamé le départ du président syrien. À Londres, le secrétaire au Foreign Office, William Hague, a qualifié d' « inacceptable » le fait que des manifestants aient été tués par balles en Syrie et a demandé que « la levée de l'état d'urgence soit vraiment appliquée ».
            Les services de renseignements israéliens révèlent que de nombreuses troupes quittent la frontière israélo-syrienne pour faire mouvement vers les villes afin de remplacer celles dont les officiers, ayant refusé de tirer sur la foule, ont dû être exécutés en secret. Le président Assad semble exploiter ses dernières cartouches car les manifestants, bien armés, s’opposent à ses forces de sécurité en leur interdisant l’accès à certaines régions. La nécessité d’une augmentation d’une puissance de feu pour les contrer justifie ce nouveau déploiement de forces.   
Le président Assad compte, pour sa survie politique, sur sa onzième division alors que jusqu’alors  il l’avait gardée en retrait pour lui préférer les hommes de ses services de sécurité très fiables, la Garde républicaine et la 4ème division commandée par son jeune frère, le général Assad Maher . Il s’inquiète en effet de voir les émeutes s’étendre à Damas après avoir constaté des violences dans plus de seize villes principales et dans trois villes kurdes.
Les chefs de l’armée ont pris des mesures de réorganisation pour contrecarrer l’avance des émeutiers. Ils ont décidé de diviser le pays en trois régions militaires en faisant appel aux  troupes frontalières qui ont pris position dans les villes : Damas et sa banlieue, le centre du pays avec Alep, Homs et Hama et enfin le sud et le djebel druze. La révolte s’étend au sein même de l’armée et en particulier au sein de la 7ème division blindée basée dans la ville stratégique de Katana.
Mais le régime syrien a décidé de prendre de gros risques en déployant une armée de 220.000 hommes composée à 75% de musulmans sunnites, de kurdes et de druzes, qui ont souvent été les victimes de répression de la part du régime alaouite syrien. Devant l’étendue des massacres, les militaires deviennent en effet solidaires des émeutiers tandis que l’éclatement de l’armée risque de se produire avec des défections de plus en plus nombreuses, signalées dans tous les corps d’armée.
Bassar Al-Assad dispose encore, autour de lui, d’un carré d’irréductibles et surtout des troupes du Hezbollah qui pourraient intervenir en masse, sur simple ordre de l’Iran, pour sauver le régime. Quelques éléments étaient déjà intervenus pour réprimer les premières  contestations mais il aurait besoin de plusieurs centaines de combattants en provenance du Liban. Cependant, la contrepartie politique à une intervention du Hezbollah risquerait d’être élevée et il est peu probable que les israéliens observent avec passivité cet éventuel pacte militaire actif. 

mercredi 20 avril 2011

BILLET D’HUMEUR : LA MORT SANS NATIONALITE



BILLET D’HUMEUR : LA MORT SANS NATIONALITE

Par Jacques BENILLOUCHE

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Nous avons suffisamment fustigé le comportement du Quai d’Orsay, souvent anti-israélien, pour relever, avec intérêt et objectivité la prise de position de l’un de ses représentants en Israël. L’occasion en a été donnée avec la mort du jeune Daniel Viflic, un adolescent israélien de 16 ans, grièvement blessé le 7 avril par le tir d’un missile anti char contre un bus scolaire, à partir de la bande de Gaza. Ce tir avait été revendiqué par les Brigades Ezzedine Al-Qassam, le bras armé du Hamas, qui ne mesurent pas que l’action contre des populations civiles ne les grandit pas et discrédite un  combat qualifié de lâche.

La victime n’était pas française et pourtant, le chargé d'affaires de l'ambassade de France a tenu à se déplacer personnellement et à présenter, le 18 avril, ses condoléances à la famille. Il s’agit d’un geste engagé et innovant qui cautionne la politique du gouvernement français à l’égard d’Israël car le diplomate s’était rendu à la « shiva tenue à la mémoire de Daniel Viflic, pour présenter au nom d’Alain Juppé, Ministre d'Etat, ministre des affaires étrangères, ses condoléances à la famille ». Il a rappelé à cette occasion que « la France avait condamné avec la plus grande fermeté cette attaque terroriste et a assuré la famille de notre sympathie devant les conséquences tragiques de cette violence inqualifiable ».

Il s’agit pratiquement d’une première, d’un acte qui préfigure peut-être une nouvelle sensibilité politique française, à l'encontre des attentats aveugles et à l’égard d’Israël, prônée par le nouveau ministre des affaires étrangères. Cette condamnation du Hamas, sans contrepartie, est une prise de position diplomatique ferme à laquelle nous étions peu habitués  d'autant plus qu'elle n’était pas couplée avec une condamnation implicite de l’Etat d’Israël, souvent voué aux gémonies, et toujours coupable même lorsque les faits à son actif étaient probants.

L’Ambassade de France, sous la responsabilité de Christophe Bigot, a tenu ainsi à démontrer, aux yeux du monde libre, que les morts n’ont pas de nationalité et que la violence ne pouvait jamais se justifier, à fortiori lorsqu’un jeune religieux, un enfant de Dieu, en est la victime.  Mais à Gaza, tout est violence et le peuple, soumis aux islamistes, paie les errances de ses dirigeants qui ne veulent pas assimiler le postulat que chaque mort juif éloigne d'autant l'espérance d’une paix entre les peuples.

lundi 18 avril 2011

BILLET D’HUMEUR : ET UN PARTI POLITIQUE DE PLUS !



BILLET D’HUMEUR : ET UN PARTI POLITIQUE DE PLUS !

Par Jacques BENILLOUCHE


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Un parti de plus s’est créé dans la mouvance religieuse comme s’il n’y en avait pas suffisamment en Israël. C’est une maladie juive très développée qui consiste à faire scission dès que l’on n’est plus en phase avec sa majorité. Pour un petit pays comme le nôtre, la nécessité de morceler le monde religieux en quatre ou cinq partis ne se fait pas sentir. Shass, orthodoxes sépharades, Habayit Hayéhoudi, sionistes religieux, Yahadut Hatorah, orthodoxes ashkénazes, et à présent la parti du rabbin Amsallem, Am-Shalem, d’obédience orthodoxe sioniste. L’on parle aussi d’Arieh Dhéry, ancien du Shass, qui veut mener son propre combat.
Les religieux se pervertissent en quittant leurs synagogues pour entrer dans le monde politique controversé avec ses faiblesses et ses coups-bas. En multipliant les structures, ils affaiblissent leur impact sur la société et ils discréditent la cause qu’ils croient défendre parce que le soupçon d’intérêts financiers prime sur les dogmes religieux. De même que les écologistes doivent s’insérer dans les rouages des partis existants car les idées défendues sont universelles, le monde religieux ne devrait pas se singulariser en politique car les problèmes posés à la Knesset ne sont pas essentiellement religieux mais politiques.
Ils deviennent suspects de vouloir bénéficier de la manne financière pour alimenter des institutions religieuses qui ont tendance à favoriser l’oisiveté des jeunes par l’alibi de l’étude permanente des textes sacrés, à l’écart de la société et de ses problèmes. En France il n’y a pas de parti chrétien, ni protestant, ni islamique et à fortiori pas de parti religieux juif. Les juifs religieux, comme les autres, s’insèrent dans des structures nationales pour débattre des options politiques de tous les citoyens et pas seulement pour défendre une caste, une secte ou des privilégiés.
Les principes religieux ne distinguent plus les partis religieux les uns des autres mais souvent le racisme sépharade-ashkénaze, ou la volonté de peser sur les électeurs par le jeu de la puissance financière acquise avec les budgets de l’Etat, au profit d’institutions parfois douteuses. En fait la motivation de tous ces partis est bien l’argent, le nerf de la guerre, alors que ces craignant-Dieu devraient se cantonner à la diffusion de la Torah, de ses enseignements et de ses principes.
L’un des objectifs principaux définis par le Rabbin Amsallem est de « rapprocher les laïcs et les religieux, notamment  en donnant une meilleure image de la religion et du monde orthodoxe dans la société ». Le meilleur moyen d’y arriver est de permettre aux laïcs et aux religieux de militer dans les mêmes partis pour que la religion ne soit plus l’obstacle qui les divise et pour que les religieux soient plus respectés. La concurrence doit se faire sur les idées et non sur les hommes.     

samedi 16 avril 2011

OU VONT LES REVOLUTIONS ARABES ?



CARREFOUR DE L’ACTUALITE
MARDI 3 MAI A 20 heures 30

Le journaliste Daniel HAIK

Conférence-débat organisée par
l’ESPACE FRANCOPHONE d'Ashdod
Rehov Haorguim 27/3
Zone Industrielle
99000 Ashdod

OU VONT LES REVOLUTIONS ARABES ?

Analyse avec deux journalistes

Jacques BENILLOUCHE : Correspondant de Slate et chroniqueur à Guysen-Tv, Kol-Israël et JérusalemPlus

Daniel HAIK : Rédacteur en chef de Hamodia

Entrée libre. 
Renseignements auprès Judith 05.05.40.43.43  


BILLET D’HUMEUR : LACUNES DIPLOMATIQUES ISRAELIENNES



BILLET D’HUMEUR : LACUNES DIPLOMATIQUES ISRAELIENNES

Par Jacques BENILLOUCHE
                 
Yossi Gal, Ambassadeur d'Israël en France
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          En août 2010 , le problème des lacunes israéliennes en matière de diplomatie vis-à-vis de la France avait été soulevé. Elles n’arrangent pas les affaires de la « hasbara », terme regroupant les opérations de communication qui cherchent à défendre le point de vue et la politique de l’État d’Israël auprès de l’opinion publique internationale. Invité de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, l’ambassadeur israélien Yossi Gal s’est fait littéralement « déchirer » par des députés en verve, exploitant ses difficultés linguistiques.
Les décisions politiques des dirigeants israéliens sont rarement prises en fonction de l’intérêt diplomatique. Les lacunes de la communication d’Israël sont notoires et elles expliquent souvent que le pays soit voué aux gémonies parce qu’il se défend mal. La nomination du nouvel ambassadeur d’Israël en France ne déroge pas à la règle. Sa compétence diplomatique n’est pas en cause après avoir servi dans différentes représentations à l’étranger. Son dernier poste de directeur du ministère des affaires étrangères en a fait un expert diplomatique israélien. Mais Yossi Gal ne parlait pas le français à sa nomination et en quelques mois il n’a pas eu le temps de dominer la langue de Molière avec ses difficultés, ses finesses, ses profondeurs et ses nuances.
Les députés français s’en sont donnés à cœur joie et, face à la rudesse des joutes politiques, ils ont fait une bouchée de notre ambassadeur. Il est vrai que de nombreux représentants politiques français calquent leur position sur celle du Quai d’Orsay qui, depuis 1958, est peuplé de diplomates à particule, issus de la vieille aristocratie française franchement pro-arabe et parfois, antisémite.
Mais il aurait dû moucher les intervenants agressifs qui, eux, n’ont pas usé de langage diplomatique. Ses réponses étaient molles et polies, parfois à côté de la question, comme s’il récitait les pages de son livre de diplomatie « pour les nuls » alors que, face à des députés chevronnés en langue de bois, il avait à se comporter en tacticien sans nuances. Mais pour cela il devait dominer le débat par des phrases assassines, des références inattaquables, des expressions fortes et parfois un certain culot digne des hommes politiques retors. Dès lors où il était attaqué de front, il ne devait plus hésiter à sonner la charge, nommément, contre ceux qui n'ont aucun complexe à arborer ouvertement leur engagement pro-arabe.
Depuis de nombreuses années Didier Julia, proche des irakiens, était acquis aux thèses de  Saddam Hussein. Ainsi, du 14 au 17 septembre 2002, alors que la guerre en Irak menaçait, il s’était rendu sur place pour manifester son soutien au dictateur. Vice-président du groupe d'amitié France-Irak à l’Assemblée nationale, ainsi que du groupe d'amitié France-Libye, et simple membre des groupes d'amitié avec l'Arabie saoudite, l'Iran, le Liban, et la Syrie, Didier Julia était donc discrédité pour avoir une position objective sur Israël et pour se permettre de qualifier de « propagande » les propos de Yossi Gal.
Hervé de Charrette, ancien ministre des affaires étrangères de Giscard d’Estaing, émarge lui, aux finances arabes puisque, depuis juin 2008, il est président de la Chambre de Commerce franco-arabe. Il s’était exprimé à la télévision Oumma.tv en mentionnant clairement « l’ambition de la France qui est de faire de Paris, une des plus grandes places de la finance islamique en Europe ». Cela pourrait ainsi expliquer son assertion que « le sort fait à la population de Gaza est franchement odieux ».
Quelques députés pro-israéliens ont eu du mal à s’exprimer face à ce lot de haine et de désinformation qui se déversaient contre l’ambassadeur. Mais la crainte est grande de voir  Yossi Gal à présent s’exposer à la télévision française, face à des journalistes toujours prompts à exploiter la faiblesse linguistique de leur intervenant. Les pointures de langue française ne manquent pourtant pas en Israël.

Références de l'article : 

vendredi 15 avril 2011

SLATE : Le régime syrien aux abois



SLATE : Le régime syrien aux abois


par Jacques BENILLOUCHE


En dépit de l'aide de l'Iran et du Hezbollah libanais, le régime syrien ne parvient pas à enrayer la soif de liberté de son peuple. La panique commence à gagner les dirigeants et les dignitaires de l'armée qui évacuent leurs familles.


Le régime syrien tente désespérement d'enrayer la mobilisation des opposants dans tout le pays qui ne sont pas loin de faire tomber un nouveau régime arabesconsidéré il y a peu comme inébranlable à l'image de ceux de Ben Ali en Tunisie et Moubarak en Egypte. Devant l'ampleur de la révolte populaire, le régime syrien aux abois a mobilisé toutes ces ressources et ses alliés. Il a obtenu de l’Iran que les milices du Hezbollah viennent à la rescousse pour mâter une rébellion qui prend chaque jour de l’ampleur malgré la répression sanglante......

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BILLET D’HUMEUR : LA SANCTION INTROUVABLE



BILLET D’HUMEUR : LA SANCTION INTROUVABLE

Par Jacques BENILLOUCHE

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Aucune sanction ne sera à la hauteur du crime abominable qui a été perpétré à Itamar contre la famille Foggel de cinq personnes, dont un bébé de quelques mois, égorgées en pleine nuit de Shabbat. La vengeance ne fait pas partie de la culture juive qui a toujours tendance à pardonner même si ce qui a été commis reste irréparable. 


L’un des deux assassins a été arrêté sur la foi certainement des traces ADN qu’il a imprimées sur ses victimes. Il ne s’agit pas d’un crime de rôdeur ni d’un forfait perpétré par un déséquilibré mental mais d’un acte politique prémédité qui ne peut avoir aucun justificatif quelque soit la cause défendue. L’assassin, Ahmed Daraushe du village de Talusa, au nord de Naplouse, est un officier des forces de sécurité de l'Autorité palestinienne. Sa maison a été cernée durant plus de quatre heures mais « notre héros » n’a pas eu le courage de se battre contre les militaires qui ont dû, de ce fait, lui laisser la vie sauve. Il a préféré se rendre pour couler ses vieux jours en prison, sachant qu’une amnistie viendra certainement le délivrer, un matin.

Le Talmud écrit qu’il faut pardonner, sous peine d’humilier ou de décourager celui qui demande cette faveur. Mais le pardon est subordonné au repentir et à la réparation. La réparation est importante dans le judaïsme, car c’est une question de justice. Mais le problème qui se pose aux adeptes des Livres sacrés concerne  la nature de cette réparation quand la vie a été ôtée délibérément. La place du pardon dans la Torah et dans la religion juive est bien définie. Le rabbin Haïm Korsia la précise : « Le pardon est la trame fondamentale de la Bible. Il n’y aurait pas d’humanité sans pardon, c’est-à-dire sans la magnanimité de Dieu, sans la capacité que Dieu laisse à l’Homme de se repentir, la chance qu’il lui offre de se reconstruire. Tout l’enjeu de la Bible tient dans cet équilibre : l’Homme va fauter mais il garde la confiance en Dieu par l’intermédiaire du pardon »

Cette interprétation des textes sacrés reste difficile à assimiler dans le cas qui nous préoccupe. Les parents et grands-parents de ceux qui ont été massacrés, des craignant-Dieu, auront à méditer sur l’absence de peine de mort, pour les assassins de bébés, dans notre pays trop démocratique.

jeudi 14 avril 2011

SLATE : Grandes manoeuvres diplomatiques à Gaza et Ramallah



SLATE : Grandes manoeuvres diplomatiques à Gaza et Ramallah

par Jacques BENILLOUCHE 

Paradoxalement, tout le monde au Proche-Orient ou presque a intérêt aujourd'hui à un certain succès des négociations entre les Palestiniens et les Israéliens: l'Autorité palestinienne, le gouvernement israélien, l'Egypte, la Syrie... et même le Hamas. 

Roquette tirée de Gaza vers Israël
Le calme semble revenu à Gaza après une période d'attaques et de ripostes qui étaient sur le point de mener à une nouvelle opération «plomb durci» tant l’opinion israélienne était excédée par les dizaines de roquettes envoyées sur le sud du pays. Il semble en fait que des négociations secrètes se poursuivent activement entre les différentes parties qui ont presque toutes intérêt au retour de la situation de ni-guerre ni-paix qui existait depuis de longs mois. 

Dôme de fer insuffisant..........


Lire la suite de l'article sur le site Slate en cliquant sur le lien ou sur le titre en rouge de l'article :

http://www.slate.fr/story/36861/gaza-hamas-palestine-manoeuvres-diplomatiques

mercredi 13 avril 2011

GUYSEN-TV : LE HAMAS ET LES RISQUES DE GUERRE




GUYSEN-TV : LE HAMAS ET LES RISQUES DE GUERRE

30 MINUTES POUR LE DIRE
Débat du 12 AVRIL 2011

Animé par David SEBBAN avec 

Jacques BENILLOUCHE et Robert ROUACH

PARTIE-1
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PARTIE-2

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lundi 11 avril 2011

SARKOZY-NETANYAHOU : LA DECEPTION



SARKOZY-NETANYAHOU : LA DECEPTION

Par Jacques BENILLOUCHE
                 

          L'opinion israélienne n'avait pas digéré l'arrivée au pouvoir de Barack Obama, accusé d’avoir des amitiés préférentielles avec les Palestiniens. Certains dirigeants israéliens, inquiets de la dépendance accrue vis-à-vis des Américains, souhaitaient s'affranchir de la mainmise américaine en posant ouvertement la question d'un rééquilibre des relations avec l'Europe.


Réunion stérile

Benjamin Netanyahou était donc venu rencontrer à Paris le 24 juin 2009, Nicolas Sarkozy, son modèle et ami , pour envisager sérieusement de se rapprocher de l’Europe. Cette réunion n’avait pas donné de résultats tangibles et il s’est avéré que les relations entre Israël et la France s’étaient distendues sans que l’on sache alors l’objet des blocages. La diplomatie française n'était pas parvenue à retrouver un rôle dans le processus de paix moribond au Proche-Orient. Ni Israël et ni les Américains ne voulaient d'un retour diplomatique de l'Europe et de la France.
Un article publié le 1er novembre 2010, sur la foi d’indiscrétions israéliennes,   faisait déjà part de tensions entre la France et Israël et précisait que rien n’allait plus entre Nicolas Sarkozy et Benjamin Netanyahou. Le président français entendait bien profiter du refroidissement des relations entre Israël et les Etats-Unis et de l'impopularité de Barack Obama pour réinsérer la France dans le dialogue israélo-palestinien d’où l’Europe, d’ailleurs, est exclue. Le président français avait décidé, le 27 septembre 2010, de prendre l’initiative d’inviter les deux parties (Palestiniens et Israéliens) à Paris fin octobre pour prouver que l’Europe et surtout la France, pouvaient agir au Proche-Orient. Le Premier ministre israélien avait donné son accord puis s’était ravisé. Son bureau avait annoncé, sans autres précisions, que cette réunion était reportée sine die: « Après consultations, les parties concernées se sont mises d'accord pour décider d'une autre date. » L’initiative française avait été enterrée car, selon des diplomates cités par le journal Haaretz, « Netanyahou s'est rendu compte qu'il serait soumis à une pression énorme sur la question des colonies et a donc décidé d'annuler sa participation ».

Confiance altérée

Rien n’avait été publié sur les raisons profondes de cette volte-face mais de nouvelles révélations apportent un éclairage sur les causes de ces tensions. Les indiscrétions de WikiLeaks rapportées par Haaretz précisent que les relations s’étaient refroidies dès la réunion de 2009 qui n’a pas été aussi chaleureuse que décrite. Malgré la demande expresse du premier ministre israélien, Nicolas Sarkozy avait refusé tout tête-à-tête craignant que le compte rendu de la réunion soit biaisé : « Après un tête-à-tête, chaque camp accuse ce qu'il veut ».  C’est dire le degré de confiance qui inspirait alors les deux dirigeants. Ils se connaissaient pourtant depuis 2003, alors qu’ils étaient ni l’un ni l’autre aux affaires au sommet. Mais arrivés au pouvoir, ils n’ont plus montré dans leurs relations la même chaleur dès lors où le pragmatisme politique prenait le pas sur la sympathie mutuelle.
Kathleen Allegrone attachée politique à l'ambassade américaine à Paris, a confirmé dans l’un de ses câbles que la position personnelle de Nicolas Sarkozy se distinguait de la position officielle du gouvernement français. Tenant à manifester de profondes réserves sur la politique suivie par Israël, il a exigé de l’exprimer en présence de témoins, deux conseillers de chaque côté, et en particulier de son conseiller sur les affaires du Moyen-Orient, Boris Boillon, actuel ambassadeur en Tunisie. La confiance n’était plus de mise quand les intérêts priment sur l’amitié.
Nicolas Sarkozy a alors marqué sa grande fermeté sur des questions sensibles pour Israël, a savoir le démantèlement des colonies et la levée totale des barrages routiers en Cisjordanie : « Vous n'avez rien à gagner à eux et ils ne fournissent aucune sécurité. ».  Daniel Levy, fonctionnaire à l'ambassade d'Israël à Paris présent à la réunion, a confirmé le mutisme d’un Benjamin Netanyahou dérouté par l’attaque directe de son « ami » et a précisé qu’il n’y avait eu « aucune véritable discussion » dans la mesure où le président français monopolisait à lui seul la parole. Il avait insisté sur la nécessité de mesures plus concrètes car «  plus vous attendez et plus vous vous perdrez. » Il avait aussi rejeté le principe de la reconnaissance d’Israël comme Etat juif car «  les Palestiniens pourraient interpréter cet énoncé comme un signe que nous ne soutenons pas le droit de retour ».

Des voix perdues

Les révélations de WikiLeaks risquent de choquer la communauté juive entièrement dévouée au président français puisque 82 % des voix juives se sont portées sur son nom en 2008. Cette propension de double langage à reconnaitre certains concepts pro-israéliens en privé mais à  les nier en public pourrait être assimilée à la position de certains dirigeants palestiniens qui s’expriment différemment face à leur peuple et à l’opinion internationale. Une grande déception pourrait atteindre ceux des français qui lui vouaient une inconditionnelle dévotion.
A l’heure où les dirigeants politiques français, Marine le Pen en particulier, recherchent les attentions de la communauté juive, ces révélations risquent de porter préjudice à la position du candidat UMP aux prochaines élections présidentielles. On se souvient qu'une levée de boucliers des instances juives avaient provoqué, en partie, l’échec de Valéry Giscard d’Estaing lors de sa réélection.  
Plus près de nous, quatre candidats français sollicitent les voix des électeurs franco-israéliens pour le poste de député représentant les Français établis hors de France aux législatives de juin 2012.  Valérie Hoffenberg , représentante spéciale de la France pour le processus de paix au Moyen-Orient, a été désignée par l’UMP mais pourrait pâtir de ces révélations.  Elle aura à s’expliquer auprès de ceux qui risquent de détourner leur vote vers d’autres horizons. Elle a d’ailleurs été prise à partie par le député de Paris Claude Goasguen : « Elle est trop pro-palestinienne pour nous représenter dans cette 8e circonscription (Israël, Malte, Turquie)  où les Français d’Israël pèse 70% de l’électorat ». Israël revient ainsi en force dans le débat politique français.