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mercredi 30 juin 2010

FORUM ISRAELIEN SUR LA DEMOCRATIE : LA SANCTION par Jacques BENILLOUCHE

FORUM ISRAELIEN SUR LA DEMOCRATIE : LA SANCTION 


Par Jacques BENILLOUCHE 

Blog : http://benillouche.blogspot.com/ Voir et écouter le texte sur la vidéo à la fin de l'article
            A la veille de la tenue à Tel-Aviv du « forum sur la démocratie » organisé par les services culturels de l’Ambassade de France en Israël, les confrères israéliens avaient fait feu de tout bois contre cet article du 28 mai, qui avait circulé dans les médias et les radios, parce qu’ils le trouvaient timoré, indulgent et même complaisant. Ils auraient préféré une critique plus acerbe car ils attendaient d’un journaliste français qu’il montre l’exemple en étant plus ferme et plus incisif devant ce qui se préparait.

Texte vidéo radiophonique :
‘’Annette Lévy-Willard, ancienne journaliste à Libération, a organisé sa première grande manifestation depuis sa prise de fonctions d’attachée culturelle à l’Ambassade de France. Pour la première fois en Israël, une rencontre d'intellectuels, d'artistes et de personnalités politiques des deux pays sont invités à débattre durant trois jours, à compter du 31 mai, au cours d’un forum public sur la « démocratie et ses nouveaux défis».
Le forum n’a pas encore débuté qu’il suscite déjà des remous en Israël. Il faut dire que l’opinion publique était déjà chauffée à blanc à la suite de « l’appel à la raison Jcall » signé par 4000 intellectuels français juifs. Ce colloque est organisé à l'initiative des services culturels de l'ambassade de France en Israël, en collaboration avec le quotidien israélien Haaretz.

La critique mise en lumière dans plusieurs pétitions, qui circulent avant même la tenue du forum, touche à l’orientation politique du débat. Haaretz affiche ouvertement une politique éditoriale de gauche, certains disent gauchiste, et la récente affaire d’espionnage Anat Kam, durant laquelle le quotidien avait publié des documents militaires secrets, jette un soupçon sur l’objectivité des échanges.
La participation au forum de trois ministres israéliens ne suffit pas à calmer les appréhensions du comite « raison garder », dirigé par les professeurs Raphaël Drai et Shmuel Trigano, qui estime que « cette initiative déroge au principe de neutralité de l’Etat français et constitue en fait une ingérence manifeste dans la vie politique de l’Etat d’Israël ». Les israéliens, jaloux de leur autonomie de décision, pensent que le débat sera faussé car les intervenants très marqués à gauche risquent de déséquilibrer l’orientation du débat. Ils regrettent que certains politologues et professeurs israéliens de droite, parlant parfaitement le français, n’aient pas été invités pour exprimer la position d’une frange majoritaire de l’opinion israélienne.

L’objectif d’Annette Lévy-Willard tendait à permettre de « sortir des perceptions stéréotypes et d'engager un dialogue véritable entre gens de pays et d'horizons différents, qui ne se sont pas parlé avant ». Les débats risquent d’être tumultueux puisque de nombreux leaders de droite ont demandé à leurs militants de se présenter en masse au forum pour porter une contradiction et éventuellement pour perturber l’agencement du programme.

L’affaire risque d’avoir des répercussions internationales puisque des pétitions de protestation ont été adressées à plusieurs ministres français et aux membres de la Knesset pour les sensibiliser. Mais cette mauvaise humeur dénote une constante de la politique israélienne qui refuse que les étrangers, les juifs de la diaspora en particulier, s’insèrent dans le débat difficile de la paix au Proche-Orient. Les intellectuels français, depuis l’appel Jcall, se sont discrédités à leurs yeux pour être en mesure d’influer sur les preneurs de décision. ‘’

Défendre le rayonnement de la culture française

          Cet article, qui se voulait d’abord constructif, posait clairement le problème en des termes modérés sans qu’il ait été besoin d’user d’un vocable désobligeant à l’encontre d’un diplomate. Mais ce forum a soulevé la question cruciale de la nomination d’un journaliste, engagé, à un poste de diplomate culturel dans un pays sensible. Les énarques, formés à cet effet, ou les universitaires sont mieux armés pour défendre le rayonnement de la culture française dans le monde, à l'instar du précédent conseiller, le professeur Tobie Nathan. Il était effectivement difficile de passer du desk de « Libération » à la diplomatie en s’asseyant sur ses convictions et en mettant entre parenthèses sa fonction de militant, à la limite de la posture politicienne.
          Il était aussi difficile d’oublier que le rôle d’un attaché culturel est avant tout de défendre la langue française par des opérations qui se démarquent de l'action purement politique. Il peut certes favoriser le dialogue entre décideurs à travers l’alibi des lettres mais en usant de discrétion et de doigté ce que le forum n'a pas permis avec la publicité qui en a été faite. Il doit représenter les intérêts de son gouvernement mais agir pour garantir d’excellentes relations avec le pays hôte. En organisant ce forum politique où cinq journalistes de "Libération" ont pris part aux débats, il était difficile de ne pas taxer les organisateurs de copinage. L’éditorialiste du "Monde" s’était trouvé bien seul parmi les journalistes israéliens du quotidien de gauche "Haaretz". La droite israélienne n’était pas représentée comme si l’on s’inquiétait de devoir assister à quelques joutes oratoires.
          L’opinion israélienne et francophone a exprimé ostensiblement son émotion. Les dirigeants israéliens ont marqué leur mauvaise humeur tandis que l’Ambassadeur de France, Christophe Bigot, se démenait pour éteindre l’incendie en sollicitant des interventions médiatiques pour arrondir les angles. Mais le mal était fait tandis que l’échec du forum était prévisible malgré les mises en garde qui avaient été lancées. Bernard-Henri Lévy, lui-même, le pressentait puisqu’à la surprise générale il a demandé, à la dernière minute, à être remplacé lors de son second débat par Anne Hidalgo, adjointe au maire de Paris.
          Le forum, qui devait être un lieu de discussions et d’échanges pour éclairer une situation difficile n’a pas rempli sa mission. Il a suscité des controverses et créé un malaise politique franco-israélien sans que les parties concernées par le conflit n'aient mesuré un quelconque progrès. Le débat était terne, monolithique, soporifique et d’aucun intérêt puisque la gauche française dialoguait avec la gauche israélienne et que les orateurs n’avaient qu’à convaincre des convaincus.

          L’Ambassade de France ne pouvait pas ternir ses relations avec Israël qui ne souffrent d’aucun nuage. La sanction vient de tomber car, après moins d’une année, le poste de conseiller culturel est à nouveau vacant à Tel-Aviv.

jeudi 10 juin 2010

VIDEO : BOURGUIBA VISIONNAIRE EN 1973

Dans une interview à la télévision française en 1973, Habib Bourguiba, le président tunisien, se montre très visionnaire sur la Palestine