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mardi 29 novembre 2011

ROGER ASCOT : UN SIONISTE PRAGMATIQUE



ROGER ASCOT : UN SIONISTE PRAGMATIQUE

Par Jacques BENILLOUCHE
                 

           J’ai connu Roger Ascot, Roger Askolovitch, en 1962. Je militais alors à l’Union des Etudiants Juifs de France installée alors rue Lalande, à Paris. C’était l’époque où une minorité, le groupe d’Orsay, avait suivi Manitou dans l’approche d’un judaïsme religieux et biblique. La grande majorité était constituée de partisans de la gauche pure et dure, inspirée alors par l’UNEF au point où l’UEJF brillait par une l’absence de référence à l’Etat d’Israël et au sionisme.
            J’avais alors cherché, avec mes maigres moyens, à instiller une dose de sionisme auprès de militants très politisés à gauche, alors que la Guerre d’Algérie se terminait. Roger Ascot, directeur de la Fédération sioniste, ayant eu vent de mes rêveries solitaires, m’avait convoqué dans son bureau du boulevard Bonne Nouvelle, en présence de Yéhouda Nir, représentant de l’Agence Juive. Il voulait que je prenne la responsabilité des étudiants sionistes. Malgré mes activités extra-universitaires et mes études, j’avais succombé à sa proposition tant il mettait de l’énergie à l’exposer et à me convaincre.

Etudiants sionistes

            Nous avions alors établi un programme pour la création de la fédération étudiante sioniste chargée d'organiser des réunions pour sensibiliser les étudiants au problème d’Israël. Il y croyait et sa fougue était communicative. Nous n’avions pas entièrement réussi à mobiliser la totalité des étudiants juifs mais nous avions suscité, avec Elie Oiknine (Elie Kenan) une collaboration entre  l’UEJF de Paris et le groupe ODED, chargé de favoriser les études universitaires des sépharades en Israël par l’octroi de bourses. Les relations avec l’Agence Juive n’étaient pas alors du goût des dirigeants estudiantins de l’époque
            Roger Ascot m’avait introduit à la «Terre Retrouvée» où j’ai fait mes premières armes de journaliste impétueux qui critiquait la passivité des notables juifs intéressés alors plutôt aux honneurs qu’à l’action. Il m’avait appris la modération dans mes propos et dans mes mots si «je voulais être lu par le plus grand nombre de lecteurs». 
           Roger était un sioniste pragmatique qui privilégiait l’efficacité à la parlote. Ses conseils m’avait permis de faire mon entrée dans le monde du vrai journalisme dans le quotidien «L’information d’Israël». Il était le premier à lire mes chroniques avant qu’elles ne paraissent et il m’avait aidé à corriger mes erreurs de débutant et mes défauts de jeune impulsif. C’était un homme de plume et il m’avait communiqué son goût du verbe et des belles phrases.
            Nous avions mis ensemble quelques balises sionistes qui avaient trouvé leur paroxysme avec l’élan des jeunes juifs à l’occasion le la Guerre des Six Jours. Sa mission de directeur de la Fédération sioniste avait marqué la solidarité active de la jeunesse juive face à la montée des périls en 1967. Longtemps proche des courants sionistes de gauche et du Parti socialiste, admirateur de François Mitterrand, il avait condamné la lente trahison des idéaux de gauche par les hommes de pouvoir. 
       Alors que je venais de Tunisie, sans formation politique et sans culture, il avait été mon inspirateur pour me faire aimer les lettres et la politique et pour m'insuffler les idées de bases du travaillisme et du courant sioniste de gauche.Je lui dois aujourd'hui le droit de m'exprimer avec des mots qu'ils n'auraient jamais désavoués.
 

lundi 28 novembre 2011

LE MAIRE DE PARIS REPOND AUX QUESTIONS DE J. BENILLOUCHE




Le Maire de Paris en visite en Israël 

a répondu aux questions de Jacques BENILLOUCHE

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë était en visite en Israël le 27 novembre 2011. Il a inauguré la place de Paris dans la ville de Haïfa.

Le maire de Haïfa, Yona Yahav  a déclaré : «Nous cueillons aujourd’hui les fruits d’une coopération de longue date entre Paris et Haïfa. Grâce à la rénovation de cette place, nous renforçons le lien entre les deux villes et apportons un morceau de Paris à Haïfa».

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë lui a répondu : «Je suis ici aujourd’hui pour témoigner du lien profond et indéfectible qui unit Paris à Haïfa. L’inauguration de la place de Paris à Haïfa renforce encore cette solidarité».

Au terme de la cérémonie, les deux maires ont gravit le mont Carmel à bord de la célèbre Carmelit, ce métro construit par des entreprises françaises et considéré comme le plus petit réseau de métro au monde.

A l’occasion de cette visite, l’ambassadeur de France Christophe Bigot nous a reçus dans sa résidence à Jaffa pour un point de presse au cours duquel Jacques Benillouche a posé à Bertrand Delanoë la question des relations franco-israéliennes. Il en a profité pour lancer un clin d'oeil à Jean-Marie Colombani, Président de Slate.


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Prise de son : Laure ONNO

LA POLITIQUE FRANCAISE ET ISRAËL




LA POLITIQUE FRANCAISE ET ISRAËL

Par Jacques BENILLOUCHE
              

       L’article de mon ami André MAMOU, «INDULGENCE EXCESSIVE», pose le problème des relations politiques entre la France et Israël. Il faut se rendre à l’évidence que les juifs français n’ont pas à choisir un candidat en fonction de ses affinités avec le gouvernement israélien car tous les partis français ont précisément la même politique, très réservée à l’égard de l’État juif. Le choix d’un président se fait en effet sur sa politique étrangère, économique et sociale et dans ces domaines, Nicolas Sarkozy, n’a pas convaincu les français si l'on se réfère aux sondages. La Palestine reste le dernier souci des français qui se poseront d'abord les questions sur le chômage car le nombre des demandeurs d'emploi a encore progressé en septembre de 0,9%, à 2,780 millions de personnes, le plus haut niveau depuis janvier 2000.
           Certes, à l'origine, la position atlantiste et les liens privilégiés que Nicolas Sarkozy voulait instituer avec les Etats-Unis lui ont donné une aura qui lui a permis d'obtenir 84 % du corps électoral en Israël.

EXCEPTIONS SOCIALISTES

            S’agissant d’Israël, il y a une certaine légèreté à s’en prendre au candidat socialiste en relevant les propos de trois anciens ministres, des «éléphants» à la retraite, qui cherchent à faire parler d’eux soit pour des raisons électorales puisqu’ils se présentent dans des circonscriptions à majorité communiste et maghrébine soit, pour exister au sein de leur parti. Les brebis galeuses militent dans tous les partis sans qu’il soit nécessaire de généraliser cette attitude à tout le PS.
            Le programme du candidat socialiste ne sera dévoilé qu’en janvier et les membres de son comité de campagne ont précisément déclaré que François Hollande aura son propre programme, bien qu’étant certes inspiré en grande partie du programme socialiste. Nous attendrons donc avant de partir vite en besogne.
            Il est maladroit d’exploiter trois exceptions qui s’expriment contre Israël alors que l’on peut en trouver autant à l’UMP, avec à leur tête le ministre des affaires étrangères, Alain Juppé ou le pro-arabe Hervé de Charette. De véritables amis d’Israël existent aussi au sein du Parti socialiste  à l’instar de Manuel Valls, de l’ancien premier ministre Édith Cresson, du politologue Bruno Tertrais et enfin du député Jean-Marie le Guen qui ont, pour la plupart, été présents à la journée de solidarité au profit d’Israël, le 20 septembre au Gymnase de Paris. 
               L’UMP, en difficulté, cherche à remonter la côte très basse du chef de l’État en fustigeant ceux qui se présentent comme les ennemis d’Israël. Alors elle mobilise les inconditionnels de Sarkozy  dans une manœuvre parée d’une grosse ficelle. 

Ne compter que sur soi

            L’État d’Israël ne compte que sur lui-même et sur ses forces armées parce qu’il sait que les amitiés ne durent que le temps des roses. Les amis sont toujours les bienvenus mais il ne faut s’attendre à aucun cadeau de la part des politiques français tant qu’ils ont l’œil rivé sur la ligne d’horizon de la balance commerciale. L’exemple de la décision de la BNP de quitter Israël est flagrant puisque, selon Stanley Fisher le gouverneur de la Banque d’Israël, le groupe bancaire a été soumis à des pressions arabes. Ils ont certainement raison s'ils mettent l'intérêt de leur pays avant l'intérêt étranger.
            Parler du «commentateur judicieux, Guy Millière» est une litote quand on sait qu'il s'est trompé depuis trois ans. Le matraquage du deuxième prénom de Obama, Hussein, dans une dialectique de délit de sale gueule, constitue son seul argument original mais stérile. Il ne cesse, à longueur d'articles aux thèses répétitives, de désigner Hussein Obama à la vindicte publique. Or il faut se rendre à l'évidence des faits : il a été le seul président étranger à maintenir une position d’amitié constante à l’égard d’Israël. Bien sûr, il s’est confronté, dans une guerre d'égo, à Benjamin Netanyahou qui a voulu imprégner sa marque dans ses relations avec les États-Unis; mais Barack Obama, malgré les frictions entre les deux personnalités fortes, a défendu Israël jusqu’au bout, contrairement à Nicolas Sarkozy.
Le président américain a voté contre l'adhésion des palestiniens à l’UNESCO et contre leur déclaration unilatérale d’indépendance à l’ONU. Il a accepté la livraison du meilleur avion du monde F35 à Tsahal. Il a secrètement autorisé la vente de 55 puissantes bombes anti-bunkers à Israël, selon le magazine Newsweek. Ces actes confirment l’amitié sincère qui régit les deux pays et les coups de buttoir permanents contre le président américain semblent déplacés. Les États-Unis, quelque soient les présidents, soutiennent Israël de même que, le Quai d’Orsay, quelque soient les présidents, œuvre en faveur d’une politique arabe intéressée.

Promesses

            Nous connaissons la politique de Nicolas Sarkozy à l’égard d’Israël qui n’a pas évolué malgré les promesses non tenues qui n’ont engagé que ceux qui les ont écoutées. Les procès d’intention contre François Hollande reflètent en revanche un manque sérieux d’arguments. A l'égard d'Israël, il ne pourrait être pire que le candidat de l’UMP et donc, s’il reste une lueur d’espoir de modifier le comportement face à Jérusalem, alors certains veulent tenter le changement même s’ils se font peu d’illusions. Ils savent que les atouts de l’État juif sont négligeables par rapport à ceux des puissances pétrolières.Mais maintenir la situation actuelle entraine la stagnation de nos relations.
Mais le sauve-qui-peut de l’UMP démontre que la situation des sortants est critique tandis que l’alternance reste la meilleure preuve de la démocratie à condition qu’on utilise des arguments sérieux et valides, et non des procédés tendancieux visant à déconsidérer les candidats.

Il ne s'agit pas de prendre position pour l'un ou l'autre des candidats mais de bien préciser qu'en ce qui concerne la politique française vis-à-vis d'Israël, ce sera bonnet blanc et blanc bonnet.

vendredi 25 novembre 2011

SlateAfrique - Maroc: islamisme rampant et alibi juif



Maroc : islamisme rampant et alibi juif

 par Jacques BENILLOUCHE

Avec un taux de participation très faible, les islamistes pourraient sortir gagnant des élections législatives. Un résultat qui ne menace en rien la monarchie alaouite.

 

Le Maghreb est périodiquement agité par des secousses orchestrées par des courants islamistes. Les régimes, certains autoritaires, n’arrivent pas à freiner un islamisme qui s’appuie sur le mécontentement d’une classe majoritaire de pauvres. Les élections législatives se sont déroulées au Maroc le 25 novembre 2011, à la suite du référendum constitutionnel du 1er juillet qui a débouché sur une réforme de la Constitution. Ces élections devaient avoir lieu en septembre 2012 mais, étant donné les protestations dans le monde arabe et les réformes prévues, elles ont été anticipées....

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jeudi 24 novembre 2011

CHAOUL MOFAZ S'ENGAGE POUR GIL TAÏEB



CHAOUL MOFAZ S'ENGAGE POUR GIL TAÏEB

          Gil Taïeb nous a confié cette vidéo que nous mettons, pour information, à la disposition de nos lecteurs. Chaoul MOFAZ, numéro 2 du parti Kadima, ancien chef d'Etat-Major et ancien ministre de la Défense s'engage ouvertement pour le candidat aux élections législatives françaises de 2012. 

              Après les cinq anciens ambassadeurs Daniel GAL, Yéhouda LANCRY, Avi PAZNER, Dany SHEK et Nissim ZVILI, une personnalité israélienne de premier plan prend position dans le débat français.

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mercredi 23 novembre 2011

GUERRE DE L’OMBRE CONTRE L’IRAN Par Maxime PEREZ




Maxime PEREZ, journaliste, spécialiste de l’armement et de la sécurité d’Israël rejoint notre blog. Il éclairera nos lecteurs avec ses informations et ses analyses. Nous publions son premier article.

  
GUERRE DE L’OMBRE CONTRE L’IRAN

Par Maxime PEREZ

Nouvelles sanctions de l’ONU ou frappes préventives ? Le dernier rapport de l’AIEA sur le programme nucléaire iranien ouvre de nouvelles perspectives. Mais les services israéliens agissent déjà depuis quelques années. Dans le plus grand secret.

Violente explosion

12 janvier 2010. Il est presque huit heures du matin quand Massoud Ali-Mohammadi quitte son domicile de Téhéran, dans le quartier résidentiel de Gheytarieh, pour se rendre à l’université. Comme chaque jour, son épouse, vêtue d’une burqa noire, l’accompagne religieusement jusqu’au perron. Du regard, Mansoureh suit Massoud regagner sa Peugeot 405 verte, puis lui adresse un dernier signe de la main pour le saluer. Quand elle referme la porte, une violente explosion la projette au sol. Toute la façade de la maison est soufflée. Quelques mètres plus loin, le corps de son mari git sans vie. Sa voiture, cible d’une moto piégée, n’est déjà plus qu’une carcasse fumante.
Massoud Ali-Mohammadi, 51 ans, était l’un des physiciens nucléaire les plus brillants de sa génération. Mais aussi l’un des cadres de l’Agence iranienne de l’énergie atomique. Son meurtrier présumé se nomme Majid Jamali. Le 26 août dernier, ce jeune homme champion de kick-boxing a été condamné à la pendaison par un tribunal révolutionnaire iranien. Peu avant son procès, il apparaissait dans un documentaire télévisé consacré au «martyr» Ali-Mohammadi. Dans une interview confession qui frôle la mise en scène, Jamali reconnait avoir été recruté deux ans plus tôt par le Mossad. Il raconte sa première convocation à Istanbul, ses séjours furtifs en Azerbaïdjan et en Thaïlande sous couvert de compétition sportive, puis son passage à Tel Aviv, un an plus tard, où il prétend avoir appris à manier les explosifs.

Impuissance iranienne
  
Officiellement, Majid Jamali faisait partie d’un réseau de dix personnes arrêtées en janvier 2011 par les services de contre-espionnage iraniens du Vevak. Tous seraient liés à l’assassinat d’Ali-Mohammadi. Régulièrement, des annonces similaires sont effectuées par le régime de Téhéran, qui pointe un doigt accusateur en direction des Etats-Unis et d’Israël. Elles traduisent le plus souvent son impuissance. En quelques années, cinq scientifiques iraniens ont payé de leur vie leur implication dans le programme nucléaire du pays, parfois dans d’étranges circonstances.
En 2007, le chercheur Ardeshin Hosseipour est retrouvé mort dans la centrale d’Ispahan : il aurait été asphyxié par gaz. La dernière liquidation en date remonte au 23 juillet : alors qu’il se trouvait dans son bureau, le professeur Daryoush Rezainejad est abattu de cinq balles tirées à bout portant par des individus. «Il s’agit de la première opération dirigée par le nouveau chef du Mossad Tamir Pardo», rapporte alors une source israélienne au magazine allemand Der Spiegel.      
En réalité, la vraie bête noire des Iraniens se nomme Meir Dagan, l’ancien chef des services secrets israéliens. Ce petit homme corpulent, natif d’ex-URSS, n’a qu’une obsession dès sa nomination en 2002 : saboter le programme nucléaire iranien. Seulement, la situation dans les Territoires palestiniens, en proie aux violences de la seconde Intifada, puis la guerre contre le Hezbollah, quatre ans plus tard, l’oblige à revoir ses objectifs. Ce n’est qu’en 2007, lorsqu’il est reconduit à la tête du Mossad, que Dagan élabore un «plan en cinq points» pour faire plier la République islamique.

Sanctions inefficaces

Jugeant insuffisante la mise en place de sanctions contre l’Iran au Conseil de sécurité, mais doutant également de l’efficacité de frappes préventives, il se prononce en faveur d’une solution intermédiaire : des «mesures clandestines» destinées à retarder les ambitions nucléaires des Mollahs. Lors d’un entretien avec le secrétaire d’Etat américain Richard Burns, relaté dans un télégramme de Wikileaks, Meir Dagan expose minutieusement sa stratégie dont la pierre angulaire constitue le renversement du régime. Il suggère alors de soutenir les étudiants iraniens et plusieurs groupes d’opposition.
Dans cette redoutable guerre de l’ombre menée contre Téhéran, l’Etat hébreu bénéficie de la complicité des minorités azéries, baloutches et même kurdes, qu’il arme depuis de nombreuses années en Irak. Avec le consensus que provoque la menace iranienne au sein de la communauté internationale, les israéliens peuvent aussi compter sur la pleine coopération des agences de renseignements occidentales. En 2002, le BND allemand parvient à approcher un homme d’affaires iranien dont l’entreprise participe à la construction de Natanz. «Dauphin», son nom de code, accepte de transmettre des détails sur le site qui doit servir d’usine d’enrichissement d’uranium. Il obtient aussi des rapports secrets concernant des recherches nucléaires militaires, qu’il espère monnayer auprès du BND pour obtenir l’asile politique. Mais en 2004, l’homme est démasqué par des agents du régime, puis froidement abattu. Sa femme a tout juste le temps de s’enfuir en Turquie, emportant avec elle l’ordinateur de son mari. Grâce aux mille pages de documents contenues dans son disque dur, les services occidentaux découvrent que les iraniens cherchent à développer des ogives nucléaires.

Objectif : arme nucléaire
        
Depuis cet épisode, et malgré le ton plus mesuré des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Israël maintient que Téhéran n’a qu’un objectif : acquérir l’arme suprême. Avant même d’organiser l’assassinat de scientifiques par l’unité Kidon, le Mossad sait qu’il doit infiltrer l’appareil sécuritaire iranien au plus haut niveau. Dès la fin des années 80, les services secrets israéliens suivent la trace d’Ali Reza Azgari, un général qui coordonne les activités des Gardiens de la révolution au Liban. Son profil et ses liens étroits avec le Hezbollah en font une cible de choix.
Mais l’ascension d’Azgari est fulgurante. En 1997, il entre au cabinet du président réformateur Mohammad Khatami qui le nomme ministre adjoint de la défense. A l’été 2003, le Mossad se décide à entrer en action. Lors d’un voyage à l’étranger, le général iranien est approché par un juif américain qui se fait passer pour un responsable de la CIA. Son message est sans ambiguïté : «Après l’Irak, l’Iran est le prochain pays sur notre liste, préparez votre avenir si vous ne voulez pas finir comme Saddam.» Les évènements se précipitent avec l’élection de Mahmoud Ahmadinejad en 2005.
Ali Reza Azgari est écarté du pouvoir et devient une mine d’or pour l’Etat hébreu. Aigri, il fournit volontiers des cartes militaires de son pays, informe les israéliens de la livraison d’armes à destination du Hezbollah et des factions palestiniennes, et surtout détaille le fonctionnement de plusieurs sites nucléaires iraniens. En 2007, lorsqu’il comprend qu’il est suivi de près par le Vevak, il gagne la Turquie via Damas, où vivent ses proches. A Istanbul, le 7 février, le Mossad organise l’exfiltration du général iranien, prenant le soin de brouiller les pistes en réservant plusieurs chambres d’hôtel au nom d’Azgari. Sa «disparition» porte un coup dur à Téhéran, mais aussi à ses alliés. En septembre 2007, le réacteur syrien d’Al-Kibar - construit secrètement par la Corée du Nord - est détruit par l’aviation israélienne sur la base d’indications fournies par cet ancien cadre du régime. Un an plus tard, à Damas, un attentat à la voiture piégée coûte la vie à Imad Mugnieh, chef de la branche militaire du Hezbollah.

Régime déstabilisé

Le régime iranien est déstabilisé par l’action des services secrets israéliens. Il croit voir sa main dans plusieurs crashs d’avion mystérieux, comme le 20 juin dernier, où cinq scientifiques russes affectés à la centrale de Bushehr meurent lors de l’atterrissage d’urgence de leur Tupolev-134. Entre février 2006 et mars 2007, trois appareils appartenant aux Gardiens de la révolution s’étaient écrasés dans les montagnes iraniennes avec à leur bord, des membres du personnel en charge de sécuriser le programme nucléaire iranien. Dans l’un de ses accidents, Ahmad Kazemi, le commandant des forces terrestres des Pasdarans est tué, ainsi que douze membres de son état-major. Cette milice, garde prétorienne du régime, enregistrera par la suite d’autres revers, preuve qu’elle a été lourdement infiltrée.
Le 12 octobre 2010, une triple explosion secoue la base Imam Ali, à l’ouest de l’Iran, vaste complexe souterrain de galeries abritant des rampes de lancement de missiles Shahab-3. Le 12 novembre dernier, ces engins balistiques capables d’atteindre Israël sont de nouveau visés à une vingtaine de kilomètres de Téhéran. Mais cette fois, l’explosion tue le général Hassan Moghaddam, protégé de l’Ayatollah Khomenei et père du programme de missile iranien. Le régime, qui voit ses capacités de riposte affaiblies, accuse le Mossad.
Le sabotage du programme nucléaire iranien est au cœur de la stratégie israélienne. D’après plusieurs experts du renseignement, l’Etat hébreu a crée des dizaines de sociétés spécialisées dans la fourniture de matériaux défectueux, souvent à double usage - civil et militaire - pour faciliter leur vente. Ces équipements provoquent des dégâts en chaîne ou des accidents de travail dans les centrales iraniennes. Autre stratagème d’Israël : les attaques cybernétiques. Le Mossad, très probablement associé à l’unité 8200 des renseignements militaires israéliens (Aman) met au point «Stuxnet», un virus intelligent qui, à chaque étape de sa progression dans un système informatique, enregistre de nouvelles données qui lui permettent de poursuivre son avancée. En juin 2010, «Stuxnet» pénètre dans les serveurs du programme nucléaire iranien. A Natanz, le virus parvient à détruire 1000 centrifugeuses en diminuant brutalement leur système de rotation.
En quittant ses fonctions en janvier dernier, l’ancien chef du Mossad Meir Dagan affirmait à la Knesset que «l’Iran ne sera pas en mesure d’obtenir la bombe nucléaire avant 2015». Son propos, qui contredit les estimations officielles, sonne comme une revendication de ses huit années passées à la tête des services secrets israéliens. Aujourd’hui, si Dagan apparait comme un fervent adversaire de frappes préventives contre Téhéran, combien de temps a-t-il réellement fait gagner à son pays ? «A la fin des années 1970, le Mossad a lancé une impressionnante série d'opérations clandestines visant à retarder le programme nucléaire irakien», rappelle Ronen Bergman, spécialiste de la question iranienne. «Pourtant, en 1981, Israël est parvenu à la conclusion qu’il n’y avait plus d’autre choix que de bombarder la centrale d’Osirak».

lundi 21 novembre 2011

SLATE : Révolutions arabes: les Frères Musulmans remportent la mise




SLATE : Révolutions arabes

les Frères Musulmans remportent la mise


Par Jacques BENILLOUCHE

Après avoir avancés masqués, les Islamistes prennent le pouvoir dans les pays arabes qui ont chassé dans l'allégresse leurs dictateurs, Tunisie, Egypte et Libye. Même la Syrie pourrait basculer. Une perspective inquiétante.

La prière vendredi 4 février sur la place Tahrir au Caire 
Les révolutions arabes sont toutes différentes mais ont au moins un point commun dans les différents pays où elles ont eu lieu. Les Frères musulmans et autres islamistes, malgré des structures souvent bien organisées, n’ont pas pris part à l’avènement des nouveaux régimes. Ils ont d’abord assisté en spectateurs aux évènements et ensuite, se sont insérés dans le processus de démocratisation en donnant l’impression qu’ils ne s’intéressaient pas au pouvoir et que leur objectif était uniquement social.

le Frère musulman syrien Riad Shakfa (à droite)

Lire la suite en cliquant sur le lien :

http://www.slate.fr/story/46487/revolutions-arabes-freres-musulmans-remportent-la-mise

samedi 19 novembre 2011

PLONGEE DANS LE HIGH-TECH DE TSAHAL AVEC LES GENERAUX PLASMA




PLONGEE DANS LE HIGH-TECH DE TSAHAL AVEC LES GENERAUX PLASMA

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

En Israël, il n’y a pas de plus secret que Tsahal et il n’y a pas de plus frileux que l’armée. Et pourtant, en exclusivité, l’armée a ouvert les portes du saint des saints, par deux fois, dans une base secrète à l’abri des regards, dans l’antre de la communication, dans le nœud du système qui conditionne la défense d’Israël parce qu’il  relie toutes les bases militaires et tous les régiments en opération avec l’Etat-Major opérationnel.
Avec un général de la base


SLATE - Iran: la guerre secrète marque des points contre le programme nucléaire



SLATE : IRAN

La guerre secrète marque des points contre le programme nucléaire

 par Jacques BENILLOUCHE

La destruction, après un sabotage, d'un missile ballistique iranien le 12 novembre sur une base des gardiens de la révolution pourrait convaincre les dirigeants israéliens qu'ils peuvent empêcher Téhéran de se doter d'une arme nucléaire sans se lancer dans une guerre incertaine et risquée.

On commence à en savoir plus sur les origines des mystèrieuses explosions qui se sont produites le 12 novembre à 46 kms de Téhéran. Selon les autorités iraniennes, il s'agit d'accidents mais la thèse d'un sabotage semble incontestable. Le succès des actions subversives semblent convaincre les dirigeants israéliens qu’ils détiennent une alternative à une offensive aérienne massive contre les usines  iraniennes pour empêcher la République islamique de se doter de l'arme nucléaire....

Lire la suite en cliquant sur le lien :

http://www.slate.fr/story/46497/iran-guerre-secrete-nucleaire-israel-marque-points-contre-le-programme-nucleaire

 

vendredi 18 novembre 2011

RADIO JUDAÏCA BRUXELLES : LES DESSOUS DES EXPLOSIONS EN IRAN


RADIO JUDAÏCA BRUXELLES 

LES DESSOUS DES EXPLOSIONS EN IRAN


Journal du 17 novembre 2011
Jacques BENILLOUCHE

au micro de

Jérémy AUDOUARD
Enterrement des victimes des explosions

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LES PAYS CHRETIENS D'AFRIQUE ONT BESOIN D'ISRAEL





LES PAYS CHRETIENS D'AFRIQUE ONT BESOIN D'ISRAEL

Par Jacques BENILLOUCHE


Le premier ministre kenyan, Raila Odinga, à Jérusalem

          Le ministre des affaires étrangères Avigdor Lieberman, boudé par l’Europe, avait décidé de revigorer les relations avec le continent noir où sa présence ne pose pas de problème. A l’occasion de ses visites au Kenya, au Ghana, au Nigeria puis en Ouganda, il avait profité de signer de nouveaux contrats. Mais son objectif principal consistait à mettre en garde ses interlocuteurs africains sur le danger d’une nucléarisation de l’Iran qui risque d’avoir des répercussions dans leur propre région.

Une brèche dans le mur

                La diplomatie israélienne avait abordé l’année 2008 dans une conjoncture favorable. La  reprise diplomatique avec de nombreux pays, autrefois frileux, ouvrait alors une brèche dans le mur diplomatique érigé par les pays arabes et africains. La crainte que font peser les terroristes islamistes sur une communauté inquiète d’une déstabilisation rampante n’est pas étrangère à ce changement de cap. Certains pays africains ont par ailleurs vu, dans ces relations, le moyen de s’émanciper de l’aide de leur tuteur colonial. Ils appréciaient chez Israël son expertise dans les domaines industriels, ses expériences réussies des cultures dans les zones arides et surtout sa gestion de l’eau grâce à la haute technicité de son système d’arrosage automatique. 

L’assistance militaire, sans contrepartie politique contraignante, permettait la mise à niveau d’armées aux embryons modestes. L’État juif présentait alors une image moins arrogante que celle des pays coloniaux qui avaient rechigné à se dégager de leurs intérêts africains. Les entreprises israéliennes, concurrentes des européennes, avaient ainsi raflé les appels d’offres pour la construction d’aéroports, de routes, de ponts et de bâtiments officiels.

Projets communs

                Depuis 1980, la majorité des pays africains, soupesant où se situait leur intérêt personnel, décidait de renouer les liens avec Israël. Des milliers de stagiaires africains viennent s’y perfectionner. Une seule situation paradoxale subsiste puisque l’O.U.A (Organisation de l’Union Africaine) refuse encore de normaliser ses relations avec Israël en raison du boycott décrété par une organisation soumise «au fanatisme et à l’extrémisme» de certains de ses dirigeants.

                Ignorant ces échecs relatifs, Israël a continué le développement de grands projets communs comme la construction d’un hôpital à Nouakchott ou la mise en place d’un système de radars au Congo-Brazzaville pour sécuriser la navigation maritime. Certes les moyens mis en œuvre sont modestes par rapport à ceux des puissances pétrolières mais leur efficacité leur donne plus de relief. L’activisme dont a fait preuve Jérusalem au Darfour, en fournissant en particulier une aide humanitaire aux victimes, a transformé en actes des engagements verbaux.

                Les pays africains, sensibles au projet d’émancipation industrielle, avaient maintenu les échanges économiques malgré le virage pris à 180° sur injonction arabe. Ils ont su distinguer les États arabes modérés et réalistes de ceux qui persistaient dans leur chantage financier. Les dirigeants africains avaient en fait identifié leurs vrais ennemis, les terroristes islamistes et, pour s’en protéger, avaient décidé de ne plus vouer aux gémonies l’État d’Israël.

Alliance contre le fondamentalisme
Odinga et Netanyahou à Jérusalem

            Dans cet esprit le premier ministre kenyan, Raila Odinga et le président ougandais Yoweri Museveni, viennent d’achever une visite en Israël. Ils ont exprimé leurs préoccupations au sujet de la montée en puissance des islamistes radicaux sur le continent, en particulier dans l'Est. Yoweri Museveni a souligné que l'Ouganda était un pays chrétien pollué par l'islam radical tandis que Raila Odinga s’est montré inquiet de l'infiltration constante de radicaux islamiques de Somalie. Avec les encouragements du président Shimon Pérès et du premier ministre Benjamin Netanyahou, le premier ministre keynyan a accepté d’être le maître d’œuvre  d’une alliance avec l’Éthiopie, le Kenya, la Tanzanie et le Sud-Soudan pour freiner la propagation de l’islam fondamentaliste dans les nations africaines, peuplées de 138 millions d’habitants, où existe une majorité de chrétiens. 

Israël a accepté de fournir à ces pays des drones, des vedettes navales rapides et un équipement de surveillance en vue d’aider le Kenya d’abord, puis les autres pays africains, à «les débarrasser des éléments islamistes terroristes» et à contrer l'expansion iranienne. Un haut fonctionnaire kenyan a précisé que «Le premier ministre Odinga et le ministre de la sécurité intérieure ont discuté  de la façon dont les israéliens peuvent être impliqués dans des formations de sécurité pour les kenyans et sur la façon de traiter avec la terreur. Le Kenya a besoin d'Israël pour la fourniture de véhicule pour les patrouilles aux frontières et d'équipements pour la surveillance maritime afin de lutter contre la piraterie au large de la côte est-africaine ».

Le Kenya souffre en effet de lacunes dans sa sécurité et il subit le chantage des combattants d’Al-Shabab qui ont décidé de s’en prendre au Kenya tant qu’il ne retirera pas ses troupes de Somalie. Ces rebelles dénoncent l’entrée de centaines de soldats kenyans en Somalie, appuyés par des hélicoptères et des chars, pour bombarder les camps d'al-Shabab, ce qui est démenti par Nairobi. Le groupe Al-Shabab a été lié à plusieurs enlèvements récents au Kenya, en particulier le kidnapping d’une femme âgée française, souffrant d'un cancer, et décédée depuis.

L’inquiétude s’accroit donc dans certains pays africains soumis au terrorisme d’Al Qaeda et à la pression et à la capacité de nuisance de l’Iran qui cherche à installer ses pions dans le continent africain. Le besoin d’armes sophistiquées exige donc un appel au cinquième fournisseur mondial d’armes. Les deux dirigeants de ces pays est-africains comptent utiliser Israël comme bouée de sauvetage dans la lutte contre les extrémistes musulmans. L’impact politique pour Israël est important car il s’achemine ainsi vers une période idyllique avec l’Afrique comparable à celle des années 1960.

jeudi 17 novembre 2011

UNE ALTERNATIVE A LA FRAPPE CONTRE L’IRAN




UNE ALTERNATIVE A LA FRAPPE CONTRE L’IRAN

Par Jacques BENILLOUCHE
F15 de Tsahal

            Les dirigeants israéliens s’inquiètent, à juste titre, des retombées sur la population israélienne d’une frappe contre les usines nucléaires iraniennes. Si l’Iran ne dispose pas de lanceurs pour ses ogives nucléaires, ses fusées Shahab à charge conventionnelle de 750 kg sont en mesure de toucher des quartiers de Tel-Aviv. On ne spécule pas, bien sûr, sur les dégâts occasionnés par une éventuelle bombe nucléaire. Alors ils songent à agir de manière plus sournoise et plus camouflée contre le programme iranien. Après le virus Stuxnet et l’assassinat ciblée de savants, des actions mystérieuses et sanglantes ont touché l’Iran à quelques jours d’intervalle. Il ne peut nullement s’agir d’accidents car deux explosions simultanées ont eu lieu dans des bases militaires, à 40 kms à l’ouest de Téhéran, tandis que le marchand d’armes du Hamas, Al-Mabhouh, fait un émule puisque le fils d’une haute personnalité iranien a été assassiné à Dubaï.

Groupes dissidents iraniens

            Les explosions, qui ont eu lieu dans les villes de Melard et de Bidganeh, sont attribuées à des actions de groupes iraniens dissidents qui ont agi contre des entrepôts des Gardiens de la Révolution où sont stockés les matériels de lutte anti-émeutes. La première explosion, à Moadarres, a détruit un stock de balles en caoutchouc, de munitions et de gaz lacrymogènes tandis que la seconde a fait exploser un dépôt d’armement dans un camp militaire. La cause accidentelle ne peut être soulevée alors que le magistrat iranien, Hussein Garussi, a confirmé les faits sans donner de détail. 
Attentat du MEK
Le sabotage, qui ne fait aucun doute pour les services sécuritaires occidentaux, est attribué au groupe dissident Oghab-E-Iran (l’aigle de l’Iran). Ce groupe d’opposition a été crée en 2008 par Mehdi Rohani, ancien général des forces aériennes iraniennes, exilé à l’étranger avec plusieurs de ses officiers. Téhéran avait démantelé une partie de ce groupe armé après avoir exécuté trois de ses dirigeants et autorisé plusieurs de ses membres à s’exiler aux États-Unis.
 Les autorités iraniennes ont fait état de la mort de 32 personnes et de plusieurs blessées dans les deux explosions. Parmi les victimes figure le général de brigade Hassan Moghaddam, chef du développement des missiles pour le Corps des Gardiens de la révolution et des unités de son programme nucléaire, qui jouait un rôle important dans le développement du système de défense national. Saeed Qasemi, porte-parole des Gardiens de la Révolution, a confirmé la mort du général : « Une grande partie de nos progrès dans le domaine des missiles et de l'artillerie a été possible grâce aux efforts déployés jour et nuit par le martyre Moghaddam».

Suspicions israéliennes

Il semble bien que le programme nucléaire iranien ait été visé par ces actions. Ces explosions accréditent les rumeurs qu’Israël a pu combiner cette action avec la collaboration du groupe d’exilés MEK qui avait dans le passé révélé le lieu des sites de plusieurs grandes installations nucléaires iraniennes. Le MEK, groupe d'opposition militant contre le régime iranien, travaille en collaboration avec la CIA et le Mossad pour se faufiler dans les installations iraniennes et pour kidnapper des scientifiques iraniens qui contribuent à enrichir l'uranium à des fins militaires. Il aide à assassiner d’éminents dirigeants du corps des Gardiens de la Révolution iranienne.
Combattants du MEK
En effet, un ancien porte-parole du groupe des Moudjaheedin-e-khalq ou MEK, à Washington, Alireza Jafarzadeh citant ses sources fiables en Iran, a déclaré  que l’explosion a frappé la garnison appartenant à l’unité des missiles du CGRI, et que «les explosions résultaient de l’explosion de missiles des Pasdarans provoquée par une tentative ratée pour adapter une ogive nucléaire sur le Shahab-3». Les témoins ont confirmé que, bien après les explosions, les incendies faisaient encore rage dans les rues voisines des bases militaires touchées tandis que la presse n’était pas autorisée à accéder aux lieux des sinistres.
Les autorités iraniennes, selon le général Ramazan Sharif porte-parole des Gardes, attribuent les explosions à un accident : «Mes collègues de la Garde transportaient des munitions à l'un des dépôts sur le site quand une explosion s'est produite à la suite d'un accident». Il dénie tout lien avec le programme nucléaire iranien : «Cette explosion est lié à aucun des essais nucléaires». Le refus des autorités à autoriser la visite par la presse des victimes des explosions semble signifier que de nombreux étrangers figurent parmi les blessés. Ils ont d’ailleurs été transférés dans des centres de soins militaires des Gardiens plutôt que dans des hôpitaux civils.
Le «Conseil de discernement de l'intérêt supérieur du régime» a été réuni le 12 novembre en session exceptionnelle justifiant ainsi la plus haute importance de l’affaire et la nécessité d’édicter «des solutions pour les difficultés insurmontables du régime».

Assassinat ciblé à Dubaï

Simultanément avec ces deux explosions, Ahmed Rezaee, 31 ans, a été retrouvé mort dans l'Hôtel Gloria à Dubaï. Il était le fils de Mohsen Rezaee , politicien iranien, économiste et ancien commandant militaire, actuellement secrétaire du Conseil de Discernement de la République islamique d'Iran. Avant cela, il avait été commandant en chef de la Garde révolutionnaire iranienne pendant 16 ans.
Le corps de Rezaee  ne présentait aucun signe de violence et les causes établies du décès sont dues à une injection de suxaméthonium suivi par un étouffement avec un oreiller. La victime, qui n’était pas connue pour ingérer des drogues ou des produits médicaux, a été retrouvée dans une chambre du 18ème étage. Le modus operandi, ressemblant étrangement à l’assassinat de Mahmoud Al-Mabhouh le 19 janvier 2010 à Dubaï, ouvre l’hypothèse que la victime a été la cible du Mossad. 
Cette thèse ne semble pas crédible, pour l’instant, car les observateurs voient mal les israéliens se brouiller définitivement avec l’émirat en rééditant l’exploit de 2010. Il faut en effet préciser que le père Mohsen Rezaee s'était présenté contre le président Mahmoud Ahmadinejad en 2009 et que le fils Ahmed était considéré comme un dissident. En 1998, Ahmad Rezaee, avait fait défection aux États-Unis, où il avait révélé que l'attaque contre l'ambassade israélienne à Buenos Aires avait été planifiée à Téhéran. Les iraniens n’avaient pas apprécié à l’époque les nombreuses interviews aux médias occidentaux dans lesquelles il critiquait ouvertement les dirigeants iraniens et en particulier le Guide Suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. 
Il avait dénoncé l’Iran en 1998 en déclarant à l'hebdomadaire arabe Al-Watan Al-Arabi qu'un groupe de militants pro-iraniens avait mené l'attaque de 1996 à Dhahran , en Arabie saoudite, qui avait tué 19 aviateurs américains. Il avait accusé Ali Khamenei et l'ancien président iranien Rafsandjani d’être directement impliqués pour avoir tenu la main des organisations extrémistes dans les pays arabes du Golfe et ailleurs dans le monde. Il avait condamné le soutien financier important donné à des organisations terroristes par la République islamique d'Iran : « Nous avons nos propres problèmes et il appartient aux autres nations de combattre pour leurs propres batailles ».

Mesure d’intimidation

Le père d’Ahmed avait subi des pressions pour qu’il rende son fils à la raison et pour le forcer à rentrer en Iran, ce qu’il fit en 2005. En raison de ses nombreux voyages à l’étranger, les services de renseignements iraniens l’aient utilisé pour transmettre de fausses informations aux occidentaux, en particulier quand il s’installa définitivement à Dubaï. Le seul lien avec les israéliens semblent avoir été sa désignation comme intermédiaire pour éclaircir le sort de l’aviateur Ron Arad , disparu lors d’une mission aérienne et probablement transféré en Iran.
La piste du Mossad semble totalement écartée et la probabilité qu’il ait été assassiné sur les ordres de l'ayatollah Khamenei est grande parce qu’un avertissement devait être adressé à Mohsen Rezaee pour qu’il cesse de se lier avec l'ancien président Rafsandjani, considéré à présent comme une grande figure de l’opposition. Ce dernier s’était distingué en s’opposant ouvertement au gouvernement iranien lors des émeutes de 2009 déclenchées après l’élection contestée d’Ahmadinejad. L’assassinat s’adresse aussi à Rafsanjani lui-même pour qu’il rentre dans le rang.
L’assassinat d’opposants au Guide Suprême n’est pas une innovation mais d’ordinaire les victimes étaient éliminées en Iran même, dans le cadre de pseudo-accidents, mais ce serait la première fois que l’Iran procède à des assassinats ciblés à l’étranger.