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mardi 29 novembre 2011

ROGER ASCOT : UN SIONISTE PRAGMATIQUE



ROGER ASCOT : UN SIONISTE PRAGMATIQUE

Par Jacques BENILLOUCHE
                 

           J’ai connu Roger Ascot, Roger Askolovitch, en 1962. Je militais alors à l’Union des Etudiants Juifs de France installée alors rue Lalande, à Paris. C’était l’époque où une minorité, le groupe d’Orsay, avait suivi Manitou dans l’approche d’un judaïsme religieux et biblique. La grande majorité était constituée de partisans de la gauche pure et dure, inspirée alors par l’UNEF au point où l’UEJF brillait par une l’absence de référence à l’Etat d’Israël et au sionisme.
            J’avais alors cherché, avec mes maigres moyens, à instiller une dose de sionisme auprès de militants très politisés à gauche, alors que la Guerre d’Algérie se terminait. Roger Ascot, directeur de la Fédération sioniste, ayant eu vent de mes rêveries solitaires, m’avait convoqué dans son bureau du boulevard Bonne Nouvelle, en présence de Yéhouda Nir, représentant de l’Agence Juive. Il voulait que je prenne la responsabilité des étudiants sionistes. Malgré mes activités extra-universitaires et mes études, j’avais succombé à sa proposition tant il mettait de l’énergie à l’exposer et à me convaincre.

Etudiants sionistes

            Nous avions alors établi un programme pour la création de la fédération étudiante sioniste chargée d'organiser des réunions pour sensibiliser les étudiants au problème d’Israël. Il y croyait et sa fougue était communicative. Nous n’avions pas entièrement réussi à mobiliser la totalité des étudiants juifs mais nous avions suscité, avec Elie Oiknine (Elie Kenan) une collaboration entre  l’UEJF de Paris et le groupe ODED, chargé de favoriser les études universitaires des sépharades en Israël par l’octroi de bourses. Les relations avec l’Agence Juive n’étaient pas alors du goût des dirigeants estudiantins de l’époque
            Roger Ascot m’avait introduit à la «Terre Retrouvée» où j’ai fait mes premières armes de journaliste impétueux qui critiquait la passivité des notables juifs intéressés alors plutôt aux honneurs qu’à l’action. Il m’avait appris la modération dans mes propos et dans mes mots si «je voulais être lu par le plus grand nombre de lecteurs». 
           Roger était un sioniste pragmatique qui privilégiait l’efficacité à la parlote. Ses conseils m’avait permis de faire mon entrée dans le monde du vrai journalisme dans le quotidien «L’information d’Israël». Il était le premier à lire mes chroniques avant qu’elles ne paraissent et il m’avait aidé à corriger mes erreurs de débutant et mes défauts de jeune impulsif. C’était un homme de plume et il m’avait communiqué son goût du verbe et des belles phrases.
            Nous avions mis ensemble quelques balises sionistes qui avaient trouvé leur paroxysme avec l’élan des jeunes juifs à l’occasion le la Guerre des Six Jours. Sa mission de directeur de la Fédération sioniste avait marqué la solidarité active de la jeunesse juive face à la montée des périls en 1967. Longtemps proche des courants sionistes de gauche et du Parti socialiste, admirateur de François Mitterrand, il avait condamné la lente trahison des idéaux de gauche par les hommes de pouvoir. 
       Alors que je venais de Tunisie, sans formation politique et sans culture, il avait été mon inspirateur pour me faire aimer les lettres et la politique et pour m'insuffler les idées de bases du travaillisme et du courant sioniste de gauche.Je lui dois aujourd'hui le droit de m'exprimer avec des mots qu'ils n'auraient jamais désavoués.
 

lundi 28 novembre 2011

LE MAIRE DE PARIS REPOND AUX QUESTIONS DE J. BENILLOUCHE




Le Maire de Paris en visite en Israël 

a répondu aux questions de Jacques BENILLOUCHE

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë était en visite en Israël le 27 novembre 2011. Il a inauguré la place de Paris dans la ville de Haïfa.

Le maire de Haïfa, Yona Yahav  a déclaré : «Nous cueillons aujourd’hui les fruits d’une coopération de longue date entre Paris et Haïfa. Grâce à la rénovation de cette place, nous renforçons le lien entre les deux villes et apportons un morceau de Paris à Haïfa».

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë lui a répondu : «Je suis ici aujourd’hui pour témoigner du lien profond et indéfectible qui unit Paris à Haïfa. L’inauguration de la place de Paris à Haïfa renforce encore cette solidarité».

Au terme de la cérémonie, les deux maires ont gravit le mont Carmel à bord de la célèbre Carmelit, ce métro construit par des entreprises françaises et considéré comme le plus petit réseau de métro au monde.

A l’occasion de cette visite, l’ambassadeur de France Christophe Bigot nous a reçus dans sa résidence à Jaffa pour un point de presse au cours duquel Jacques Benillouche a posé à Bertrand Delanoë la question des relations franco-israéliennes. Il en a profité pour lancer un clin d'oeil à Jean-Marie Colombani, Président de Slate.


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Prise de son : Laure ONNO

LA POLITIQUE FRANCAISE ET ISRAËL




LA POLITIQUE FRANCAISE ET ISRAËL

Par Jacques BENILLOUCHE
              

       L’article de mon ami André MAMOU, «INDULGENCE EXCESSIVE», pose le problème des relations politiques entre la France et Israël. Il faut se rendre à l’évidence que les juifs français n’ont pas à choisir un candidat en fonction de ses affinités avec le gouvernement israélien car tous les partis français ont précisément la même politique, très réservée à l’égard de l’État juif. Le choix d’un président se fait en effet sur sa politique étrangère, économique et sociale et dans ces domaines, Nicolas Sarkozy, n’a pas convaincu les français si l'on se réfère aux sondages. La Palestine reste le dernier souci des français qui se poseront d'abord les questions sur le chômage car le nombre des demandeurs d'emploi a encore progressé en septembre de 0,9%, à 2,780 millions de personnes, le plus haut niveau depuis janvier 2000.
           Certes, à l'origine, la position atlantiste et les liens privilégiés que Nicolas Sarkozy voulait instituer avec les Etats-Unis lui ont donné une aura qui lui a permis d'obtenir 84 % du corps électoral en Israël.

EXCEPTIONS SOCIALISTES

            S’agissant d’Israël, il y a une certaine légèreté à s’en prendre au candidat socialiste en relevant les propos de trois anciens ministres, des «éléphants» à la retraite, qui cherchent à faire parler d’eux soit pour des raisons électorales puisqu’ils se présentent dans des circonscriptions à majorité communiste et maghrébine soit, pour exister au sein de leur parti. Les brebis galeuses militent dans tous les partis sans qu’il soit nécessaire de généraliser cette attitude à tout le PS.
            Le programme du candidat socialiste ne sera dévoilé qu’en janvier et les membres de son comité de campagne ont précisément déclaré que François Hollande aura son propre programme, bien qu’étant certes inspiré en grande partie du programme socialiste. Nous attendrons donc avant de partir vite en besogne.
            Il est maladroit d’exploiter trois exceptions qui s’expriment contre Israël alors que l’on peut en trouver autant à l’UMP, avec à leur tête le ministre des affaires étrangères, Alain Juppé ou le pro-arabe Hervé de Charette. De véritables amis d’Israël existent aussi au sein du Parti socialiste  à l’instar de Manuel Valls, de l’ancien premier ministre Édith Cresson, du politologue Bruno Tertrais et enfin du député Jean-Marie le Guen qui ont, pour la plupart, été présents à la journée de solidarité au profit d’Israël, le 20 septembre au Gymnase de Paris. 
               L’UMP, en difficulté, cherche à remonter la côte très basse du chef de l’État en fustigeant ceux qui se présentent comme les ennemis d’Israël. Alors elle mobilise les inconditionnels de Sarkozy  dans une manœuvre parée d’une grosse ficelle. 

Ne compter que sur soi

            L’État d’Israël ne compte que sur lui-même et sur ses forces armées parce qu’il sait que les amitiés ne durent que le temps des roses. Les amis sont toujours les bienvenus mais il ne faut s’attendre à aucun cadeau de la part des politiques français tant qu’ils ont l’œil rivé sur la ligne d’horizon de la balance commerciale. L’exemple de la décision de la BNP de quitter Israël est flagrant puisque, selon Stanley Fisher le gouverneur de la Banque d’Israël, le groupe bancaire a été soumis à des pressions arabes. Ils ont certainement raison s'ils mettent l'intérêt de leur pays avant l'intérêt étranger.
            Parler du «commentateur judicieux, Guy Millière» est une litote quand on sait qu'il s'est trompé depuis trois ans. Le matraquage du deuxième prénom de Obama, Hussein, dans une dialectique de délit de sale gueule, constitue son seul argument original mais stérile. Il ne cesse, à longueur d'articles aux thèses répétitives, de désigner Hussein Obama à la vindicte publique. Or il faut se rendre à l'évidence des faits : il a été le seul président étranger à maintenir une position d’amitié constante à l’égard d’Israël. Bien sûr, il s’est confronté, dans une guerre d'égo, à Benjamin Netanyahou qui a voulu imprégner sa marque dans ses relations avec les États-Unis; mais Barack Obama, malgré les frictions entre les deux personnalités fortes, a défendu Israël jusqu’au bout, contrairement à Nicolas Sarkozy.
Le président américain a voté contre l'adhésion des palestiniens à l’UNESCO et contre leur déclaration unilatérale d’indépendance à l’ONU. Il a accepté la livraison du meilleur avion du monde F35 à Tsahal. Il a secrètement autorisé la vente de 55 puissantes bombes anti-bunkers à Israël, selon le magazine Newsweek. Ces actes confirment l’amitié sincère qui régit les deux pays et les coups de buttoir permanents contre le président américain semblent déplacés. Les États-Unis, quelque soient les présidents, soutiennent Israël de même que, le Quai d’Orsay, quelque soient les présidents, œuvre en faveur d’une politique arabe intéressée.

Promesses

            Nous connaissons la politique de Nicolas Sarkozy à l’égard d’Israël qui n’a pas évolué malgré les promesses non tenues qui n’ont engagé que ceux qui les ont écoutées. Les procès d’intention contre François Hollande reflètent en revanche un manque sérieux d’arguments. A l'égard d'Israël, il ne pourrait être pire que le candidat de l’UMP et donc, s’il reste une lueur d’espoir de modifier le comportement face à Jérusalem, alors certains veulent tenter le changement même s’ils se font peu d’illusions. Ils savent que les atouts de l’État juif sont négligeables par rapport à ceux des puissances pétrolières.Mais maintenir la situation actuelle entraine la stagnation de nos relations.
Mais le sauve-qui-peut de l’UMP démontre que la situation des sortants est critique tandis que l’alternance reste la meilleure preuve de la démocratie à condition qu’on utilise des arguments sérieux et valides, et non des procédés tendancieux visant à déconsidérer les candidats.

Il ne s'agit pas de prendre position pour l'un ou l'autre des candidats mais de bien préciser qu'en ce qui concerne la politique française vis-à-vis d'Israël, ce sera bonnet blanc et blanc bonnet.

samedi 26 novembre 2011

Anne-Marie Antonietti : Le courage de l’engagement




Anne-Marie Antonietti : Le courage de l’engagement
La nouvelle Bat-Noah

Je suis profondément laïc mais très sensible aux professions de foi des personnes qui vont au bout de leurs convictions religieuses avec ténacité. J'ai toujours été impressionné, sans approuver souvent, par la force de la croyance de ceux qui acceptent tous les sacrifices jusqu'à décider de vivre dans leur monde que j'ai tendance, à tort certainement, de qualifier d'anachronique parce qu'il est imperméable au modernisme.
Pourtant, Anne-Marie Antonietti a rejoint le Peuple Elu à travers Israël, pays des contrastes, et a choisi le chemin le plus difficile car les tenants de l’orthodoxie religieuse sont exigeants, rigides sur la loi religieuse, la Halakha, insensibles aux motivations et jaloux de leurs prérogatives. Elle a décidé de suivre les sept lois de Noé, les lois noahides, représentant des impératifs moraux données d'après la tradition juive par Dieu à Noah comme une alliance éternelle.
Elle s'astreint dorénavant à suivre les sept commandements :

  • d'établir des tribunaux,
  • de l'interdiction de blasphémer,
  • de l'interdiction de l'idolatrie,
  • de l'interdiction des unions illicites,
  • de l'interdiction de l'assassinat;
  • de l'interdiction du vol,
  • de l'interdiction de manger la chair arrachée à un animal vivant.
Les adhérents à ces lois sont souvent appelés B'nei Noah (Enfants de Noé) ou Noahides, et peuvent souvent se retrouver dans des synagogues juives.
Elle se présente ainsi :  

"Je suis Corse, et je viens d’Ajaccio, en Corse du Sud. Mais j’ai aussi  habité longtemps à Paris, où j’ai étudié le Droit, puis travaillé 10 ans ; j’ai aussi habité en Suisse, et en Italie.
Ces dernières années, je travaillais à l’hôpital d’Ajaccio, à la bibliothèque des malades : mon rôle était, en particulier, de faire les visites aux malades et aux personnes âgées. J’ai donné ma démission en novembre 2004, pour venir sur le continent étudier l’Hébreu, dans le but de partir aider en Israël, comme volontaire avec Sar-el.
Je dois dire que je ne m’étais jamais intéressée à Israël, jusqu’à il y a environ 4 ans.
Certes, j’avais connu la Bible en 1986, dans des circonstances d’ailleurs très particulières : j’avais mis mes papiers et mes affaires en ordre et j’étais sur le point d’aller me suicider en me fracassant avec ma voiture dans un précipice ! (Ceux qui connaissent les petites routes de Corse savent que, chez nous, dans la montagne, il est difficile de se « louper » ; il est parfois plus difficile... de rester sur la route !)
Mais à l’instant où je prenais mes clefs pour partir, j’ai entendu à la radio un couple de chrétiens protestants évangéliques : ils parlaient de l’amour de D.ieu, et de Ses Plans pour nos vies. Il serait impossible d’exprimer à quel point cela m’a bouleversée... surtout dans UN TEL moment ! Je leur ai téléphoné, et ils m’ont fait venir tout de suite chez eux. C’est eux qui m’ont fait connaître la Bible, et ce D.ieu qui m’a empêchée de me tuer, en me révélant Son Amour.
Cela m’a donc menée jusqu’à D.ieu, et à la Parole qu’Il a inspirée à Son peuple, afin que tous Le connaissent; mais non jusqu’à ce peuple lui-même. Et c’est normal, puisqu’il est dit aux chrétiens : nous sommes « le nouvel Israël », les nouveaux détenteurs des promesses de D.ieu !
Puis, il y a environ 4 ans, j’ai participé à une semaine d’études de la Bible, avec quelqu’un qui nous parlait de la place d’Israël et du peuple Juif, dans les Plans de D.ieu. Mes yeux se sont, alors, comme « ouverts ». Disons que cela m’a ôté les «lunettes déformantes» avec lesquelles on nous apprend à lire les textes ! Et je me suis ENFIN rendu compte que, dans la Bible, il est partout question d’Israël, de Jérusalem, de Sion, et du peuple Juif ! J’ai enfin compris que D.ieu n’en a pas «fini avec Son peuple», mais que les Promesses sont seulement pour eux, et pour ceux qui veulent être «greffés» sur leur peuple. J’ai donc choisi, comme Ruth la Moabite, d’être greffée sur ce peuple, et d’aimer le pays qui lui est promis « en possession éternelle ».
Nos nations prennent, hélas, de plus en plus, les positions que nous les voyons prendre. Mais, pour ma part, j’ai choisi de donner ma vie, pour servir ce peuple et son pays, par tous moyens, et autant que je le pourrai. C’est la reconnaissance que je leur dois, puisque c’est par eux que j’ai connu leur D.ieu, qui m’a sauvée par Son Amour et qui a transformé ma vie en me donnant la foi et l’espérance.
Depuis de très nombreuses années, j'adore le D.ieu d'Israël, je crois Sa Parole et je m'efforce de marcher avec Lui dans la vie. Mais je cherchais aussi comment me situer par rapport à Israël (surtout pas, bien sûr, dans le rejet, comme le fait de plus en plus ce monde ; ni dans l'indifférence, qui équivaut à pactiser avec ses ennemis ; ni dans la "substitution", par laquelle on veut prendre la place, et même le nom d'Israël)."

Anne-Marie Antonietti vient d’avoir, le 22 novembre, la consécration des mains des rabbins orthodoxes, par la grande porte, en faisant «une démarche d'engagement, vis-à-vis de D.ieu, de Sa Torah, et vis-à-vis d'Israël comme peuple par lequel D.ieu S'est révélé au monde, et par lequel Il veut nous enseigner.». 

Elle peut être assimilée comme une juive. C’est un défi exceptionnel car il a exigé des renoncements, des doutes et enfin des certitudes. Pour le laïc que je suis, cette démarche doit être saluée comme le courage d'une femme, sans pour autant constituer une arme contre les autres religions.

vendredi 25 novembre 2011

SlateAfrique - Maroc: islamisme rampant et alibi juif



Maroc : islamisme rampant et alibi juif

 par Jacques BENILLOUCHE

Avec un taux de participation très faible, les islamistes pourraient sortir gagnant des élections législatives. Un résultat qui ne menace en rien la monarchie alaouite.

 

Le Maghreb est périodiquement agité par des secousses orchestrées par des courants islamistes. Les régimes, certains autoritaires, n’arrivent pas à freiner un islamisme qui s’appuie sur le mécontentement d’une classe majoritaire de pauvres. Les élections législatives se sont déroulées au Maroc le 25 novembre 2011, à la suite du référendum constitutionnel du 1er juillet qui a débouché sur une réforme de la Constitution. Ces élections devaient avoir lieu en septembre 2012 mais, étant donné les protestations dans le monde arabe et les réformes prévues, elles ont été anticipées....

Lire la suite en cliquant sur le lien :



jeudi 24 novembre 2011

CHAOUL MOFAZ S'ENGAGE POUR GIL TAÏEB



CHAOUL MOFAZ S'ENGAGE POUR GIL TAÏEB

          Gil Taïeb nous a confié cette vidéo que nous mettons, pour information, à la disposition de nos lecteurs. Chaoul MOFAZ, numéro 2 du parti Kadima, ancien chef d'Etat-Major et ancien ministre de la Défense s'engage ouvertement pour le candidat aux élections législatives françaises de 2012. 

              Après les cinq anciens ambassadeurs Daniel GAL, Yéhouda LANCRY, Avi PAZNER, Dany SHEK et Nissim ZVILI, une personnalité israélienne de premier plan prend position dans le débat français.

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ELECTIONS 2012 : LES SONDAGES D’OPINION




ELECTIONS 2012  : LES SONDAGES D’OPINION

Par Jacques BENILLOUCHE

         A la veille des  élections législatives chacun va aller de ses propres sondages, très souvent faussés car organisés par un site engagé politiquement ou soutien affiché d'un candidat, sans règles et sans précautions.  Pour qu’ils aient foi et qu’ils ne trompent pas les électeurs, les sondages  d’opinion doivent être encadrés. Ce ne sont pas les instituts de sondage indépendants, utilisant des méthodes scientifiques, qui manquent en Israël.

Modalités des sondages

La publication et la diffusion d’un sondage en matière électorale doivent s’accompagner de certaines indications établies sous la responsabilité d’un organisme professionnel :

- le nom de l’organisme ayant réalisé le sondage ;
- le nom et la qualité de l’acheteur du sondage ;
- le nombre de personnes interrogées ;
- la ou les dates auxquelles il a été procédé aux interrogations

Il doit être également précisé :
- l’objet du sondage ;
- la méthode selon laquelle les personnes interrogées ont été choisies, le choix et la composition de l’échantillon ;
- les conditions dans lesquelles il est procédé aux interrogations ;
- le texte intégral des questions posées ;
- la proportion des personnes n’ayant pas répondu à chacune des questions ;
- les limites d’interprétation des résultats publiés ;
- s’il y a lieu la méthode utilisée pour en déduire les résultats de caractère indirect qui seront publiés.

          Par ailleurs, le texte intégral des questions doit accompagner les données diffusées et relatives aux réponses des personnes interrogées.

         Toute autre méthode utilisée pour diffuser des sondages est entachée de doute et de suspicion et aucun des candidats ne peut s’en prévaloir sans tromper les électeurs et fausser le résultat.

mercredi 23 novembre 2011

GUERRE DE L’OMBRE CONTRE L’IRAN Par Maxime PEREZ




Maxime PEREZ, journaliste, spécialiste de l’armement et de la sécurité d’Israël rejoint notre blog. Il éclairera nos lecteurs avec ses informations et ses analyses. Nous publions son premier article.

  
GUERRE DE L’OMBRE CONTRE L’IRAN

Par Maxime PEREZ

Nouvelles sanctions de l’ONU ou frappes préventives ? Le dernier rapport de l’AIEA sur le programme nucléaire iranien ouvre de nouvelles perspectives. Mais les services israéliens agissent déjà depuis quelques années. Dans le plus grand secret.

Violente explosion

12 janvier 2010. Il est presque huit heures du matin quand Massoud Ali-Mohammadi quitte son domicile de Téhéran, dans le quartier résidentiel de Gheytarieh, pour se rendre à l’université. Comme chaque jour, son épouse, vêtue d’une burqa noire, l’accompagne religieusement jusqu’au perron. Du regard, Mansoureh suit Massoud regagner sa Peugeot 405 verte, puis lui adresse un dernier signe de la main pour le saluer. Quand elle referme la porte, une violente explosion la projette au sol. Toute la façade de la maison est soufflée. Quelques mètres plus loin, le corps de son mari git sans vie. Sa voiture, cible d’une moto piégée, n’est déjà plus qu’une carcasse fumante.
Massoud Ali-Mohammadi, 51 ans, était l’un des physiciens nucléaire les plus brillants de sa génération. Mais aussi l’un des cadres de l’Agence iranienne de l’énergie atomique. Son meurtrier présumé se nomme Majid Jamali. Le 26 août dernier, ce jeune homme champion de kick-boxing a été condamné à la pendaison par un tribunal révolutionnaire iranien. Peu avant son procès, il apparaissait dans un documentaire télévisé consacré au «martyr» Ali-Mohammadi. Dans une interview confession qui frôle la mise en scène, Jamali reconnait avoir été recruté deux ans plus tôt par le Mossad. Il raconte sa première convocation à Istanbul, ses séjours furtifs en Azerbaïdjan et en Thaïlande sous couvert de compétition sportive, puis son passage à Tel Aviv, un an plus tard, où il prétend avoir appris à manier les explosifs.

Impuissance iranienne
  
Officiellement, Majid Jamali faisait partie d’un réseau de dix personnes arrêtées en janvier 2011 par les services de contre-espionnage iraniens du Vevak. Tous seraient liés à l’assassinat d’Ali-Mohammadi. Régulièrement, des annonces similaires sont effectuées par le régime de Téhéran, qui pointe un doigt accusateur en direction des Etats-Unis et d’Israël. Elles traduisent le plus souvent son impuissance. En quelques années, cinq scientifiques iraniens ont payé de leur vie leur implication dans le programme nucléaire du pays, parfois dans d’étranges circonstances.
En 2007, le chercheur Ardeshin Hosseipour est retrouvé mort dans la centrale d’Ispahan : il aurait été asphyxié par gaz. La dernière liquidation en date remonte au 23 juillet : alors qu’il se trouvait dans son bureau, le professeur Daryoush Rezainejad est abattu de cinq balles tirées à bout portant par des individus. «Il s’agit de la première opération dirigée par le nouveau chef du Mossad Tamir Pardo», rapporte alors une source israélienne au magazine allemand Der Spiegel.      
En réalité, la vraie bête noire des Iraniens se nomme Meir Dagan, l’ancien chef des services secrets israéliens. Ce petit homme corpulent, natif d’ex-URSS, n’a qu’une obsession dès sa nomination en 2002 : saboter le programme nucléaire iranien. Seulement, la situation dans les Territoires palestiniens, en proie aux violences de la seconde Intifada, puis la guerre contre le Hezbollah, quatre ans plus tard, l’oblige à revoir ses objectifs. Ce n’est qu’en 2007, lorsqu’il est reconduit à la tête du Mossad, que Dagan élabore un «plan en cinq points» pour faire plier la République islamique.

Sanctions inefficaces

Jugeant insuffisante la mise en place de sanctions contre l’Iran au Conseil de sécurité, mais doutant également de l’efficacité de frappes préventives, il se prononce en faveur d’une solution intermédiaire : des «mesures clandestines» destinées à retarder les ambitions nucléaires des Mollahs. Lors d’un entretien avec le secrétaire d’Etat américain Richard Burns, relaté dans un télégramme de Wikileaks, Meir Dagan expose minutieusement sa stratégie dont la pierre angulaire constitue le renversement du régime. Il suggère alors de soutenir les étudiants iraniens et plusieurs groupes d’opposition.
Dans cette redoutable guerre de l’ombre menée contre Téhéran, l’Etat hébreu bénéficie de la complicité des minorités azéries, baloutches et même kurdes, qu’il arme depuis de nombreuses années en Irak. Avec le consensus que provoque la menace iranienne au sein de la communauté internationale, les israéliens peuvent aussi compter sur la pleine coopération des agences de renseignements occidentales. En 2002, le BND allemand parvient à approcher un homme d’affaires iranien dont l’entreprise participe à la construction de Natanz. «Dauphin», son nom de code, accepte de transmettre des détails sur le site qui doit servir d’usine d’enrichissement d’uranium. Il obtient aussi des rapports secrets concernant des recherches nucléaires militaires, qu’il espère monnayer auprès du BND pour obtenir l’asile politique. Mais en 2004, l’homme est démasqué par des agents du régime, puis froidement abattu. Sa femme a tout juste le temps de s’enfuir en Turquie, emportant avec elle l’ordinateur de son mari. Grâce aux mille pages de documents contenues dans son disque dur, les services occidentaux découvrent que les iraniens cherchent à développer des ogives nucléaires.

Objectif : arme nucléaire
        
Depuis cet épisode, et malgré le ton plus mesuré des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Israël maintient que Téhéran n’a qu’un objectif : acquérir l’arme suprême. Avant même d’organiser l’assassinat de scientifiques par l’unité Kidon, le Mossad sait qu’il doit infiltrer l’appareil sécuritaire iranien au plus haut niveau. Dès la fin des années 80, les services secrets israéliens suivent la trace d’Ali Reza Azgari, un général qui coordonne les activités des Gardiens de la révolution au Liban. Son profil et ses liens étroits avec le Hezbollah en font une cible de choix.
Mais l’ascension d’Azgari est fulgurante. En 1997, il entre au cabinet du président réformateur Mohammad Khatami qui le nomme ministre adjoint de la défense. A l’été 2003, le Mossad se décide à entrer en action. Lors d’un voyage à l’étranger, le général iranien est approché par un juif américain qui se fait passer pour un responsable de la CIA. Son message est sans ambiguïté : «Après l’Irak, l’Iran est le prochain pays sur notre liste, préparez votre avenir si vous ne voulez pas finir comme Saddam.» Les évènements se précipitent avec l’élection de Mahmoud Ahmadinejad en 2005.
Ali Reza Azgari est écarté du pouvoir et devient une mine d’or pour l’Etat hébreu. Aigri, il fournit volontiers des cartes militaires de son pays, informe les israéliens de la livraison d’armes à destination du Hezbollah et des factions palestiniennes, et surtout détaille le fonctionnement de plusieurs sites nucléaires iraniens. En 2007, lorsqu’il comprend qu’il est suivi de près par le Vevak, il gagne la Turquie via Damas, où vivent ses proches. A Istanbul, le 7 février, le Mossad organise l’exfiltration du général iranien, prenant le soin de brouiller les pistes en réservant plusieurs chambres d’hôtel au nom d’Azgari. Sa «disparition» porte un coup dur à Téhéran, mais aussi à ses alliés. En septembre 2007, le réacteur syrien d’Al-Kibar - construit secrètement par la Corée du Nord - est détruit par l’aviation israélienne sur la base d’indications fournies par cet ancien cadre du régime. Un an plus tard, à Damas, un attentat à la voiture piégée coûte la vie à Imad Mugnieh, chef de la branche militaire du Hezbollah.

Régime déstabilisé

Le régime iranien est déstabilisé par l’action des services secrets israéliens. Il croit voir sa main dans plusieurs crashs d’avion mystérieux, comme le 20 juin dernier, où cinq scientifiques russes affectés à la centrale de Bushehr meurent lors de l’atterrissage d’urgence de leur Tupolev-134. Entre février 2006 et mars 2007, trois appareils appartenant aux Gardiens de la révolution s’étaient écrasés dans les montagnes iraniennes avec à leur bord, des membres du personnel en charge de sécuriser le programme nucléaire iranien. Dans l’un de ses accidents, Ahmad Kazemi, le commandant des forces terrestres des Pasdarans est tué, ainsi que douze membres de son état-major. Cette milice, garde prétorienne du régime, enregistrera par la suite d’autres revers, preuve qu’elle a été lourdement infiltrée.
Le 12 octobre 2010, une triple explosion secoue la base Imam Ali, à l’ouest de l’Iran, vaste complexe souterrain de galeries abritant des rampes de lancement de missiles Shahab-3. Le 12 novembre dernier, ces engins balistiques capables d’atteindre Israël sont de nouveau visés à une vingtaine de kilomètres de Téhéran. Mais cette fois, l’explosion tue le général Hassan Moghaddam, protégé de l’Ayatollah Khomenei et père du programme de missile iranien. Le régime, qui voit ses capacités de riposte affaiblies, accuse le Mossad.
Le sabotage du programme nucléaire iranien est au cœur de la stratégie israélienne. D’après plusieurs experts du renseignement, l’Etat hébreu a crée des dizaines de sociétés spécialisées dans la fourniture de matériaux défectueux, souvent à double usage - civil et militaire - pour faciliter leur vente. Ces équipements provoquent des dégâts en chaîne ou des accidents de travail dans les centrales iraniennes. Autre stratagème d’Israël : les attaques cybernétiques. Le Mossad, très probablement associé à l’unité 8200 des renseignements militaires israéliens (Aman) met au point «Stuxnet», un virus intelligent qui, à chaque étape de sa progression dans un système informatique, enregistre de nouvelles données qui lui permettent de poursuivre son avancée. En juin 2010, «Stuxnet» pénètre dans les serveurs du programme nucléaire iranien. A Natanz, le virus parvient à détruire 1000 centrifugeuses en diminuant brutalement leur système de rotation.
En quittant ses fonctions en janvier dernier, l’ancien chef du Mossad Meir Dagan affirmait à la Knesset que «l’Iran ne sera pas en mesure d’obtenir la bombe nucléaire avant 2015». Son propos, qui contredit les estimations officielles, sonne comme une revendication de ses huit années passées à la tête des services secrets israéliens. Aujourd’hui, si Dagan apparait comme un fervent adversaire de frappes préventives contre Téhéran, combien de temps a-t-il réellement fait gagner à son pays ? «A la fin des années 1970, le Mossad a lancé une impressionnante série d'opérations clandestines visant à retarder le programme nucléaire irakien», rappelle Ronen Bergman, spécialiste de la question iranienne. «Pourtant, en 1981, Israël est parvenu à la conclusion qu’il n’y avait plus d’autre choix que de bombarder la centrale d’Osirak».

L'AVERTISSEMENT ISRAELIEN




L'AVERTISSEMENT ISRAELIEN

Par Jacques BENILLOUCHE
Le chef d'Etat-Major Benny GANTZ

Exploitant le soutien ferme de la Russie, la passivité bienveillante de la Chine et l’appui permanent de l’Iran, la Syrie persiste et signe dans son attitude de fermeté à l’égard de son peuple.  De l’autre côté de la frontière, il n’y a pas de jour sans que le chef d’État-Major israélien prédise une action forte contre le Hamas à Gaza. Mais la réalité est autre; l’avertissement n’est pas destiné à Ismaël Haniyeh mais à la Syrie qui soutient et arme le Hamas. La menace est voilée pour donner plus de poids et plus d’impact, de manière indirecte, à la volonté d’Israël de ne pas voir le conflit syrien déborder sur ses frontières.

Ligue Arabe impuissante

La Ligue Arabe, qui n’a jamais eu assez de poids pour imposer une quelconque résolution, a sommé Bassar Al-Assad de cesser la répression contre son peuple. Dans un entretien au journal The Sunday Times , le président syrien  a rejeté l’ultimatum qui, selon lui, cherche en fait à «fournir aux pays occidentaux un prétexte pour mener une intervention militaire contre la Syrie. Le conflit continuera et la pression pour assujettir la Syrie continuera mais la Syrie ne s'inclinera pas.».
Israël a toujours gardé une attitude neutre vis-à-vis de la révolution syrienne dans la mesure où le maintien du régime actuel n’ouvrait pas d’ère d’incertitude face à une éventualité risquée de prise du pouvoir par les islamistes contrôlés par l’Iran. Mais les israéliens craignent à présent, que pour sauver son régime, Bassar Al-Assad ne soit contraint d’appeler à la rescousse des éléments du Hezbollah et du Hamas, alliés des mollahs, qui chercheront la provocation avec Israël. La possibilité de susciter une mini guerre contre Israël, avec représailles  militaires induites, permettrait de détourner l’attention des occidentaux et surtout de favoriser une introduction armée de l’Iran dans la région. Quatre agents des services de renseignements de l’armée, officiers de liaison chargés des contacts avec les supplétifs, ont d’ailleurs été tués par des soldats dissidents près du village d’Al-Moukhtara sur la route reliant Salmiyeh-Homs.

            Les pays arabes insistent auprès du gouvernement syrien pour qu’il respecte le plan de sortie de crise arabe prévoyant la fin des violences. La Jordanie a même proposé d’envoyer sur place des observateurs si Damas donnait son accord. Les occidentaux sont persuadés que la guerre civile guette. Hillary Clinton, secrétaire d'État américaine,  prédit une «guerre civile, avec une opposition très déterminée, bien armée et finalement bien financée». Ehud Barak, ministre israélien de la Défense, a estimé que le président syrien avait «franchi le point de non-retour et risquait de connaître le même sort que les anciens dirigeants libyen Mouammar Kadhafi et irakien Saddam Hussein».  Enfin, Alain Juppé, ministre des affaires étrangères, conseille à l’opposition syrienne de renoncer au «recours à l'insurrection armée».

Sanctions inefficaces

Les israéliens ne croient pas à l’efficacité des sanctions contre la Syrie ni à la volonté des États-Unis et de l’Europe de les appliquer avec fermeté pour ne pas mécontenter les russes et les chinois. Alors Paris, Berlin et Londres se préparent à voter une résolution de plus, condamnant la répression, par le Comité des droits de l'Homme de l'Assemblée générale de l'ONU. Le Conseil National Syrien, qui s’oppose à toute intervention extérieure, sauf celle de la Turquie, confirme que «la chute du régime syrien et de tous ses symboles est l'objectif de ce conseil qui représente la majeure partie des forces politiques, des groupes de l'opposition et des mouvements dirigeant la contestation». Bref, les occidentaux se hâtent lentement et cette attitude ne rassure pas Israël.
Les ambassadeurs des États-Unis, de la France, du Danemark et du Japon qui s’étaient rendus en septembre à Damas avaient envisagé une solution pour débloquer la situation avec l’avantage de satisfaire toutes les parties. Bassar Al-Assad resterait dans son pays mais, pour frapper l’opinion et matérialiser le changement, le pouvoir serait alors partagé à égalité par son frère et des représentants de l’opposition. Maher al-Assad, symbole de la répression, colonel de 43 ans, qui dirige la Garde Républicaine et la quatrième division de l'armée, assurerait ainsi la sécurité de Damas contre les tentations extérieures.

Mise en garde israélienne

La mise en garde israélienne tient compte des dernières informations reçues par les services de renseignements. Le chef d’État-Major Benny Gantz, «très inquiet de la montée en puissance du Djihad islamique depuis les récentes hostilités», prône une offensive militaire significative à Gaza afin de dissuader les islamistes de prêter main-forte au régime syrien en difficulté. Lors d'une cérémonie d'accueil des nouveaux soldats, il vient de réitérer ses menaces au sujet de la situation sécuritaire dans le sud du pays : «quand un million de personne sont menacées, il faut prendre l'initiative». Avec ces propos sans nuance, il cherche à envoyer un message clair : malgré le dossier iranien et les récentes déclarations menaçantes du Hezbollah libanais, le front sud, priorité pour Tsahal, ne doit pas être un tremplin pour l’implantation de l’Iran à ses frontières.
Les services secrets l’ont par ailleurs informé que de nombreux palestiniens sont formés dans les bases iraniennes, par le bras armé Al-Qods des Gardiens de la Révolution. Le président Ahmadinejad a prévu de les transférer immédiatement en Syrie, sous couvert d’un exercice militaire. Ils auraient pour mission de réchauffer les frontières d’Israël et de Cisjordanie et d’aider à la lutte contre la répression interne et  les éléments de l’Armée Syrienne Libre, composée de déserteurs disposant d’armes antichars et de mitrailleuses lourdes.

Provocation

Les syriens cherchent donc à impliquer directement Israël pour envenimer la situation de la région afin de contraindre les occidentaux à ne pas s’engager en Syrie. Le magnat syrien, Rami Makhlouf , cousin du dictateur, avait déjà utilisé cette dialectique en mai 2011 après avoir été mandaté pour lancer son avertissement : «Sans stabilité en Syrie, il n'y aura pas de stabilité en Israël.»
Les iraniens viennent donc au secours de la Syrie en planifiant une conflagration de la région et démontrent qu’ils poursuivent toujours leur objectif de lutter contre Israël par tous les moyens. Plusieurs centaines de palestiniens enrôlés dans les camps palestiniens de Syrie ont été envoyés en formation en Iran auprès des unités d’élite Al-Qods des Gardiens de la Révolution pour suivre des cours de guérilla urbaine et militaire. Par groupes de douze, ils se sont entrainés à intervenir derrière les lignes ennemies dans des opérations terrestres qui confirment que leur champ d’action veut se situer aux frontières d’Israël. Certains d’entre eux ont déjà été renvoyés à Damas et se préparent à intervenir.
L’inquiétude des militaires israéliens est liée aux informations précises qu’ils ont récoltées sur la nature des exercices militaires menés par l’Iran. Il s’agissait dans un premier temps de quatre jours de test de la défense aérienne des sites nucléaires et des zones industrielles stratégiques. Or, les services de renseignements ont révélé que les exercices impliquaient des unités iraniennes de combat au sol en collaboration avec des forces de renseignements et des milices populaires. Ces milices se composent des Bassidjis  aguerris pour garantir l’ordre dans les villes, appuyés par les palestiniens recrutés en Syrie. Les manœuvres qui avaient commencé à Téhéran, se sont poursuivies à Mashad, Kerman, Bushehr et Urmieh.
Ainsi, il semble bien que, par la volonté de l’Iran, le conflit avec Israël qui se voulait à l’origine nucléaire vire de plus en plus vers une guerre conventionnelle avec fantassins et guérilla. Le chef d’État-Major israélien ne tient pas à être entrainé dans cette voie et, fidèle à la tradition israélienne d’anticiper le danger, il menace d’entrer à Gaza pour couper l’herbe sous les pieds des iraniens. 

lundi 21 novembre 2011

SLATE : Révolutions arabes: les Frères Musulmans remportent la mise




SLATE : Révolutions arabes

les Frères Musulmans remportent la mise


Par Jacques BENILLOUCHE

Après avoir avancés masqués, les Islamistes prennent le pouvoir dans les pays arabes qui ont chassé dans l'allégresse leurs dictateurs, Tunisie, Egypte et Libye. Même la Syrie pourrait basculer. Une perspective inquiétante.

La prière vendredi 4 février sur la place Tahrir au Caire 
Les révolutions arabes sont toutes différentes mais ont au moins un point commun dans les différents pays où elles ont eu lieu. Les Frères musulmans et autres islamistes, malgré des structures souvent bien organisées, n’ont pas pris part à l’avènement des nouveaux régimes. Ils ont d’abord assisté en spectateurs aux évènements et ensuite, se sont insérés dans le processus de démocratisation en donnant l’impression qu’ils ne s’intéressaient pas au pouvoir et que leur objectif était uniquement social.

le Frère musulman syrien Riad Shakfa (à droite)

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http://www.slate.fr/story/46487/revolutions-arabes-freres-musulmans-remportent-la-mise

dimanche 20 novembre 2011

A LA RECHERCHE D’UN PARTI ISLAMIQUE MODERE par Zvi MAZEL




A LA RECHERCHE D’UN PARTI ISLAMIQUE MODERE

Par Zvi MAZEL
Ancien ambassadeur d'Israël en Egypte
Fellow of JCPA (Jerusalem Center for Public Affairs)

Ennahda en Tunisie

Un peu partout en occident on a voulu voir dans le résultat des élections en Tunisie la victoire d’un parti islamiste modéré. Hélas, ce n’est pas le cas: le parti Ennahda est solidement ancré dans la mouvance islamiste et se réclame de l’école pure et dure des Frères musulmans. L’occident a bien du mal à abandonner le mirage d’un printemps arabe, d’une aube nouvelle pour les peuples du Proche-Orient après des décennies de dictature.

Peu préparés à la démocratie

Pourtant il est plus facile de faire tomber un régime que d’en bâtir un autre, à fortiori quand il s’agit d’établir un régime démocratique dans des pays où les longues années de dictature n’ont pas permis l’émergence de forces libérales. Les partis  se réclamant du centre, qui ont fait leur apparition après la chute de Ben Ali en Tunisie et celle de Moubarak en Égypte, sont encore embryonnaires; il leur faudra des années pour arriver à maturation et se faire connaître du public. L’arène politique appartient pour le moment aux Frères musulmans et dans une moindre mesure aux mouvements ultranationalistes de l’école nassérienne et aux partis d’extrême gauche d’inspiration communiste.
Très vite, les jeunes descendus dans la rue pour demander plus de justice et une meilleure vie se sont vus supplanter par ces forces apparemment opposées. L’islam et les traditions féodales arabes n’ont pas préparé les peuples à la démocratie. Droits de l’homme (et de la femme !), séparation de la religion et de la politique, régime parlementaire reposant sur le suffrage universel et la séparation des pouvoirs – ce sont là des valeurs inconnues dans la tradition arabe où l’islam enseigne que tout vient du Coran et des Hadith.
Il s’est vite avéré que la Confrérie des Frères musulmans - interdite, persécutée ou tolérée pendant des décennies – est pourtant la force politique et religieuse la plus puissante et la mieux organisée dans tous les pays arabes. Fondée en 1928 en Égypte, ce mouvement avait alors pour but d’unifier dans un premier temps le monde arabe sous la bannière islamique et de recréer le Califat qui venait d’être aboli par Mustapha Kemal Atatürk, puis de récupérer les territoires conquis par l’Islam à partir du 7ème siècle et perdus plus tard, comme l’Espagne, le sud de la France et de l’Italie, la Sicile, Chypre et Israël. Dans un troisième et dernier temps d’étendre leur emprise sur le monde entier.

Programme chimérique

Ce programme, qui peut paraître chimérique, figure toujours en bonne place dans les écrits et les déclarations des Frères musulmans. A partir des années 1940, ils ont essaimé dans tous les pays arabes  sous l’impulsion de Saïd Ramadan, le secrétaire particulier d’Hassan el Banna, fondateur du mouvement – et père de Tarek Ramadan. La confrérie a réussi à s’implanter solidement malgré les persécutions grâce à ses activités caritatives – aide aux plus démunis, construction d’hôpitaux et d’écoles – s’accompagnant de prêches et enseignement religieux diffusés sur cassettes à l’intention de populations largement illettrées. L’argent est venu en premier lieu des millionnaires des pays du Golfe puis de la collecte auprès des émigrés vivant en occident.
Frères musulmans égyptiens
Aujourd’hui ils sont en position de force dans tous les pays arabes. En Égypte, où les élections législatives doivent se tenir à partir du 28 novembre, il y a déjà une dizaine de partis islamistes mais celui des Frères «Liberté et Justice» est le plus important et ses chefs ne cachent pas leur objectif qui est d’imposer la charia comme constitution et comme système juridique. Le secrétaire général du parti Ennahda en Tunisie, Hamadi Jbeli, généralement considéré comme futur chef du gouvernement a déclaré, il y a moins d’une semaine, qu’il voulait œuvrer à la restauration du califat et à la conquête de Jérusalem. La plupart des membres du Conseil National de Transition en Libye appartiennent à la Confrérie qui tient ces jours son premier congrès – justement dans la ville de Benghazi. On retrouve les Frères dans le Conseil National syrien qui est à la tête de l’opposition à Bassar Al-Assad. Au Yémen, ils dirigent le parti Al Islah – la réforme – qui est le fer de lance de la lutte contre le régime d’Eli Abdallah Saleh; Taakul Karman, prix Nobel de la Paix cette année, est membre de ce parti.  Le Front Islamique de salut algérien –FIS – appartient à la confrérie, comme le parti «Justice et Développement» au Maroc ; il en est de même pour le parti «Ala’mal», Action, en Jordanie.  Le Hamas – Mouvement de Résistance Islamiste – à Gaza est bien évidemment de la confrérie, comme le Mouvement Islamique en Israël.

Endoctrinement

Faut-il rappeler que l’enseignement de l’islam occupe une place prééminente dans les livres scolaires de tous les pays arabes – du primaire au secondaire. Il s’agit d’un véritable endoctrinement. L’islam est présenté comme la seule vraie religion, toutes les autres étant qualifiées d’infidèles. Ce qui explique la part très importante de la religion dans la vie courante et la discrimination dont souffrent  les minorités ethniques et religieuses.
Les pays arabes ne sont pas homogènes. Ils sont peuplés par de larges minorités nationales et religieuses: Les kurdes - 30 millions répartis en Syrie, Irak, Iran et Turquie, les berbères en Afrique du Nord, 40% au Maroc, 25 % en Algérie et 5 a 10% en Tunisie et Libye. Il y aussi les coptes en Égypte – 10 a 12% de la population et les chrétiens en Irak 2,5 millions dont la moitié est déjà partie après les terribles massacres perpétués par Al-Qaeda. Ces minorités se réveillent aujourd’hui et réclament une égalité des droits qu’aucun parti islamiste n’est prêt à leur accorder.
Le bilan de ce soi-disant «printemps arabe» est lourd. L’Égypte est dans la tourmente ; les Frères musulmans sont au pouvoir en Tunisie ; en Libye,  la révolte contre Kadhafi a fait entre trente à cinquante mille morts et une guerre civile intertribale se dessine; en Syrie, déjà des milliers de morts et pas d’issue en vue; au Yémen, une guerre civile larvée et des centaines de morts.  L’agitation menace la Jordanie, le Maroc et l’Algérie.
Et pendant ce temps l’occident continue à rechercher le parti islamiste modéré qui viendra sauver la situation….