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lundi 31 janvier 2011

LES JUIFS TUNISIENS DANS LE DOUTE



LES JUIFS TUNISIENS DANS LE DOUTE

Par Jacques BENILLOUCHE



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Si les juifs tunisiens sont très exubérants en France, ils sont extrêmement discrets en Tunisie. Des 120.000 membres qui étaient installés depuis plusieurs générations, ils ne sont plus que 1.000 à vivre à Djerba dans un moyen-âge anachronique et 500 à Tunis. Les juifs de la Capitale, à l’exception des vieillards dans des maisons de retraite, sont constitués en majorité d’hommes d’affaires et d’industriels riches qui ont misé sur la dynamique économique du pays. Les évènements liés à la chute du régime de Ben Ali refont parler d’eux car l’avenir de cette petite communauté est tiraillé par le doute.


Une vie dans la quiétude

Les juifs tunisiens n’ont jamais été visés et leur vie n’a jamais été menacée car il était dans la tradition du pays de respecter une minorité installée depuis plusieurs siècles, qui avait participé de surcroit à l’élan économique de la région. Des signes forts ont été donnés par les autorités locales puisque, pendant les dernières émeutes, la grande synagogue de Tunis a été protégée par des forces de police importantes pour éviter les déboires de 1967 lorsqu’à l’occasion de la Guerre des Six Jours des manifestants avaient brûlé le symbole du judaïsme tunisien.
Les organisations internationales juives, présentes localement, l’American Jewish Committee ou le Joint,  restent cependant sensibilisées par la situation d’une communauté discrète dont quelques membres vivent au sud profond, Zarzis, complètement assimilés à la population locale.
Les arabes tunisiens n’ont jamais fait preuve d’agressivité à l’égard d’une minorité qui avait atteint le nombre maximum de 120.000 âmes. Quelques incidents mineurs avaient émaillé la vie paisible de cette communauté discrète mais il s’agissait d’exceptions individuelles. Pourtant, les juifs ont quitté librement, de leur propre gré, leur terre natale alors que rien ne les y obligeait. A l’arrivée des français, ils avaient fait le choix du colonisateur parce qu’il représentait l’émancipation, l’ouverture à la culture occidentale et la possibilité de promotion sociale grâce aux écoles françaises. L’indépendance de la Tunisie en 1956, qui suivit de près la création de l’Etat d’Israël en 1948, créa un dilemme puisque les uns, petits bourgeois, avaient décidé de rejoindre les colonisateurs en France tandis qu’une minorité pauvre et inculte faisait le choix de la « Terre Promise » avec les pionniers sionistes. Ce ne fut pas sans difficultés ni sacrifices car l’intégration de populations disparates fut difficile en Israël d’autant plus qu’elles ont été envoyées pour peupler des zones arides et isolées du bout du pays et pour faire fleurir un désert qu’elles étaient incapables de maitriser. Ceux qui restaient dans leur ville natale étaient suspectés de sympathie sioniste même s’ils avaient donné des gages vis-à-vis du nationalisme tunisien.
L’antisémitisme restait cependant ancré chez certains sympathisants proches des islamistes. Ainsi, le parti d’opposition P.D.P (parti démocrate progressiste) n’hésita pas à troubler le consensus par des déclarations controversées. Sa secrétaire général et passionaria de l’opposition à Ben Ali, Maya Jribi, avait demandé au gouvernement tunisien d’interdire l’accès des pèlerins juifs à la synagogue de La Ghriba à Djerba et de refuser aux israéliens, même originaires du pays, de se rendre en Tunisie. Elle rejoignait ainsi les idées racistes du parti islamiste Ennahdha, certes minoritaire, qui n’a jamais caché sa haine du juif.

Vassalité juive
      
La communauté juive s’est trouvée en porte-à-faux aujourd’hui en raison des prises de position excessives de ses propres dirigeants. Les quelques notables juifs, intéressés par les honneurs, avaient multiplié les déclarations maladroites de vassalité à l’égard d’un régime qu’il pensait éternel : «  le président Ben Ali est le dirigeant le plus capable d'assurer le progrès et la prospérité des tunisiens, grâce, notamment, à sa vision perspicace dans la gestion des affaires du pays et à sa faculté de veiller sur son avenir, en nous faisant profiter de sa politique avant-gardiste ». Ces mêmes flagorneurs qui s’étaient empressés de faire acte de soumission ont été, pour certains, les premiers à quitter le pays pour la France dès la chute du dictateur, en abandonnant à leur triste sort une communauté désemparée.
Les hommes du Livre, eux aussi, ne ratent jamais une occasion de prouver leur incompétence politique dès qu’ils quittent leur synagogue. En effet, le Grand rabbin de Tunisie est sorti de son rôle strictement cultuel le jour de la fête solennelle du Yom Kippour, le Grand Pardon, pour tracer un portait dithyrambique de Ben Ali  et pour lancer du haut de sa chaire un appel au président à se représenter à la présidentielle de 2014. Maladresse ou déclaration excessive ? Dans les deux cas ces propos restent inexcusables car ils mêlent au combat politique une communauté juive dépolitisée et discrète. D’ailleurs, craignant les conséquences d’une déclaration inappropriée, le Grand rabbin qui était présent en Israël au moment de la révolution a annoncé qu’il ne « souhaitait pas rentrer en Tunisie »  rejoindre ses ouailles car sa proximité avec l’ancien régime pouvait lui causer des torts.
La politique à courte vue des notables risque de plonger les juifs, accrochés à leur avenir en Tunisie, dans la peur car les déclarations intempestives rejailliront certainement sur eux. Ce qui était impensable il y a quelques semaines devient d’actualité puisque certains envisagent de quitter le pays car ils craignent des violences aveugles de la part d’extrémistes d’Ennahdha, les sympathisants des Frères musulmans égyptiens. La menace terroriste en provenance du Sahel risque de trouver un nouveau terrain de prédilection dans les zones du sud du pays où El Qaeda menace les touristes, et les touristes juifs en particulier.

Le choix d’Israël

Israël qui se nourrit des troubles dans les pays arabes pour attirer quelques nouveaux immigrants, indispensables à l’expansion du pays, s’intéresse de près au sort des juifs qui l’ont toujours boudé. Ayant implanté historiquement des agents du Mossad du temps où le quartier général palestinien avait été transféré de Beyrouth à Tunis, il garde un œil sur cette petite communauté dont une vingtaine de personnes a déjà été exfiltrée secrètement pour rejoindre l’Etat juif. Il craint que l’islamisme, qui avance masqué pour l’instant, n’exploite les ressorts de la démocratie pour entrer dans la vie politique. Il sait qu’il devra suppléer l’absence ou la passivité des dirigeants communautaires qui auront rejoint l’exil de Ben Ali. Le vice-ministre israélien des affaires étrangères, Danny Ayalon, a certainement exagéré en estimant que les juifs de Tunisie devaient faire face à « une situation effrayante et vivaient dans la crainte de représailles ». Mais c’était de bonne guerre pour instiller la peur et convaincre les derniers réfractaires à quitter le pays, pas forcément d’ailleurs vers Israël. 
            Le gouvernement israélien a tenu à prendre des dispositions si la situation empirait. Il a profité de la visite officielle de la ministre des affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, pour envisager l’aide de la France afin de recevoir temporairement les juifs tunisiens en transit vers Israël. Le nombre est bien faible de ceux qui sauteront le pas mais il grandira à mesure que des déclarations revanchardes seront diffusées. Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue Arabe, a fait une annonce qui ciblait de manière indirecte les juifs qui avaient choisi le camp de Ben Ali : « les citoyens arabes sont dans un état de colère et de frustration sans précédent » impliquant que les citoyens juifs n’avaient pas fait preuve d’un bon discernement. Le problème concerne quelques centaines d’individus mais le symbole est grand si la Tunisie devait se vider des derniers témoins de la présence pendant plus de 2000 ans d’une communauté dynamique qui a eu son heure de gloire.

SLATE : WASHINGTON A LACHE MOUBARAK




SLATE : WASHINGTON A LACHE MOUBARAK

par Jacques BENILLOUCHE


Depuis George W.Bush, les Américains tentent de préparer la succession d'Hosni Moubarak et d'éviter une prise du pouvoir en Egypte par les Frères Musulmans.
La position de l'administration Obama et même de celle qui l'a précédé quand George W. Bush était à la Maison Blanche a toujours été ambigüe vis-à-vis d'Hosni Moubarak. Elle l'est encore plus aujourd'hui. Les Américains savent qu’il représente la stabilité dans la région et le seul allié d’Israël et pourtant, ils hésitent à l’appuyer ouvertement. Le ministre de la défense Mohamed Hussein Tantawi, par ailleurs commandant en chef des forces armées égyptiennes, qui s'est rendu à Washington au cours des dernières heures pour obtenir le soutien des américains dans la lutte contre les émeutiers a pu s'en apercevoir.....

Lire la suite sur le site Slate en cliquant sur le titre en rouge de l'article :

http://www.slate.fr/story/33443/egypte-washington-moubarak-lache

dimanche 30 janvier 2011

FRANCE-24 : LA TUNISIE, SLATE et Jacques BENILLOUCHE



FRANCE-24 : 
LA TUNISIE, SLATE et Jacques BENILLOUCHE



Les femmes et la révolution tunisienne

« Il est indispensable que les réformes garantissent les droits dont jouissent les femmes tunisiennes ». C’est la principale revendication des signataires de cette pétition lancée en ligne cette semaine. Des artistes, des fonctionnaires ou encore des étudiantes interpellent ainsi les autorités tunisiennes et leur demandent d’inscrire dans la constitution un principe qu’elles jugent fondamental : l’égalité des droits entre les hommes et les femmes dans tous les domaines. Une revendication qui permettra, selon elles, à la révolution d’être pleinement réussie.

Une pétition qui intervient alors que le contexte politique actuel risque de fragiliser la condition des femmes dans le pays estime Jacques Benillouche sur slate.fr. Ce journaliste indépendant explique en effet que les islamistes pourraient tenter de profiter de la situation pour imposer des lois rétrogrades. Des extrémistes religieux qui n’hésiteraient pas à présenter l’émancipation de la femme comme un héritage du régime de Ben Ali pour convaincre les citoyens de remettre en cause cette avancée.

Cliquer sur le triangle pour voir la revue de presse de France24

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SLATE : POUR ISRAEL, L'EGYPTE N'EST PAS LA TUNISIE



SLATE : POUR ISRAEL, L'EGYPTE N'EST PAS LA TUNISIE

par Jacque BENILLOUCHE

Dans les deux cas, la rue rejette un pouvoir dictatorial. Dans les deux cas, les islamistes sont un danger bien réel. Mais la différence tient au comportement et au rôle de l'armée... jusqu'à aujourd'hui.

Les Israéliens suivent avec une attention permanente la situation en Egypte. Pour autant, au ministère des affaires étrangères, on souligne que la situation est différente de celle qui prévalait en Tunisie avant le renversement de Ben Ali. Le point commun entre les deux pays est bien évidemment le danger islamiste. Mais le rôle de l'armée est en revanche très différent. Les stratégies des différentes parties ne sont pas comparables non plus....

Lire la suite sur le site Slate en cliquant sur le titre en rouge de l'article:

http://www.slate.fr/story/33441/egypte-moubarak-israel-tunisie-armee-islamistes

vendredi 28 janvier 2011

GUYSEN-TV : LES JUIFS TUNISIENS SONT-ILS EN DANGER ?




GUYSEN: LES JUIFS TUNISIENS SONT-ILS EN DANGER ?

Débat du 27 janvier 2011 animé par David SEBBAN
avec l'écrivain franco-tunisien Marco KOSKAS et 
le journaliste franco-israélien Jacques BENILLOUCHE, d'origine tunisienne, 
correspondant de Slate 

Grande synagogue de Tunis

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http://www.guysen.com/tv/index_flash.php?vida=5276



lundi 24 janvier 2011

SLATE : LA FIN DU DOGME DU GRAND ISRAËL




SLATE : LA FIN DU DOGME DU GRAND ISRAËL

par Jacques BENILLOUCHE

Sous la pression internationale, le ministre des affaires étrangères israélien, le controversé et nationaliste Avigdor Lieberman, ouvre la porte à un Etat palestinien.


Une déclaration d’Avigdor Lieberman, le controversé ministre des affaires étrangères israélien, n’a pas eu l’écho qu’elle aurait dû avoir en occident. Saeb Arekat, responsable des négociations avec Israël de l'autorité israélienne n'a pas non plus semblé y accorder l'attention qu'elle mérite. Il a estimé «qu’il s’agissait d’une invention et d’une plaisanterie». L’autorité palestinienne n’a pas mesuré l’avancée fondamentale dans la réflexion nationaliste. Elle s’est bornée à la railler. Cela pourrait bien être une nouvelle occasion manquée....
 
Lire la suite sur le site Slate en cliquant sur le titre de l'article en rouge :
 
http://www.slate.fr/story/33075/grand-isra%C3%ABl-fin-dogme

dimanche 23 janvier 2011

SLATE : LA FEMME EST L'AVENIR DE LA TUNISIE



SLATE : LA FEMME EST L'AVENIR DE LA TUNISIE

par Jacques BENILLOUCHE

Bourguiba avait fait le pari de la libération de la femme pour moderniser la société tunisienne. Un héritage menacé.
- Leila, la soeur de Mohamed Bouazizi qui s'est immolé Zohra Bensemra / Reuters -

Le président Bourguiba avait décidé de moderniser l’Etat tunisien aussitôt après son arrivée au pouvoir. En promulguant le code du statut personnel (CSP) le 13 août 1956, quelques mois après l’indépendance du pays proclamée le 20 mars, le Combattant Suprême pariait sur l'émancipation féminine pour revitaliser la société tunisienne. Sa démarche fut unique dans le monde arabe, frileux quand il s’agit de s’attaquer aux dogmes de la religion et à élargir la place économique et politique des femmes.....

Lire la suite sur le site SLATE en cliquant sur le titre en rouge de l'article
http://www.slate.fr/story/32923/femme-tunisie-avenir-islam


samedi 22 janvier 2011

BILLET D'HUMEUR : MAIS QU'ALLAIT FAIRE M.A.M DANS CETTE GALERE ?



BILLET D'HUMEUR : MAIS QU'ALLAIT FAIRE M.A.M DANS CETTE GALERE ?

Par Jacques BENILLOUCHE



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La recherche d’équilibre à l’égard des israéliens et des palestiniens dans les actes politiques n’est pas toujours payante : un coup à Gaza, un autre coup à Sdérot. La volonté de Michèle Alliot-Marie d’inaugurer son nouveau poste par une visite aux dirigeants du Hamas était à l’évidence une maladresse dont les fonctionnaires du Quai d’Orsay sont responsables. La visite mettait de l’huile sur le feu, n’apportait rien à la compréhension du problème israélo-arabe et rehaussait le prestige des islamistes en affaiblissant l’Autorité palestinienne. En donnant une assise internationale à un gouvernement en indélicatesse avec son président, il était évident que les déboires étaient au bout du chemin, à priori lorsque la visite est mal préparée et la sécurité de la délégation fortement négligée.
Il se pourrait même que le hasard ne soit pour rien dans les menaces directes proférées simultanément par Oussama Ben Laden contre la France et surtout, contre les otages français, car Gaza est devenue un bastion dur de l’implantation d’El Qaeda dans la région. Ce saupoudrage de bons sentiments une fois à l’égard des israéliens, puis des parents de Guilad Shalit et enfin des habitants de Gaza ne pouvait certainement pas satisfaire toutes les parties.

La ministre des affaires étrangères française n’a pas appris la leçon des déboires que Lionel Jospin avait subis, le 26 février 2000, lors de sa visite à l’Université de Bir Zeit. Il s’était  fait caillasser et pratiquement lyncher par une foule d'étudiants arabes palestiniens parce qu’il avait, la veille, qualifié les agressions anti-israéliennes du Hezbollah d'actes de terrorisme. Les intégristes, forts de leur capacité de nuisance, exigent l’exclusivité des attentions à leur égard et ne supportent pas qu’on dialogue avec leurs ennemis. 

Il était difficile de faire confiance aux sympathisants d’El Qaeda qui ont pris pied à Gaza alors qu’à  travers le message de Ben Laden, l'organisation terroriste considère la France comme son pire ennemi. Ces informations étaient pourtant portées à la connaissance du ministère des affaires étrangères. L’ensemble des pays occidentaux avait acquis la certitude que le Hamas était devenu le relais d’El Qaeda au Proche-Orient mais le Quai d’Orsay feignait de l’ignorer. Il a décidé d’envoyer au feu sa ministre en se doutant pourtant que l’image de la France avait évolué puisque les terroristes s’en prennent à présent aux français. D’habitude prompt à réprimer les manifestations de rue, par le sang s’il le faut, le Hamas a prémédité la réaction négative de ses membres qui avaient préparé des panneaux d’insultes et stocké des objets devant atteindre la ministre. 

Ces visites n’ont aucun intérêt politique, sinon médiatique, et ne font pas avancer la cause de l’une ou l’autre des parties qui cherchent uniquement à en découdre. Le sujet est difficile et d’autres, plus expérimentés, y ont laissé des plumes. La diplomatie secrète est celle qui convient le mieux à ces problèmes compliqués. Il est étonnant que les conseillers de Michèle Alliot-Marie aient pu lui organiser un voyage prématuré alors qu’elle est déjà peu crédible à son poste de circonstance, acquis par défaut, et alors que rien, dans sa carrière précédente, ne la préparait à aborder les affaires internationales de son pays. Son excellente connaissance de la Tunisie ne la prédisposait pas pour autant à rencontrer une population  qui n’a pas la même tradition de l’hospitalité.

vendredi 21 janvier 2011

ARCHIVES SONORES : BOURGUIBA ET ISRAEL



ARCHIVES SONORES : BOURGUIBA ET ISRAËL




Dans cette interview à Jacques Chancel en 1974, Bourguiba donna son avis éclairé sur le conflit israelo-arabe. Il fit preuve d'un esprit visionnaire qui aurait pu conduire à une paix définitive. Seulement, les visionnaires sont considérés comme des rêveurs par les uns et  comme des traitres par les autres. Malheureusement, aujourd'hui, il n'y a plus de Grands Hommes de cette trempe.




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GUYSEN-TV : LA CRISE AU LIBAN ET LE DANGER HEZBOLLAH




GUYSEN-TV : 
LA CRISE AU LIBAN ET LE DANGER HEZBOLLAH

Débat du 20 janvier 2011 animé par David SEBBAN
avec l'ancien ambassadeur au Caire Zvi MAZEL et le journaliste Jacques BENILLOUCHE  



Voir la vidéo sur le site de Guysen-TV en cliquant sur le lien

http://www.guysen.com/tv/index_flash.php?vida=5265








jeudi 20 janvier 2011

TUNISIE : LA TENTATION ISLAMISTE



TUNISIE : LA TENTATION ISLAMISTE


 par Jacques BENILLOUCHE

Ben ALI

Rachid GHANOUCHI




Ecouter le symbole de la révolution du Jasmin : 
Le tube de Heidi Jouini

Paroles du refrain : En cette nuit sous le jasmin, une branche se penche vers moi et essuie mes larmes....  

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La chute du pouvoir de Ben Ali a suscité un optimisme que ne partagent pas les dirigeants israéliens. Ils l’analysent avec précaution car l’instabilité qui résulte de cette prise de pouvoir brutale risque de provoquer de grandes surprises. L’inconnu reste le positionnement des islamistes.

Les islamistes de 1962

Bourguiba et son successeur Ben Ali  les avaient éliminés de la scène politique à coups d’emprisonnement, d’expulsions ou de menaces. Les craintes actuelles s’expliquent par l’inexistence d’organisations démocratiques d’opposition, structurées et capables de canaliser les ambitions de ceux qui ont été privés du pouvoir depuis plusieurs années. En revanche, malgré la répression, les islamistes ont toujours gardé l’esprit militant et la discipline des partis clandestins tout s’organisant et en négociant de nombreux soutiens auprès de dirigeants arabes intéressés à orchestrer des troubles dans les pays arabes modérés. Les rivalités et les ambitions personnelles risquent à présent de primer sur l’intérêt national.
 Les israéliens n’ont pas été pris au dépourvu car ils ont toujours axé leurs objectifs sur la recherche de renseignements et sur la constitution de dossiers complets sur les futurs cadres, en infiltrant les étudiants pendant leur formation en Tunisie et en France. Ils avaient ainsi constaté le fait historique que les tunisiens ont été les instigateurs de l’introduction du fondamentalisme en Europe.
            Il faut remonter aux années 1962 pour comprendre l’évolution d’un groupuscule d’étudiants islamistes n’ayant au départ aucune stratégie de prosélytisme mais dont les résultats se sont avérés au delà de leur espérance. Ils restaient persuadés que le temps jouait en leur faveur et ils savaient qu’ils n’avaient aucun intérêt à bousculer les étapes. Ils tissaient les mailles de leur filet en plaçant leurs pions partout au sein de la société française tout en attendant patiemment le jour où ils retourneraient dans leur pays pour renverser le pouvoir.

Mossad en Tunisie

Un ancien agent du Mossad, qui avait œuvré en Tunisie puis en France, avait précisé que les israéliens avaient anticipé, dès cette époque, le danger de l’activisme islamique dans le cadre de leur principe de précaution. L’organisation avait alors décidé d’infiltrer le milieu étudiant, terreau des futurs dirigeants tunisiens, afin de mesurer de près l’émergence de cette hydre tentaculaire. Elle avait alors constitué des dossiers complets sur chacun des futurs cadres pour, le cas échéant, anticiper ses réactions et son comportement le jour où il arriverait au pouvoir.
            Des étudiants tunisiens, menés par Ahmed Jaballah envoyé par le parti islamique tunisien MTI (Mouvement de la Tendance Islamique) pour implanter des cellules en France, sont alors noyautés par les égyptiens qui cherchaient à concurrencer le courant majoritaire syrien représenté par l’A.E.I.F, l’Association des Etudiants Islamiques de France qui avait vu le jour sous l’impulsion de Muhammad Hamidullah, au centre culturel arabe du Boulevard Saint Michel, au Quartier Latin. Cette entité, émanation des Frères Musulmans syriens, était placée sous la mainmise de pseudo-étudiants dont l’allure et l’âge ne faisaient pas illusion.
Les israéliens, qui cherchaient à surveiller ce qui se tramait chez leurs ennemis naturels égyptiens et syriens, furent amenés à s’intéresser de près aux tunisiens qui furent en permanence pistés et surveillés. Cette émanation syrienne très radicale, reproduisait déjà à petite échelle les effets de la concurrence entre les dictateurs du Moyen-Orient d’alors et se nourrissait du conflit idéologique qui l’opposait à sa cousine égyptienne. La lutte syro-égyptienne pour le contrôle des étudiants arabes en France sombrait dans des luttes intestines qui annihilaient toute action efficace. Cependant la politique répressive du Président Bourguiba et de son chef de la sécurité Ben Ali devait faire grossir les rangs des étudiants  venus se refugier en France dès 1981.
Les Tunisiens contrôlaient toutes les instances des associations islamistes puisque le président Ahmed Jaballah et le secrétaire général Abdallah Benmansour avaient pris en main les destinées de ce qui n’était alors que la branche française du parti islamiste tunisien. Cette structure avait pour ambition de représenter seule l’Islam en France mais son audience restera longtemps marginale. Les Tunisiens, gênés dans leur action par les répressions en masse que leur faisait subir leur gouvernement, finiront par céder leur place en 1995 à des Marocains, au moment même où de nombreux attentats étaient organisés en France.

Complot

L’ancien agent du Mossad avait révélé qu’il fut informé par hasard qu’un complot avait été ourdi contre le président, par un militaire en stage à l’Ecole de Guerre de Paris. Le gouvernement israélien avait longtemps délibéré pour définir sa position dans une affaire purement intérieure d’un Etat. Mais son agent infiltré au centre culturel arabe du boulevard Saint Michel, découvrit que derrière ce complot se profilait l’ombre des Officiers Libres égyptiens, ennemis jurés des israéliens. Le gouvernement décida alors d’envoyer un officier du Mossad informer directement le président pour éviter toute fuite. Mendès-France accepta d’organiser la visite sans se douter du contenu de l’entretien. Il pensait favoriser le dialogue israélo-arabe. Une dizaine d’officiers généraux fut passée par les armes en décembre 1962 ce qui eut pour conséquence de mettre au pas l’armée et de la cantonner dans des actions plus civiles que militaires. Le Mossad reste cependant très actif en Tunisie puisqu’il a organisé l’évacuation des touristes israéliens bloqués durant les émeutes. Le porte-parole du Ministère des Affaires Étrangères, Yossi Levy, a confirmé l’information : « Cette histoire finit bien et c’est tant mieux. Mais elle a exigé des efforts de sauvetage, de la minutie et de la rapidité. L’opération a été menée par le ministère et d’autres agents. »

Le terreau islamiste

Un correspondant tunisien, ancien professeur d’université, Mustapha T., s’est inquiété ouvertement de la situation actuelle qu’il juge moins optimiste que dans l’esprit de la plupart des observateurs étrangers. Elle conduira selon lui à l’avènement du courant intégriste à moyen terme. Certes, les drapeaux islamiques ne sont pas apparus dans les manifestations de rue mais cela répondait à leur stratégie. Ils ne cherchent pas dans l’immédiat à intégrer les instances du gouvernement mais ils restent très actifs. Dans le chaos des pillages dans les villes, ils ont organisé des milices sous prétexte de protéger les biens et la sécurité mais ils profitent sournoisement de quadriller les régions en bandes organisées comme à Qasrin et à Gabès.
Mustapha axe son raisonnement sur un plan essentiellement économique. Il estime que la situation économique va empirer avec l’arrêt de la saison touristique. L’économie a par ailleurs déjà perdu 1,6 milliard d’euros, 4% du Pib, pendant la révolte populaire selon le ministre de l’Intérieur Ahmed Friaa. Le taux de chômage officiel s'élève à 14%, mais selon les experts économiques, il est plus proche de 25%. Les difficultés économiques vont certainement entrainer l’échec du nouveau gouvernement et la déception des émeutiers, déçus dans leurs illusions et proies faciles des islamistes qui leur proposeront monts et merveilles. Par ailleurs, il estime que les oppositions, qui n’ont jamais réussi à s’unir durant les journées sombres du régime dictatorial, ne réussiront jamais à s’entendre dans l’avenir et  étaleront leur division au grand jour. Les structures de l’ancien régime restent encore tenaces à l’exception de quelques dirigeants en fuite ou emprisonnés. Il faudra beaucoup de mois pour en faire disparaitre les stigmates.
            Rachid Ghanouchi, responsable du parti islamique d’opposition Ennahda,  homonyme du premier ministre Mohammed Ghanouchi,  avait appelé les tunisiens à « détruire le régime de Ben Ali en exigeant la dissolution de son parti politique  ». Cet opposant défend la même idéologie que celle des frères musulmans et il est impliqué dans de nombreux actes de terreur dans les années 1980. Il a déjà qualifié de « mascarade » le nouveau gouvernement auquel il refuse de participer.
            La seule institution qui semble sortir indemne de l’ancien régime reste l’armée dont le chef, le général Rachid Amar, avait refusé de tirer sur la foule.  Certains voudraient la voir jouer le même rôle qu’en Turquie. Il faut rappeler que la royauté tunisienne était issue de la dynastie des beys, les chefs militaires nommés par l’empire ottoman dont il reste encore de nombreuses traces en Tunisie, en particulier la similitude des deux drapeaux. Un gouvernement à tendance islamique contrôlé par une armée dépolitisée, puisqu’elle n’a jamais accepté d’apparaitre en première ligne, serait le scénario le plus probable.
            Les israéliens ne sont pas préoccupés par la situation des quelques 1800 juifs vivant encore en Tunisie mais ils s’inquiètent d’un effet domino sur les régimes arabes modérés. Il faut noter d’ailleurs que le roi Abdallah de Jordanie a imposé un blackout sur les graves émeutes contre le royaume qui ont secoué des tribus bédouines dans la ville de Maan. L’armée a réprimé avec force pour empêcher toute propagation de la contestation.  Ils suivent donc la situation avec beaucoup d’intérêt mêlée d’inquiétude.

mercredi 19 janvier 2011

BILLET D'HUMEUR : LA FEMME EST L'AVENIR DE LA TUNISIE



BILLET D'HUMEUR : LA FEMME EST L'AVENIR DE LA TUNISIE

par Jacques BENILLOUCHE


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          Le président Bourguiba avait décidé de moderniser l’Etat tunisien aussitôt après son arrivée au pouvoir. En promulguant le code du statut personnel (CSP) le 13 août 1956, quelques mois après l’indépendance du pays proclamée le 20 mars, le Combattant Suprême s’est appuyé sur l'émancipation féminine pour revitaliser toute la société tunisienne. Sa démarche fut unique dans le monde arabe, frileux quand il s’agit de s’attaquer aux dogmes de la religion.
Il imposa sa propre révolution grâce à une réforme audacieuse qu’aucun dirigeant musulman n’aurait osé mettre en œuvre. La nouvelle loi entra en vigueur dès le 1er janvier 1957 dans le cadre d’un vaste programme de modernisation de la société : l'interdiction du port du voile dans les écoles, la reconnaissance du droit de vote aux femmes, le démantèlement de l'université de la Zitouna, citadelle du conservatisme, la dispense de jeun durant le mois de ramadan, la mise en place du planning familial, le droit à l'avortement libre et la gratuité de la pilule, l’interdiction de la polygamie et de la répudiation et enfin,  l’obligation d’obtenir le divorce devant le tribunal.
Les femmes n’ont pas hésité pour se transformer en véritables occidentales vêtues de jeans, de mini-jupes et de tenues affriolantes. Elles s’insérèrent dans tous les pans de la société en occupant des postes économique et politique de haut niveau. Elles firent concurrence aux hommes pour se prouver qu’elles étaient leurs égales.
            La révolution du jasmin a porté au pouvoir toute une génération d’opposants qui, durant les heures noires du régime de Ben Ali, n’ont jamais pensé s’unir et qui à présent risquent de se déchirer pour les lambeaux du pouvoir. Les islamistes attendent en embuscade l’heure de l’échec économique des nouveaux dirigeants pour cueillir le pouvoir comme un fruit mûr tombé de l’arbre et pour imposer leurs lois anachroniques. Puis, comme à Gaza, la Charia s’appliquera à la lettre, progressivement, dans la sournoiserie habituelle des barbus.
            Les femmes seront alors les seules capables de s’opposer à eux car elles ont payé chèrement leur liberté et elles considèreront toute atteinte à leur droit de femme comme un casus belli. Elles refuseront l’obscurantisme de ceux qui voudraient les cantonner dans leurs cuisines. Alors, elles tiennent l’avenir de la Tunisie entre leurs mains et si certains hommes, dans leur lâcheté habituelle, se satisferont d’un nouveau pouvoir qui grignotera progressivement des parcelles de liberté, alors, elles défendront bec et ongles les acquis bourguibiens. Le salut de la Tunisie viendra d’elles et d’elles seules.
 

mercredi 12 janvier 2011

BILLET D’HUMEUR : J’AI MAL A MON PEUPLE



BILLET D’HUMEUR : J’AI MAL A MON PEUPLE

Par Jacques BENILLOUCHE

Texte radiodiffusé
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            Les occidentaux ont toujours qualifié les tunisiens de peuple pacifique et modéré parce que le président Habib Bourguiba avait opté pour l’émancipation de la femme, la réduction de l’influence de la religion dans la vie civile et politique et le pragmatisme dans son approche du conflit israélien. Le pays avait investi pour que sa jeunesse soit instruite et diplômée au point de la voir constamment lorgner vers le Continent. L’éducation était la base de l’ascension sociale parce qu’aucun autre choix n’était ouvert. La réussite des tunisiens, et celle des juifs en particulier, n’était pas une réputation surfaite.

            Cependant, les juifs tunisiens ont déserté leur pays parce qu’ils avaient estimé que la création de l’Etat d’Israël les avaient rendus suspects aux yeux des dirigeants arabes qui les assimilaient tous à des sionistes alors que seule une minorité l’était à l’époque et que la majorité avait résisté aux appels des pionniers. La Tunisie avait décidé de prendre le parti de ses « frères » arabes pour n’en tirer d’ailleurs aucun profit tangible. Elle a au contraire hérité d’une idéologie à forte capacité de nuisance avec ses éléments islamistes les plus néfastes et les plus perturbateurs.

            Mais la colère qui gronde aujourd’hui n’est pas télécommandée par les islamistes car la Tunisie était comparable à une cocotte bouillante dont on avait vissé le couvercle dans l’espoir d’empêcher la fuite des rancœurs, d’étouffer l’aspiration à la démocratie et de briser la volonté de faire partie d’un monde moderne. A l’époque d’Internet et de la télévision la tâche fut difficile et, l’absence de partage des richesses accaparées par une minorité de privilégiés, représentait un suicide politique dont les dirigeants paient le prix aujourd’hui.

            La Tunisie aurait pu comprendre que les riches pétroliers et les potentats ne s’aident qu’entre eux pour que la richesse reste dans un cadre étroit. Elle aurait eu intérêt à s’allier au jeune pays juif qui se créait dans le dénuement le plus complet car ils avaient ensemble une communauté de destin et de misère. Mais  Israël s’est développé tandis que la Tunisie a stagné économiquement. 

            Les diplômés tunisiens auraient pu collaborer avec l’industrie israélienne dans une sorte de mini « silicon Valley » à l’odeur de jasmin car de nombreuses pointures d’origine tunisienne hantent les conseils d’administration des fleurons industriels israéliens et français. Les cadres diplômés auraient pu alors trouver un environnement professionnel en adéquation avec leurs espérances. Mais la politique a pris le dessus sur l’intérêt économique et le pragmatisme politique. Aucun ambassadeur tunisien n’était digne de rejoindre l’Etat d’Israël qui n’existe toujours pas dans les tablettes du palais de Carthage.

            Alors, nul ne se réjouit des moments difficiles que passe la Tunisie et, même si les juifs l’ont quitté depuis de longues années, elle reste ancrée dans les mémoires figées, dans le ciment des fêtes, dans les traditions répercutées de génération en génération, dans les plats culinaires et dans l’accent dont les jeunes ont paradoxalement hérité avec une certaine fierté. Souhaitons seulement que les islamistes ne récupèrent pas à leur profit une situation politique bloquée car alors, la Tunisie que nous avons connue et aimée, n’existera plus que dans notre seul souvenir.       

dimanche 9 janvier 2011

ISRAËL : RACISME OU OSTRACISME




ISRAËL : RACISME OU OSTRACISME

Par Jacques BENILLOUCHE


Le problème devient récurrent en Israël. Les religieux pensent avoir des avis sur tout ce qui touche à la société, et aux affaires politiques en particulier, et estiment qu’ils sont seuls détenteurs de la vérité. En quittant leur synagogue pour se plonger dans la bataille politique, ils n’ont pas compris  qu’ils ne se rehaussaient pas en perdant l’aura qui entoure d’ordinaire les hommes de religion. La politique a ses vertus mais aussi ses travers faits de coups tordus et de renoncement à mille lieues de la pureté exigée pour les adeptes du Livre.

Place du phénomène religieux

Les hommes politiques israéliens éludent volontairement le problème sensible de la place du phénomène religieux dans la société car il ravive des conflits qui déstabilisent le pays et exacerbent les relations avec le judaïsme mondial. La religion est, pour certains, un ensemble de superstitions dont seuls les humains dépourvus de raison ont besoin. Les philosophes jugent que l’émancipation de l’homme se conjugue avec la disparition pure et simple de la religion. Mais pour la majorité des religieux, l’État d’Israël jouerait sa cohésion et son existence s’il devait permettre un moindre recul de la religion. Alors, ils réussissent à créer le doute auprès des laïcs qui s’interrogent sur la nécessité de la religion pour vitaliser la démocratie.
 Les orthodoxes exigent de l’autorité pour imposer un rôle primordial à la religion dans la vie politique parce que le judaïsme, considéré trop assimilé à leurs yeux, risque une disparition prématurée. En fait ils feignent d’ignorer que, malgré l’Histoire tragique de la Shoa, il renait depuis une vingtaine d’année.
Les laïcs dénient tout rôle social à la religion qui ne doit avoir, selon eux, aucune légitimité publique reconnue par un État, se situant au dessus de la pluralité religieuse, qui  garantit la liberté égale de toutes les religions, sans aucune transcendance de l’une d’entre elle. Ils ne tiennent pas à mêler l’idée de Dieu à l’évolution de la société des hommes. Mais la vitalité retrouvée de la religion juive tend à s’interpréter comme une faiblesse du pouvoir politique.
Les religieux israéliens ont justifié le déclin des autres grandes religions monothéistes par la fin du monopole religieux exercé dans les sociétés occidentales. Ils ont alors décidé de combattre cette évolution négative en s’insérant dans tous les rouages politiques de l’État d’Israël. Ils portent dorénavant sur la scène publique, dans une sorte de recours à la médiation populaire, des décisions qu’ils contestent en exploitant la démocratie d’opinion face à la démocratie parlementaire. La religion se donne toutes les libertés pour se faire entendre dans l’espace public et pour manipuler ses relais à la Knesset en qualifiant d’antireligieux tous ceux qui veulent se passer de l’instance religieuse dans leur vie civile.

Prises de position contestables

 Les prises de position contestables et répétées du parti Shass indisposent l’opinion politique parce qu’elles émanent  souvent de personnalités dont la clairvoyance est sujette à caution. La nouvelle vague religieuse, constituée en majorité de jeunes idéalistes convaincus, le doigt sur la couture du pantalon, se plie aux décisions d’un Conseil des Sages dirigé par des leaders d’un autre âge. Cette démocratie consistant à confier son avenir aux anciens, tranche avec la jeunesse de ceux qui rejoignent le monde religieux après s’en être écarté. Une sorte de mai 1968 à l’envers. De nouveaux inquisiteurs naissent, des Torquemada, séniles et intransigeants,  chefs d’un monde qu’ils veulent volontairement anachronique pour paralyser le libre arbitre des militants. Certains cadres se rebiffent, tel le député-rabbin  Amsallem qui a vu le couperet tomber sur sa tête en raison de sa rébellion.    
 Cinquante rabbins d'Israël, fonctionnaires de l’État, ont dénoncé la vente ou la location de maisons ou de terrains à des non-juifs, menaçant de frapper d'ostracisme les juifs qui contreviendraient à cette injonction. Ils interprètent à leur manière, de façon douteuse, les textes sacrés : «  La Torah interdit de vendre à un étranger une maison ou un champ de la Terre d'Israël ». Les signataires de cet appel sont certes connus pour leur extrémisme mais les réactions du Landerneau politique déçoivent tant elles sont timorées par souci de préserver une coalition gouvernementale fragile. Les arabes, titulaires d’une carte d’identité israélienne, sont considérés par la Loi comme des citoyens à part entière, totalement intégrés dans la société israélienne. Nombreux parmi eux exigent de faire leur service militaire dont ils sont pourtant dispensés parce qu’ils tiennent à être reconnaissants vis-à-vis d’un pays qui les accueille.
 L’appel de leaders religieux à fustiger une partie de la population israélienne dénote une absence de culture politique et une preuve que tous les intégrismes se ressemblent par leur côté excessif et leur absence de démocratie. Ils jouent sur la seule croyance pour s’abstenir de tenir compte de l’opinion internationale en acceptant de vivre dans leur monde sclérosé.

Stigmatisation des arabes

Cet ostracisme consistant à écarter ceux qui ne partagent pas la même religion est antidémocratique et doit inquiéter les partisans de bonnes relations avec la communauté arabe et, par delà, la communauté internationale. En exploitant l’amalgame entre les citoyens arabes israéliens et les habitants des territoires de Cisjordanie, entre citoyens pacifiques et terroristes, ils agitent le spectre du danger de l’étranger. Les uns sont à respecter, les autres à combattre sans pitié. Ils cherchent à  instituer la discrimination comme politique d’État pour créer une fracture dans la société civile avec toutes les conséquences désastreuses à la fois sur le plan économique, mais surtout sécuritaire. Israël a besoin de ses minorités pour attester de son ouverture au monde moderne.
Tsipi Livni, arrivée en tête des dernières élections avec son parti Kadima, a déjà eu à pâtir des méthodes du parti Shass puisqu’elle n’a pas été désignée pour constituer un gouvernement. Les religieux avaient monnayé leur soutien au plus offrant pour financer leurs écoles talmudiques. Grace à une proportionnelle intégrale qui parsème les voix, les partis religieux usent et abusent de leur statut de partis charnières, sans se soucier de l’intérêt général du pays qui réclame un gouvernement d’union nationale viable, capable de prendre des décisions définitives.
Leurs exigences  surestimées ne cadrent pas avec leur poids politique réel. Seize députés sur 120 dictent leur loi avec des revendications qui n’ont rien de politiques mais uniquement sectorielles pour ne pas dire religieuses. Leur culture politique s’arrête à l’octroi de fonds qui leur permettent de mettre sous leur coupe des populations défavorisées prises en charge en échange de leur vote. Ils ne répugnent pas à favoriser l’émergence de jeunes oisifs, certains diront  parasites, étudiant les textes sacrés à longueur de journée, loin de la réalité du pays, loin du modernisme et dans un anachronisme inquiétant. Ces pseudos étudiants en profitent souvent pour échapper au service militaire national. Le député Amsallem s’est courageusement élevé contre une situation qui allait à l’encontre de ses convictions et des intérêts du pays. Il a été sanctionné et il perdra  certainement son poste à la Knesset.
Les israéliens, de nature profondément laïque, commencent à s’inquiéter de la part envahissante prise par la religion dans les instances dirigeantes. La Cour suprême israélienne, qui n’est pas suspecte de parti pris, abonde dans le sens des religieux puisqu’elle a autorisé, à la demande des orthodoxes, la séparation des femmes et des hommes dans les autobus. Mais parfois elle s’élève contre les excès puisque le sectarisme, sinon le racisme, de certains orthodoxes a déjà été mis en évidence par leur refus d’accueillir dans leur école des filles d'origine séfarade. Ils avaient annoncé qu'ils préféraient être incarcérés plutôt que de respecter un arrêt de la Cour suprême qui leur imposait de ne pas faire de ségrégation.
La population se montre à présent excédée par l’incompétence des ministres Shass qui placent l’intérêt religieux au dessus de l’intérêt général. Leur chef, Eli Ishaï a été littéralement expulsé, sous l’œil des caméras, d’une salle où il venait s’expliquer sur la conduite du combat contre le feu au Carmel qui a fait 44 morts. Il lui était reproché d’avoir dilapidé le budget des équipements pour les pompiers au profit de subventions religieuses. Il semble bien qu’il y ait à présent un réveil civique face à l’indulgence qui était de mise à l’égard des représentants du Livre. Le poids des religieux mine la situation politique en Israël et la fige dans un immobilisme inquiétant. Ils récupèreraient leur prestige s’ils reprenaient le chemin de leurs synagogues.

dimanche 2 janvier 2011

LE HAMAS DÉSESPÈRE SA JEUNESSE À GAZA




LE HAMAS DÉSESPÈRE SA JEUNESSE À GAZA

Par Jacques BENILLOUCHE



Forces de sécurité du Hamas
Un collectif de jeunes artistes et militants exprime ouvertement sa colère à Gaza. Il le fait bien sûr contre Israël coupable de blocus ou de représailles militaires, cela n’étonne pas. Mais il utilise en revanche des mots durs à l’encontre des dirigeants du Hamas : « Au cours des dernières années, Hamas a tout fait pour prendre le contrôle de nos pensées, de notre comportement et de nos attentes ». 
L’exaspération a atteint son paroxysme et elle donne du courage à des jeunes qui mettent leur vie en danger pour avoir affiché ouvertement leur opposition aux islamistes : «  Nous vivons dans la peur. Ici, à Gaza, nous avons peur d’être incarcérés, interrogés, battus, torturés, bombardés, tués ».