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samedi 30 avril 2011

AVIS DE TEMPETE EN ISRAEL




HAMAS-FATAH : AVIS DE TEMPETE EN ISRAEL

Par Jacques BENILLOUCHE

Abbas, Mechaal et Haniyeh
                 
               Les révolutions arabes auront eu au moins l’avantage de dénouer le conflit inter-palestinien.  La chute probable du président syrien ou, au moins, un changement de gouvernance a convaincu les deux parties palestiniennes à trouver un terrain d’entente. La faiblesse de la Syrie induit celle de son allié, l’Iran qui risque de souffrir d’une perte d’influence au Proche-Orient. Les syriens ne semblent plus en état de dicter leurs conditions au Hamas qu’ils financent, hébergent et réarment car ils sont plutôt occupés à défendre leur régime chancelant. Selon l’agence égyptienne Mena : «  Les délégations sont parvenues à un accord complet après des discussions sur tous les points, dont la formation d'un gouvernement de transition et le choix d'une date pour les élections ». Cet accord a été négocié de longue date mais il reviendra à l’ancien président Moubarak et à son adjoint le général Souleimane d’en recueillir les lauriers, tardivement certes, tant ils se sont obstinés à « inventer » une base de réconciliation entre Fatah et Hamas. Ils ont prouvé qu’il n’y avait aucune raison de désespérer des palestiniens qui devront leur donner acte de leur ténacité au moment où les anciens dirigeants égyptiens sont dans la tourmente.

Légitimité pour Mahmoud Abbas

                La question ouverte concerne l’usage ultérieur qui sera fait de cet accord. Les palestiniens auront le choix d’une réconciliation sur le dos d’Israël menant à la persistance du conflit, avec son lot d’attentats, de morts et de représailles. Ils pourraient en revanche accroitre, auprès de l’opinion internationale et du peuple palestinien, la crédibilité de Mahmoud Abbas qui obtiendrait une légitimité pour apposer sa signature au bas d’un accord durable avec les israéliens, sans risquer sa vie ou être qualifié de traitre.  
Le Hamas avait beaucoup hésité à signer puisque ses délégués n’avaient pas accepté, lors de leur réunion du 26 mars en Cisjordanie, de parapher un texte de réunification malgré la pression de l’Egypte et les bons offices de la Turquie, nouvel arbitre de la région. Mais les révolutions dans les pays arabes l’ont obligé à anticiper les changements encore incertains dans la plupart des dictatures arabes. Khaled Mechaal , le représentant basé à Damas, a senti le vent tourner et il a donné son feu vert.
Cet accord est reçu comme un coup de tonnerre par les dirigeants israéliens qui ne s’attendaient pas à une si rapide conclusion. En effet des négociations secrètes s’étaient tenues en Turquie sous l’égide américaine avec l’arbitrage du premier ministre Erdogan mais elles trainaient en longueur dans un va-et-vient permanent entre les protagonistes. Les révoltes arabes avaient mis aux oubliettes des négociations de réunification. Mais l’entêtement du nouveau ministre des affaires étrangères égyptien Nabil El-Araby et de Mahmoud Abbas a fini par payer et la signature de l’accord a pris de surprise Benjamin Netanyahou. Il ne voit pas d’un bon œil l’émergence du Hamas dans la scène internationale : « Le Hamas aspire à détruire l'Etat d'Israël et est tout à fait ouvert à ce sujet. Hamas tire des roquettes sur les villes israéliennes et nos enfants ». Bien que le langage ne semble pas avoir changé, les israéliens devront intégrer la nouvelle donne.

Concessions palestiniennes

La signature rapide de l’accord a nécessité de sérieuses concessions de la part de Mahmoud Abbas qui a été contraint de rogner sur sa position dominante et celle du Fatah en Cisjordanie. Il a accepté de créer un Conseil suprême ayant autorité sur tous les problèmes de sécurité en le plaçant au dessus du comité israélo-palestinien agissant sous la coordination américaine. Tous les membres du Hamas emprisonnés en Cisjordanie seraient libérés en incluant les terroristes impliqués dans des actions sanglantes contre Israël.
Mahmoud Abbas avait pour objectif de se présenter à l’Assemblée Générale de l’Onu, en septembre, en position de force pour exiger la reconnaissance d’un Etat palestinien. Quant à Khaled Mechaal, il envisage un nouveau point de chute si Bassar El-Assad tombait. Cet accord, résultat d’une diplomatie secrète initiée par les Etats-Unis, tend à réactiver l’alliance israélo-turque. Les américains ont obtenu de la Turquie qu’elle reporte son nouveau projet de nouvelle flottille de Gaza. Par ailleurs, le commentaire d’Abu Marzouk , un officiel du Hamas, sur un nouveau canal de médiation pour la libération du soldat Guilad Shalit est un signal envoyé par Ankara stipulant que la Turquie reste encore utile pour aider Israël.  
Les israéliens devront revoir leur stratégie fondée sur la dissension entre Fatah et Hamas qui, réunis à nouveau, vont être amenés à innover en ce qui concerne leurs relations avec leurs voisins. Une tempête politique risque de faire bouger les lignes en Israël et faire exploser les partis actuels. Le parti travailliste atone et décomposé a perdu son âme et, le parti centriste Kadima terne et passif ne fait preuve d’aucune initiative pour contrer le gouvernement, laissant à Benjamin Netanyahou un boulevard devant lui. Jusqu’alors, il était assuré de disposer d’une majorité de droite pour maintenir une position intransigeante ou une politique de stagnation facilitée par l’inertie des dirigeants palestiniens.
Par la force de leur réunification, les palestiniens disposent d’une occasion pour mettre au pied du mur un gouvernement israélien qui surfe sur un électorat devenu de plus en plus à droite parce qu’il n’a plus d’espérance. L’unité palestinienne retrouvée pourrait permettre une définition claire et précise de propositions palestiniennes originales, présentées officiellement avec la reconnaissance « de jure » de l’Etat d’Israël, incluant impérativement des concessions notables sur quelques questions fondamentales. Le droit au retour des réfugiés, la rectification des frontières de 1967 et la question des habitants des implantations devraient faire l’objet d’un consensus palestinien  douloureux qui entrainera inévitablement l’éclatement de l’opinion israélienne et de nouvelles élections avec des choix difficiles pour l’électorat.

Réactions passionnées

Les deux adversaires, Mahmoud Abbas et Benjamin Netanyahou, attendaient peut-être ce coup de pouce de l’extérieur pour justifier une nouvelle politique parce qu’aucun des deux n’avait le courage de sauter le pas. Le clivage gauche-droite avait disparu en Israël sous les coups de boutoir des craintes sécuritaires et il se reformulera quand il s’agira à nouveau de s’exprimer sur l’avenir des 300.000 pionniers des implantations parmi une population totale de 7 millions d’habitants en Israël. Le risque est grand de voir un déchainement de réactions passionnées. Mais les israéliens restent sceptiques sur l’avenir de cet accord car trois pactes de réconciliation ont déjà été signés dans le passé sans résultat. Il appartient donc à Mahmoud Abbas de les démentir.
Mais la nouvelle donne est du ressort de la population palestinienne, au moins celle de Cisjordanie, lasse de la guerre et de ses destructions stériles. Selon les documents WikiLeaks, les palestiniens étaient prêts, lors des pourparlers secrets intervenus entre 1999 et 2010,  à une approche plus pragmatique des problèmes cruciaux : le statut de Jérusalem avec renoncement à des quartiers entiers de Jérusalem-Est, le tracé des frontières avec des corrections notables, la question des réfugiés avec l’abandon du droit de retour. La contre-proposition israélienne avait aussi de quoi surprendre par son avancée parce que l’Etat d’Israël était devenu confiant en raison de l'étroite coopération entre les services de sécurité de l'Autorité palestinienne et d’Israël.

Concessions mutuelles

Si les palestiniens assimilent ces concessions comme une braderie de leur cause alors il n’y aura aucune avancée. Ils doivent intégrer l’idée que l’opinion palestinienne est prête à la paix parce qu’elle l’a démontré. La divulgation des éventuelles concessions avait amené le Hamas à exiger des manifestations de la population qui ne l’a pas suivi et qui, au contraire, a appuyé Mahmoud Abbas par des manifestations de soutien . La Cisjordanie a évolué face à son expérience de ni-guerre ni-paix bénéfique, surtout au contact des arabes israéliens qui envahissent ses centres commerciaux et ses villes. Ils ont goûté au luxe et aux plaisirs de la vie et leur réalisme a contaminé Mahmoud Abbas. Il pourrait alors mettre au pied du mur le premier ministre Benjamin Netanyahou, présenté dans une nouvelle biographie sous un aspect inédit : « il est indécis, hésite, une ligne de conduite qui caractérise son caractère encore aujourd’hui…ses jongleries et ses multiples bévues dans la gestion des affaires ont dévoilé un manque de maturité politique et une absence de leadership... il est excellent comme second mais incapable de naviguer seul, être commandant de bord ».
De leur côté, certains dirigeants israéliens acceptent dorénavant l’idée d’un partage de Jérusalem sous réserve que la vieille ville reste sous souveraineté israélienne. Les raisons sécuritaires liées à l’étroitesse du pays leur imposent de garder uniquement trois groupes de grandes implantations : Ariel, Maale Adoumim et Goush Etsion. Ces villes ne seront jamais évacuées car elles ont été conçues pour la défense du pays : la première contre une attaque dans sa partie centrale la plus étroite, la seconde pour la protection de Jérusalem et la troisième pour la défense du flanc central sud. Des compensations de territoires peuvent être envisagées ainsi que la cession de villes arabes israéliennes, Oum-El-Fahm ou Taybé, sous réserve d’acception par ses habitants rétifs à vivre sous gouvernance palestinienne.
L’avenir reste dans la volonté du Hamas de jouer, comme le Fatah, le jeu de la démocratie pour être considéré comme un interlocuteur fiable capable d’imposer à son peuple une décision acceptée et signée. La chute des dictatures arabes pourrait lui donner l’occasion d’être inséré dans le concert des organisations sérieuses non terroristes. Mais par nature, il restera attaché à ses convictions et à ses dogmes et donc, il est peu probable qu'il prendra le bon tournant politique. Cependant nous avons eu ces derniers temps de telles surprises dans le monde que plus rien ne nous surprendra.

jeudi 28 avril 2011

SLATE : La Syrie au bord de la guerre civile



SLATE : La Syrie au bord de la guerre civile

par Jacques BENILLOUCHE

La révolte d'une partie de la population syrienne contre le régime de Bachar El-Assad se transforme en conflit armé entre communautés.


La révolte en Syrie est sur le point de basculer. Le soulèvement est proche de se transformer en conflit armé entre communautés à l’instar de ce qui se passe en Libye. Les kurdes ont apparemment décidé de se joindre aux manifestants. A Amouda, dans la région de Qamichli, des milliers de Kurdes se sont mobilisés le 26 avril en solidarité avec la population syrienne sunnite pour braver, de nuit, l’interdiction de manifester en parcourant la ville à la lumière des torches.....

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mardi 26 avril 2011

SLATE : Sarkozy-Netanyahou: les «frères» devenus ennemis



SLATE : Sarkozy-Netanyahou: les «frères» devenus ennemis

par Jacques BENILLOUCHE

Des documents issues de Wikileaks montrent que depuis 2009 les relations diplomatiques entre la France et Israël n'ont cessé de se dégrader.


L'opinion israélienne n'avait pas accueilli avec enthousiasme l'arrivée au pouvoir de Barack Obama, soupçonné d'être trop sensible aux thèses palestiniennes.  Certains dirigeants israéliens, inquiets de la dépendance diplomatique et militaire vis-à-vis des Américains, souhaitaient s'affranchir de la mainmise des Etats-Unis en tentant de nouer de meilleures relations avec l'Europe et notamment la France et le Royaume-Uni......

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http://www.slate.fr/story/37261/sarkozy-netanyahou-freres-devenus-ennemis

 

dimanche 24 avril 2011

BASSAR AL-ASSAD MASSACRE EN SILENCE LES SYRIENS



BASSAR AL-ASSAD MASSACRE EN SILENCE LES SYRIENS

Par Jacques BENILLOUCHE


            La politique ne supporte pas la morale puisque les massacres persistent en Syrie sans qu’aucune action ne soit entreprise par l’occident pour venir au secours de populations soumises à une dictature implacable. Ce fut déjà le cas lors des émeutes en Iran durant lesquels l’occident a tourné la tête pour ne pas se voir impliqué. Bassar Al-Assad est pourtant l'un des adversaires les plus implacables des États-Unis. Il agit en tant que proche allié de l'Iran tout en fournissant des armes iraniennes au Hezbollah au Liban, et au Hamas de la bande de Gaza. Depuis 2003, le régime syrien a aidé des milliers de djihadistes à se répandre à travers le monde arabe et même en Irak où ils ont attaqué les soldats américains. Il a déstabilisé le gouvernement pro-occidental du Liban voisin en parrainant une série d'assassinats. Et pourtant, ces massacres exécutés contre le peuple syrien, à grande échelle, n’ont provoqué aucune réponse ferme des démocraties occidentales comme cela a été le cas en Libye.

Des dizaines de morts

            Les observateurs politiques estiment que le président syrien n’a pas su s’opposer à la contestation de son régime autocratique. Il avait le choix entre faire des concessions qui auraient été interprétées comme une preuve de faiblesse ou engager la répression avec le risque de radicaliser encore plus son opposition. Il a choisi la répression sanglante sous le regard indulgent du reste du monde.
            Les villes de Damas, Daraa, Hama et Izraa sont à feu et à sang et l’on y compte déjà plus de 100 morts et des blessés par centaines. À Deraa, plusieurs milliers d’émeutiers se sont rassemblés à la sortie des mosquées en exigeant l' « annulation de l'article 8 » de la Constitution, qui consacre l'hégémonie du parti Baas. Israël n’a pas été oublié des manifestants puisqu’à Zabadani, à 50 km au nord-ouest de Damas, ils ont crié : « Ni le Hezbollah ni l'Iran, c'est nous qui allons libérer le Golan ».
L’armée tire à vue à balles réelles et ne respecte pas la trêve des funérailles puisque  quinze autres victimes ont été dénombrées durant leur déroulement. Certains blessés sont contraints à la mort parce que l’armée bloque les ambulances pour masquer le nombre de morts et de blessés. Le Comité syrien de défense des droits de l’homme a précisé que   « les forces de sécurité syriennes ont commis des massacres dans plusieurs villes et régions aujourd'hui en Syrie, faisant jusqu'à présent 72 morts et une centaine de blessés ». Débordé, le président Assad a fait appel à son allié, l’Iran, pour l’aider dans sa répression de ses citoyens. D’ailleurs, le pouvoir commence à se fissurer car, au risque de leurs vies, deux députés Nasser Al-Hariri de Daraa et Khalil Al-Rifai ont démissionné de leurs mandats pour s’élever contre les massacres. Le régime n’est pas de nature à pardonner ce genre d’écart.

Frontières israéliennes dégarnies

            Les seules réactions à ces massacres sont des paroles diplomatiques sans lendemain. Le président Obama a condamné « l’utilisation scandaleuse de la violence » tandis qu’Alain Juppé a menacé Bassar El-Assad de le déférer devant le Tribunal Pénal International. Aucun des deux dirigeants n’a cependant réclamé le départ du président syrien. À Londres, le secrétaire au Foreign Office, William Hague, a qualifié d' « inacceptable » le fait que des manifestants aient été tués par balles en Syrie et a demandé que « la levée de l'état d'urgence soit vraiment appliquée ».
            Les services de renseignements israéliens révèlent que de nombreuses troupes quittent la frontière israélo-syrienne pour faire mouvement vers les villes afin de remplacer celles dont les officiers, ayant refusé de tirer sur la foule, ont dû être exécutés en secret. Le président Assad semble exploiter ses dernières cartouches car les manifestants, bien armés, s’opposent à ses forces de sécurité en leur interdisant l’accès à certaines régions. La nécessité d’une augmentation d’une puissance de feu pour les contrer justifie ce nouveau déploiement de forces.   
Le président Assad compte, pour sa survie politique, sur sa onzième division alors que jusqu’alors  il l’avait gardée en retrait pour lui préférer les hommes de ses services de sécurité très fiables, la Garde républicaine et la 4ème division commandée par son jeune frère, le général Assad Maher . Il s’inquiète en effet de voir les émeutes s’étendre à Damas après avoir constaté des violences dans plus de seize villes principales et dans trois villes kurdes.
Les chefs de l’armée ont pris des mesures de réorganisation pour contrecarrer l’avance des émeutiers. Ils ont décidé de diviser le pays en trois régions militaires en faisant appel aux  troupes frontalières qui ont pris position dans les villes : Damas et sa banlieue, le centre du pays avec Alep, Homs et Hama et enfin le sud et le djebel druze. La révolte s’étend au sein même de l’armée et en particulier au sein de la 7ème division blindée basée dans la ville stratégique de Katana.
Mais le régime syrien a décidé de prendre de gros risques en déployant une armée de 220.000 hommes composée à 75% de musulmans sunnites, de kurdes et de druzes, qui ont souvent été les victimes de répression de la part du régime alaouite syrien. Devant l’étendue des massacres, les militaires deviennent en effet solidaires des émeutiers tandis que l’éclatement de l’armée risque de se produire avec des défections de plus en plus nombreuses, signalées dans tous les corps d’armée.
Bassar Al-Assad dispose encore, autour de lui, d’un carré d’irréductibles et surtout des troupes du Hezbollah qui pourraient intervenir en masse, sur simple ordre de l’Iran, pour sauver le régime. Quelques éléments étaient déjà intervenus pour réprimer les premières  contestations mais il aurait besoin de plusieurs centaines de combattants en provenance du Liban. Cependant, la contrepartie politique à une intervention du Hezbollah risquerait d’être élevée et il est peu probable que les israéliens observent avec passivité cet éventuel pacte militaire actif. 

mercredi 20 avril 2011

BILLET D’HUMEUR : LA MORT SANS NATIONALITE



BILLET D’HUMEUR : LA MORT SANS NATIONALITE

Par Jacques BENILLOUCHE

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Nous avons suffisamment fustigé le comportement du Quai d’Orsay, souvent anti-israélien, pour relever, avec intérêt et objectivité la prise de position de l’un de ses représentants en Israël. L’occasion en a été donnée avec la mort du jeune Daniel Viflic, un adolescent israélien de 16 ans, grièvement blessé le 7 avril par le tir d’un missile anti char contre un bus scolaire, à partir de la bande de Gaza. Ce tir avait été revendiqué par les Brigades Ezzedine Al-Qassam, le bras armé du Hamas, qui ne mesurent pas que l’action contre des populations civiles ne les grandit pas et discrédite un  combat qualifié de lâche.

La victime n’était pas française et pourtant, le chargé d'affaires de l'ambassade de France a tenu à se déplacer personnellement et à présenter, le 18 avril, ses condoléances à la famille. Il s’agit d’un geste engagé et innovant qui cautionne la politique du gouvernement français à l’égard d’Israël car le diplomate s’était rendu à la « shiva tenue à la mémoire de Daniel Viflic, pour présenter au nom d’Alain Juppé, Ministre d'Etat, ministre des affaires étrangères, ses condoléances à la famille ». Il a rappelé à cette occasion que « la France avait condamné avec la plus grande fermeté cette attaque terroriste et a assuré la famille de notre sympathie devant les conséquences tragiques de cette violence inqualifiable ».

Il s’agit pratiquement d’une première, d’un acte qui préfigure peut-être une nouvelle sensibilité politique française, à l'encontre des attentats aveugles et à l’égard d’Israël, prônée par le nouveau ministre des affaires étrangères. Cette condamnation du Hamas, sans contrepartie, est une prise de position diplomatique ferme à laquelle nous étions peu habitués  d'autant plus qu'elle n’était pas couplée avec une condamnation implicite de l’Etat d’Israël, souvent voué aux gémonies, et toujours coupable même lorsque les faits à son actif étaient probants.

L’Ambassade de France, sous la responsabilité de Christophe Bigot, a tenu ainsi à démontrer, aux yeux du monde libre, que les morts n’ont pas de nationalité et que la violence ne pouvait jamais se justifier, à fortiori lorsqu’un jeune religieux, un enfant de Dieu, en est la victime.  Mais à Gaza, tout est violence et le peuple, soumis aux islamistes, paie les errances de ses dirigeants qui ne veulent pas assimiler le postulat que chaque mort juif éloigne d'autant l'espérance d’une paix entre les peuples.

samedi 16 avril 2011

BILLET D’HUMEUR : LACUNES DIPLOMATIQUES ISRAELIENNES



BILLET D’HUMEUR : LACUNES DIPLOMATIQUES ISRAELIENNES

Par Jacques BENILLOUCHE
                 
Yossi Gal, Ambassadeur d'Israël en France
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          En août 2010 , le problème des lacunes israéliennes en matière de diplomatie vis-à-vis de la France avait été soulevé. Elles n’arrangent pas les affaires de la « hasbara », terme regroupant les opérations de communication qui cherchent à défendre le point de vue et la politique de l’État d’Israël auprès de l’opinion publique internationale. Invité de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, l’ambassadeur israélien Yossi Gal s’est fait littéralement « déchirer » par des députés en verve, exploitant ses difficultés linguistiques.
Les décisions politiques des dirigeants israéliens sont rarement prises en fonction de l’intérêt diplomatique. Les lacunes de la communication d’Israël sont notoires et elles expliquent souvent que le pays soit voué aux gémonies parce qu’il se défend mal. La nomination du nouvel ambassadeur d’Israël en France ne déroge pas à la règle. Sa compétence diplomatique n’est pas en cause après avoir servi dans différentes représentations à l’étranger. Son dernier poste de directeur du ministère des affaires étrangères en a fait un expert diplomatique israélien. Mais Yossi Gal ne parlait pas le français à sa nomination et en quelques mois il n’a pas eu le temps de dominer la langue de Molière avec ses difficultés, ses finesses, ses profondeurs et ses nuances.
Les députés français s’en sont donnés à cœur joie et, face à la rudesse des joutes politiques, ils ont fait une bouchée de notre ambassadeur. Il est vrai que de nombreux représentants politiques français calquent leur position sur celle du Quai d’Orsay qui, depuis 1958, est peuplé de diplomates à particule, issus de la vieille aristocratie française franchement pro-arabe et parfois, antisémite.
Mais il aurait dû moucher les intervenants agressifs qui, eux, n’ont pas usé de langage diplomatique. Ses réponses étaient molles et polies, parfois à côté de la question, comme s’il récitait les pages de son livre de diplomatie « pour les nuls » alors que, face à des députés chevronnés en langue de bois, il avait à se comporter en tacticien sans nuances. Mais pour cela il devait dominer le débat par des phrases assassines, des références inattaquables, des expressions fortes et parfois un certain culot digne des hommes politiques retors. Dès lors où il était attaqué de front, il ne devait plus hésiter à sonner la charge, nommément, contre ceux qui n'ont aucun complexe à arborer ouvertement leur engagement pro-arabe.
Depuis de nombreuses années Didier Julia, proche des irakiens, était acquis aux thèses de  Saddam Hussein. Ainsi, du 14 au 17 septembre 2002, alors que la guerre en Irak menaçait, il s’était rendu sur place pour manifester son soutien au dictateur. Vice-président du groupe d'amitié France-Irak à l’Assemblée nationale, ainsi que du groupe d'amitié France-Libye, et simple membre des groupes d'amitié avec l'Arabie saoudite, l'Iran, le Liban, et la Syrie, Didier Julia était donc discrédité pour avoir une position objective sur Israël et pour se permettre de qualifier de « propagande » les propos de Yossi Gal.
Hervé de Charrette, ancien ministre des affaires étrangères de Giscard d’Estaing, émarge lui, aux finances arabes puisque, depuis juin 2008, il est président de la Chambre de Commerce franco-arabe. Il s’était exprimé à la télévision Oumma.tv en mentionnant clairement « l’ambition de la France qui est de faire de Paris, une des plus grandes places de la finance islamique en Europe ». Cela pourrait ainsi expliquer son assertion que « le sort fait à la population de Gaza est franchement odieux ».
Quelques députés pro-israéliens ont eu du mal à s’exprimer face à ce lot de haine et de désinformation qui se déversaient contre l’ambassadeur. Mais la crainte est grande de voir  Yossi Gal à présent s’exposer à la télévision française, face à des journalistes toujours prompts à exploiter la faiblesse linguistique de leur intervenant. Les pointures de langue française ne manquent pourtant pas en Israël.

Références de l'article : 

mercredi 13 avril 2011

GUYSEN-TV : LE HAMAS ET LES RISQUES DE GUERRE




GUYSEN-TV : LE HAMAS ET LES RISQUES DE GUERRE

30 MINUTES POUR LE DIRE
Débat du 12 AVRIL 2011

Animé par David SEBBAN avec 

Jacques BENILLOUCHE et Robert ROUACH

PARTIE-1
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PARTIE-2

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lundi 11 avril 2011

SARKOZY-NETANYAHOU : LA DECEPTION



SARKOZY-NETANYAHOU : LA DECEPTION

Par Jacques BENILLOUCHE
                 

          L'opinion israélienne n'avait pas digéré l'arrivée au pouvoir de Barack Obama, accusé d’avoir des amitiés préférentielles avec les Palestiniens. Certains dirigeants israéliens, inquiets de la dépendance accrue vis-à-vis des Américains, souhaitaient s'affranchir de la mainmise américaine en posant ouvertement la question d'un rééquilibre des relations avec l'Europe.


Réunion stérile

Benjamin Netanyahou était donc venu rencontrer à Paris le 24 juin 2009, Nicolas Sarkozy, son modèle et ami , pour envisager sérieusement de se rapprocher de l’Europe. Cette réunion n’avait pas donné de résultats tangibles et il s’est avéré que les relations entre Israël et la France s’étaient distendues sans que l’on sache alors l’objet des blocages. La diplomatie française n'était pas parvenue à retrouver un rôle dans le processus de paix moribond au Proche-Orient. Ni Israël et ni les Américains ne voulaient d'un retour diplomatique de l'Europe et de la France.
Un article publié le 1er novembre 2010, sur la foi d’indiscrétions israéliennes,   faisait déjà part de tensions entre la France et Israël et précisait que rien n’allait plus entre Nicolas Sarkozy et Benjamin Netanyahou. Le président français entendait bien profiter du refroidissement des relations entre Israël et les Etats-Unis et de l'impopularité de Barack Obama pour réinsérer la France dans le dialogue israélo-palestinien d’où l’Europe, d’ailleurs, est exclue. Le président français avait décidé, le 27 septembre 2010, de prendre l’initiative d’inviter les deux parties (Palestiniens et Israéliens) à Paris fin octobre pour prouver que l’Europe et surtout la France, pouvaient agir au Proche-Orient. Le Premier ministre israélien avait donné son accord puis s’était ravisé. Son bureau avait annoncé, sans autres précisions, que cette réunion était reportée sine die: « Après consultations, les parties concernées se sont mises d'accord pour décider d'une autre date. » L’initiative française avait été enterrée car, selon des diplomates cités par le journal Haaretz, « Netanyahou s'est rendu compte qu'il serait soumis à une pression énorme sur la question des colonies et a donc décidé d'annuler sa participation ».

Confiance altérée

Rien n’avait été publié sur les raisons profondes de cette volte-face mais de nouvelles révélations apportent un éclairage sur les causes de ces tensions. Les indiscrétions de WikiLeaks rapportées par Haaretz précisent que les relations s’étaient refroidies dès la réunion de 2009 qui n’a pas été aussi chaleureuse que décrite. Malgré la demande expresse du premier ministre israélien, Nicolas Sarkozy avait refusé tout tête-à-tête craignant que le compte rendu de la réunion soit biaisé : « Après un tête-à-tête, chaque camp accuse ce qu'il veut ».  C’est dire le degré de confiance qui inspirait alors les deux dirigeants. Ils se connaissaient pourtant depuis 2003, alors qu’ils étaient ni l’un ni l’autre aux affaires au sommet. Mais arrivés au pouvoir, ils n’ont plus montré dans leurs relations la même chaleur dès lors où le pragmatisme politique prenait le pas sur la sympathie mutuelle.
Kathleen Allegrone attachée politique à l'ambassade américaine à Paris, a confirmé dans l’un de ses câbles que la position personnelle de Nicolas Sarkozy se distinguait de la position officielle du gouvernement français. Tenant à manifester de profondes réserves sur la politique suivie par Israël, il a exigé de l’exprimer en présence de témoins, deux conseillers de chaque côté, et en particulier de son conseiller sur les affaires du Moyen-Orient, Boris Boillon, actuel ambassadeur en Tunisie. La confiance n’était plus de mise quand les intérêts priment sur l’amitié.
Nicolas Sarkozy a alors marqué sa grande fermeté sur des questions sensibles pour Israël, a savoir le démantèlement des colonies et la levée totale des barrages routiers en Cisjordanie : « Vous n'avez rien à gagner à eux et ils ne fournissent aucune sécurité. ».  Daniel Levy, fonctionnaire à l'ambassade d'Israël à Paris présent à la réunion, a confirmé le mutisme d’un Benjamin Netanyahou dérouté par l’attaque directe de son « ami » et a précisé qu’il n’y avait eu « aucune véritable discussion » dans la mesure où le président français monopolisait à lui seul la parole. Il avait insisté sur la nécessité de mesures plus concrètes car «  plus vous attendez et plus vous vous perdrez. » Il avait aussi rejeté le principe de la reconnaissance d’Israël comme Etat juif car «  les Palestiniens pourraient interpréter cet énoncé comme un signe que nous ne soutenons pas le droit de retour ».

Des voix perdues

Les révélations de WikiLeaks risquent de choquer la communauté juive entièrement dévouée au président français puisque 82 % des voix juives se sont portées sur son nom en 2008. Cette propension de double langage à reconnaitre certains concepts pro-israéliens en privé mais à  les nier en public pourrait être assimilée à la position de certains dirigeants palestiniens qui s’expriment différemment face à leur peuple et à l’opinion internationale. Une grande déception pourrait atteindre ceux des français qui lui vouaient une inconditionnelle dévotion.
A l’heure où les dirigeants politiques français, Marine le Pen en particulier, recherchent les attentions de la communauté juive, ces révélations risquent de porter préjudice à la position du candidat UMP aux prochaines élections présidentielles. On se souvient qu'une levée de boucliers des instances juives avaient provoqué, en partie, l’échec de Valéry Giscard d’Estaing lors de sa réélection.  
Plus près de nous, quatre candidats français sollicitent les voix des électeurs franco-israéliens pour le poste de député représentant les Français établis hors de France aux législatives de juin 2012.  Valérie Hoffenberg , représentante spéciale de la France pour le processus de paix au Moyen-Orient, a été désignée par l’UMP mais pourrait pâtir de ces révélations.  Elle aura à s’expliquer auprès de ceux qui risquent de détourner leur vote vers d’autres horizons. Elle a d’ailleurs été prise à partie par le député de Paris Claude Goasguen : « Elle est trop pro-palestinienne pour nous représenter dans cette 8e circonscription (Israël, Malte, Turquie)  où les Français d’Israël pèse 70% de l’électorat ». Israël revient ainsi en force dans le débat politique français.

samedi 9 avril 2011

2007 : LA PREMIERE INTERVIEW EXCLUSIVE DE MARINE LE PEN par UN JOURNALISTE ISRAELIEN



2007 : LA PREMIERE INTERVIEW EXCLUSIVE DE MARINE LE PEN PAR UN JOURNALISTE ISRAELIEN

Par Jacques BENILLOUCHE



Jacques BENILLOUCHE a été le premier journaliste israélien à interviewer, en 2007, Marine Le Pen. Le Front National avait immédiatement accepté, sur notre demande, le principe d’une discussion non préparée. Nous avions anticipé, à l’époque, la montée de celle qui devait devenir plus tard la présidente du parti. 
Jacques BENILLOUCHE a été invité dans l’ancien siège historique du parti, « le Paquebot » à Saint-Cloud, banlieue ouest de Paris. L’interview, qui a duré trente minutes, s’est terminée par la dédicace de l’ouvrage « A contre-flots » écrit par celle qui n’était alors que la fille du président. 
La direction de ma rédaction de l’époque, après de longs débats, n’avait pas jugé utile de publier ce dialogue de crainte de faire une publicité déplacée à une adversaire potentielle d’Israël. Il semble bien que la politique du bâillon ne fût pas très judicieuse puisque Marine Le Pen est, malgré cela, montée dans les sondages et a même acquis auprès de certains israéliens une honorabilité qui les pousse à recommander de voter pour elle aux prochaines élections.
Le débat sur le Front National prenant de l’ampleur, j’ai jugé utile aujourd'hui de mettre à la disposition de mes lecteurs l’interview qui n'a pris aucune ride et qui permettra de constater que Marine le Pen avait engagé, à l’égard des juifs, une stratégie à long terme qui semble à présent porter ses fruits.  
PARTIE-1
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PARTIE-2
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vendredi 8 avril 2011

ISRAEL TENTE DE NEUTRALISER LES ISLAMISTES



ISRAEL TENTE DE NEUTRALISER LES ISLAMISTES

Par Jacques BENILLOUCHE
            
Bien que les évènements de Libye soient loin de ses frontières, Israël suit avec intérêt l’évolution de la situation dans la partie contrôlée par les insurgés qui ont reçu le renfort de nombreux islamistes libérés par le colonel Kadhafi pour atténuer la pression contre son régime. Le risque islamiste est sérieux dans la région et il a été confirmé par le vice-ministre des affaires étrangères, Khaled Kaïm, à l’occasion d’une réunion avec les ambassadeurs de l’Union européenne. Selon lui, il est fortement acquis qu’Al-Qaeda a installé un émirat islamique à Derna, dans l’Est de la Libye.

Le soutien de l’Aqmi

Le gouvernement libyen avait organisé la répression contre les islamistes réunis au sein du Groupe Islamique Combattant en Libye (GICL) et du Mouvement islamique des Martyrs qui se cachaient dans les massifs montagneux du Djebel Al-Akhdar. Soumis à d’intenses bombardements par les forces du colonel Kadhafi, ces groupements ont rejoint Al-Qaeda officiellement en 2007 pour intervenir au cœur du combat politique en réussissant à internationaliser le combat au nom de l’islam.
            L’Aqmi a officiellement apporté son soutien aux émeutiers libyens dans l’insurrection contre le régime libyen au point où les occidentaux craignent actuellement l’avènement d’une situation incontrôlable comme en Afghanistan. Le colonel Kadhafi avait effectivement annoncé qu’il combattait avant tout Al-Qaeda mais on avait jugé que sa déclaration était une sorte de diversion. Or il semble à présent qu’il y avait une certaine réalité dans cette menace.  
Dans ce chaos généralisé, Israël craignait que les islamistes s’emparent de matériels militaires sensibles comme les missiles portables anti-aériens Manpad Sa-7. Ses services de renseignements ainsi que les services de sécurité maliens ont confirmé ces craintes : « Aqmi a profité de la situation pour se procurer des armes lourdes qui ont été transportées dans la zone sahélienne ». Cette inquiétude est partagée par les algériens puisque le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel, estime que l'Aqmi pourrait « s'accaparer un armement lourd et sophistiqué de nature à mettre en péril la sécurité dans cette région et bien au-delà ». Le risque était grand de voir l’Aqmi s’équiper de ce matériel pour devenir une véritable armée qui apporterait son soutien au terrorisme.  
Israël observait l’émergence de ces nébuleuses islamiques comme un danger potentiel pour sa propre sécurité. Le Daily Telegraph avait d’ailleurs annoncé que des militants islamistes recrutés à Derna par un certain Abdel Halkim al-Hasadi combattaient dans les rangs des rebelles à Ajdabiya. Leur capacité à détourner l’objectif de la rébellion était mesurée aux actions étrangères au combat contre le régime libyen.

Armes de destruction massive

            Les services de renseignement israéliens ont révélé que les insurgés avaient réussi à s’emparer des installations militaires libyennes et des stocks d’armement qu’ils contenaient. Mais l’attention était portée sur les armes non conventionnelles. Les rebelles ont accepté en effet de vendre au Hezbollah et au Hamas, pour plusieurs millions de dollars, des milliers d’obus chimiques constitués de gaz moutarde et de gaz neurotoxique. Avec leurs moyens électroniques et satellitaires, les israéliens suivent à la trace les convois de ces armements spécifiques, escortés par des militants islamistes venus directement du Liban pour conduire leur chargement dans une première étape au Soudan avant la destination finale du Liban et de Gaza.
            Les israéliens s’inquiètent de l’usage qui pourrait être fait de ces bombes chimiques à leurs frontières d’autant plus que le Hezbollah vient d’acquérir des drones fournis par l’Iran. Des envoyés iraniens ont participé à une réunion secrète à Benghazi avec les chefs rebelles, la plupart issus de l’armée régulière, pour négocier et chiffrer le transfert de ces armes de destruction vers leurs alliés. Ces informations ont été corroborées par l’amiral américain commandant suprême des forces alliées en Europe, James Stavridis, qui a annoncé le 29 mars devant le Sénat américain qu’il avait détecté « des signes révélateurs de la présence d’insurgés islamiques dirigés par Al-Qaeda et le Hezbollah aux côtés des rebelles libyens ».
            Il est fort improbable que les militaires israéliens permettent à un armement de destruction massive de parvenir à destination. Un missile lancé par un drone non identifié en provenance de la mer Rouge, le 5 avril,  a détruit un véhicule Hyundai en tuant ses deux passagers à Kalanaeeb, au sud de port Saïd. Il visait des représentants du Hamas, basés au quartier général des Gardiens de la Révolution à Port Soudan. Ils étaient chargés de la transaction de la cargaison d’obus chimiques à destination du Hezbollah et de la bande de Gaza. Le Soudan, qui négocie la suspension des sanctions à son encontre et son retrait de la liste des pays soutenant le terrorisme craint que Washington utilise cet incident pour renoncer à l’inclure dans les pays fréquentables.
Le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Igal Palmor, a refusé de commenter cette action attribuée à Israël par le ministre soudanais Ali Karti : «  Il s’agit absolument d’une attaque israélienne ». Des raids similaires avaient déjà eu lieu en 2009 au Soudan contre des convois d'armes à destination du mouvement islamiste Hamas, et ils avaient aussi été attribués à Tsahal.
Selon des sources arabes, le raid aérien pourrait avoir été effectué sur la foi d'informations fournies par l'ingénieur du Hamas, Dirar Abou Sissi, actuellement détenu en Israël et suspecté d'être le « père des Quassam ». Un missile a touché le véhicule dans lequel se trouvaient un haut militaire iranien et le responsable de l'armement de la branche armée du Hamas et successeur d'Al Mabhouh, lui-même éliminé à Dubaï l'année dernière.
En Israël, tous les journalistes sont convaincus que l’Etat d’Israël est derrière cette dernière action grâce aux fuites qui sont distillées. Il semble qu’en fait un commando de Tsahal est arrivé par voie maritime et a lancé un missile de surface sur le véhicule dont les passagers étaient arrivés par la route, depuis la ville Atbara au nord-Soudan. Les certitudes de l’implication d’Israël tiennent au fait que la méthode opérationnelle est typique d'éléments militaires de haut niveau, capables d’avoir une logistique pour agir à longue distance de leurs bases. En effet, aussitôt après l’attaque, un hélicoptère a récupéré le commando pour le déposer sur un navire naviguant sur la mer Rouge en longeant les côtes du Soudan.



mercredi 6 avril 2011

AIRBUS EN ISRAËL: SYMBOLE ECONOMIQUE ET POLITIQUE



AIRBUS EN ISRAËL


Par Jacques BENILLOUCHE
                 
De gauche à droite: le ministre du tourisme Stas Misezhnikov,Christophe Bigot, ambassadeur de France et David Kaminitz, PDG d'Israir.         photo: Daphna Gazith

                 La nouvelle nous a été communiquée par l’Ambassadeur de France, Christophe Bigot. La compagnie d’aviation ISRAIR vient de recevoir deux Airbus A320 à 160 passagers, commandés en 2007, et deux ATR-72-500, avions franco-italiens de  74 passagers. Cette décision serait banale si l'aspect commercial n’avait pas de ramifications strictement politiques.


                Airbus vient donc de faire son entrée dans le ciel israélien alors qu’il était pratiquement boudé par les compagnies israéliennes. En fait, la pression américaine était trop forte à chaque fois qu’EL-AL tentait de s’équiper de matériel européen. La décision avait été prise en 2006 de remplacer des Boeing par des Airbus mais le véto américain a immédiatement été transmis au gouvernement israélien, menacé de représailles sur l’aide annuelle américaine si EL-AL maintenait sa commande d’avions européens. Israir, compagnie plus autonome, axée sur la rentabilité de ses investissements, devient ainsi le premier client de l'avionneur européen en Israël. Il s'agit d'une brèche sérieuse taillée dans l'exclusivité de Boeing.

Symbole économique et politique

                Le symbole économique est important puisqu’Israël tente ainsi de se rapprocher de l’Europe et de diversifier l’origine de ses fournisseurs. Mais cette livraison d’avions prouve que les compagnies françaises peuvent s’affranchir de toute menace de boycott lancée par les pays arabes contre ceux qui commercent avec l’Etat juif. Elles ont affiché leur fermeté dans leurs convictions et présenté une fin de non-recevoir à tous ceux qui pensaient infléchir des décisions commerciales sur la seule base de la puissance pétrolière. Airbus n’aura pas à rougir de sa décision de s’opposer aux diktats de certains pays arabes.

                Le deuxième impact de ces nouveaux avions concerne la communauté juive de France qui représente 75% du trafic avec Israël mais qui subit le monopole de la compagnie EL-AL dans la destination française. Les prix sont souvent excessifs à certaines périodes de forte demande et entrainent de nombreux touristes français à s’orienter vers d’autres destinations plus clémentes dans les tarifs. L’arrivée d’un concurrent sérieux, Israir, pourrait faciliter la baisse des prix pour les aligner, au moins, sur ceux qui sont pratiqués vers d’autres destinations européennes, Londres en particulier. Les Airbus assureront, dans un premier temps des vols réguliers vers Nice en Côte-d’Azur mais la pression des usagers pourrait permettre l’ouverture d’autres escales, comme Paris.