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lundi 30 mai 2011

SLATE : ISRAEL SEMBLE AVOIR ABANDONNE GUILAD SHALIT



 ISRAEL SEMBLE AVOIR ABANDONNE GUILAD SHALIT

Par Jacques BENILLOUCHE


L'échange du soldat franco-israélien Guilad Shalit aux conditions imposées par le Hamas est jugé inacceptable par de nombreuses voix en Israël.

Cet article avait été publié le 9 décembre 2009 sur SLATE et il garde encore toute son actualité.

http://www.slate.fr/story/14173/gilad-shalit-israel-otage-hamas-abandon


Le portrait de Guilad Shalit au fronton de la mairie du 16ème à Paris
Le dogme de la sacro sainte solidarité des Israéliens avec leurs militaires, emprisonnés chez l'ennemi, semble remis en question. Tsahal s'était toujours engagé à faire revenir, mort ou vif, tout soldat aux mains des ennemis. Pourtant aujourd'hui, de toutes parts, s'élèvent des voix pour refuser l'échange du franco-israélien Guilad Shalit aux conditions imposées par le Hamas mais jugées inacceptables. Les parents des victimes d'attentats ont manifesté auprès de la Cour Suprême pour s'immiscer dans le choix des 980 libérables de façon à ce que la justice soit appliquée avec sévérité pour les assassins. Mais le gouvernement a déjà annoncé que les noms des palestiniens libérés ne seront en fait connus qu'une fois l'échange effectué.

Opposition des rabbins

La première opposition à la transaction vient d'une cinquantaine de rabbins, sionistes religieux, qui ont réussi à trouver dans la loi juive, la Halakha, des arguments pour s'opposer à la libération de prisonniers palestiniens. Ils estiment que « la vie de tellement d'autres juifs est en jeu ». Benjamin Netanyahou a mesuré la difficulté de la décision qu'il doit prendre et s'en remet dorénavant à la Knesset pour autoriser ou non un tel échange: « Le dilemme est lourd, et la décision est à prendre entre deux extrêmes. D'une part notre volonté de nous soucier du sort de nos soldats pour les ramener chez eux, parfois même au prix d'un risque pour des vies, une valeur très importante de notre tradition juive, et de l'autre, empêcher d'encourager de tels kidnappings dans le futur. Il s'agit d'une grande tension. Je n'ai pas pris position dans le passé en tant que chef de l'opposition, et m'en abstiens encore aujourd'hui. »
Des informations contradictoires ont été diffusées sur les tractations mais elles ont pour effet de semer le trouble dans une situation déjà compliquée. Ces difficultés expliquent les lenteurs d'une procédure aux multiples rebondissements. Le député travailliste Daniel Bensimon a dû se rétracter après avoir annoncé qu'il avait entendu de la bouche du premier ministre que l'accord était entériné et que l'échange devait se faire dans un délai de deux semaines. Ce démenti s'explique par le souci du gouvernement de limiter les sujets de friction avec le clan nationaliste déjà sensibilisé par la loi sur le gel des constructions en Cisjordanie qui pollue la vie politique israélienne.
La position des rabbins, qui ont créé un comité de lutte contre l'échange, ne manque pas d'étonner. Ils prônent l'utilisation de la manière forte ou tout au moins de sanctions économiques draconiennes à l'encontre de la bande de Gaza pour faire plier les ravisseurs. Pour l'un de leurs dirigeants, de la mouvance de la droite radicale nationaliste: «les responsables israéliens ne veulent pas faire la guerre pour libérer Shalit de crainte de provoquer des pertes civiles chez nos ennemis, mais l'éventualité de la mort d'israéliens innocents dans le futur ne les touche pas autant». Ce virage belliciste de religieux juifs, d'ordinaire soucieux du respect de la vie humaine, est une position nouvelle sans équivalence dans l'histoire récente.

Réticences de l'armée
Ils viennent d'être relayés par l'ancien commandant en chef des ressources humaines de Tsahal. Le général Eléazar Stern a fustigé « toute l'atmosphère créée autour de l'affaire Shalit et les manifestations en faveur de la libération du soldat qui montrent au Hamas qu'Israël est prêt à tout pour faire libérer Guilad. S'il n'y avait pas eu la transaction Jibril en 1985, jamais le Hamas ne se permettrait d'être aussi sûr de lui et exigeant aujourd'hui. » Il a laissé entendre qu'un mort supplémentaire n'ajouterait rien au drame de la centaine de soldats tombés au cours de la guerre du Liban de 2006 dont l'origine avait été précisément ce kidnapping. Il a enfoncé le clou en affirmant « que si Israël déclarait Shalit disparu au même titre que Ron Arad, et si la plupart des responsables Israéliens restaient fermes, le Hamas réviserait ses exigences à la baisse. Avec tout le respect à la famille Shalit, un gouvernement israélien doit avoir à l'esprit les vies qu'il met en danger en libérant des terroristes qui ne rêvent que de recommencer ».
Cette déclaration, venant d'un haut dignitaire militaire agissant peut-être sur ordre, semble annoncer un changement de doctrine de la part de Tsahal qui répugne à libérer des terroristes pouvant organiser d'autres attentats. Elle semble porter ses fruits puisque des concessions ont été obtenues ces derniers jours. Les prisonniers arabes, disposant de la nationalité israélienne, ne figurent plus sur la liste exigée par le Hamas. D'autre part, le premier ministre israélien a mis son veto sur la libération d'une cinquantaine de prisonniers considérés comme les plus dangereux. Pour contrebalancer ce qui pourrait être considéré comme une reculade, le Hamas a rappelé qu'il offrait une prime de plusieurs milliers de dollars pour l'enlèvement de nouveaux soldats depuis le territoire juif.
Mais les dirigeants du Hamas ne veulent pas être enfermés dans le piège israélien et ont affirmé que « la seule façon pour Israël d'obtenir l'élargissement de Guilad consiste à céder à nos exigences ». Ils ne laissent aucun doute sur leur détermination: « la liste des 450 détenus présentée à Israël ne changera pas ». Les égyptiens ont, eux-aussi, compris la tactique israélienne consistant à temporiser pour s'opposer aux diktats palestiniens. Leur ministre des affaires étrangères, Ahmad Gheit, a montré son impatience en précisant: « si vous voulez récupérer Guilad Shalit, vous devez payer le prix exigé par le Hamas ». Cette déclaration risque de conduire à l'effet inverse souhaité car Netanyahou peut difficilement accepter cette injonction sans être taxé de faiblesse par ses alliés.

Risque d'effet en chaine
Pour les Israéliens, la transaction ne doit en aucun cas encourager d'autres kidnappings. Israël craint par ailleurs l'effet psychologique, désastreux pour leur communication, de prisonniers libérés, ayant du sang sur les mains, pavoisant à leur retour dans leurs foyers en narguant ouvertement l'Etat-major israélien. L'information, non confirmée par Israël, qu'une équipe de médecins français a examiné le soldat prisonnier entre dans le cadre de la guerre médiatique que se lancent les deux parties pour attribuer à l'autre l'éventualité d'un échec des négociations.
C'est dire la difficulté dans laquelle se trouve Benjamin Netanyahou pour résoudre le dossier de Guilad Shalit. Quand aux parents de Guilad Shalit, ils risquent d'attendre encore avant que le portrait de leur fils ne soit démonté du fronton de la mairie du 16ème arrondissement de Paris.

dimanche 29 mai 2011

L’IRAN ET LA SYRIE POUSSENT LA TURQUIE A UNE REVISION POLITIQUE




L’IRAN ET LA SYRIE POUSSENT LA TURQUIE A UNE REVISION POLITIQUE

Par Jacques BENILLOUCHE

                

           
 
Les révolutions dans les pays arabes, les troubles persistants en Syrie et l’accord de réunification Fatah-Hamas ouvrent la voie à une redistribution des cartes politiques au Proche-Orient. Le leadership arabe souffre de l’absence d’un dirigeant charismatique capable de remplacer un Hosni Moubarak qui avait à la fois les faveurs des occidentaux et celles de l’ensemble des pays arabes. La région est en pleine effervescence car son équilibre passe par l’émergence d’une stature internationale incontestée. L’Iran se trouve confronté aux aléas des révolutions qui secouent la région tandis que la Turquie, qui avait investi dans une stratégie pro-arabe, réfléchit à reconsidérer son choix politique face à Israël. 

Attentats non revendiqués

            Les opposants locaux au régime iranien font preuve d’audace puisque, délaissant les manifestations interdites dans les rue de Téhéran, ils organisent attentats et sabotage. Ahmadinejad a été l’objet d’une tentative d’assassinat le 24 mai 2011 à l’occasion de la visite de l’une des principales raffineries à Abadan. Une explosion, qui a fait un mort et 25 blessés, a été attribuée à une fuite de gaz ou à une défaillance technique mais les autorités iraniennes réfutent toute hypothèse d’attentat.  Une même dénégation avait été enregistrée lors de la tentative du 4 août 2010 lorsque le cortège présidentiel avec été pris sous le feu d’une grenade. Il semble confirmé que l’explosion du 24 mai est due à une action d’opposants cherchant à déstabiliser le régime car de nombreux indices concordants apportent crédit à cette thèse.
Ahmadinejad se trouve au centre de querelles qui l’opposent aux Gardiens de la Révolution suite à son conflit sur le partage du pouvoir avec le guide suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei. Les partisans de l’ayatollah lui reprochent d’avoir violé le premier commandement de la République islamique qui impose l’obéissance totale au Guide iranien.  Ils l’accusent même de comploter pour le renverser et tiennent donc à le prendre de vitesse.
            Par ailleurs, certains veulent y voir l’action de services étrangers, le Mossad en particulier, qui veulent déstabiliser le régime en aidant une opposition à devenir active en Iran. L’élimination de scientifiques impliqués dans le programme nucléaire et la pollution des réseaux informatiques à l’aide du virus Stuxnet avaient déjà été attribuées à des mains étrangères.
Les raisons de ces attentats ont d’autres origines politiques et ethniques. La ville d’Abadan se trouve sur le Chatt El-Arab près de la frontière irakienne. Des agents infiltrés d’Arabie Saoudite et du Golfe tentent, dans cette région du Khuzestan, d’exploiter le mécontentement des arabes iraniens qui militent dans des mouvements de libération.  Des informations font état de manifestations de la minorité arabe à Ahvaz qui aurait fait des dizaines de morts en avril selon l’organisation Human Rights Watch. Les autorités iraniennes ont annoncé par ailleurs, le 21 avril, l’arrestation de huit membres du groupe Khalq-e arab (Le peuple arabe) , accusés d'une attaque armée qui aurait fait trois morts le 15 avril à Ahvaz. Le roi Abdallah d’Arabie a ainsi décidé de se substituer aux américains pour contrer l’expansionnisme iranien en favorisant des émeutes contre Ahmadinejad.   

Changement de stratégie turque

Les troubles en Iran et en Syrie inquiètent la Turquie qui réalise que son choix de se rapprocher des pays arabes pour en prendre le leadership n’était pas très judicieux. Des sources de renseignements font état d’instructions secrètes données par le premier ministre turc, Tayyip Erdogan, de réduire les liens avec Damas ce qui aurait pour effet de réchauffer ceux avec Israël. Il est passé aux actes en autorisant l’opposition syrienne à organiser une réunion à Anatalia, du 31 mai au 2 juin, pour développer les moyens d’aider la révolution populaire afin de renverser le régime de Bassar El-Assad.
De hauts dirigeants turcs cherchent à expliquer ce retournement de situation par leur refus de « soutenir un régime qui tue des civils musulmans dans la rue.  La Turquie est une démocratie musulmane qui ne doit pas soutenir des dictateurs qui assassinent leurs citoyens. » Le changement de stratégie a pris plusieurs formes.
Les turcs ne s’estiment pas liés par les sanctions financières de l’Union Européenne contre la Syrie mais ils ont conseillé à Bassar El-Assad de ne pas fouler le territoire turc. Ils ont menacé le régime syrien de mesures radicales s’il continuait à réprimer les kurdes du nord de la Syrie car les répercussions sont grandes au sein des kurdes du sud de la Turquie. Ils s’inquiètent ainsi de la contamination qui pourrait se propager dans une grande partie de leur pays. Enfin Erdogan a donné l’ordre de suspendre tous les entretiens téléphonés quotidiens avec Bassar El-Assad tant qu’il n’a pas réglé le problème de la révolte de son peuple.
Cette mise à l’index du régime syrien fait perdre à Bassar El-Assad les informations fondamentales sur l’opposition syrienne, transmises par les services de renseignement turcs, après l’ordre qui a été donné à Fidan Hakan , le chef turc des services de renseignements, de cesser ses voyages à Damas. La Turquie ne veut pas être accusée de manifester une quelconque solidarité avec son ancien allié, la Syrie. Elle cherche à présent à retisser les liens distendus avec l’Etat juif. Par ailleurs, l'aide massive de l'Iran qui fournit armes et conseillers pour briser la révolte syrienne crée un malaise parmi les dirigeants turcs.
Des informations concordantes font état d’un possible revirement turc vis-à-vis d’Israël  qui prendrait la forme d’une opposition à une nouvelle flottille prévue en juin pour briser le blocus de Gaza. Quinze navires ont été affrétés avec à leur tête le Marmara Mavi qui a subi l’attaque israélienne ayant fait neufs morts dans les rangs turcs. Il semble qu’en geste de bonne volonté le premier ministre ait décidé d’interdire  la participation turque à cette flottille. Il veut aussi prévenir toute intention de la Syrie de contrer sa révolution en prenant prétexte d’attaquer le nord d’Israël pour consolider la solidarité syro-turque.
Le Proche et Moyen-Orient sont à la veille de changements importants qui pourraient consolider la position israélienne et celle de son premier ministre, Benjamin Netanyahou.

lundi 23 mai 2011

BILLET D’HUMEUR : ISRAEL OUBLIE DE LA FRANCOPHONIE




BILLET D’HUMEUR : ISRAEL OUBLIE DE LA FRANCOPHONIE

Par Jacques BENILLOUCHE

            

              L’ancien premier ministre, Jean-Pierre Raffarin s’est déplacé au Liban le 22 mai 2011 pour, selon les communiqués officiels, plaider la cause de la francophonie dans le cadre d’entretiens sur l’espace culturel et francophone. Il a été reçu par Khalil Karam, représentant personnel du président libanais auprès de l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie). 

                Une anomalie persiste au sein de cette organisation, qui se veut culturelle, puisque Israël, malgré ses 10% de francophones, est exclu de l’OIF en raison de l’opposition ferme du Liban qui refuse que l’Etat juif soit accepté comme membre. Les centaines de milliers d’originaires des colonies françaises et des pays de l’Est, amoureux du français, sont les otages de l’intransigeance de certains pays arabes qui privilégient la politique. Pourtant  le secrétaire de l’OIF, Abdou Diouf, avait estimé, à juste titre, que la « langue française appartient à ceux qui ont choisi de la féconder aux accents de leurs cultures, de leurs imaginaires, de leurs talents ». Mais cette volonté de mêler la politique à la culture ne s’explique pas et rien n’est fait par l’Organisation pour considérer que la défense et la diffusion des textes de Zola, Camus, Balzac ou Victor Hugo doivent s’élever au dessus des intérêts politiques des dirigeants. La culture est un espace de liberté et de paix où les amoureux des textes, des mots et des phrases bien faites devraient se retrouver dans le seul combat pour la défense du talent et de la liberté de penser et d’écrire.

                La frilosité des dirigeants français, qui modifient des pans entiers de constitutions et qui refusent d’amender les statuts pour éviter le véto d’un seul pays à admettre un nouveau membre en son sein, ne se justifie pas. Il ne semble pas que l’ancien premier-ministre ait abordé le problème de la mise à l’écart d’Israël alors qu’il animait justement au Liban un débat sur le thème : « Francophonie et monde arabe ». Son prestige aurait pu être mis au service de la seule culture française pour corriger l’inanité de l’absence d’un pays où la langue française croit avec l’apport des juifs de France. 

Et pourtant les organisateurs de cette rencontre libanaise sont conscients de l’impérialisme de la langue anglaise. Ils assurent de l'importance de ce thème à une époque où l'espace francophone s'appauvrit, en qualité, et se rétrécit du fait de la concurrence de l'anglais. « Certes, disent-ils, une certaine opinion se rassure en affirmant que la francophonie a encore de beaux jours devant elle, et qu'il existe une élite qui maintient vivant l'amour de cette langue. Est-ce une raison pour négliger de prendre les mesures nécessaires pour maintenir la tradition francophone vivante et pour la valoriser par tous les moyens possibles ? ».

                Une simple mesure pourrait pourtant être décidée pour « maintenir la tradition francophone ». Il suffirait « d’annexer » le demi-million d’israéliens amoureux  d’une langue qui doit s’élever au dessus de toute contingence politique. Le vice-président du Sénat n’a pas jugé utile de « heurter » ses hôtes en soulevant le problème d’un voisin oublié.

DEBAT DU 24 MAI 2011 : LES TERRITOIRES





ACTUALIA

Forum d’analyses et de débats sur l’actualité
Vous invite à participer à son dernier forum de la saison 
                   
      MARDI 24 MAI à 20h

 

Salle « Félicia Blumenthal » 26,Kikar Bialik, Tel-Aviv

Parking angle Tchernikhovsky et Macccabi, puis, prendre l’escalier


QUEL AVENIR POUR LES TERRITOIRES ?
A la lumière du projet de déclaration d’indépendance des palestiniens, dans le contexte de la nouvelle donne liée aux révolutions arabes et après l’accord entre le Fatah et le Hamas 

Denis CHARBIT


Jacques KUPFER











Avec 
    
Dr DENIS CHARBIT 

Maitre de conférences en sciences politiques à l'Open University d'Israël



JACQUES KUPFER 

Président du bloc national des Juifs francophones, co-président du Likoud mondial

Modérateur :

JACQUES BENILLOUCHE, 
journaliste,
Correspondant du site d'informations françaises SLATE.fr
chroniqueur à  GUYSEN.TV, à KOL-ISRAEL et à divers médias francophones

Le débat avec la salle sera ensuite introduit par une présentation du  Dr Roland DAJOUX, écrivain
*
                 Une collation sera servie en fin de soirée
P.A.F. 45 Sh

Réservations obligatoires (mais sans engagement) à : 

      rogergoldstein@yahoo.fr, tel 09 950 00 71

mardi 17 mai 2011

GUYSEN-TV - NAKBA : LES TROUBLES AUX FRONTIERES



GUYSEN-TV - NAKBA :LES TROUBLES AUX FRONTIERES

Journal télévisé du 16 Mai 2011

Jacques BENILLOUCHE au micro de Myriam DANAN


Cliquer sur le triangle noir pour voir la vidéo


lundi 16 mai 2011

NAKBA : LA LOYAUTE DES ARABES ISRAELIENS REMISE EN QUESTION



NAKBA : LA LOYAUTE DES ARABES ISRAELIENS REMISE EN QUESTION

Par Jacques BENILLOUCHE

De l'arabe « Youm al-Nakba »,  le jour de la catastrophe désigne, selon les palestiniens, la création de l’Etat juif, le 14 mai 1948.  Lors de la guerre d’indépendance d’Israël, plus de 700.000 arabes ont été contraints à l’exil dans des camps voisins de la frontière au Liban, en Jordanie et en Syrie. Tous les ans, les arabes tiennent à marquer ce jour car ils veulent rappeler que  la résolution 194 de l'ONU  n’a eu aucune application concrète alors qu’elle stipulait que « les réfugiés qui désirent rentrer dans leurs foyers et vivre en paix avec leurs voisins devraient y être autorisés le plus vite possible ». Le principe de ce retour a toujours été refusé par tous les gouvernements israéliens.

Manifestations arabes

Jaffa est devenue la ville de plaisir des populations citadines voisines qui n’ont pas à souffrir des fermetures du Shabbat. Mais ce samedi 14 mai, un millier de manifestants arabes se sont répandus dans la rue principale alors que le quartier est habituellement envahi par les promeneurs de la nouvelle croisette de Tel-Aviv. D’ordinaire les odeurs de barbecues des familles arabes s’élèvent au dessus du bord de mer. Des autobus s’étaient parqués à l’entrée de Jaffa pour déverser de nombreux jeunes arabes venus de Galilée pour fêter ce jour de deuil palestinien. Ils agitaient des drapeaux palestiniens en narguant les promeneurs juifs qui réagissaient en les insultant. Les pancartes en disaient long sur le thème de la journée : « Nous avons le droit de retour », « nous n’abandonnerons pas Jaffa », « de Jaffa à Beyrouth, notre peuple ne périra pas. »
Au fur et à mesure que le cortège grossissait, les juifs préféraient quitter le quartier tandis que les slogans lancés contre le gouvernement israélien prenaient de l’ampleur. Les manifestants, ragaillardis par les récents soulèvements, semblaient vouloir prendre leur part dans la révolution arabe. Cependant, pour ne pas être accusés d’attiser la violence, aucun des députés arabes de la Knesset n’avait pris part à la manifestation et leur absence a été critiquée par les résidents  de Jaffa qui les ont accusés de lâcheté.
                L’arrivée de jeunes des autres villes avait inquiété les autorités qui ont envoyé de nombreux renforts de police et de militaires avec la consigne d’autoriser la manifestation mais de faire respecter l’ordre sans violence tandis qu’un hélicoptère tournoyait en permanence dans le ciel pour rendre compte de la situation aux autorités de sécurité. Les israéliens ont été surpris par ces manifestations qui n’avaient pas été prévues à Jaffa et qui étaient l’œuvre d’arabes disposant pourtant de la nationalité israélienne.

Loyauté arabe

Les spectateurs juifs ont très vite rejoint les thèses des nationalistes qui n’ont cessé d’exiger la loyauté de la communauté arabe vis-à-vis de l’Etat d’Israël. Or l’apparition de drapeaux palestiniens créait un malaise. Durant la campagne électorale, le slogan du ministre des affaires étrangères Avigdor Lieberman : « Il n’y a pas de citoyenneté sans loyauté » avait été matraqué sur tous les panneaux électoraux parce qu’il voulait mettre en doute le comportement de la communauté arabe face au conflit israélo-palestinien. Il vient d’ailleurs d’obtenir le vote d’un projet de loi de la Knesset qui exige que l’Etat inflige une amende aux autorités locales et autres organismes financés par l’Etat s’ils organisaient des évènements marquant la journée de la Nakba coïncidant avec le jour dédié à la fête de l’Indépendance nationale. Les députés n’ont cependant pas approuvé le projet initial qui prévoyait une peine de trois ans de prison à l’encontre de tout manifestant.
Cette loi entre dans la volonté des nationalistes israéliens de forcer la communauté arabe à se prononcer sur sa loyauté à l’égard du pays où elle vit ou alors de le quitter. Le député arabe Talab El-Sana a cherché à justifier la commémoration de cette journée de deuil en puisant dans l’Histoire du peuple juif : « Ce que les israéliens nous interdisent désormais, les Romains en leur temps n’interdisaient pas aux Juifs la commémoration de la destruction du temple, le jour de Tisha Be-Av. » Avigdor Lieberman trouve ainsi un justificatif à sa requête d’obliger les israéliens d'origine arabe à signer un serment de fidélité envers l'État juif sous peine d’être privés du droit de vote.
Le statut des arabes israéliens a toujours été controversé car, bien qu’ils disposent de tous les droits civiques, ils se distinguent de leurs concitoyens juifs sur le point fondamental de leur exemption du service militaire qui leur interdit certains postes sensibles. Les fils et petits-fils des 156.000 palestiniens qui étaient restés en 1948, représentent aujourd’hui une communauté de  1,5 million, soit 20 % de la population du pays qui restent éclatés entre le soutien affectif aux palestiniens et leur volonté pragmatique de rester en Israël.

Assimilation et intégration

Les manifestations de Jaffa étonnent car la population arabe, constituée de citoyens israéliens, est complètement assimilée tout en étant disparate. Les chrétiens constituent l’élite tandis que les arabes s’épanouissent économiquement bien qu’ils gardent certains reproches envers l’Etat : « Nous sommes des israéliens, nous nous sentons israéliens, nous parlons souvent un excellent hébreu, nous sommes diplômés de l'université, mais nous sommes toujours considérés comme des citoyens de seconde zone ». Mais depuis quelques temps, une nouvelle faune s’est jointe aux anciens. De nombreux arabes des territoires, anciens collaborateurs exfiltrés pour leur sécurité, ont reçu le droit de vivre dans la ville. Leurs enfants, comme ceux des harkis en France, posent des problèmes d’intégration et ils plongent dans la délinquance et dans le trafic de drogue. Ils sont alors pris en main par des extrémistes islamistes qui leur enseignent la contestation pour leur rendre leur identité perdue. 
La seconde intifada de 2000 avait agit en catalyseur pour les jeunes arabes de Jaffa, attisés par le mouvement islamiste local dominé par l'aile plus « pure et dure du courant du nord » de ce mouvement. Ils ont voulu exprimer la solidarité avec leurs concitoyens de Galilée, de Cisjordanie et de Gaza. Des démonstrations violentes à Jaffa avaient été punies par la paralysie du tourisme intérieur juif qui a été boudée par la clientèle aisée de Tel-Aviv à la recherche de restaurants exotiques et originaux arabes. La ville avait été frappée par un boycott dont elle a eu du mal à se relever économiquement. La situation n’était revenue à la normale qu’après 2004. La décision prise par les arabes de fermer tous les commerces et restaurants le 15 mai ne traduit pas un souci d’apaisement et pourrait être interprétée comme une déclaration de guerre économique. 

Soucis immobiliers

En fait les manifestations de la Nakba de 2011 ont d’autres motivations que le deuil de 1948. Les arabes s’inquiètent des nombreuses constructions à Jaffa, dans des aires résidentielles destinées à des acheteurs aisés et à des étrangers. La plupart des biens immobiliers appartiennent à l’église grecque qui fait l’objet de pressions financières pour ne plus renouveler les baux aux anciens locataires.  Les habitants arabes pensent ainsi faire les frais du remodelage de la ville dans des projets qui risquent de léser leurs droits parce qu’ils ont peur d'être évacués sans compensations raisonnables. Ils assistent à une judaïsation de la ville arabe par un effet de mode qui attire toute une caste de juifs aisés souhaitant s’installer dans une zone promise à un grand avenir immobilier.
Cette nouvelle situation immobilière, à l’origine de la mauvaise humeur arabe, était inscrite dans les livres d’Histoire. Dans les premiers mois de l'an 1948, les habitants arabes de Jaffa avaient abandonné graduellement la ville, surtout par voie de la mer, en espérant qu'ils pourraient retourner après la victoire attendue des forces arabes unies. Cet exode massif avait entrainé l’abandon de l’ancienne ville qui est restée longtemps en ruines. Mais la municipalité a décidé de redonner vie aux vieux quartiers en rénovant les vieilles bâtisses arabes abandonnées. De nombreux restaurants de luxe, tenus par des juifs, ouvrent dans des ruelles qui ont pris l’allure d’un petit village de Provence ou de la Dordogne.  Les boutiques de fringues se multiplient et  les galeries d’art remplacent progressivement des habitations sans confort trop usées pour être réoccupées.
Ces manifestations risquent d’avoir des conséquences politiques et économiques  graves car la ville, qui était prise d’assaut le vendredi et le samedi, risque de se voir boudée par la clientèle juive. Elles seront certainement exploitées par les nationalistes d’Avigdor Lieberman pour prouver qu’ils avaient raison de ne pas croire à la loyauté des arabes et qu’il faut donc les contraindre à l’exil. Elles risquent d’entrainer un nouveau boycott des commerces arabes de Jaffa accusés de sympathie avec les manifestants et de passivité à l’égard des extrémistes. Elles pourraient mettre un terme à toute illusion de cohabitation des deux communautés. Les tenants du Grand Israël englobant juifs et arabes pourraient avoir des raisons de réviser leur doctrine. 

jeudi 12 mai 2011

GUYSEN-TV : Benjamin NETANYAHOU à WASHINGTON



GUYSEN-TV : Benjamin NETANYAHOU à WASHINGTON

Débat du 11 mai 2011 animé par David SEBBAN 

Les attentes du voyage de Benjamin NETANYAHOU à Washington devant le Congrès américain le 22 mai

AVEC

Jacques BENILLOUCHE Journaliste 

et 

Samuel FLATTO-SHARON ancien député à la Knesset

Partie 1
Partie 2

mardi 10 mai 2011

SLATE : ISRAEL A CHANGE DE STRATEGIE FACE A L’IRAN



SLATE : ISRAEL A CHANGE DE STRATEGIE FACE A L’IRAN

Par Jacques BENILLOUCHE
           
Centrale nucléaire de Bushehr en Iran
         Le Mossad , l’organisation des renseignements israéliens la plus secrète de l’Etat d’Israël, devient de-facto le porte-parole officiel du gouvernement. Meir Dagan, son ancien responsable jusqu’en décembre 2010, s’exprime de manière régulière face aux médias et son devoir de réserve implique que les dirigeants israéliens cautionnent certainement ses propos. En dépendant directement du premier ministre, il occupait un rang de super ministre,  en faisant de lui le deuxième personnage du gouvernement. Sa position à l’égard de l’Iran n’a jamais été figée et elle a évolué en fonction des circonstances politiques du moment et des faits probants portés à la connaissance de l’opinion internationale.....

Lire la suite de l'article sur le site SLATE en cliquant sur le titre en rouge de l'article

http://www.slate.fr/story/37995/israel-iran-nucleaire-change-strategie



dimanche 8 mai 2011

RADIO KOL-ISRAEL : LE MOSSAD ET L'IRAN



RADIO KOL-ISRAEL : LE MOSSAD ET L'IRAN







Cliquer sur le triangle noir pour écouter l'émission
 




ACCORD FATAH-HAMAS OU L’ART DE L’ESQUIVE




ACCORD FATAH-HAMAS OU L’ART DE L’ESQUIVE

Par Jacques BENILLOUCHE

Abbas, Mechaal et Haniyeh


L’accord du Fatah et du Hamas est l’exemple type d’un accord sans lendemain car il esquive tous les problèmes réels en ne s’attachant qu’à l’illusion d’une réconciliation. Le monde change mais les principes restent au Proche-Orient. Les dirigeants palestiniens et israéliens se comportent comme si rien ne s’était passé dans la région et comme si aucune révolution n’était intervenue dans le monde arabe. Les procès d’intention persistent et la méfiance est élevée au rang de dogme.
Accord en demi-teinte

L'accord paraphé par les deux factions palestiniennes rivales, le Fatah de Mahmoud Abbas et les dirigeants du Hamas dans la bande de Gaza au Caire le 27 avril, a été salué comme «historique». Mais alors que les termes du projet n’étaient pas encore connus et avant d’en avoir soupesé les conséquences pratiques, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou s’est montré négatif en menaçant l’Autorité palestinienne : « Vous ne pouvez pas avoir la paix à la fois avec Israël et le Hamas ». De son côté, Mahmoud Zahar, ministre des affaires étrangères du Hamas maintient sa même ligne intransigeante : « pas de reconnaissance d'Israël et pas de négociation ». Il prévient par avance ses adversaires que le gouvernement transitoire, formé par les deux mouvements palestiniens, n'aura pas de mandat pour négocier avec Israël. Les deux parties ferment ainsi les portes à toute négociation.
Le premier ministre israélien prétend que ses inquiétudes sont liées à la faiblesse de l’Autorité palestinienne alors qu’il est vu par ses propres concitoyens comme un dirigeant faible, n’ayant pas de prise sur sa coalition et ne sachant pas prendre de vraies décisions courageuses. Son propos s’inspire des effets des précédents trois pactes de réconciliation entre Hamas et Fatah qui ont été signés dans le passé, sans grand résultat.
Mais le contexte, aujourd’hui, est différent. La Syrie qui parraine le Hamas est dans la tourmente et elle entraine dans l’inconnu l’Etat iranien qui, paradoxalement, reste muet depuis le début des révolutions arabes parce qu’il risque de perdre son vassal au Proche-Orient. Il n’en demeure pas moins actif en sous-main pour aider les organisations islamistes à émerger dans les pays où la révolution est passée. L’Egypte reste encore aux mains des militaires, toujours sous influence américaine tandis que Al-Qaeda subit le contrecoup de l’élimination de Ben Laden.

Les lignes ont bougé

Les lignes ont ainsi bougé et nul ne peut rester insensible aux changements qui sont attendus. Alors que la majorité des israéliens ne veut rien entendre à une éventuelle restitution d’une grande partie de la Cisjordanie, chaque faction palestinienne recherche ses propres intérêts. L’ambition, pour l’instant, de Mahmoud Abbas est d’améliorer sa crédibilité et sa légitimité internationale avant l’Assemblée générale des Nations-Unis qui doit statuer en septembre sur la demande de reconnaissance éventuelle d’un Etat palestinien indépendant. Quand au Hamas, il voit disparaitre ses appuis et ses moyens syriens et il risque de pâtir de la répression sanglante de Bassar Al-Assad contre la population civile.      
L’accord signé a conduit les palestiniens et certains pays occidentaux à un optimisme relatif alors que les difficultés, qui ne font que commencer, rendent les israéliens sceptiques sur l’issue réelle d’un accord réalisé en toute hâte. De toute façon, ils ne feront jamais confiance à un gouvernement qui comprend « les terroristes du Hamas » et ils savent en effet que Mahmoud Abbas a dû accepter des concessions majeures pour parvenir rapidement à un pacte finalisé. Il a dû, en particulier, renoncer à la position dominante du Fatah en Cisjordanie et accepter le principe que l’accord de paix éventuel avec Israël serait négocié avec la seule l’OLP, le parti du président, mais pas avec la nouvelle Autorité qui aura en son sein des membres islamistes. Enfin, le Hamas aura droit de veto sur les nominations de ministres et les négociations risquent de s’éterniser bien que les  palestiniens essaient de se montrer optimistes. Mahmoud Abbas l’a confirmé lors de la cérémonie du 4 mai en affirmant que les palestiniens ont décidé de « tourner pour l'éternité la page noire de la division ».

Pas de stratégie israélienne

L’Etat d’Israël devra dès à présent réfléchir à certaines questions pratiques avant d’aborder les questions fondamentales de doctrine. Il devra en particulier définir le type de relations  avec le nouveau gouvernement palestinien transitoire, constitué de technocrates apolitiques, mais aussi de membres affilés au Hamas. Ces futurs ministres islamistes, qui ont exigé de siéger à la fois à Gaza et en Cisjordanie, réclameront une liberté de circulation entre les deux zones entrainant certainement des frictions avec les services de sécurité israéliens et avec la droite nationaliste.
Le gouvernement Netanyahou n’a pas de stratégie à opposer à l’accord Fatah-Hamas d’autant plus que les membres de la coalition croient difficilement à un virage politique de  Khaled Mechaal qui a déjà précisé que « notre unique combat est contre Israël ». Par ailleurs il ne renonce à aucune de ses exigences antérieures  puisqu’il souhaite «  l'établissement d'un Etat palestinien indépendant et souverain en Cisjordanie et dans la bande de Gaza avec Jérusalem pour capitale, sans renoncer d'un pouce au droit au retour ». Sa position n’a ainsi pas évolué alors qu’il risque de devoir quitter la Syrie pour un autre exil. Une nouvelle donne est cependant apparu puisque le symbole de la lutte contre les israéliens et les américains, Oussama Ben Laden, a disparu de la scène politique. Comme lui, il maintient une posture radicale stérile qui séduit de moins en moins les palestiniens sensibles à présent au confort d’une vie pacifique.
La disparition du chef d’Al-Qaeda est un facteur nouveau qui modifie le sens du combat des palestiniens qui doivent choisir entre la lutte armée et la dialogue. Certes symbole de la lutte arabe, Ben Laden n’a jamais soulevé les masses populaires qui n’ont pas attendu son aide pour se révolter et qui veulent ouvrir aujourd’hui un nouveau chapitre.  Le libanais Nadim Houry, représentant de Human Rights Watch, estime que « Ben Laden n'est plus qu'un mauvais souvenir. La région est passée à tout autre chose avec les soulèvements de grande ampleur qui bouleversent la donne. »
Il n’est donc pas certain que la stratégie de violence prônée par le Hamas puisse aujourd’hui faire des adeptes parce que les Etats-Unis ont démontré que les terroristes seront poursuivis là où ils se trouvent et que les occidentaux n’auront de cesse que de les éliminer. L’idéologie du Hamas et de ses alliés, les Frères musulmans, ainsi que celle d’Al-Qaeda semblent avoir souffert des soulèvements arabes dans des pays qui ne veulent pas tomber d’une dictature militaire à une dictature religieuse. L’idée que l’on peut frapper impunément l’occident semble dépassée et elle devrait ainsi laisser place à un débat d’idées. La mort de Ben Laden devrait amener le Hamas à plus de pragmatisme sachant qu’aucune action d’envergure n’a été revendiquée par Al-Qaeda depuis les soulèvements arabes.  Martin Indyk, ancien secrétaire d'Etat adjoint pour le Proche-Orient, estime que la disparition du leader a infligé une « blessure corporelle au mouvement au moment même où le printemps arabe sapait ses fondements idéologiques. »
La défaite d’Al-Qaeda, consécutive à l’élimination de Ben Laden, pourrait amener les palestiniens à réviser leur position vis-à-vis des négociations avec les israéliens et leur réunification devrait les inciter à tracer les contours d’un projet commun qui sera proposé lors des pourparlers de paix sous l’égide du Quartet. Ils ne sont pas dupes puisque la déclaration unilatérale d’indépendance n’a aucune chance d’être adoptée par les Grands, les Etats-Unis et l’Allemagne s’y opposant fermement. Elle aurait des difficultés d’application  dans une zone morcelée sous contrôle militaire israélien.
L’idée que la violence et le terrorisme pourraient permettre aux palestiniens de recouvrer leurs droits semble dépassée et l’avenir du conflit israélo-arabe passe par la marginalisation des extrémistes arabes car selon Houry : « Ce que les Arabes veulent, c'est ce pour quoi ils se battent en ce moment même, c'est-à-dire les droits de l'homme, la dignité et des gouvernements démocratiques ». Mais le Hamas ne semble pas aller dans ce sens puisqu'il a autorisé à Gaza une manifestation de salafistes contre l'assassinat du chef d'Al-Qaeda alors que lui-même s'était élevé contre l'élimination de Ben Laden. Les réflexes semblent donc les mêmes malgré une évolution notable de la situation.

 Les israéliens, quant à eux, se satisfont de la stagnation de la situation et seule une initiative pacifique et originale  du peuple palestinien réunifié pourrait les contraindre à comprendre que la donne a changé.

vendredi 6 mai 2011

LE DEFI DES REVOLUTIONS ARABES 1. TUNISIE



LE DEFI DES REVOLUTIONS ARABES   1. TUNISIE 

Par Jacques BENILLOUCHE

Rached Ghannouchi du parti Ennahdah

                Les révolutions arabes ont mis en évidence la faillite de l’occident dans le domaine de la prévision politique puisque nul n’a été capable de prévoir les évènements importants intervenus dans des pays qu’il contrôlait pourtant. La surprise a été telle, qu’à ce jour, les dirigeants occidentaux ne se prononcent pas ouvertement sur le processus de normalisation tant que les objectifs des émeutiers n’ont pas été clairement définis. Bien qu’elles aient eu lieu presque simultanément, les révolutions, tunisienne, égyptienne, libyenne et syrienne, se distinguent sur le fond entre elles. Elles ont cependant en commun d’avoir trois défis à relever : recouvrer une identité perdue, cadrer le rôle de l’armée et définir le rapport entre l’islamisme et les gouvernements. 

Recouvrer une identité

                Après un début hésitant, les révolutions arabes ont gagné les masses populaires qui ont eu le courage de s’opposer à l’oppression de leurs dirigeants. Parce que les dictatures ont sévi durant plusieurs décennies, elles ont été contraintes, pour se défendre et subsister, d’étouffer l’identité des peuples pour mieux les asservir. Il régnait alors dans les pays soulevés un système élitiste qui avait pour conséquence d’écarter le peuple en le rabaissant parce qu’il  était incapable de s’insérer dans une entité organisée. L’opinion publique a alors exploité les moyens modernes de communication pour s’élever au rang d’acteur influent durant la guerre des médias.
Les révolutions ont donné au peuple la conscience de sa puissance mais elles ne lui ont pas rendu pour autant son identité. Elles ne pourront s’épanouir que si elles s’appuient sur les populations pour relayer leurs voix en évitant l’erreur des révolutionnaires arabes des années 1950  qui s’étaient alors entourés d’une élite militaire pour consolider le régime et pour imposer des relations de force et de favoritisme. Les dictatures avaient négligé le lien avec les populations et se sont acharnées à brader l’identité des peuples pour étouffer toute velléité de soulèvement tout en comblant les lacunes de leurs régimes défaillants. Alors, l’un des rôles de ces révolutions consiste aujourd’hui à réveiller le sentiment de la nécessité d'une identité islamique. L’intégrisme, qui n’est pas monolithique, cherche à s’implanter dans ces pays libérés qui doivent à présent déterminer à laquelle des factions antagonistes ils tiennent à s’affilier : les Frères musulmans, le Djihad islamique et Al-Qaeda ; chacune étant sous l’influence d’un pays tiers.

Trois factions islamistes

                Les factions islamiques se concurrencent parfois avec violence. Les Frères musulmans ont pris naissance en Egypte où ils ont prospéré puis se sont répandus en Syrie et à Gaza. Leur implantation en Tunisie date de l’installation des palestiniens qui ont fui le Liban en 1983 après la guerre avec Israël. Le mouvement de la tendance islamique (MTI), devenu Ennahda , créé par des étudiants tunisiens puis exilé en France par la volonté du président Bourguiba, s’est trouvé consolidé par cet apport nouveau de cellules noyautés par les égyptiens.  Les Frères musulmans ont aussi inspiré le Hamas de Gaza dont le chef historique Ahmed Yassine a été assassiné en 2004 par les israéliens ainsi que son successeur Abdel Aziz Al-Rantissi. Ils ont requis l’aide de la Syrie dont ils ont épousé la dépendance.
                Le Djihad Islamique est issu d’un groupe d’anciens du Fatah directement aux ordres de l’Iran, par l’intermédiaire des pasdarans. Il était dirigé par Imad Mougnieh qui a été assassiné à Damas en 2008. Cette faction palestinienne, basée à Damas en Syrie, est adepte du salafisme, un mouvement sunnite revendiquant un retour à l'islam pur des origines. Bien que sunnites, ils acceptent d’être totalement contrôlés par les chiites iraniens.
                Enfin, l’organisation Al-Qaeda a été inspirée par Oussama Ben Laden en 1987. Sunnite fondamentaliste, elle a été créée pendant la première guerre d’Afghanistan. Elle poursuit une stratégie révolutionnaire violente qui vise à renverser les gouvernements des pays musulmans pour instaurer un État islamique par la force. Elle dispose de réseaux d’influence mondiale avec des cellules dans plusieurs pays et des liens avec tous les extrémistes sunnites dans le cadre de structures non hiérarchisées qui font à la fois sa force et sa faiblesse. Al-Qaeda est sous influence totale de l’Afghanistan.

Tunisie : une identité élitiste

La Tunisie a été le premier pays du monde arabe à œuvrer pour s’éloigner de son identité originelle. Le président Bourguiba voulait s’affranchir d’un pouvoir religieux omniprésent qui freinait sa marche vers le modernisme occidental en bloquant l’émancipation de son peuple. Il avait donc décidé de combattre l’islamisme de manière brutale, non pas par crainte de se voir supplanté politiquement, mais pour avoir les mains libres afin de marginaliser l’identité musulmane en brisant les tabous grâce à l’appui de son parti, le Néo-Destour . Il avait donné aux femmes leur liberté. Il avait pris le risque de déconseiller le jeun du ramadan aux travailleurs, de fustiger le port du voile et de marquer un mépris pour la langue arabe qu’il avait délaissée au profit de la langue du colonisateur. Il avait d’ailleurs subi les attaques des autorités religieuses de la Zitouna qui s’opposaient à toute avancée moderne.
Habib Bourguiba avait opté pour la destruction des piliers de l’identité arabe en abolissant les tribunaux islamiques et en développant, malgré l’indépendance du pays, l’apprentissage de la langue française. Il voulait que les institutions de l’Etat suppriment tous les liens avec les racines islamiques. Aidé des caciques de son parti, il avait ainsi créé une élite politique mais il sera partiellement suivi par son successeur, Ben Ali, qui s’éloigna du parti destourien pour instituer une tyrannie fondée sur le tout sécuritaire en mettant en avant ses forces de sécurité devenues implicitement les élites de la nation. Les islamistes étaient traqués, combattus, exilés, emprisonnés tandis que toute référence des masses populaires à la religion était considérée comme un acte de défiance à l’égard du régime. L’islam était devenu ennemi du peuple et tout tunisien qui s’en référait devenait suspect.

Tentation d’islamisation

Le nouveau régime semble s’orienter vers une actualisation de cette identité perdue mais les femmes tunisiennes veillent car elles craignent pour leur statut qu'elles défendront avec la même énergie qu’elles ont combattu la dictature. La révolution tunisienne avait cette originalité, par rapport aux autres, d’avoir vu les femmes en première ligne dans la contestation. Elles avaient refusé de rester cantonnées à un rôle passif. Les femmes journalistes, les étudiantes, les internautes et les simples mères de famille ont toutes travaillé pour la chute de la dictature. A l’instar de la journaliste Racha Tounsi, elles étaient en tête des cortèges pour manifester et parfois pour soigner les blessés. Mona Ben Halima, ancienne élève de Louis-le-Grand a usé de l’arme d’internet pour rameuter les jeunes et pour informer la presse française en diffusant les images d’exactions et des morts.
Pourtant le risque islamiste les inquiète car cette volonté de retrouver une identité risque d’avoir un impact sur les libertés qu’elles ont acquises sous le régime de Bourguiba. Elles ont d’autant plus peur que les islamistes ne se masquent plus et agissent à présent ouvertement. Le 5 avril, des militants barbus ont investi l'hôpital de La Rabta à Tunis en insultant les infirmières et les femmes médecins non voilées. Les islamistes pourraient avoir la majorité aux prochaines élections en usant de démagogie  et le fantasme de l’avènement d’une république islamique n’est pas exagéré.
La Tunisie, jugé pays modéré, n’a plus le choix qu’entre le salafisme des islamistes radicaux et le modernisme hérité des occidentaux. Des intégristes tunisiens revendiquent ouvertement un Etat islamique radical. Ils veulent parvenir à leurs fins en instituant le désordre en Tunisie, en manifestant avec violence, en harcelant les femmes au travail et en s’attaquant aux touristes symboles du modernisme. Ils feignent d’ignorer que l’économie du pays est totalement dépendante  de l’apport des occidentaux mais ils comptent sur leurs alliés intégristes des autres pays pour renverser la tendance. Interdits pendant le régime précédent, les hommes barbus envahissent les rues aussi bien que les femmes toutes vêtues de noir alors que cette tenue ne faisait pas partie de la culture tunisienne du voile blanc.
L’armée tunisienne n’a pas pris part aux émeutes et en restant neutre, elle a gardé son auréole et sa capacité d’arbitrage en cas de conflit majeur. Elle reste le rempart, avec les femmes, contre un salafisme qui sera difficilement accepté par la majorité de la population. Les tunisiens rêvent d’une situation à la turque où les militaires cautionneraient la survivance d’un Etat laïc. Ils devront cependant résoudre le dilemme entre recouvrer leur identité liée à l’islam et ne pas tomber dans l’excès de l’intégrisme qui agit par grévistes interposés. Les islamistes du parti El-Tahrir  ont intérêt à créer le chaos pour provoquer la police. Les blindés et les fils barbelés ont refait leur apparition dans le centre de Tunis. Les comités de défense de la révolution, qui contestent les nouvelles autorités, sont débordés parce qu’ils ne coordonnent pas leur action au niveau nationale. L’islamisme radical rôde et attend son heure. Il appartient aux tunisiens de relever le défi de leur révolution.

mardi 3 mai 2011

GUYSEN-TV : LA MORT DE BEN LADEN




GUYSEN-TV : LA MORT DE BEN LADEN

Journal télévisé du 2 MAI 2011

Jacques BENILLOUCHE  au micro de Myriam DANAN

Cliquer sur le triangle noir pour voir la video

lundi 2 mai 2011

LES ARMEES ARABES POURRAIENT ASSURER LA TRANSITION DEMOCRATIQUE



LES ARMEES ARABES POURRAIENT ASSURER LA TRANSITION DEMOCRATIQUE

Par Jacques BENILLOUCHE

Général tunisien Rachid AMAR

A gauche général Ali Habib, à droite général Rahja Daoud


Pour les révolutions arabes, les militaires représentent à la fois la relève des régimes dictatoriaux et le rempart unique contre l’arrivée des islamistes radicaux au pouvoir. Parce que les dictateurs ont fait le vide politique autour d’eux, l’armée est la seule structure organisée qui n’a pas trop trempé dans les affaires véreuses de l’Etat et qui a créé une élite forgée au contact des écoles militaires étrangères.

Armée tunisienne

En Tunisie, l’armée n’a jamais été inféodée au régime de Ben Ali et les faits ont démontré qu’elle fut totalement indépendante. Les généraux avaient donné l’ordre d’arrêter la famille Trabelsi, cherchant à fuir à l’Etranger, et se sont opposés aux ordres de tirer sur la foule des manifestants. Pour éviter un bain de sang, elle a préféré destituer le dictateur tunisien. Elle ressemble à certains égards à l’armée qui a fait émerger la révolution portugaise des Œillets en 1975 en abattant la dictature Salazar.
Alors que les affrontements se développaient, elle a d’abord agit pour rétablir l’ordre républicain et empêcher le chaos pour ensuite aider à la construction d’une démocratie en défendant les intérêts de la nation plutôt que ceux d’un clan particulier. L’armée n’a pas usé de violence pour canaliser les émeutiers qui bravaient le couvre-feu et a permis l’émergence du véritable homme fort de la révolution, Rachid Ammar, chef d'état-major de l'armée de terre, limogé pour avoir refusé de tirer sur le peuple puis rétabli dans ses fonctions après la révolution.
Le président Bourguiba avait tenu à maintenir l’armée à l’écart des combats politiques tandis que Ben Ali avait préféré s’appuyer sur son propre appareil sécuritaire civil, de type mafieux, de 120.000 hommes alors que l’armée marginalisée ne comptait que 35.000 soldats sous-équipés. Certaines rumeurs prétendent que les partisans Ben Ali, qui se méfiaient de l’armée, aurait commandité en 2002 l’élimination de tout l’Etat-Major des forces terrestres comprenant les treize plus hauts gradés de l’armée de terre,  décimé dans un douteux accident d’hélicoptère.  
Deux écoles de pensée s’affrontent actuellement pour décider de l’avenir de la Tunisie. Certains, comme Néjib Chebbi (Parti démocrate et progressiste), ancien opposant et nouveau ministre, estiment qu’il faut encore s’appuyer sur des éléments militaires sains de Ben Ali. D’autres veulent faire table rase de l’ancien régime à l’instar de Moncef Marzouki (Congrès pour la République) et du Parti des ouvriers communistes dans une stratégie de rupture totale avec le passé.
L’armée en rempart

Dans cette phase de transition qui risque encore de mener à une démocratie autoritaire, tout reste possible.  Mais l’armée tunisienne, qui a clairement rejeté toute politique répressive en s’affichant en protectrice des émeutiers, reste le rempart contre toutes les aventures. Mais elle n’a pas toujours eu un rôle idyllique  car elle a participé en 1978 à la répression contre les mouvements sociaux et en 1981 et 1984 contre les « révoltes du pain ». Aujourd’hui elle a compris que la corruption était généralisée sous Ben Ali et que le régime était discrédité. Elle a donc joué la carte de la seule structure capable de remplacer le dictateur. 
A l’origine, le sentiment qui animait les militaires était plutôt un sentiment de survie car les généraux étaient convaincus que leur participation à la répression pouvait entrainer le chaos et donc leur élimination. Ils ont ensuite intégré l’idée qu’ils restaient le rempart contre l’avènement d’un régime islamiste radical. Il est vrai que la tâche leur était facilitée parce que les islamistes tunisiens étaient des « modérés » qui ont vécu en exil au contact des pays occidentaux, à Paris, à Marseille et à Londres, et qui de ce fait, n’étaient pas loin d’avoir une certaine connivence avec les partis laïcs.
Donc, l’armée a choisi son rôle et elle veut ressembler à celle de la Turquie, responsable de la laïcité. Elle a ainsi influencé le parti Ennahda de Rachid Ghanouchi qui a choisi de ne pas s’inspirer de l’islamisme radical ou de l’islamisme salafiste saoudien mais plutôt de l’AKP au pouvoir en Turquie. Elle a reçu le soutien des Etats-Unis qui ont joué un grand rôle dans la mise à l’écart de Ben Ali. Les États-Unis ont  soutenu les militaires tout en développant des relations étroites avec les syndicats et l’opposition au régime, car ils représentant la base d’un scénario de transition démocratique. L’armée a moins  peur des islamistes, qu’elle a su contenir, que de certains pays arabes, l’Arabie saoudite ou l’Algérie en particulier, qui n’ont aucun intérêt à faire émerger la démocratie arabe.

Armée syrienne

Paradoxalement, l’armée syrienne qui participe activement à la répression, est seule capable de supplanter le régime de Bassar Al-Assad.  L’opposition est convaincue qu’elle a besoin des militaires pour abattre la dictature. Elle a d’ailleurs publié un communiqué à Damas, signé anonymement pour des raisons évidentes de sécurité, par 150 responsables politiques, militants de la société civile et défenseurs des droits de l'homme ainsi que des syriens exilés : « Aujourd'hui, la Syrie fait face à deux options : soit le régime en place lui-même fait une transition pacifique vers la démocratie, mais nous doutons de la bonne volonté du régime à le faire, soit la transition se fera par un processus de protestations populaires qui évoluera en une révolution massive qui mettra fin au régime. »
L’opposition estime que le peuple a perdu confiance dans un régime qu’il faut remplacer. Or « la seule institution capable de diriger la période de transition serait l'armée, et en particulier l'actuel ministre de la Défense, le général Habib Ali, et le chef d'état-major Rajha Daoud ». L’appel à l’armée est clair et sans ambiguïté sous réserve que des personnalités civiles supervisent une transition démocratique menant à l'organisation d'élections et au transfert du pouvoir aux civils. « La réforme politique doit commencer par la réécriture de la Constitution d'une manière moderne et démocratique qui garantisse les droits fondamentaux de ses citoyens et mette l'accent sur un système d'équilibre entre les branches du gouvernement. »
Le général Maher Assad, le frère de Bassar, n’est pas dans le même état d’esprit et veut encore résister. Il sait pourtant que la majorité de l’armée est très réticente à réprimer et qu’elle fait le moins de zèle possible surtout quand les émeutiers parviennent à faire de sérieux dégâts dans ses rangs : Six officiers et soldats ont été tués et deux pris en otage à Daraa, et trois autres officiers sont tombés à Homs. Les militaires ne pardonnent pas que plusieurs des leurs ont été passés par les armes pour refus d’obéissance.
Le président syrien semble opérer une révision de sa stratégie qui consistait à demander l’aide des Gardiens de la Révolution iranienne face à des révoltés armés par l’Arabie saoudite avec du matériel de contrebande en provenance de Jordanie, de l’Irak et du Liban. Il craint à présent un coup d’Etat fomenté par les iraniens pour amener le Hezbollah au pouvoir.  Il a donc refusé l’armement anti-émeute qui lui était fourni par l’Iran et vient d’interdire à un avion iranien de se poser avec 200 Gardiens de la révolution, spécialement entrainés et mandatés pour disperser les manifestants sous le commandement du général iranien Qassem Suleimani , qui contrôle les opérations en Syrie depuis une base secrète à la frontière de l’Irak ou du Liban.
Le président Assad, qui voit les menaces occidentales s’abattre sur lui et sur son régime, semble à présent prêt à composer avec son armée pour une solution négociée, conforme aux intérêts de son pays. Mais il ne semble plus contrôler les jusqu’au-boutistes qui veulent absolument en découdre quitte à continuer à déverser du sang dans les rues.   

Armée égyptienne

L'armée égyptienne, soutenue de manière ostensible par les Etats-Unis, dirige le pays depuis la chute de Hosni Moubarak. En fait, la révolution égyptienne fut une révolution de Palais puisque quelques têtes ont été écartées au sommet alors que les militaires détiennent toujours le pouvoir. L’armée a promis dans un communiqué diffusé par la télévision d'État, une « transition pacifique vers un pouvoir civil élu ». Le nouvel homme fort du pays, le Maréchal Mohamed Hussein Tantaoui , a déclaré que le gouvernement égyptien allait rester en place provisoirement pour gérer les affaires courantes. Il a assuré que tous les traités régionaux et internationaux signés par le pays seraient respectés ce qui a rassuré le gouvernement israélien.
La détermination de l’armée a convaincu les Frères musulmans, qui représentent la principale force d'opposition, de ne pas s’impliquer dans le nouveau régime et de soutenir le transfert pacifique du pouvoir engagé par le conseil suprême des forces armées.
L’universitaire Hasan Nafaa, spécialiste des sciences politiques très impliqué dans le « printemps égyptien » a donné son analyse précise : « L’armée tente de parvenir à un équilibre entre mise en œuvre de réformes, purge de l’ancien système et maintien de la stabilité économique et politique. L’armée sait bien que de nombreuses personnalités issues de l’ère Moubarak contrôlent l’économie et sont profondément ancrées dans la société. Elle agit par conséquent par étapes mesurées. »

Les révolutions arabes, qui se sont élevés contre les dictatures souvent issues d’un coup d’Etat militaire, comptent paradoxalement aujourd’hui sur l’armée pour consolider la révolution et permettre une ouverture démocratique à des peuples qui en ont été privés depuis des décennies.