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dimanche 31 juillet 2011

LES PREMICES D’UN MAI 1968 EN ISRAËL



LES PREMICES D’UN MAI 1968 EN ISRAËL

Par Jacques BENILLOUCHE



               Ceux qui ont connu l’époque de mai 1968 à Paris font un parallèle avec la situation actuelle en Israël. Cela avait commencé de la même façon. Une petite manifestation de jeunes étudiants, folklorique au départ, qui ne prêtait pas à conséquence pour les autorités, s’amplifie pour toucher toutes les classes de la population et ensuite toutes les villes. Dans les deux cas, le pouvoir semblait sourd aux revendications face à une crise imprévisible en raison même des formes de la contestation étudiante. La sérénité de la vie universitaire avait été perturbée par les formes multiples qu’ont revêtues les actions de contestation.

            La caractéristique commune à cette prise de conscience réside dans la combativité des jeunes qui ne trouvent pas à s’exprimer dans les organisations politiques et les syndicats. Les jeunes, qui jouent un rôle moteur au boulevard Rothschild, ont décidé seuls des formes de lutte appropriées à leurs revendications alors que les politiques ne les contrôlent pas. Les manifestants n’exigent pas une force alternative aux partis et aux syndicats mais une force nouvelle qui tranche avec une certaine apathie générale. Ce terreau fertile risque de nourrir une contestation plus générale lorsque les universités seront rouvertes.

La guerre d’Algérie avait calmé les velléités des jeunes étudiants qui avaient alors un rôle fédérateur parce qu’ils ne voulaient pas attenter à l’unité du peuple français en période de guerre. Aujourd’hui les jeunes israéliens ne veulent pas être accusés de poignarder le pouvoir alors que les frontières restent sensibles, que le terrorisme n’a pas désarmé et que les ennemis d’Israël risquent de se frotter les mains devant un autre visage du mouvement étudiant. Mais ils ont choisi la rue plutôt que les cafétérias universitaires tout comme en France la faculté de Nanterre avait été choisie parce qu’elle représentait alors un véritable ghetto coincé entre un bidonville en cours de destruction et des terrains vagues préfigurant le nouveau quartier de la Défense. Le symbole résidait dans les classes défavorisées voisinant avec la représentation la plus voyante du libéralisme économique implacable.  

Mai 68 avait marqué une rupture : l'illusion d'un discours révolutionnaire face à la volonté pragmatique des individus. Les jeunes voulaient changer leur vie, voulaient participer au partage des richesses et voulaient surtout qu’on les entende.  Mais le traitement des désordres de mai 1968 par le gouvernement français avait débouché sur une grande déception caractérisée par la fin de tout espoir de changement quels que soient les discours des hommes politiques, parfois révolutionnaires, parfois réformistes.

En Israël, les intellectuels ont pris, comme en France le train en marche, par opportunisme et par désarroi de constater leur impuissance théorique devant la revendication des tentes. Ils ne représentent plus le levier propre à toute contestation. Ils ne représentent plus l’élite des sages qui pensent à la place des autres. Ils ont perdu leur influence et leur aura.

Le pouvoir israélien, puissant aujourd’hui parce qu’il gouverne face à une opposition atone, doit comprendre que la nouvelle démocratie, avide de perspectives politiques concrètes, ne peut pas se satisfaire de mots d’ordre creux et de formules stériles. D'ailleurs le gouvernement est touché frontalement puisque Haïm Shani, directeur général du ministère des fiances a démissionné, vraisemblablement à cause de la vague de protestations. Benjamin Netanyahou doit réviser les textes fondateurs de la révolution de mai 1968 pour éviter que la contestation ne débouche sur une révolution lorsque les revendications sont légitimes.  


Sur le même sujet : 


http://benillouche.blogspot.com/2011/07/israel-trouve-sa-place-tahrir.html





vendredi 29 juillet 2011

GUYSEN-TV - FRANCE-ISRAËL : FIN DE L'EMBARGO ?



GUYSEN-TV - FRANCE-ISRAËL : FIN DE L'EMBARGO ?

Débat télévisé du 27 Juillet 2011 entre 

Emmanuel NAVON, professeur de sciences politiques, et 

Jacques BENILLOUCHE 

arbitré par 

Myriam DANAN


         Le ministre de la Défense, Gérard Longuet, a mis fin à des mois de suspense en annonçant, le 21 juillet, qu’il avait choisi Dassault Aviation pour fournir aux forces armées françaises un nouveau drone moyenne altitude longue endurance (MALE) à l’horizon 2014.

         C’est une victoire pour Israël et le groupe français puisque la version française du drone s'inspire du drone israélien Heron TP, en compétition avec la proposition d'EADS qui prônait une solution américaine, le Reaper. La production du drone se ferait en coopération avec l’avionneur Israel Aerospace Industries (IAI) qui produit déjà le Heron TP.

          La décision technique est doublée d'une décision politique puisqu'Israël devient à nouveau partenaire des industries militaires françaises depuis l'embargo décrété par le Général de Gaulle en 1967.


Vidéo Partie/1
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Vidéo Partie/2
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mardi 26 juillet 2011

KOL-ISRAEL : RELATIONS ISRAEL-TURQUIE



ISRAEL-TURQUIE : UN NOUVEAU DEPART ?



Journal de KOL-ISRAEL du 25 juillet 2011

Caricature de Shalom COHEN du journal Israël Hayom

Jacques BENILLOUCHE 

au micro de

Annie GABBAY

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Un document confidentiel émanant du ministère des Affaires étrangères qui a été publié par le quotidien « Maariv » révèle que, malgré les tentatives timides de rapprochement avec Israël, Ankara continue à déployer un activisme anti-israélien.  Mais il pourrait s'agir d'une posture du premier ministre Erdogan qui cherche en fait à renouer les relations avec Israël sans être accusé d'avoir avalé une couleuvre.

dimanche 24 juillet 2011

LA PLUIE ET LES LARMES




LA PLUIE ET LES LARMES

par Jacques BENILLOUCHE




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         En hommage à mes amis restés à Paris sous la pluie qui ne cesse de tomber, cette magnifique ballade d’Anne Vanderlove qui chante, elle, des chansons à texte avec des mots et des phrases qui nous brûlent la mémoire.

         Les étudiants des années 1960 à Paris se souviendront ainsi des soirées au club Chez Georges, rue des Canettes, où des chanteurs inconnus accompagnés de leur seule guitare meublaient des soirées nostalgiques sans hurler ni émettre des onomatopées chères à la vague moderne des Amy Winehouse. Ils se saoulaient avec les mots et se droguaient avec le verbe.  Certains sont devenus de grandes vedettes. D’autres sont tombés dans l’oubli. Mais le souvenir reste toujours cuisant.
         
         Dans le même registre, Rachel Arnaud suit aujourd'hui les traces d'Anne Vanderlove. Un immense plaisir pour les oreilles.




lundi 18 juillet 2011

SLATE : Libye, un échec cuisant pour l'Otan





SLATE : Libye, un échec cuisant pour l'Otan
par Jacques BENILLOUCHE

Soldats fidèles à Kadhafi

  Quand les Américains ne veulent pas ou ne peuvent pas, l'OTAN est impuissant. La France et le Royaume-Uni n'ont pas les moyens militaires de leurs ambitions politiques. Ces deux pays vont devoir en tirer les conclusions: se donner d'autres moyens ou disparaître sur le plan géopolitique.




 Les augures avaient prévu un peu vite la chute rapide du colonel Kadhafi. Mais il semble bien que les Dieux militaires aient été avec lui. Barack Obama a transmis, le 14 juillet, au président russe Dimitri Medvedev le relais pour jouer le rôle principal dans les négociations avec Mouammar Kadhafi, sous réserve que la solution adoptée favorise l’avènement d’un régime transitoire. Les deux dirigeants sont convaincus que la guerre est terminée en Libye. Le président américain a ainsi accepté la suggestion russe, contre l’avis des chefs de l’OTAN qui avaient rencontré les dirigeants russes à Sotchi. Une réunion durant laquelle Moscou et l’OTAN avaient affiché leurs divergences. Mais si les Américains ne veulent pas ou ne peuvent pas, l'OTAN est réduit à l'impuissance, une dure leçon quand la volonté politique, notamment française et anglaise, n'a pas les moyens militaires de ses ambitions.....


Lire la suite en cliquant sur le lien :


http://www.slate.fr/story/41193/libye-OTAN-echec-cuisant


D'autres liens dans le monde :


http://www.infodabidjan.net/international/libye-un-echec-cuisant-pour-lotan-une-analyse-de-jacques-benillouche-journaliste/




dimanche 17 juillet 2011

BILLET D’HUMEUR : LOI DIVINE OU LOI HUMAINE




BILLET D’HUMEUR : LOI DIVINE OU LOI HUMAINE

Par Jacques BENILLOUCHE

Je ne comprends pas le monde religieux orthodoxe mais il est vrai que ma culture est défaillante. Il me reste encore quelques préceptes enseignés par mon vieux rabbin de Tunis, Doukha, qui faisait honneur au Shabbat en s’affichant magnifique sous son saroual blanc, son gilet brodé de paillettes lumineuses et sa tête couverte de la chéchia rouge à  queue de fils de soie noire. Il nous avait enseigné que le Shabbat était un jour sain, réservé à la prière, à la paix et à la méditation, qu’il fallait consacrer à la synagogue pour être à l’abri des tentations laïques contraires aux lois de la Halakha, la règle écrite.

Je ne me souviens pas avoir entendu qu’il était toléré, durant le Shabbat, de jeter des pierres sur les passants qualifiés par certains de mécréants. Je ne souviens pas avoir entendu qu’il était légal, durant le shabbat, de se mettre en ordre de bataille rangée contre la police d’un pays juif sous prétexte que les orthodoxes ont la loi divine avec eux.

Les manifestants religieux voulaient empêcher la profanation du shabbat mais la question est posée de savoir s’ils ne le profanaient pas eux-mêmes en s’attaquant avec violence aux policiers montés. Mais le point qui me force à m’élever contre ces manifestants anachroniques concerne leur sémantique exagérée. Les cris de « nazis » proférés à l’encontre de la police israélienne me semblent déplacés. L’usage inconsidéré de la terminologie de la Shoa risque de banaliser l’élimination de six millions de juifs durant la Guerre Mondiale car la comparaison des véritables crimes nazis avec les actions de maintien de l’ordre de la police à Jérusalem revient à assimiler les nazis à des enfants de chœur.

Il serait temps que les leaders religieux orthodoxes cessent d’intoxiquer leurs ouailles en leur conseillant de s’occuper de leur vie plutôt que de vouloir régenter celle des adeptes de l’ouverture au modernisme. Ce serait alors le début de la démocratie et de l’entente entre laïcs et religieux. 

vendredi 15 juillet 2011

SLATE-AFRIQUE : Quelle place pour les juifs tunisiens ?



SLATE-AFRIQUE : Quelle place pour les juifs tunisiens ?


par Jacques BENILLOUCHE

L'histoire trimillénaire de la communauté juive perdure sous le ciel révolutionnaire. Mais à ce jour, est-elle toujours la bienvenue en Tunisie?

La synagogue de la Ghriba à Djerba

Les juifs tunisiens ont toujours gardé des liens étroits avec leur terre natale, ce qui dans un sens ne manquait pas d'intéresser économiquement le gouvernement tunisien. Des centaines de milliers de touristes, et parmi eux de nombreux Israéliens, consacraient leurs vacances à vaincre la nostalgie d’une terre volontairement abandonnée.

Le pèlerinage de la Ghriba sur l'île de Djerba, la plus célèbre synagogue d'Afrique du Nord, devenait un must tandis que de nombreux entrepreneurs juifs du Sentier, le quartier juif de Paris, ouvraient en Tunisie des ateliers de confection à bas coût pour fournir des emplois vitaux à une population à la recherche de débouchés. Les liens restaient étroits et les officiels n’hésitaient pas à s’en gargariser....

Lire la suite en cliquant sur le lien :


Mon ami André MAMOU m'a suggéré un autre titre pour mon article : 

Tunisie : Après le jasmin, la figue...de barbarie



mercredi 13 juillet 2011

GUYSEN-TV : L'ASCENSION DES FRERES MUSULMANS EN EGYPTE


GUYSEN-TV : 13 Juillet 2011
L'ASCENSION DES FRERES MUSULMANS EN EGYPTE


Le secrétaire général des Frères musulmans, Mahmoud Hussein

Daniel GAL, Ancien Ambassadeur israélien

et

Jacques BENILLOUCHE

au micro de David SEBBAN

Vidéo Partie/1
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Vidéo Partie/2
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mardi 12 juillet 2011

LE PIEGE DE LA DECLARATION UNILATERALE D’INDEPENDANCE



LE PIEGE DE LA DECLARATION UNILATERALE D’INDEPENDANCE

Par Jacques BENILLOUCHE

ABBAS, MESHAAL et HANIYEH
  
              Une course de vitesse est engagée avant la date fatidique de septembre 2011. Les palestiniens ne s’attendaient pas au piège dans lequel ils se sont enfermés en décidant de déclarer unilatéralement leur indépendance. Les assurances reçues de toutes parts leur donnaient l’impression qu’ils s’engageaient vers une simple formalité. Mais c’était sans compter sur les pressions israéliennes auprès des Etats-Unis et de l’Europe qui ont mesuré le risque de blocage politique d’une telle décision.

Attributs d’un Etat

Les israéliens se montraient, de leur part, très sereins car l’application du principe de l’indépendance butait sur la réalité physique d’une Cisjordanie actuellement morcelée, aux frontières imprécises. Ils voyaient par ailleurs une difficulté à assurer à cette nouvelle entité les attributs d’un Etat indépendant.  La vraie indépendance ne saurait se résumer à un drapeau, à un hymne et à une date anniversaire mais à l’existence d’un peuple uni, d’une monnaie, d’une Constitution et d’une armée.
Il ne peut s’agir uniquement d’une déclaration d’intention. Le peuple palestinien ne sera indépendant que si l’occident lui donne les moyens de réaliser cette autonomie en créant les conditions pour que le peuple libère son énergie. Mais ce défi impose d’abord des réformes structurelles pour diversifier une économie trop dépendante de l’économie israélienne, pour réorganiser les infrastructures de la région avec modernisation des écoles, création de routes et ouverture d’hôpitaux, avec création d’industries et avec indépendance énergétique. La politique agricole, qui souffre d’une anarchie liée à la déstructuration du monde rural, doit cibler la modernisation des outils des paysans. La Palestine a donc besoin de l’occident et ne peut s’aventurer face à ses seuls alliés arabes, très frileux quand il s’agit de mettre la main à la poche .
Parce que les américains, les allemands, les italiens et d’une certaine mesure les français hésitent à proclamer l’indépendance unilatérale, les palestiniens sont contraints à une marche forcée dans une fuite en avant stérile. Certains de leurs dirigeants mesurent la vanité de leur démarche qui ne reçoit pas l’accueil enthousiaste escompté. Alors, ils défient l’administration américaine en voulant demander, durant la semaine du 14 juillet, leur admission à l’ONU en tant qu’Etat indépendant fondé sur les frontières de 1967 malgré la volonté des Etats-Unis, de l’Europe et de la Russie de surseoir à cette demande. Le Conseil de sécurité a certes convenu d’en débattre mais sans donner de calendrier précis.
Comprenant que l’occident était attaché à une décision négociée, Saeb Erakat, le négociateur palestinien qui se trouvait le 6 juillet à Washington a estimé « qu’il n'y avait pas de contradiction entre le processus de paix et de la reconnaissance par l'ONU d'un Etat palestinien.  Nous avons déjà parlé pendant plus de 20 ans. » Il cherche à démontrer qu’il n’a pas l’intention de heurter les esprits occidentaux par un entêtement qui conduirait à une impasse en septembre.

Sommet israélo-palestinien en France

Le président Sarkozy et son ministre des affaires étrangères Alain Juppé sont très attachés à un sommet de paix israélo-palestinien prévu pour le 2 septembre à Paris. Barack Obama aurait donné son accord pour assister aux discussions avec Benjamin Netanyahou et Mahmoud Abbas. Le président américain souhaite à cette occasion sceller la réconciliation entre Israël et la Turquie qui reste un élément fondamental dans la stratégie américaine au Moyen-Orient.
Sachant que le Conseil de Sécurité de l’ONU, en raison du veto américain,  fera obstacle à toute décision non négociée, Mahmoud Abbas voudrait obtenir pour la Palestine  la reconnaissance de son statut d’Etat auprès de l’Assemblée générale de l’ONU. Mais le président Sarkozy souhaite plomber cette déclaration unilatérale par la tenue d’un sommet à Paris qui entérinerait la reprise officielle des négociations israélo-palestiniennes.
Les américains ont un plan ambitieux qui ne se limite pas au Moyen-Orient car le conflit libyen, qui perdure, reste une épine au talon de Barack Obama. Il a donc envoyé son conseiller spécial Dennis Ross discuter avec le conseiller à l’Elysée Jean-David Levitte pour proposer une voie mettant fin au blocage en Libye : ou bien une solution négociée est immédiatement trouvée avec le colonel Kadhafi, ou bien les forces de l’OTAN, avec l’aide américaine, décident de faire tomber le régime libyen par la force. Cette exigence subordonne la tenue du sommet à Paris le 2 septembre. Les américains seraient prêts à empêcher le conflit libyen de s’enliser en acceptant le départ du colonel Kadhafi vers un exil doré et en créant une direction mixte entre des tenants de l’ancien régime et les représentants des insurgés. La percée diplomatique en Libye boosterait ainsi les discussions entre palestiniens et israéliens.
Benjamin Netanyahou a déjà fait un pas dans le sens américain en acceptant la reconnaissance d’un Etat palestinien sur les frontières de 1967, corrigées par des échanges de territoires . Les palestiniens semblent accepter en contrepartie  l’exigence israélienne  de reconnaitre Israël comme un Etat juif. Le premier ministre israélien aurait fait secrètement cette concession sous réserve de l’acceptation par Barack Obama de cosigner la lettre du président Bush datée d’avril 2004 à Ariel Sharon dans laquelle les américains n’exigeaient plus le retour aux frontières de 1949 et reconnaissaient les grandes implantations juives de Cisjordanie. La balle est donc à présent à Washington.
Critiqué par l’opposition par son absence de propositions, le premier ministre israélien a donné des éléments précis sur lesquels il pourrait asseoir un accord avec les palestiniens. Israël  garderait les grandes implantations qui couvrent 8% de la Cisjordanie mais il n’offrirait en compensation qu’une surface de 4% prélevée sur l’espace israélien. Les israéliens estiment que la sécurité de l’Etat juif risque d’être écornée par un abandon d’une plus grande surface.
Les observateurs constatent un frémissement dans les positions extrêmes des deux partenaires qui comptent sur l’occident pour les faire sortir de leur intransigeance. La rentrée de septembre pourrait apporter de nombreuses surprises.  

dimanche 10 juillet 2011

ELECTION 2012 : INTERVIEW EXCLUSIVE DE VALERIE HOFFENBERG




INTERVIEW EXCLUSIVE DE VALERIE HOFFENBERG

Par Jacques BENILLOUCHE


La campagne électorale pour l’élection en 2012 d’un député à l’Assemblée Nationale française, représentant la huitième circonscription comprenant également l’Italie, Malte, Saint-Marin, le Saint-Siège, Chypre, la Grèce et la Turquie, a déjà débuté. Elle a été lancée sur fond d’invectives dans lequel le débat d’idées ne trouvait pas sa place. Pour permettre de fournir aux électeurs les arguments les engageant d’une part à voter, et d’autre part à choisir leur meilleur candidat, il semble nécessaire de donner la parole aux quatre  personnalités qui réclament nos suffrages.
Valéry Hoffenberg m’a reçu en juin 2011 au Quai d’Orsay pour un entretien sur le vif, non préparé, sur les seules questions de fond qui motivent les francophones d’Israël.
Nous donnerons la parole aux autres candidats.

Extrait vocal de l'interview
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Jacques BENILLOUCHE : La culture politique des francophones d’Israël semble majoritairement axée sur une position de droite dure. Comment pouvez-vous changer cet état de fait qui vous est défavorable ?


Valérie HOFFENBERG : Je connais bien Israël car la grande majorité de ma famille y vit. Il ne s’agit pas d’une « alya » récente puisque mes grands parents et mes cousins  y sont installés depuis longtemps. Comme je connais bien ce pays, je connais le sentiment de tristesse et de frustration que ressent la grande majorité de la communauté française qui attend beaucoup de réponses à des problèmes sur lesquels elle a été beaucoup déçue. Je vais donc privilégier l'action au lieu de diffuser des bonnes paroles car les français, qui ont fait le choix d’habiter en Israël, aiment ce pays et ne croient plus aux mots. Ils éprouvent beaucoup de scepticisme vis-à-vis des politiques

JB : Vous occupez actuellement au Quai d’Orsay une fonction officielle attribuée par le président Sarkozy. N’est-ce pas un cadeau empoisonné qu’il vous a fait puisque votre poste vous confine, selon certains, à un rôle anti-israélien ?

VH : J’ai plusieurs fonctions. D’abord celle de représentante spéciale de la France pour la dimension économique, culturelle, commerciale, éducative et environnementale du processus de paix au Proche-Orient. Je ne peux pas accepter l’idée que ce poste est anti-israélien. Le but de Nicolas Sarkozy est de faire en sorte qu’il y ait un autre regard sur ce processus de paix, celui d’un ami d’Israël au sein de cette 'maison' qui n’a pas la réputation d’être une amie d’Israël. Son objectif est de renforcer le camp, petit, des amis d’Israël au Quai d’Orsay. Il me connait depuis longtemps et il sait que j’ai une bonne connaissance du pays, que j’ai des convictions et des valeurs avec lesquelles je ne fais aucun compromis. Toutes mes actions ont eu pour objectif d'équilibrer la politique française au Proche-Orient. Le gouvernement israélien me considère comme une amie et une alliée et de nombreux dirigeants politiques, que je rencontre souvent, m’ont rappelé leur amitié et leur soutien mais surtout leur reconnaissance par rapport à mes actions. Je vais expliquer aux français d’Israël pourquoi le gouvernement israélien m’accorde sa confiance. Je ne veux pas qu’on me croit sur parole et d'ailleurs on peut comparer mes actions à celle des autres candidats.

JB : Quelques exemples concrets ?

VH : J’ai d’abord lutté contre la de-légitimation d’Israël. Au niveau économique j’ai notamment amené en Israël la plus grande délégation d’hommes d’affaires français, 38 chefs d’entreprises, qui ont rencontré leurs homologues israéliens et qui ont découvert le miracle israélien.

JB : Vous risquez cette fois d’être discréditée par la partie palestinienne qui attend de vous une certaine neutralité.

VH : Les palestiniens connaissent mon parcours d’amie d’Israël. Ils savent que je suis juive, que j’étais ancienne directrice de l’Américan Jewish Commitee et ils savent que mes parents viennent de faire leur alya pour rejoindre mes oncles installés depuis longtemps. Ils me respectent parce que je dis la même chose d’un côté comme de l’autre. Ils savent que j’ai un accès direct au gouvernement israélien et ils savent donc que, quand je demande quelque chose, j’ai plus de chance de l’obtenir car les israéliens ont confiance en moi.

JB : Beaucoup de français m’ont dit que, dès qu’ils mettent le pied en Israël, ils veulent oublier leur appartenance française pour vivre pleinement leur avenir sur leur nouvelle terre. Ils ne voient plus d’intérêt à voter aux élections françaises. Il est vrai que seulement 15% des 60.000 français immatriculés votent effectivement au Consulat. Si ce chiffre se maintient à votre élection, aucun des quatre candidats n’atteindra le minimum pour figurer au deuxième tour. Comment faire comprendre en particulier aux habitants des implantations qu’ils doivent se mouiller politiquement ?

VH : Question très importante qui explique pourquoi nous commençons notre campagne très tôt. Les électeurs doivent s’inscrire avant le 31 décembre 2011 pour participer au vote de 2012. Il n’y a aucune inscription automatique.  Nous devons expliquer ce que nous pouvons apporter à ces français de l’étranger puisque c’est une première. La sémantique est aussi importante pour les juifs français qui vivent en Israël où ils sont chez eux, car ils ne s’estiment pas vivre à l’étranger, mais hors de France. Il y a certes une relation ambiguë de ces binationaux qui ont leur âme en Israël, par choix, mais qui gardent une partie de leur cœur en France et un lien fort avec la culture française. Ils veulent que la France dans laquelle ils ont vécu ait une meilleure compréhension d’Israël.

JB : Quelle action concrète ?

VH : Je vais d’abord expliquer ce qu’est un député français et qu’il ne s’agit pas d’élire un député à la Knesset mais à l’Assemblée Nationale française. Il sera un interlocuteur privilégié pour tous les français vivant en Israël, pour les questions administratives, d’éducation, de santé, de divorce, de garde d’enfants, de pensions alimentaires. Beaucoup veulent que leurs enfants continuent à fréquenter l’école française et c’est pourquoi je vais m’attacher à homologuer d’autres lycées, comme celui d’Ashdod en particulier. Je voudrais développer la culture française avec plus de spectacles car il est inadmissible que certains artistes français refusent de se produire en Israël. Mais je ne négligerai pas les problèmes politiques car il faut avoir aussi une bonne connaissance de ce qui se passe en France. Le rôle du député est aussi de faire avancer des dossiers mais pour cela il doit avoir de bonnes relations avec le gouvernement israélien mais aussi avec le gouvernement français. Je bénéficie d’une légitimité des deux parties. Comme je représenterai d’autres pays, je pourrais aussi être un lien entre Israël et la Turquie par exemple. J’ai bien l’intention de mettre en rapport des hommes d’affaires israéliens et turcs pour augmenter les échanges commerciaux. Ma position me permettra d’être un lien politique entre Israël et les autres pays de ma circonscription.

JB : Cette élection politique semble uniquement se jouer sur un plan communautaire.

VH : C’est notre rôle d’expliquer l’objectif de cette élection. Mais pour pouvoir peser dans le débat, il faut appartenir à un grand parti. Pour faire avancer des lois sur la fiscalité des binationaux, sur les questions d’éducation ou de reconnaissance de diplômes, nous devons être en mesure de les faire voter par un grand parti. Les députés indépendants n’ont aucune efficacité à l’Assemblée. Il est plus important d’avoir raison avec un groupe que d’avoir raison tout seul. En tant qu’élue au Conseil de Paris j’ai pu me rendre compte de l’importance d’appartenir à un grand groupe. Mon groupe UMP s’est toujours élevé en vote public à toute résolution condamnant Israël et avec mon collègue Claude Goasguen, nous sommes désignés pour intervenir sur toutes les questions concernant Israël.

JB : Comment expliquez-vous cette opposition, parfois teintée de haine, à votre égard ? Claude Goasguen aurait fait une déclaration contre votre candidature.

VH : Je me porte en faux contre cette déclaration. Ce qu’a dit le site Atlantico est un ouï-dire. Si vous interrogez Claude Goasguen, il démentira totalement avoir tenu ces propos. Je vous précise qu’il m’a donné une chance en m’inscrivant, à sa demande, sur sa liste municipale et j’ai été élue à ses côtés sur la liste du XVIème arrondissement de Paris. C’est donc un ami qui n’a jamais tenu ces propos qu’on lui prête. Le premier respect qu’on doit aux électeurs est de vérifier les sources. 

JB : Comment allez-vous gérer votre identité juive à l’égard des autres pays, la Turquie et la Grèce par exemple, qui risquent de considérer votre candidature suspecte vis-à-vis d’Israël ?

VH : Je suis représentante de la France, secrétaire nationale de l’UMP au bureau politique, élue locale à Paris ; on m’a attribué la Légion d’Honneur. Pour moi il n’y a pas d’incompatibilité à revendiquer une identité juive avec une identité républicaine française. L’une de mes fiertés aura été de n’avoir jamais renié mon judaïsme tout en n’ayant jamais eu à faire de compromis avec mon identité juive très forte. Avec Nicolas Sarkozy, on peut à la fois être juive, l’affirmer, manger casher et représenter la France.   

JB : Comment allez-vous financer votre campagne surtout avec les nombreux voyages qui seront nécessaires dans les pays de votre circonscription ? 

VH : C’est l’avantage d’appartenir à un grand parti qui nous aidera en respectant le plafond imposé par la loi.

JB : Sur quels réseaux allez-vous vous appuyer en Israël ?

VH : D’abord ma famille et de très nombreux amis qui vivent partout en Israël et qui seront pour moi une source d’informations et de soutien. Claude Brightman, présidente du développement francophone au Collège académique de Netanya, travaille avec moi sur les questions d’éducation. Beaucoup de chefs d’entreprises israéliens et français habitant en Israël m’appuient. Je vais m’attacher à obtenir des appuis sur tous les plans sectoriels. Dany Ayalon m’a officiellement apporté son soutien lors d’une réunion avec les journalistes à Jérusalem. Shimon Pérès a affirmé que, malgré son appartenance à l’Internationale Socialiste, je serai la première candidate de droite qu’il soutenait.

JB : Dans plusieurs sites Internet, il y a beaucoup de choses désagréables à votre égard, à la limite de la haine.

VH : Dans la vie il faut savoir faire preuve d’humilité. En France les gens savent qui je suis mais en Israël, les français ne me connaissent pas et ne connaissent pas mes actions. C’est à moi de faire ce rattrapage pour mieux communiquer. Il est vrai qu’il y a eu beaucoup d’attaques qui m’ont blessée. Il faut d’abord respecter les électeurs en proposant un programme mais non pas en attaquant ses adversaires. Certains qui ont peu de programme, se sont définis comme des opposants de l’autre candidat sans pour autant avoir un quelconque actif. Ces attaques personnelles sont injustifiées alors qu’il faut débattre programme contre programme. Des attaques m’ont blessée et ont blessé ma famille mais moi je ne tomberai pas dans ce travers. J’ai pris l’engagement de faire une campagne propre quelque soient les provocations. Je ne ferai pas de la politique avec du « lachon ara » mais avec des valeurs, des engagements et des projets.

JB : J’ai deux dernières questions qui fâchent. On sait historiquement que depuis le général de Gaulle, le ministère des affaires étrangères, où nous nous trouvons actuellement, promeut une position sinon anti-israélienne, au moins pro-arabe. Pensez-vous être capable de modifier ce sentiment qui fait que toutes les positions prises par le gouvernement français sont inspirées par la doctrine du Quai d’Orsay ? Comment une femme seule dans un parti aussi important pourrait obtenir, au moins, une politique plus équilibrée vis-à-vis d’Israël ?  

VH : C’est une question que je trouve pertinente à laquelle je suis ravie de pouvoir vous répondre. Il ne suffit pas de penser mais d’agir. Quand j’ai accepté la proposition de Nicolas Sarkozy, je savais que cela ne serait pas facile. C’est vrai que c’est plus simple de parler à des juifs convaincus que d’agir de l’intérieur. S’il n’y a personne au sein du Quai d’Orsay, alors on ne changera pas l’image que l’on a d’Israël. Veut-on qu’il n’y ait que la rue arabe au Quai ? Moi j’ai décidé d’arrêter de me plaindre et d’agir de l’intérieur pour faire bouger les choses. Je mentirais si je disais que je peux changer tout, mais être à l’intérieur est déjà une victoire pour ceux qui aiment Israël. Depuis que je suis là, jamais autant de ministres israéliens sont venus au Quai et jamais autant de tables rondes n’ont été organisées pour des diplomates israéliens. J’ai reçu Guideon Sar, Avishai Braverman, Guilad Erdan, Fouad Ben Eliezer, Dan Meridor, pour leur permettre de donner un autre regard et une autre image d’Israël. Le patron des patrons Shraga Brosh est venu à Paris pour rencontrer toutes les institutions économiques françaises. En tant qu’officielle française j’ai rappelé que la France était contre le boycott d’Israël et que la volonté de Nicolas Sarkozy est de renforcer les échanges entre la France et Israël. Je l’ai fait dans les grands salons du Quai d’Orsay. J’ai été la seule à avoir pu imposer au Medef international d’inviter des israéliens, en particulier Eran Margalit qui a été le premier homme d’affaires israélien, grâce à moi, à pouvoir s’exprimer devant le Medef international. En ce qui concerne le volet politique je vous signale, qu’il y a quelques semaines, il y a eu une déclaration du porte-parole du Quai d’Orsay expliquant que la France accueillait favorablement la réconciliation inter-palestinienne entre Hamas-Fatah. J’avais été outrée du fait qu’il n’avait pas rappelé que les trois préconditions du Quartet  devaient être au préalable résolues. J’ai exigé qu’au nouveau point de presse du lendemain, le porte-parole rappelle la position de la France qui est de ne pas parler avec le Hamas si les trois conditions ne sont pas remplies (NDLR : reconnaissance d’Israël, arrêt de la violence et reconnaissance des actes signés antérieurement).  C’est parce que je suis de l’intérieur que j’ai pu faire changer les choses. J’arrive même à faire remonter beaucoup d’informations au Président de la République en lui demandant de rajouter une quatrième précondition : la libération de Guilad Shalit. Je suis sûre que la politique des petits pas de l’intérieur est efficace.

JB : Deuxième question qui fâche. Il y a en Israël un très grand besoin de culture française. Les conférences privées organisées à travers le pays sont très suivies car nous vivons dans une zone inspirée par la culture anglo-saxonne. J’ai été choqué par certains représentants de la culture française en Israël qui ont fait de la politique au lieu de faire de la culture, ou du moins de la politique à sens unique. Les français aiment les débats équilibrés. J’avais écrit que j’avais été choqué par le Forum organisé par le Centre culturel français qui avait été un monologue réservé à la gauche, pour ne pas dire à l’extrême-gauche avec un budget qui aurait été mieux utilisé à d’autres actions plus modestes mais plus percutantes. J’ai en mémoire l’excellent colloque privé sur la Francophonie ou sur Camus qui a fait venir autant de français que d’israéliens. Pourrait-on avoir en Israël une culture française digne de ce nom d’autant plus que des israéliens, qui ne sont pas d’origine francophone, y sont très sensibles ?

VH : Je vous suis totalement car un des éléments qui suscitent l’admiration du monde vis-à-vis d’Israël est son rapport à la culture. Dans mon programme que j’ai affiché dans mon blog, vous pouvez vérifier que j’ai mis en premier point la culture. Le même problème existe en Turquie où l’on m’a dit que la culture anglo-saxonne était considérée comme une culture de masse mais que la culture française était assimilée à une culture d’élite. Ils ont eux-aussi besoin de plus de culture française. J’ai l’intention de contacter immédiatement l’Ambassadeur Christophe Bigot et je compte faire une note au président de la République à ce sujet. Proposez-moi des intervenants de France que vous souhaiterez recevoir en Israël et vous les aurez. J’ai l’intention de développer de nombreuses bibliothèques françaises car les livres sont chers. Je suis prête à monter avec vous une opération des « livres pour Israël ». Je vais d'ailleurs immédiatement réclamer un budget du Ministère de la culture et je vais demander au Quai de récolter auprès des éditeurs des livres pour Israël. Je relève le défi et là, il s’agit de choses concrètes. Vous pourrez alors juger mes promesses et mes actes.