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mercredi 5 juin 2013

CONNAISSEZ-VOUS MAURICE GENEVOIX ? par Marianne ARNAUD



CONNAISSEZ-VOUS MAURICE GENEVOIX ?

Par Marianne ARNAUD
copyright © Temps et Contretemps

Maurice Genevoix

Si vous êtes très jeune, il y a gros à parier que ce nom ne vous dira rien. Si vous êtes, disons moins jeune, vous vous souviendrez peut-être qu'au temps où on faisait des dictées en classe, cet auteur truffait ses textes de «mots difficiles» fort peu appréciés car responsables de mauvaises notes. Et je ne parle même pas de ces corrections interminables où il fallait écrire cinq lignes de «hallali» ou de «cancaner» pour s'en remémorer l'orthographe. Tout cela n'incitait pas à se saisir des volumes de «Raboliot» ou de «La Boîte à Pèche» dans la bibliothèque familiale pour les lire. On avait bien autre chose à penser !

                       L'appel d'un homme



Et c'est ainsi que le «grand écrivain» de l'école est sorti de nos mémoires.
Caroline Puig-Grenetier

Or il y a quelques jours, une de mes amies m'apprend que sa fille, cinéaste, vient de réaliser un film sur Maurice Genevoix et qu'on peut même le visionner sur internet. Je ne saurais trop vous inciter à regarder ce : Maurice Genevoix, l'appel d'un homme de Caroline Puig-Grenetier, où vous ferez la connaissance d'un homme extraordinaire. La grande affaire de sa vie c'est d'avoir servi comme lieutenant à Verdun. Au retour de la guerre dont il est revenu blessé, mais où il a vu mourir ses camarades à ses côtés, il mettra tout son génie littéraire au service de la vérité pour les faire revivre.
Genevoix à la guerre en 1914


Il avait vingt-quatre ans. Et ce sera : Ceux de 14, dont il est abondamment question dans ce film poignant, où il écrira «avec ses tripes voyageant au gré de sa sensibilité seule, entre les souvenirs, le présent et l'imaginaire, tous ensemble. Et il a pu alors poser chaque mot sur les choses de la vie.»
Sylvie Genevoix

Écoutons cette confidence de Sylvie Genevoix à notre intention :

«Quand me menace la fatigue, le désenchantement ou la nostalgie trop poignante d'une absence, je relis les pages qu'il écrivait sur sa mère dont la mort fit de lui, à douze ans, un orphelin déchiré :

«C'est elle qui m'a rallié, consolé peu à peu par mes rêves éveillés et mes songes de la nuit. C'est elle qui, patiemment, tendrement, m'a délivré du désespoir et de la sécheresse du cœur, qui m'a guidé vers une paix sans oubli, consentement à un monde où la mort ne peut rien contre ceux qui se sont aimés.»


C'est cette sagesse, cet amour-là que je voudrais aujourd'hui transmettre à tous ceux qui vont lire ou relire Maurice Genevoix. Pour qu'ils se persuadent, en ces temps plus que jamais difficiles, qu'il fait bon vivre et que le monde est beau à condition de savoir le contempler et que ses livres peuvent nous y aider. Et pour qu'ils sachent de la vie ce qu'il en disait, lui qui en avait connu les horreurs comme la beauté : elle est une fête grave et belle, pleine, riche, inépuisable, soulevée par une force d'enfance éternellement renouvelée. »


5 commentaires:

andre a dit…

Beau texte , Madame Arnaud !

André M

Marianne ARNAUD a dit…


C'est facile, cher André, d'écrire un "beau texte" quand on est porté par le talent de Maurice Genevois, par l'admiration et l'amour pour lui de Sylvie, sa fille, et par le beau film de Caroline qui leur rend si bien hommage à tous les deux.
Très cordialement.

kravi a dit…

Merci Marianne, vous m'avez donné envie de le lire.

Jean Smia a dit…

Bravo et merci, Marianne, je vais le lire parce que je viens de réaliser que je ne aimais pas cet écrivain à cause des punitions à l'école pour mes fautes d'orthographes.

Caroline PUIG--GRENETIERetier a dit…


Bien chère Marianne,

Merci infiniment pour ce très bel article, et cette attention dont j'ai tellement besoin et qui me touche énormément!

Bien au delà de l'écrivain, la rencontre de Maurice Genevoix par

l'intermédiaire de son écriture, puis de sa merveilleuse Sylvie, de Monsieur Bernard Maris, de Monsieur Michel Bernard, si engagés pour la mémoire vivante, est pour moi une aventure humaine essentielle, salvatrice. Cet hymne à la vie, à l'amour de ceux qui ne sont plus, me donne un immense courage. ce métier est très, trop dur quand on ne connaît pas grand monde, et des fois cela mine.
Mille Mercis à toi et à Monsieur Benillouche d'avoir si bien su rendre compte de notre travail, et de nous aider à faire revivre ce très grand écrivain humaniste.
Merci à ma maman de m'accompagner dans mon métier avec autant de discrétion, de gentillesse et de finesse, et d'avoir emmené ce documentaire jusqu'à vous!
Avec ma profonde et tellement sincère affection
Caroline