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vendredi 9 décembre 2016

Les deux contre chocs par Dov ZERAH



LES DEUX CONTRE CHOCS

Le point économique de Dov ZERAH



FED

Depuis quelques jours, l’économie mondiale est confrontée à deux contre chocs, celui de la remontée des taux d’intérêt, et celui du renchérissement du prix du pétrole… Depuis plusieurs années, pour soutenir l’activité économique, la Banque centrale américaine, la FED a conduit une politique d’assouplissement monétaire dénommée «Quantitative Easing» (QE). Cela s’est principalement traduit par des rachats d’actifs, essentiellement des titres d’État, et la diminution des taux d’intérêt.



BCE

Cette politique a produit ses effets attendus en matière de croissance et de plein emploi, et conduit la FED depuis dix-huit mois à amorcer un atterrissage. Dans le même temps, la Banque centrale européenne, la BCE, engageait une politique identique.
J’ai, à plusieurs reprises appelé votre attention sur les risques de ce type de politique :
L’abondance de liquidités est susceptible de développer l’inflation
Des taux d’intérêt faibles ou négatifs poussent à la constitution de bulles financières ou immobilières qui finissent toujours par exploser
- Que ce soit l’inflation ou la faible rémunération de l’épargne, ce sont les classes moyennes qui s’appauvrissent ou ne voient pas le fruit de leur travail rémunéré et protégé…
La perturbation de l’activité bancaire
- L’extrême difficulté de sortir de cette politique
Or malgré le caractère nécessaire et incontournable de cette inflexion américaine, la FED n’a cessé de différer sa décision de remontée des taux. Alors qu’elle était attendue pour la mi-décembre, le Brexit, et surtout l’élection de Donald Trump ont accéléré le mouvement, comme j’ai eu l’occasion de vous en entretenir depuis un mois.
Parallèlement aux tergiversations de la FED, les responsables de la Banque centrale européenne ont reconnu que «l’usage intensif de mesures non conventionnelles pourraient s’accompagner d’effets secondaires d’importance croissante», ce qui laisse entendre un retournement de politique. Par ailleurs, ils expriment de plus en plus leurs inquiétudes sur les conséquences du non au referendum italien.
Les événements politiques, les votes passés et futurs conduisent les marchés à imprimer le mouvement de remontée des taux. Est-ce satisfaisant ? Probablement pas ! Il est temps que les banques centrales interviennent et organisent la transition pour contenir les effets collatéraux. Ce contre choc monétaire s’accompagne du contre choc pétrolier.
Depuis 2014, Le pétrole était orienté à la baisse, passant progressivement le prix du baril de 110$ à 75 jusqu’à moins de 30$ début 2016. Cette évolution résultait d’un phénomène de ciseaux :
Une baisse de la demande consécutive au ralentissement de la croissance mondiale, et plus particulièrement dans les pays émergents
Une offre excessive alimentée par le retour de l’Irak et de l’Iran sur les marchés, et surtout par la stratégie de l’Arabie saoudite. Même si l’OPEP ne regroupe pas tous les pays producteurs, elle imprime la tendance des marchés. Au sein de l’OPEP, la position du Royaume wahhabite a toujours été déterminante. Jusqu’à il y a quelques mois, ce pays a refusé de réduire sa production avec un triple objectif :
Ø  Fragiliser la production américaine des gaz de schiste dont l’exploitation n’est rentable qu’avec un prix supérieur à 55-60 $ le baril
Ø  Empêcher l’Iran de profiter pleinement de son retour sur les marchés après la levée des sanctions, et l’affaiblir financièrement pour compliquer ses engagements en Syrie, au Yémen, et dans toute la péninsule arabique. La confrontation entre Sunnites et Chiites est passée par les marchés pétroliers
Ø  Il en était de même pour le grand exportateur de gaz qu’est la Russie que l’Arabie saoudite affronte par Syriens interposés.
La baisse à moins de 30$ et la perspective de voir le baril à 20$ a fini par pénaliser tous les acteurs dont l’Arabie saoudite. Pour faire face à la baisse de ses recettes et financer un budget en déficit, elle a été obligée d’emprunter. «L’arroseur arrosé» a fini par amorcer un revirement avec un rapprochement avec la Russie, avant de souscrire un accord au sein de l’OPEP.
Grâce à un travail intensif et persuasif des Algériens, les membres du cartel ont convenu de limiter leur production à 32,5 millions de barils/jour. Avec une réduction de 1,2 million de barils/jour, l’effort est substantiel et l’accord, valable pour six mois reconductibles, historique. Les marchés ont immédiatement réagi, et le cours est remonté au-dessus de 50$ et certains prédisent prochainement les 60$, un doublement depuis le début de l’année.

La conjonction de ces deux contre chocs va compliquer les politiques économiques, se traduire par une baisse du pouvoir d’achat, entraîner un retour de l’inflation, et bien d’autres effets…La gestion de nos économies est de plus en plus compliquée, et accepte de moins en moins des événements brutaux ! 

2 commentaires:

V. Jabeau a dit…

Merci de pouvoir trouver les explications de M. Zerah sur ce blog, car l'économie est une actualité qui est tout à fait politique.

Marianne ARNAUD a dit…

Aucune inquiétude à avoir : la banque Goldman Sachs s'en occupe ! Elle va redresser la situation, dans l'intérêt de la banque et de ses clients, en trois coups de cuiller à pot !
Pour ce qui est de l'Europe, les "Goldman boys" : Romano Prodi et Mario Monti - anciens premiers ministres et commissaires européens - Mario Draghi et Marc Carney - respectivement présidents de la BCE et de la Banque d'Angleterre - tous passés par la banque Goldman Sachs, sont à la manoeuvre !

Inutile de vous demander comment José Manuel Barroso - ancien président de la Commission européenne et actuel président de la filiale Goldman Sachs International - s'y prend pour mettre son carnet d'adresses au service des clients de la banque, sans que personne ne crie au conflit d'intérêt ? Ce serait tout à fait indécent !