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jeudi 16 mars 2017

L'accroissement des inégalités sociales par Dov ZERAH


L’ACCROISSEMENT DES INÉGALITÉS SOCIALES

Le point économique de Dov ZERAH


            
         L’organisation OXFAM a dernièrement publié une étude sur les inégalités sociales de par le monde. Les exemples présentés dans cette étude interpellent :
- Les huit personnes les plus riches au monde possèdent aujourd’hui autant que la moitié de la population mondiale
- Un seul PDG d’une des 100 plus grandes entreprises britanniques gagne annuellement autant que 100.000 ouvriers de l’industrie textile au Bangladesh




- Pour Global justice now, le chiffre d’affaires total des dix plus grandes entreprises au monde est supérieur à la somme des budgets de 180 pays
- Selon Thomas Piketty, au cours des trente dernières années, le revenu de la moitié de la population américaine n’a pas bougé, alors que les 1% les plus riches ont vu leurs revenus progresser de 300%
- Les 1.850 milliardaires de la liste Forbes de 2016 possèdent 6.500 milliards$, autant que les 70% les plus pauvres sur terre
            Ce ne sont que quelques exemples d’une longue liste, d’une très longue liste. Depuis la chute du mur de Berlin, et l’accélération de la mondialisation, le nombre de démocraties a augmenté, et des centaines de millions de personnes sont sorties de la pauvreté.
            Ces années ont vu également une redistribution du classement entre les pays. En quelques années, la Chine s’est hissée au deuxième rang pour le PIB, voire au premier avec le PIB en termes de pouvoir d’achat. Le monde n’est plus divisé entre le Nord riche et le Sud pauvre. Même l’Afrique sub-saharienne connait depuis plus de dix ans un solide et important mouvement de croissance. Seul le monde arabe, malgré ses ressources naturelles, semble être à l’écart de ce mouvement de croissance et de diffusion des richesses.

            Cela a entrainé un déclassement de certains pays, de certaines régions industrielles, la multiplication des friches industrielles, le chômage de masse… L’accroissement du PIB mondial, notamment grâce au formidable développement de la Chine et des pays émergents a rendu les riches plus riches. Parallèlement, le développement de l’internet a vu fleurir des fortunes en milliards de dollars.
            Les inégalités sociales se sont accentuées et le mouvement n’a pas été contrarié par l’explosion de la bulle internet du début du millénaire ou par la crise de 2008-2009. Les pays à bas salaires exercent une pression implacable sur les revenus des ouvriers et employés, et entraînent une remise en cause constante des droits acquis. Cela peut aller jusqu’au travail forcé qui concernerait, selon l’Organisation internationale du travail, 150 millions de personnes. Cette évolution est la conséquence logique de la baisse du pouvoir de négociation collective des travailleurs.
            Dans le même temps, les rémunérations des patrons et leurs stocks options sont indexées sur les profits des entreprises. Parallèlement, les positions des entreprises et de leurs responsables sont régulièrement confortées par l’optimisation fiscale qui entraînerait pour les États un manque à gagner d’une centaine de milliards de dollars.

            Il y a cinq ans, le Forum économique mondial de Davos considérait que l’accentuation des inégalités sociales constituait la principale menace pour la stabilité du monde, et pour la perpétuation d’une économie de liberté. Seule l’économie de marché est susceptible de répondre aux besoins d’une population sans cesse croissante. Aucune économie administrée n’est en mesure de subvenir aux besoins des sept milliards d’habitants aujourd’hui, aux neuf, dix milliards demain en 2050.
            Tous les effets négatifs de la globalisation alimentent un profond de contestations dont les plus emblématiques sont la victoire de Tsipras en Grèce, l’émergence de Podemos en Espagne, le Brexit, la victoire de Donald Trump…
            Il est grand temps que la gouvernance mondiale se ressaisisse et donne quelque rationalité à un monde économique. Cela passe par :
- Un libre échange plus maitrisé
- Un système de changes plus harmonieux
- Un contrôle plus étroit des activités bancaires et financières
- Un accord international sur un socle social minimum
- Une gestion plus économe des ressources naturelles
- Une coopération internationale en matière fiscale
            Vaste programme ! Dans un monde dominé par les rapports de force, l’appétence pour l’argent et un incompressible besoin de consommation, cette feuille de route peut paraître totalement utopique, impossible à réaliser. Certes. Se retirer de la mondialisation n’est pourtant pas la solution. De la même façon qu’il n’y a pas de meilleur système que la démocratie, la globalisation est inéluctable. Aucun protectionnisme, repli sur soi n’est viable.

            Il n’y a pas d’alternative à plus de gouvernance mondiale, à une gestion concertée de nos problèmes communs. L’Europe est la mieux placée pour montrer l’exemple.

2 commentaires:

Georges KABI a dit…

"L’Europe est la mieux placée pour montrer l’exemple."
Cette phrase me fait fremir. Il y a actuellement une concurrence effrenee de diminution, voire meme d'exemption de l'impot sur le revenu des personnes les plus riches au monde afin de les attirer!
Il y a une campagne effrenne contrwe cet impot sur le revenu, probablement l'impot le plus juste, si il est bien organise, socialement. A la place, on jongle avec les taux de la TVA, l'impot le plus injuste socialement. Bref, rien ne semble avoir changer depuis l'apparition de l'Homme sur Terre: le plus fort est toujours celui qui amasse les revenus. Les autres, qu'ils crevent!

CORCOS a dit…

Un grand merci à Dov Zerah, qui a su synthétiser en quelques chiffres accablants les dérives effroyables d'un ultra libéralisme sans aucune régulation ...
D'autres réfléchissent aux moyens de défendre réellement le libéralisme - seul système économique ayant fait ses preuves - en introduisant un minimum d'équité.
La Fraternité d'Abraham - dont j'ai rejoint la direction il y a quelques années - a co fondé avec l'Académie des Sciences Morales et Politiques une fondation, "Ethique et Economie". Cela aussi, sous l'impulsion de Bernard Esambert que vous connaissez certainement. Voir sur ce lien :
http://www.fraternite-dabraham.com/programme-ethique-et-economie/
Seriez-vous intéressé par nos travaux ? Et éventuellement, pour venir partager votre expertise lors d'une conférence à l'Institut?
Bien à vous.