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dimanche 2 avril 2017

Le Pen : jouer à se faire peur



LE PEN : JOUER À SE FAIRE PEUR

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

            
Le Pen et le nazi Franz Shonhuber

          Il faut se rendre à l’évidence que le scénario catastrophe d’une élection de Marine Le Pen à la présidentielle reste du domaine de l’improbable. Les hommes politiques jouent à se faire peur ou plutôt à faire peur aux électeurs pour que ceux-ci orientent mieux leur vote. Les électeurs français sont peut-être des veaux, selon la terminologie gaullienne, mais ils sont responsables et jamais ils n’hypothèqueront leur avenir entre les mains d’un nationalisme anachronique.




            Si Marine Le Pen peut ratisser large au premier tour, elle manque de relais pour le second, question de pures mathématiques. Les quelques groupuscules qui la rejoindront ne suffiront pas à entraîner une majorité à voter pour elle. Certes, Philippe de Villiers a confirmé son ralliement à Marine Le Pen, mais que représente-t-il sinon lui-même dans son château vendéen.  Souverainiste, candidat aux élections présidentielles de 1995 et 2007, il n’avait pas ménagé «son admiration pour Marine Le Pen». En février, il avait vanté la «carrure présidentielle» de la candidate du FN, jugeant ses prestations télévisées «tout simplement excellentes». 
Henri Guaino

          Le député Henri Guaino, pourrait la rejoindre mais il s’agit d’un homme seul, qui d’ailleurs n’a pas réussi à engranger quelques parrainages d’élus. Il serait hésitant en raison de certains éléments atypiques qui soutiennent la candidate FN et qui s'opposent à sa pensée gaulliste.
            Si Marine Le Pen attire les voix des déçus et des ratés, elle est plombée par son entourage sulfureux qui entache sa candidature. Ses amis, jusque-là dans l’ombre, réapparaissent à la lumière à l’occasion d’affaires financières. Frédéric Chatillon, Philippe Péninque ou Axel Loustau, visés par la justice financière, ont un passé lourd d'antisémitisme.
Chatillon avec Aoun et Dieudonné

            Leader du Gud, syndicat étudiant musclé d'extrême droite des années 1990, Frédéric Chatillon s'est reconverti dans les affaires en fondant une nébuleuse d'entreprises, dont l’agence de communication Riwal créée en 1995 pour la diffusion des documents de propagande du parti.  Il avait rencontré Marine Le Pen à l’université de droit d’Assas. Frédéric Chatillon est un ami d’Alain Soral et de Dieudonné avec qui il avait voyagé en 2006 en Syrie et au Liban, pour ensuite organiser une campagne de promotion de la Syrie, avec un bus arborant le slogan «Syrie, une nouvelle aire».
Chatillon, Dieudonné et Soral

            Chatillon, qui a été renvoyé en correctionnelle pour le financement des campagnes 2012, vient d'être mis en examen dans l'enquête sur les municipales, européennes et départementales 2014-2015. Il s’était distingué en posant en 2012 avec «une petite bière à la santé» de l'ambassadeur américain Christopher Stevens assassiné cinq jours plus tôt en Libye. En septembre 2009, Chatillon avait accompagné au tribunal correctionnel Dieudonné et l'historien révisionniste Robert Faurisson, qui nie l'existence des chambres à gaz nazies. Il s’était vanté la même année, dans un documentaire, ses relations «galvanisantes» avec Léon Degrelle, collaborateur belge de la Seconde guerre mondiale.
Philippe Peninque

            Philippe Péninque, conseiller de l'ombre de Marine Le Pen, est décrit comme le parrain de la bande et joue le rôle d’avocat provocateur. 
video

       Autre ancien du Gud, Axel Loustau, est élu régional FN francilien, trésorier de Jeanne, le micro-parti de Marine Le Pen, et membre du triumvirat chargé des finances de la présidentielle 2017.  Filmé en 1992 en compagnie de Chatillon alors qu’il rendait visite à Degrelle, il lui avait lancé : «Mon général, c'est un très grand honneur». Axel Loustau, autre proche de l’équipe de campagne, était apparu sur deux photos en 2011 en train de faire un salut nazi lors d'une soirée privée. Il a été accusé récemment d'antisémitisme ou de sympathies pour le nazisme, le bras droit tendu, la main levée.

Axel Loustau avec Marine Le Pen

            Et il n'y a pas que les gudards dans l’entourage de Marine Le Pen. Un autre membre de l'équipe de campagne, l'ex-dirigeant identitaire niçois Philippe Vardon, désormais conseiller régional FN en Paca, a été accusé par Christian Estrosi, patron LR de la région, d'être «héritier de Goebbels», le chef de la propagande nazie. Au parti ils sont nombreux, avec Louis Aliot, vice-président du FN, à s’inquiéter de la place des gudards ou des Identitaires.
Loustau et son salut nazi

            Si Marine Le Pen s’était engagée à nettoyer les scories de son parti, à savoir les anciens collabos et les anciens de l’OAS, les éléments antisémites figurent encore en bonne place dans son équipe de campagne. Cet entourage sulfureux lui apporte son réseau de financement indispensable pour sa propagande. Elle se voit rattrapée par son officine de communication antisémite. Elle joue aussi à la naïve en s’affichant à Moscou avec un élu russe antisémite et homophobe, Vitali Milonov en prétendant ne rien savoir sur lui.
Le Pen avec Milonov


            Marine Le Pen a tout fait pour dé diaboliser son parti mais certaines traditions sont trop ancrées pour le rendre républicain. Les Français, lorsqu’on les informe, en sont conscients et malgré tout le courroux qu’ils peuvent avoir à l’encontre des partis de gauche et de droite, feront toujours preuve d’un sursaut républicain qui enlèvera toutes ses chances à la candidate du FN, au second tour de l'élection. Sa chance au deuxième tour, si Macron est élu, viendrait de François Fillon qui, d'une manière détournée, fera allégeance par dépit.

7 commentaires:

Véronique Allouche a dit…

"... Marine Le Pen attire les voix des déçus et des ratés...". C'est faire peu de cas de cette classe ouvrière qui vote pour 40% d'entre elle FN, cette catégorie délaissée par la gauche. Idem pour les agriculteurs qui travaillent 70 h par semaine avec au bout du mois à peine un smic. Eux qui votaient à droite voteront FN en désespoir de cause. Ce sont des républicains mais ils se raccrochent au dernier espoir qui leur reste en dépit du danger que ce parti représente. C'est avec ces électeurs, pas forcément racistes, pas forcément xénophobes ni antisémites, mais très soucieux de leur quotidien dont personne ne s'est jamais soucié que Marine Le Pen pourrait être élue.
Bien cordialement

denis sabrié a dit…

l'extrème droite mène à la Shoah... ZAKHOR AL TICHKAH !...quand aux paysans de la Fnsea qui utilisent des pesticides de monsanto et de bayer, ils "collaborent" à la destruction de notre terre, de la Vie, d'une inculture totale, ils sont près à voter fn, hors de question de leur faire confiance, ce pays, la France, n'a pas été nettoyé de sa " collaboration", résultat.. elle repointe son nez en 2017 avec tous ces faux culs qui la financent... (Pardon Mr Jacques pour mes commentaires pas très modérés , toujours en attente d'une réponse du Président Hollande par rapport aux massacres de la Shoah de mes grands-parents et arrières grands-parents ainsi que les spoliations qui vont avec...depuis septembre, toujours rien..! )

Bernard NIVAL a dit…

Je ne comprends guère pourquoi on retrouve Henri Guaino ,démocrate et humaniste de centre droit au milieu de cette clique infâme de fachos et de fascisants .Suffirait-il d'être souverainiste pour être mis dans le même sac qu'eux ?

Jean Corcos a dit…

Cher Jacques, il ne s'agit pas "de jouer à se faire peur" mais de voir la réalité en face : il y a cinq raisons, très inquiétantes qui peuvent faire passer Marine Le Pen. Et cela, en cas de duel - le plus probable - avec Macron :
1° Un fort taux d'abstentions : d'après le dernier sondage ODOXA publié par "Le Point", 27% des électeurs de Fillon et 30% des électeurs de Mélenchon ne voteront pas.
2° Le dépit de beaucoup d'électeurs de Fillon, dans la mouvance plus inquiète des "problèmes identitaires" que de l'économie : ceux là seraient 35% à voter pour elle au second tour !
3° Le fait que cette campagne a été horrible : on n'a pas parlé du fond mais que des affaires, et pratiquement personne n'a souligné le danger monstrueux que serait son élection : retour à un franc dévalué, explosion de l'Union Européenne, brutal recul du PIB ... personne n'entend pas les économistes, même si tous tirent le signal d'alarme.
4° Le "dégagisme", qui aura dynamité les partis dits de gouvernement, à droite et à gauche, avec le "tous pourris" qu'inspirent les affaires, justement, et c'est ce qui a toujours avantagé l'extrême droite dans l'Histoire.
5° Un très profond sentiment américain, à droite et à gauche, qui verrait avec ravissement une alliée de Poutine à l'Elysée.
Et je me permets d'adresser ceci à Madame Véronique Allouche, qui me fait l'honneur aussi de commenter parfois ce que je publie ici : bien entendu que les électeurs du Front National ne sont "pas forcément racistes, pas forcéments xénophobes ni antisémites, etc." ... mais on n'en est plus là !
En tant que retraité, craignant pour mes économies, ayant des enfants et des petits enfants, j'éprouve une angoisse comme jamais je n'en ai ressenti avec la perspective de ces fous au pouvoir : ce sera notre ruine, la ruine de la France, et de la communauté juive forcément solidaire du pays. Donc le temps passé d'analyser les motivations des électeurs du Front National : il faut monter au créneau, et sonner le tocsin !

Jean Corcos a dit…

Texte tapé trop vite et sous le coup de l'émotion ... quelques coquilles que je corrige ici : lire donc
- personne n'entend les économistes, au 3°
- sentiment anti américain au 5°
A la fin, "le temps est passé", etc.

Véronique Allouche a dit…

@jean Corcos
Cher Monsieur Corcos, je suis entièrement d'accord avec votre analyse. Ce que j'ai voulu souligner c'est que le fait de diaboliser les électeurs de MLP ne fait que renforcer leur vote. Ce que j'ai voulu également souligner c'est que les partis républicains de droite comme de gauche n'ont presque rien fait en faveur des classes défavorisées.
En tout état de cause je vous rejoins dans la crainte de voir le FN à la tête du pays et qui nous mettrait tous en danger pour les raisons que vous avez fort bien décrites.
Bien cordialement

Jean-Pierre Laroche a dit…

Bonjour,
tout le monde oublie que c'est une maline, elle n'a pas les deux dans le même sabot.
et elle en joue. prendre son ennemi(e) pour un idiot fait que l'on est plus idiot que lui.
il y a une fable qui la dépeint très bien.
c'est l'histoire du loup et des chevreaux , ou le loup pour ce faire passé pour quelqu'un d'intègre trempe sa patte dans la farine et ainsi argumente comme quoi il a changé et devenue politiquement correcte, seulement une foi rentrer à l'intérieur il fait un royal festin des petits.
comment peut elle avoir changer à ce point ??? si ce n'ai que son père franchement négationniste incorrigible là gênait dans l'ascension au pouvoir.
comment ne pas le voir???
avec un peu de mémoire dès qu'elle a eu un problème la vrais personne refait surface ,balaye d'un coup le masque. (le soir ou elle s'en est pris vivement après la justice faisant comprendre qu'elle allait renverser tout ça.)
ce qui m'étonne c'est le manque de recule des travailleurs envers elle .
j'aurais compris qu'ils ce tourne vers Mélenchon ou vers la gauche populaire , Mais Là.... ?????
là j'en reviens qu'elle est une excellente avocate pour le partie FN.