ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OFF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE - Cliquer l'image pour lire ou arrêter le déroulement

 

dimanche 9 avril 2017

Alea jacta est : le syndrome Juppé



ALEA JACTA EST : LE SYNDROME JUPPÉ

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps


            
          Oui, «le sort en est jeté» selon la locution latine attribuée à Jules César. Cela signifie que les candidats s'en remettent à la chance, aux évènements sur lesquels ils n'auraient aucune emprise, n'ayant plus la possibilité de revenir sur ce qui a été commis. Alain Juppé avait caracolé en tête des sondages pendant près d’un an pour être ensuite lourdement éliminé aux primaires par un candidat qu’on n’attendait pas. Ce souvenir est encore brûlant dans les esprits et surtout parmi ceux de ses amis qui ont fait l’amère expérience d’une grande déception alors qu’ils rêvaient déjà à la victoire. 




          Nul n’est à l’abri d’une surprise identique au cours du premier tour de la présidentielle de 2017. Les Français sont très anticonformistes et risquent de ne pas miser sur le Messie inspiré par les media et par les États-majors des partis. Le syndrome Juppé hante les candidats.
            Il faut se rendre donc à l’évidence que rien n’est encore joué dans ce combat entre onze candidats dont certains ont été véritablement découverts à l’occasion de leur prestation télévisuelle. Aujourd’hui, quatre candidats sont dans un mouchoir de poche selon les sondages qui se sont souvent, sinon toujours, trompés : Fillon, Le Pen, Macron et Mélenchon, dans l’ordre alphabétique pour ne pas se risquer à les classer par ordre d’arrivée. Les électeurs sont volatils et ne se décident plus sur un programme politique, encore moins sur les actes et le passé des candidats, quel qu'il soit. Ils décident au doigt, selon leur humeur, selon leur état d’esprit au moment de la décision suprême, en dehors de toute idéologie, de tout raisonnement logique et de tout intérêt.
            Fini le principe des deux tours où durant le premier on choisit et durant le second on élimine. On ne sélectionne plus, on saque, on détruit, on punit, on se venge dès le premier tour, aidé souvent par les réseaux sociaux qui manipulent autant qu’ils informent. On ne peut même plus croire aux affirmations de ceux qui sont censés soutenir un candidat car en sous-main ils ont déjà désigné le véritable candidat pour lequel ils conseillent de voter. La politique c’est le monde de la trahison.
Chrirac - Chaban

            On se souvient qu’en 1974 le jeune loup Jacques Chirac avait sabordé la candidature gaulliste de Jacques Chaban-Delmas pour rallier le camp du futur vainqueur, Giscard d’Estaing. Les jeunes loups d’alors avaient préféré casser l'UDR plutôt que de soutenir le maire de Bordeaux dans un combat qu'ils savaient perdu d'avance et parce qu’ils n’avaient jamais été adoptés par les gaullistes historiques. Chacun des sondages défavorables à Chaban-Delmas amenait dans le bureau du ministre de l'Intérieur une dizaine de députés qui venaient annoncer qu’ils n'étaient plus sûrs de se battre à mort pour Chaban. Jacques Chirac avait cassé le parti UDR avant le premier tour parce qu’il avait un compte à régler qu’il a soldé en 1981 en favorisant ensuite l’élection de Mitterrand pour avoir été trahi par Giscard.

            On se souvient aussi de l’élection présidentielle de 1995 où le gagnant des sondages, Edouard Balladur avait été battu par Jacques Chirac alors que le RPR était déchiré en deux camps. Édouard Balladur pouvait alors compter sur les principaux ministres RPR, Nicolas Sarkozy, Charles Pasqua, François Fillon et UDF, François Léotard, Pierre Méhaignerie, et François Bayrou. En revanche, les ministres RPR Alain Juppé et Jacques Toubon, ainsi que l'UDF Alain Madelin soutenaient Jacques Chirac. Les sondages très défavorables à Jacques Chirac avaient poussé certains à lui conseiller de renoncer pour ne pas subir une défaite cuisante. Il a pourtant gagné contre les prévisions.

            Aujourd’hui, les conseils des États-majors ne suffisent plus à orienter l’électeur qui refuse les consignes du parti. C’est ainsi que les «éléphants» socialistes ont tendance à bouder le candidat officiel parce qu’il ne les fait plus rêver tandis qu’à droite, peu sont réellement ouverts aux directives tardives de Sarkozy, Le Maire, Estrosi, Juppé et consorts qui leur enjoignent de voter Fillon malgré la haine qui ne s’est pas encore estompée à son égard. 
            Alors, nul n’est capable aujourd’hui de dire avec précision lesquels des deux candidats sortiront au final des urnes, au premier tour. Ceux qui tiennent la corde dans cette course peuvent s’écrouler sur la ligne d’arrivée, gênés par ceux qui leur refusent la victoire par jalousie, haine, calcul médiocre ou antipathie. Les «petits» candidats pourraient s’avérer plus puissants que les «grands» parce qu’ils peuvent influer sur l’ordre d’arrivée. Un autre, spécialiste de la dernière ligne droite, pourrait coiffer au poteau les deux favoris. 

          Les sondages sont une image à un instant T, souvent déformée parce que les sondés camouflent leur véritable vote ou que les électeurs changent d’avis à la dernière minute. La certitude viendra uniquement du résultat du scrutin parce que le combat durera jusqu’à la dernière minute, jusqu’au dernier souffle, jusqu’au dernier argument et peut-être jusqu’à la dernière révélation.


            Regardons donc les sondages avec curiosité mais sans certitude. S’il y a une rigueur scientifique dans ces calculs, ils ne prennent pas en compte l’état d’esprit de l’électeur soumis au matraquage des media et qui finit par imposer sa propre vision électorale à l'intérieur de l'isoloir.  Anticiper une victoire ou même une défaite ferait preuve d'absence de sens politique.    

3 commentaires:

janine a dit…

Exact rien n'est joue

Véronique Allouche a dit…

Chaban -Delmas a été largement détruit par le Canard plus que par son camps tout comme aujourd'hui l'est Fillon par le même media suivit par ses confrères, le condamnant d'office. Les états-majors ne suffisent plus à démontrer le bien-fondé de leur candidat. Les media ont pris le pas sur eux à longueur d'articles élogieux en faveur de Macron.
Mais Il est vrai que les français sont anticonformistes et que "le Messie des media" risque de faire l'effet contraire du but recherché.
En définitive, il faut espérer que les électeurs, écœurés par cette désastreuse campagne ne désignent comme grands gagnants soit le vote blanc soit le vote nul soit l'abstention.
Avec pour résultat MLP au pouvoir.
Bien cordialement

andre a dit…

Le Pen qualifiée pour le second tour ? Presque certain.
Fillon devant Macron ? Si les électeurs de gauche se partagent entre Mélenchon et Hamon plus Poutou et Arthaud, Il faut que Macron séduise beaucoup d'électeurs de la Droite et du Centre pour être au second tour. Et s'il y a un sursaut identitaire des électeurs de Droite qui retournent au foyer déserté à cause des " affaires" et des calomnies, Il n'est pas exclu d'avoir un second tour MLP-FF .
Le cauchemar : MLP - JL Mélenchon qui entraînerait le choix El Al -Air France.
André M
Tribune juive