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jeudi 25 mai 2017

Presse d'égouts par Claude MEILLET



PRESSE D'ÉGOUTS

L'opinion de Claude MEILLET

                

          Le choc des mots, le poids des réseaux. Jonathan en restait ko. Un de ses partenaires habituels de tennis venait de l’inviter, apparemment parmi d’autres destinataires, par mail, à ouvrir un lien donnant accès à un article. Article dont le libellé citait le nom d’une candidate à une prochaine élection. Le mail disait, classiquement, «pour info», et plus malicieusement, «sans garantie du gouvernement». Par l’odeur alléché, comme aurait dit, lui, le renard de Jean de la Fontaine, il cliqua sur ce lien, si tentant.



            La curiosité est un vilain défaut. Pas toujours. Mais cette fois-ci, oui. Bien mal lui en prit. Un fumet pestilentiel monta vers ses narines dés qu’il parcourut les premières lignes. Une introduction allusive, bien grasse, suivit d’une dérivée faussement innocente, complétée dans la foulée par un renvoi dénonciateur bien senti, fabriqué pour parachever l’exécution. Du sur-mesure.  Sonné d’entrée, et maîtrisant son haut-le-cœur, il continua la lecture. Bien fait pour lui.
            Le reste relevait, si l’on peut dire, du storry-telling de même acabit. Une construction univoque du récitatif historico-politique de la candidate, très, très, vraiment très, visiblement du bord opposé à celui du rédacteur de ce texte. Une litanie de supposés retournements, collusions, transferts d’une écurie à une autre, changement de pied, s’enchainaient dans la description d’un parcours complaisamment rendu chaotique. Le tout parsemé d’incises, arrivant là comme autant de cheveux dans cette soupe épaisse, nauséabonde, qui se voulaient assassines. L’assassin restant en l’occurrence anonyme puisque l’article n’était pas signé. Toute la gloire de ce torchon revenant donc au titre du journal publicateur.

            Le pire restait à venir. Car, sans doute dans une perpétuation de l’impulsion informative du début, son partenaire le rendit une nouvelle fois destinataire d’un nouveau lien au libellé aussi prometteur. Dans son élan masochiste, Jonathan cliqua derechef. En se promettant de passer un 6-0, 6-0 à son partenaire ami, à leur prochaine rencontre. Et en remâchant intérieurement le précepte magique ; «protège-moi de mes amis, mes ennemis je m’en occupe».
            Le titre du journal était différent. Mais le ragout, de la même cuisine. Plus épicé encore. Car, l’attaque portait, directement, sur la personne. Avec une perfidie dosée, savamment distillée. L’auteur, cette fois nommée, ajoutait donc à la succession des allusions, à l’historique à la hache d’un cheminement politique relaté comme plein de bruits et de fureurs, au dénigrement, à la caricature, aux inventions de conflits, un ingrédient encore plus répulsif.

            Le conte, dans cet exercice double de délégitimation d’une candidate par désinformation, «plein de bruit et de fureur», n’était malheureusement pas signé par Shakespeare. Il tenait beaucoup plus de la littérature de gare. Un style sèchement descriptif. Un vocabulaire convenu dans l’univers de la prose politicienne.
            Quant au fond ! Un égout sans fond. Aucune idée, aucune pensée, aucune proposition. Aucune critique, qui pourrait au moins être légitime, sur le programme. Le feu, entièrement dirigé vers la personne. Jonathan s’interrogea sur l’efficacité de la démolition. Quel public pouvait être convaincu par un tel argumentaire de caniveau, hormis celui des supporters, des inconditionnels du camp opposé ? En fait, le camp à l’origine du forfait, devait compter purement sur l’effet de réseau. Réseaux pluriels. Celui des relayeurs, comme cet ami. Et réseaux sociaux, consommateurs gourmands de ce genre de «fake news».

            Une interrogation qui le renvoya sur l’univers du politique. La pratique de la politique condamnait-elle au mépris de la politique ? Plus loin, au mépris des destinataires de la politique, des citoyens ? La fascination du pouvoir, tel qu’il miroite devant les yeux des prétendants, justifie t’elle le vide et la bassesse ? Jusqu’au mépris de soi-même ?

            6-0, 6-0, c’est peut-être un peu présomptueux, s’avoua t’il. Il a un sacré bon revers. Mais la vengeance est un plat qui se mange froid. Je vais lui soumettre toutes ces questions. Avant notre match. Histoire de le déstabiliser à son tour.

4 commentaires:

Kahazara a dit…

Je n'ai rien compris, je ne dois pas avoir les clés de compréhension, je ne fais pas partie du bon camp... ??

Kahazara a dit…

je reviens parce que j'ai relu, ça ne me fait pas vraiment plaisir tout cela...
mais rien à faire ! pas de meilleur résultat
mépris du lecteur ?
s'il s'agit de se défouler contre ses spams par le gribouillage de quelques rimes, j'ai l'impression qu'un article ne s'impose pas
"Jonathan" devrait se relire et se rappeler qu'on n'est pas dans sa tête

Véronique Allouche a dit…


@kahazara
Mépris du lecteur? .... ou mépris de l'auteur..... ce n'est pas parce qu'on ne comprend pas un texte qu'il faut le mépriser!
La maîtrise du récit semble vous échapper. Dommage pour vous.

Kahazara a dit…

mais je ne vous permets pas de remettre mon intellect en cause madame, et si je méprisais l'auteur je n'aurai pas fait l'effort d'un commentaire, même d'un commentaire en colère, le mépris par le silence me convient, bien que le mépris ne soit pas une de mes qualités. En outre, le silence sert à beaucoup d'autres choses pour votre gouverne... Vous êtes bavarde, bavarde, bavarde, faire autant de bruit ne vous rend pas plus légitime que moi sur ce site. S'il vous plait tenez vous en à vos commentaires stériles sur les articles et n'insultez pas les autres lecteurs qui ont aussi le droit de s'exprimer occasionnellement, d'autant plus pour exprimer un mécontentement.