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lundi 7 août 2017

Loup solitaire, le retour par Marianne ARNAUD



LOUP SOLITAIRE, LE RETOUR ?

Par Marianne ARNAUD

         

          On croyait en avoir fini avec la théorie du «loup solitaire» - terme adopté par le FBI – désignant un terroriste sans contact avec un groupe. Gilles Kepel n'avait-il pas proclamé : «La théorie du loup solitaire est une imbécillité» ? Certes, il existe bien, depuis 2016, une loi antiterroriste, dont on nous dit qu'elle est «la plus sévère d'Europe». Elle avait été réclamée dès 2014, par le juge antiterroriste, Marc Trévidic, pour neutraliser ces «loups solitaires» avant qu'ils ne passent à l'acte.



Conseil constitutionnel en 2016

            Or le 28 mars 2017, le Conseil constitutionnel a examiné une question prioritaire de constitutionnalité (QPC), déposée par Me Michaël Bendavid plaidant pour son client, Amadou S., présenté par son avocat comme né dans une famille musulmane, mais élevé à la DDAS, n'ayant jamais pratiqué de religion et ayant une profonde aversion pour le terrorisme islamiste. C'est à la suite de l'expulsion de son logement qu'on a trouvé chez lui différents indices qui ont pu faire croire qu'il relevait de la nouvelle loi antiterroriste et qu'il a été mis en détention préventive.
            Mais le 7 avril 2017, le Conseil constitutionnel prend un arrêté déclarant inconstitutionnelle le délit d'entreprise terroriste individuelle concernant Amadou S. Le texte est déclaré trop flou, qui permet donc d'incriminer trop facilement. Et le Conseil constitutionnel de rappeler les fondements de notre droit pénal : la loi «ne saurait réprimer la seule intention délictueuse ou criminelle». Comme l'avait précisé, François Sureau, l'avocat de la Ligue des Droits de l'Homme, plaidant dans la même affaire : «Avant l'acte criminel il n'y a rien. Avant qu'il soit commis, il n'existe que des citoyens innocents».

            Alors comment interpréter ces deux articles du Figaro, parus le 2 août, signés Cyrille Louis, correspondant à Jérusalem, dont l'un est titré : «Israël traque les profils de terroristes» et l'autre : «Soutenir l'intifada sur Facebook peut mener en prison» ?
            Dans le premier, on apprend que plus de 400 Palestiniens - « loups solitaires potentiels » - ont été incarcérés dans les dix-huit derniers mois. Et voilà qu'un officier israélien raconte comment le «profilage» se fait en traquant les signes avant-coureurs d'un passage à l'acte sur les réseaux sociaux. Et de préciser : «Une partie des assaillants peinent à trouver le sommeil durant leur dernière nuit tandis que d'autres éprouvent le besoin de régler leurs dettes, de demander pardon ou de publier un testament». 
          L'article se termine sur cette constatation que «l'ampleur de cette surveillance... ne provoque guère de débat au sein de la société israélienne». Le journaliste Amos Harel du quotidien Haaretz de préciser : «L'immixtion des services de sécurité dans l'intimité des gens est perçue comme acceptable tant qu'elle s'inscrit dans le cadre de la lutte antiterroriste – et ce d'autant qu'elle s'applique apparemment aux seuls Palestiniens».
Sami Janazreh

            Le second article met en scène, Sami Janazreh, présenté comme «un dur à cuire» de 43 ans, affilié au Fatah, qui a fait plusieurs séjours en prison. Il a été arrêté le 15 novembre 2015 et placé en détention administrative en ignorant quelles accusations pèsent contre lui. Ce n'est qu'après des mois d'emprisonnement et une grève de la faim de 67 jours, qu'il est inculpé «pour incitation à la haine». Son dossier de 360 pages ne contient que des captures d'écran provenant de son compte Facebook. Condamné à 15 mois de détention, il est libéré le 14 février 2017.

            Que veut-on nous dire, à nous Français, par la publication de ces deux articles ? Je me le demande encore. Je n'ai pas la réponse !

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