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vendredi 3 novembre 2017

Israël a transmis un message technologique au Djihad



ISRAËL A TRANSMIS UN MESSAGE TECHNOLOGIQUE AU DJIHAD

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright © Temps et Contretemps
       
          
          La division technologique de Tsahal travaillait sur ce projet depuis la fin de l’opération «Bordure Protectrice» de 2014, au cours de laquelle 32 tunnels avaient été découverts et détruits. La guerre avait mis en évidence le nouveau danger des tunnels qui débouchaient directement en plein territoire israélien. La population s'était inquiétée du risque d’infiltrations de terroristes, en pleine nuit, au sein même d’Israël. On se souvient qu’à l’époque les tunnels avaient entraîné la mort de soldats et l'enlèvement d'Oron Shaoul et de Hadar Goldin.



Oron Shaoul, Hadar Goldin et Mengistu

            La société israélienne Elbit, avec l’aide des militaires de la division 81, avait été chargée de développer dans un délai record un système basé sur des capteurs qui détectent l'activité de construction de tunnels. Des milliards de shekels ont été investis et au bout du compte, le résultat final était là.
            Le système comprend une série de capteurs dont les informations sont analysées à l'aide d'un système de contrôle basé sur des algorithmes. Cette méthode permet l'identification précise de la construction d’un tunnel et sa localisation sans fausses alarmes. Le système est le premier du genre dans le monde. Ce détecteur avait déjà été installé partiellement à la frontière, mais sa mise en œuvre plus étendue autour de la bande de Gaza nécessitait un budget spécifique, que le gouvernement avait débloqué pour calmer les appréhensions des kibboutzim et les implantations frontaliers.
Je ne sais pas mais quelque chose a changé dans le béton israélien

            Les tunnels avaient créé un facteur de surprise et avaient mis en évidence l’incapacité à se défendre contre ce nouveau danger. Dès que la nouvelle technologie fut prête, Tsahal attendait l’occasion de la tester dans des conditions réelles pour mesurer son efficacité. L’occasion lui a été donnée le lundi 30 octobre lorsqu’avait été détecté un tunnel en construction, parvenant à l’intérieur du territoire israélien et creusé par le djihad islamique. Les constructeurs palestiniens, certains de leur impunité, ont été peu discrets avec leurs marteaux-piqueurs géants, des masses de ciment et des dizaines de camions, près de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. Le tunnel traversait la frontière vers Israël.

            Les services du génie militaire travaillaient parallèlement en érigeant un obstacle souterrain qui bloque physiquement les tunnels grâce à un épais mur de béton qui pénètre profondément sous le sol. Mais c’était sans compter sur les soldats et les innovateurs israéliens qui travaillent sans cesse pour trouver des solutions créatives pour perfectionner la défense du pays contre les tunnels terroristes.
            Tsahal avait détecté l’existence du tunnel mais attendait le moment propice pour le détruire. Les nouvelles conditions politiques à Gaza ont poussé Tsahal à le bombarder. L’explosion du tunnel a été contrôlée à distance. L’armée surveillait depuis longtemps l’état d’avancement des travaux du tunnel et a attendu le moment propice pour le neutraliser. La méthode de destruction du tunnel a mis en évidence l'efficacité de la technicité pour localiser avec précision la route des tunnels.  
Djihad à Gaza

            L’explosion du tunnel n’a pas été aléatoire. Elle a coïncidé avec les nouvelles conditions politiques prévalant à Gaza avec le refus du djihad islamique d’approuver l’accord signé entre Fatah et Hamas. Israël prévoit d’ailleurs de recevoir en représailles des tirs de roquettes de la part des milices armées et c’est pourquoi des batteries Dôme de fer ont été installées près de Gaza. Mails il fort probable que le Hamas ne choisira pas l’escalade car l’opinion publique à Gaza est lasse des guerres stériles. Israël était dans son droit de détruire le tunnel car cette destruction a été effectuée à l’intérieur même du pays, sur près d’un kilomètre de la frontière. Tsahal avait pris le risque d’attendre que le tunnel s’enfonce en Israël, près de Kissoufim, pour agir afin d’être dans son bon droit.
            Par cette action, Israël a voulu transmettre au chef du Hamas, Yahia Sinwar, un message clair pour le déconseiller de continuer à gaspiller son argent en creusant et à continuer à mettre en danger la vie de ses citoyens. Tout est sous contrôle à présent.
Victimes djihadistes

            Le bilan de l’explosion du tunnel est lourd avec onze tués et de nombreux blessés. Les services de renseignements savaient que les maîtres-d’œuvre étaient les miliciens du Djihad islamique qui ont confirmé que deux hauts commandants avaient été tués ainsi que deux agents du Hamas qui étaient venus leur porter secours. Certaines indiscrétions font état de la volonté d’Israël de détruire le tunnel lorsqu’il était habité pour en faire un exemple. Ce n’était pas un hasard si deux officiers du djihad ont été pris au piège, le commandant régional du centre de Gaza, Arafat Abu Marshad et ses deux lieutenants Hassan Abu Hasnin et Ahmed Khalil, de l'unité commando d'élite Nukhba. Deux membres du Hamas, faisant partie du commando militaire naval, ont été tués par l’effondrement du tunnel alors qu’ils tentaient de porter secours aux membres du djihad au moment où des explosions secondaires ont eu lieu à la suite de produits entreposés dans le tunnel.
Ronen Manelis

            Cependant le porte-parole de Tsahal, le général de brigade Ronen Manelis, nie la thèse d’une volonté de destruction du tunnel au moment il était habité : «le bombardement du tunnel n'était pas un assassinat ciblé, aucune intention de mener une opération qui aurait pu être perçue comme une attaque directe contre tout militant de haut rang. Son but était de détruire le tunnel de notre côté du territoire».

            L’aviation israélienne de Tsahal a été responsable de la destruction du tunnel qui ne pouvait pas intervenir après le 31 octobre car, à cette date, le passage frontalier avec l’Égypte devenait sous contrôle de l’Autorité palestinienne. Une grande délégation égyptienne arrivait ce jour-là pour superviser le transfert des postes frontaliers à l'Autorité palestinienne et annoncer la création d'un consulat égyptien dans la ville de Gaza.
            Israël voulait surtout montrer aux Occidentaux que le Djihad islamique n’avait pas renoncé à ses actions de mort en continuant à construire des tunnels qui venaient à l’encontre de la diplomatie de paix égyptienne. Le Hamas a refusé de s’engager dans des représailles parce qu’il ne voulait pas «faire sauter son accord de réconciliation avec l’Autorité».

            Khaled al-Batsh, haut membre du djihad islamique, a révélé que le tunnel détruit avait pour but de kidnapper des civils israéliens : «Le tunnel de la liberté, qui a été attaqué hier par l'ennemi, était destiné à la libération de nos prisonniers. Nous ne sommes pas découragés ; il y aura un autre tunnel». Al-Batsh a confirmé que son organisation se réservait «le droit de résister, en utilisant l'ancien principe de représailles de l'œil pour un œil. Nous continuerons notre combat par détermination. Nous avons le bon sang pour le sang, nous n'abandonnerons pas notre droit de résister. Les bras de la résistance et les Brigades Al-Quds sont longs. Notre réponse au crime est de continuer à nous préparer à la défense de notre peuple et de notre patrie. Nous allons continuer jusqu'à la libération des prisonniers».
Tsahal à la frontière avec Gaza


            Le djihad islamique, pro-iranien et deuxième plus grande organisation terroriste de Gaza, confirme ainsi qu’il est à l’initiative du tunnel et c’est pour cela qu’Israël a utilisé ses moyens de haute technologie pour lancer un message aux terroristes de Gaza qu’il ne permettra jamais, selon Naftali Bennett, de laisser creuser «des tunnels en Israël destinés à tuer des femmes et des enfants israéliens». 

2 commentaires:

andre a dit…

C’est un article très intéressant : de la bonne information et un commentaire judicieux.
André M Tribune juive

Paul ACH a dit…

Jacques Benillouche pratique "l'humour au second degré".
Le "message technologique" a été reçu 5 sur 5.
Maintenant, ils savent que "creuser un tunnel" comporte un risque de plus : une destruction par l'Armée de l'Air ou par tout autre moyen. Et peu importe s'il y a des victimes (petit v).