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samedi 9 décembre 2017

Trump dispose de soutiens solides



TRUMP DISPOSE DE SOUTIENS SOLIDES

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright © Temps et Contretemps
      

          Certains peuvent considérer Donald Trump comme un illuminé, comme un désaxé politique, comme un dangereux incendiaire, comme un simple populiste, mais contrairement aux thèses généralement admises, il ne prend ses décisions que s’il a des soutiens assurés aux Etats-Unis et dans le monde. Le 6 décembre, malgré les oppositions affichées par certains pays dans la région, le président américain a reconnu la ville de Jérusalem comme capitale d’Israël et promis d’y transférer l’ambassade américaine.




            Des pays arabes y ont vu un grand mépris du droit international. D’autres au contraire, dont la réaction a d’ailleurs été timorée, avaient été informés par avance de la décision américaine à laquelle ils ne se sont pas opposés ou alors très timidement. Le ministre Israël Katz l’a confirmé à la télévision israélienne : «Donald Trump avait l’intention de coordonner sa décision avec les dirigeants de certains pays arabes pour s’assurer qu’ils feraient face aux réactions des Palestiniens. Riyad prend en considération les intérêts sécuritaires de Tel-Aviv, notamment face à l’Iran qui est leur ennemi commun».
            Il ne fait aucun doute que Trump n’aurait pas pris sa décision sans s’assurer de soutiens régionaux car il savait qu’il ne pouvait plus, après cela, prétendre au rôle d’arbitre dans la négociation israélo-palestinienne. En s’attaquant au symbole puissant de Jérusalem, il a pris le risque de rassembler des clans viscéralement opposés les uns aux autres, tels le Fatah de Mahmoud Abbas et le Hamas d’Ismaël Haniyeh. Mais il savait qu’il disposait de puissants relais chez lui et dans la région.

            Les Chrétiens évangéliques exultent. Le Likoud de Benyamin Netanyahou et les nationalistes religieux de Naftali Bennett se frottent les mains. La nouvelle génération des politiciens du Golfe voit un nouvel espoir de réformer leur pays. Les autocrates arabes, dont l’ambition géopolitique est grande et dont la volonté de libéralisme se développe, ont trouvé le moyen de s’éloigner du problème brûlant palestinien et de se rapprocher du Likoud.


MBS

            Mohamed Ben Salmane (MBS) a choisi l’alibi du renouveau pour dépouiller ses cousins de leurs richesses en faisant croire à une politique de modernisation et de réforme. Il avait voulu, en vain, intimider Mahmoud Abbas pour le contraindre à accepter la décision de Trump sans songer à Jérusalem ni au droit du retour, ou alors à se démettre. MBS a été jusqu’à proposer au président de l'Autorité une somme d’argent conséquente en échange de sa neutralité. Il a appelé avec insistance à une normalisation des relations avec Israël. Il a surtout fait comprendre que la Palestine n’était plus considérée comme une cause arabe.



            D’ailleurs l’un de ses conseillers officiels, le romancier Turki al-Hamada, a lancé un réquisitoire sévère : «Mon propre pays a sa propre cause à défendre en matière de développement, de liberté et d’émancipation du passé. Quant à la Palestine, la maison la Palestine a un Dieu qui la protégerait si elle était abandonnée par ses habitants, les Palestiniens. Depuis 1948, nous souffrons au nom de la Palestine. Des coups d’État ont été orchestrés au nom de la Palestine. Le développement a été suspendu au nom de la Palestine. Des libertés ont été réprimées au nom de la Palestine. Finalement, même si la Palestine devait revenir, ce ne serait rien de plus qu’un pays arabe traditionnel».
            D’autres voix saoudiennes se déchaînent. L’analyste économique Hamzah Muhammad al-Salim pense que : «Une fois la paix conclue avec Israël, ce pays deviendra la première destination touristique de l’Arabie saoudite». Saoud al-Fawzan est plus direct : «Je ne suis pas un défenseur des Juifs, mais nommez-moi un seul Juif qui a tué un Saoudien et je vous donnerai le nom d’un millier de Saoudiens qui ont tué leurs propres compatriotes avec des ceintures explosives».
            L’ancien directeur d’Al-Arabiya, Abd al-Rahman al-Rashed, estime que : «Il est temps de repenser le concept de notre attitude à l’égard de la Palestine et d’Israël». Enfin Muhammad al-Sheikh a affirmé : «La question de la Palestine n’est pas la nôtre. Si un islamiste maquillé vient vous appeler au djihad, crachez-lui au visage».



            Donald Trump avait donc obtenu l’appui tacite de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, de l’Égypte et de Bahreïn et des dirigeants Mohammed ben Salmane, Mohammed ben Zayed, Abdel Fattah al-Sissi. Certes, le roi Abdallah de Jordanie, avec ses centaines de milliers de citoyens d’origine palestinienne, ne pouvait faire autrement que de condamner la décision de Trump à l’instar du Turc Recep Tayyip Erdoğan qui rêve de prendre le leadership du monde musulman et qui dirige actuellement l’OCI (Organisation de la coopération islamique), forte de 57 pays membres.

            Seuls quatre entités régionales trouvent leur intérêt dans cette décision. L’Iran, l’Irak, la Syrie et le Hezbollah, considèrent qu’ils ont reçu un cadeau inespéré de Trump. Ils vont pouvoir vouer aux gémonies Israël surtout depuis que le Kotel a été illuminé aux couleurs des drapeaux israélien et américain.
            Sur le plan intérieur américain, les dirigeants chrétiens ont réagi avec émotion car la capitale d’Israël est pour eux la ville où les événements fondamentaux de leur foi se sont déroulés. Les évangéliques américains appuyaient depuis longtemps cette décision. Paula White, pasteur de la Floride et présidente du conseil consultatif évangélique dans l'administration de Trump a déclaré : «Les évangéliques sont en extase ; Israël est pour nous un lieu sacré et le peuple juif sont nos amis les plus chers. Trump est un homme uniquement sensible au plan divin de Dieu et prêt à prendre conseil auprès des dirigeants chrétiens sur la façon dont ce plan devrait être aidé». Il faut dire que ces évangélistes ont aidé Donald Trump à prendre le pouvoir et l'ont poussé à respecter ses promesses favorables vis-à-vis d’Israël. 
Pasteur Paula White

            Le pape François est resté égal à lui-même dans une position neutre en expliquant sa «profonde préoccupation» : «Je souhaite lancer un appel sincère pour que tout le monde s'engage à respecter le statu quo de la ville, conformément aux résolutions pertinentes des Nations Unies».
            Deux écoles coexistent dans la théologie chrétienne. Les conservateurs soutiennent religieusement Israël car pour eux, le dessein de Dieu est à l'œuvre dans le rassemblement du peuple juif.  Ils insistent beaucoup sur l'enseignement de l'apôtre Paul qui comparaît les Juifs, en tant que partenaires dans l'alliance originelle avec Dieu, à un vieil olivier. En même temps, les païens ou chrétiens non juifs ne sont que de nouvelles branches greffées sur l'arbre. En fin de compte, comme Paul l'enseigne, tous les segments de l'arbre prospéreront et «tout Israël sera sauvé» (Romains 11:26)L’autre école est celle des catholiques affiliés au Saint Siège. Bien que les relations du Vatican avec Israël soient loin d'être exemptes de problèmes, le catholicisme s'est progressivement tourné vers une évaluation plus positive de l'État d'Israël. On se souvient qu’en 2008, le pape Benoît XVI avait envoyé un chaleureux message de félicitations à l'occasion du 60ème anniversaire d’Israël.
Trump à une messe des évangélistes

            En fait, si certains Chrétiens attendent l'acceptation de Jérusalem comme capitale, pour mener au triomphe final de Dieu, d'autres en revanche s’inquiètent des conséquences qui pourraient mener à la guerre. 
            Donald Trump a étonné parce que c’est le seul dirigeant occidental à respecter ses promesses. Mais à l’analyse des réactions internationales, il s’avère qu’il est moins seul qu’il n’y paraît. Il est vrai qu'il reste encore beaucoup de brouillard dans sa décision, mais il compte sur sa force de conviction pour ramener à lui ceux qui le combattent aujourd'hui. Il a seulement pris date car les Etats-Unis ne déménageront «probablement» pas leur ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem avant au moins deux ans, selon le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson.


3 commentaires:

rene seknadje a dit…

Totalement d accord avec vous
Tout ce que vous ecrivez semblera a certains darfelus, Mais pour ceux qui lisent Et suivent
Les choses ç est totalement vrai et pertinent
Il me semble qu on pourrait ajouter que ç est une annonce qui faitbparie d un plan mûrement réfléchi
Pour avoir une chance d élaborér la paix dans cette région .
Il est clair que depuis les accords d oslo les musulmans ne voulaient pas la paix Car Israel'servait d abcès de fixation
Rappelons la tentative de Barak qui avait donné la moitié de Jerusalem à Arafat qui a refusé de signer
a la grande fureur de Bill Clinton et qui l a ecrit dans un livre .
Trump énerve tout le monde car il rompt avec les méthodes et la diplomatie habituelle
Çe n est pas un diplomate ç est un homme d affaires au pouvoir absolu et qui ne connaît que l efficacité
Tout le reste est litterature ..Et perte de temps .
Je me permet de partager ce post . J espère que vous n y voyait pas d inconvénient

Michaël B. a dit…

Tres bon article. Evidemment le coup de l'annonce était bien préparé depuis des mois, alors qu'ici on voudrait faire croire qu'il a pris cette décision sous le coup d'une impulsion un beau matin. On a meme parlé de démence sénile.

La preuve: les réactions timorées des capitales arabes qui sont vraiment juste pour la forme. On les avait peu entendu aussi quand Israël a annoncé une reprise de la construction en Judee-Samarie il y a un mois.

Anonyme a dit…

bien sûr, notre cœur bat très fort... bien sûr, ce n'est pas tous les jours que quelqu'un reconnait enfin notre histoire, planté comme un poignard dans le cœur d'une ville trois fois sainte...
Mais notre égoïste satisfaction d’avoir obtenu la reconnaissance d'un politicien habile et intéressé, doit-elle nous submerger au point de ne plus voir le peu de valeur, même symbolique, de cette reconnaissance d'une Jérusalem "unifiée"? (avec le déménagement de l'ambassade remis à la trinité) ... Juifs de l'ouest et arabes de l'est!
Jérusalem dans les faits n'est unifiée que dans les imaginaires illuminés...
C'est la paradis, Jérusalem d'or et d'argent, sans aucun doute, le paradis pour les plus forts, et l'enfer pour les dindons éternels de la farce médiatique.
mais réjouissons-nous, le messie est en chemin.