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samedi 6 janvier 2018

Ahed Tamimi ou le culte du martyr palestinien



Ahed Tamimi ou Le culte du martyr palestinien

par Jacques BENILLOUCHE
Copyright © Temps et Contretemps

            
Ahed Tamimi

          L’incident avec la jeune Ahed Tamimi ravive le culte du Shahid (martyr pour Allah) palestinien des années 1970/80 et que les accords d’Oslo de 1993 avaient rendu progressivement obsolète. La dernière chronique d’humeur de notre site a suscité des réserves parce qu’il y était souligné que la jeune palestinienne était moins coupable que ses parents. En fait, il semble bien qu’elle ait été influencée dans son comportement par ses manuels scolaires.



Attentat suicide Jérusalem

            Les deux Intifada, et particulièrement la deuxième, se sont traduites par une croissance des attentats-suicide et l’avènement de nouvelles catégories de martyrs, chez les jeunes hommes certes, mais aussi chez les femmes ou les pères de famille de plus de quarante ans. La question s’était posée pour comprendre pourquoi l'attentat-suicide, initié dans le cadre d’une stratégie spécifique des organisations islamiques, s’était ensuite généralisé.
            La figure du martyr a pris de l’ampleur lors de l’Intifada Al Aqsa pour laquelle l'auteur palestinien d'attentat-suicide devenait l'incarnation par excellence. Le martyr constituait ainsi une figure de «héros national», une figure sacralisée de l'exemplarité mortifère qui a fini par rencontrer un succès auprès des jeunes Palestiniens qui y voyait à la fois un objectif national et personnel. En effet, ces jeunes espèrent la création d'un État palestinien indépendant qui représente, selon eux, leur seule chance d'accéder à des conditions de vie correctes. Mais en même temps, ils ont écarté toute réussite personnelle et toute possibilité de l'articuler autour de projets personnels.
Yassin Yussuf Hafez Abu al-Qara'a

            Le 10 décembre 2017, à l’occasion de manifestations palestiniennes contre la décision de Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale de l'État d'Israël, une attaque à l'arme blanche a été menée dans la gare routière centrale de Jérusalem. L’enquête de police a montré qu’il s’agissait d’un loup solitaire, un Palestinien de 24 ans. Un gardien de sécurité avait été grièvement blessé au couteau à l'entrée de la gare. Mais le terroriste n’était pas un citoyen lambda. Yassin Yussuf Hafez Abu al-Qara'a, du camp de réfugiés d'al-Fara au nord de Naplouse, était affilié au Fatah. Son père est un général retraité des forces de sécurité palestiniennes. D'autres membres de sa famille ont également servi comme officiers dans les forces de sécurité palestiniennes.
            L'interrogatoire du terroriste avait révélé qu'il avait été influencé par une incitation des réseaux sociaux. Avant l’attaque il avait écrit un «testament» dans lequel il citait des textes de manuels de l'Autorité palestinienne et posté sur sa page Facebook un message indiquant qu'il était prêt à se sacrifier : «Nous marcherons sur le chemin d'Allah pour faire voler notre drapeau et dédierons notre pouvoir à al-Aqsa et notre sang coulera. Notre sang est bon marché pour vous, notre patrie, et pour le caractère sacré de notre mosquée Al-Aqsa».
Attentat gare routière

            Le problème des manuels scolaires devient donc un élément fondamental de l’incitation à la contestation dont s’est inspirée la jeune Ahed. Les docteurs Arnon Groiss et Ronny Shaked de l'Institut Truman de l'Université hébraïque précisent dans leurs recherches que les manuels de l'AP glorifient les Shahid et leurs attentats terroristes par des vastes commémorations publiques. Cela s’exprime dans les écoles, les camps d'été, les compétitions sportives, les rues, les places publiques, et la tenue de journées commémoratives. Les réseaux sociaux participent aussi à inculquer la culture du martyr auprès de la jeunesse palestinienne.
Dr Arnon Groiss 
            L’étude sur les manuels utilisés dans les écoles palestiniennes indique que, dans de rares cas, les manuels préconisent directement des attaques terroristes contre Israël mais on y trouve un soutien indirect aux attaques terroristes contre Israël, qui se manifeste par la glorification de la mort en tant que Shahid. Ces sujets apparaissent dans les manuels à tous les niveaux, y compris l'école élémentaire. Ils préparent mentalement les étudiants à participer à une lutte violente dont l'objectif est de détruire l'État d'Israël pour «libérer la Palestine occupée».
Dr Ronny Shaked

            Un poème intitulé «Le Shahid» glorifie leur «noble mort». Il encourage spécifiquement l'étudiant à aspirer à la mort comme un Shahid et les strophes du poème sont utilisées comme exercices dans plusieurs manuels :
«Je vois mon meurtre sans mon droit volé
Et sans mon pays comme quelque chose de désirable
Entendre l'affrontement d'arme est agréable à mon oreille
Et le flux de sang réjouit mon âme ...Par ta vie ! C'est la mort d'un homme
Et quiconque souhaite une noble mort - c'est ça».
            Un autre poème intitulé «Palestine» appelle au djihad :
«O mon frère, si mon sang coule sur le sol de la Palestine
Et que la main se referme sur ses cailloux ...
Embrasse un martyr qui a appelé son nom
Et est tombé comme un martyr».
            Enfin une autre version aussi lyrique :
«Si je tombe prendre ma place, ô mon camarade en lutte
Portez votre arme et n'ayez pas peur de mon sang qui coule de l'armeRegardez mes lèvres qui se sont fermées sur la témérité des vents,
Je ne suis pas mort ; Je vous appelle encore au-delà des blessures»
           
Dalal Al-Mugrabi

         Dans certains manuels scolaires, les Palestiniens commémorent et glorifient la terroriste palestinienne Dalal al-Mughrabi, membre de l’OLP, qui, le 11 mars 1978, avait organisé un attentat sur la route côtière de Tel-Aviv au cours duquel 38 civils israéliens dont 12 enfants avaient été tués. Elle avait été éliminée par Tsahal. Depuis lors, on enseigne son histoire en tant qu’héroïne nationale et symbole de la lutte armée. L'Autorité palestinienne et le Fatah amplifient l'importance de l'attaque meurtrière comme une «victoire héroïque».
Cérémonie de clôture du camp de jeunes d'Al-Taish à Jéricho dédié à la mémoire  d'Al-Mugrabi

            Il est donc impossible de faire évoluer la mentalité palestinienne vers une solution pacifique si de nombreuses générations de Palestiniens sont élevés avec le culte de la mort, un rôle clé dans le terrorisme populaire. On explique ainsi pourquoi la haine de l'État d'Israël et du peuple juif alimente le terrorisme, certains en maniant l’insulte et d’autres l’arme blanche. Si rien n’est fait par l’Autorité palestinienne pour amender ses livres scolaires, alors il faudra s’attendre à d’autres Ahed Tamimi et à une éternisation du conflit.


1 commentaire:

Marie GUIGUENO a dit…

Victime de l exploitation que ces personnes font de leurs enfants, c'est ce qui m a définitivement éloignée de la '' cause palestinienne '', comment peut on utiliser ses propres enfants de cette façon, elle a 16 ans, on la voit déjà filmée en 2012, elle avait 12 ans ! Honteux, mettre en scène sa fille de 12 ans...