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mardi 29 mars 2011

GUYSEN-TV JOURNAL DU 28 MARS 2011 : LE HAMAS



GUYSEN-TV  JOURNAL DU 28 MARS 2011 : LE HAMAS

Jacques BENILLOUCHE AU micro de Myriam DANAN
Haniyeh, Abbas, Dahlan
Cliquer sur le triangle noir noir voir la vidéo du journal

Le président palestinien Mahmoud Abbas vient de déclarer que la division entre les territoires palestiniens créait des difficultés pour faire la paix avec Israël. "Il est impossible de réaliser l'aspiration de notre peuple de faire la paix sans mettre un terme à la division entre les Palestiniens", a dit le président Abbas lors d'une rencontre à Ramallah avec des responsables du Hamas..

Le président de l'Autorité a discuté avec des responsables du Hamas de sa récente proposition visant à mettre fin à la division. Sa visite à Gaza tendrait à la formation d'un gouvernement de technocrates pour préparer l'organisation des élections dans six mois.

Aziz Al-Dewaik, un responsable du Hamas présent à cette rencontre qualifiée de "positive et profonde", a promis d'annoncer les décisions prises pour réaliser l'unité palestinienne dans les prochains jours.

Le chef du gouvernement du Hamas, Ismail Haniyeh, avait invité le 15 mars le président Abbas à Gaza pour une rencontre. Mahmoud Abbas, qui avait accepté cette invitation, avait affirmé qu'il ne pourrait se rendra dans la bande de Gaza que pour déclarer la formation d'un gouvernement d'union nationale qui serait chargé de préparer les prochaines élections.

Haniyeh et Abbas sont sous pression des Palestiniens pour la réconciliation nationale.

samedi 26 mars 2011

LA LECON DU VIEUX BOURGUIBA AU JEUNE KADHAFI




LA LECON DU VIEUX BOURGUIBA AU JEUNE KADHAFI


Par Jacques BENILLOUCHE

Cliquer sur le triangle noir pour écouter le texte radiodiffusé

Le colonel Kadhafi s’est toujours moqué des dirigeants du monde avec la morgue qui le caractérisait. Il ne se privait pas de leur donner des leçons alors qu’il se trouvait en visite officielle, en France en particulier. Il profitait de sa richesse pétrolière pour rabrouer des gouvernements qui le ménageaient car ils avaient le regard figé sur leur balance commerciale. Il s’est joué des politiques et il a humilié ceux qui n’osaient pas le contrer parce que, en tant que client potentiel, il devait être traité avec beaucoup de déférence. Mais il était surtout craint à cause de sa capacité de nuisance à susciter et fomenter des actions terroristes.
Seul un président lui a tenu tête ouvertement et, devant les caméras de télévision, il l’a mouché comme un gamin pris la main dans le pot de confiture. Le président Habib Bourguiba, avait su s’opposer à son arrogance déplacée, face à lui, regard contre regard et parole contre parole. Cet épisode de l’altercation, encore dans les esprits des anciens, a été immortalisé par la télévision.
 Le président tunisien avait infligé, en décembre 1972 au cinéma le Palmarium, une estocade publique dont le jeune colonel libyen se souvient encore aujourd’hui comme d’un affront qu’il digéra dans le silence et dans le respect dû au « combattant suprême ». Kadhafi avait exigé, au cours de sa visite officielle à Tunis, de s’adresser, seul, aux corps constitués tunisiens dans un discours tout aussi enflammé que délirant. Il lança alors un appel à ses interlocuteurs : « Les luttes de libération nationale doivent maintenant déboucher sur un combat pour l’édification d’une nation arabe unifiée, du Golfe à l’Atlantique... le monde arabe doit répondre au défi de certaines puissances étrangères, au premier chef les Etats-Unis.  ».
Bourguiba suivait le discours depuis sa résidence de Carthage. On le prenait alors pour un président fatigué par l’âge, usé par le pouvoir et incapable de réagir aux phantasmes d’un illuminé. Il n’hésita pas à quitter son palais dans la voiture d’un policier pour débouler en trombe au cinéma, à la stupéfaction générale de l’assistance de ses hauts fonctionnaires. Il décida d’interrompre sur le champ le discours du jeune donneur de leçon et il improvisa alors, en arabe dialectal, une de ses harangues politiques dans lesquelles il excelle. Il apostropha un Kadhafi interloqué : « L’année de ta naissance j’étais en prison en France pour avoir lutté pour l’indépendance de la Tunisie. »  Puis, renonçant à modérer ses propos, il mêla l’ironie à la condescendance en usant, sans fioritures, du langage populaire direct qui lui sied le mieux : « L’unité arabe ? En 1967, quatre pays ont été écrasés par Israël. La raison ? Les différences de niveau entre les civilisations, surtout dans le domaine technologique... et nous, nous voulons défier l’Amérique... Tu veux vaincre Israël, regarde-nous ! La Tunisie est encore au moyen âge mais la Libye, elle, en est à la préhistoire ».
Le colonel n’avait pas apprécié la franchise de son aîné et, honteux et confus comme dans la fable, il reprit son avion le jour même sans avoir osé donner la réplique. Cet anecdote prouve que les grands dirigeants, les vraies bêtes politiques, sont les seuls à avoir le courage de ne montrer aucune complaisance vis à vis des personnages douteux, cette même complaisance dont on a usé et abusé en France parce que l’on n’osait pas se comporter autrement qu’en marchand d’armes, de Rafale et d’usine atomique.
Un regret cependant. Bourguiba n’a jamais été jusqu’au bout de ses convictions bien qu’il ait réitéré ses propos à Jacques Chancel dans la célèbre émission « radioscopie » en 1974. Il n’a jamais reconnu l’Etat d’Israël ni ouvert des relations diplomatiques officielles qui auraient fait de lui un Anouar El Sadate avant l’heure. 

Voir la vidéo en arabe du Palmarium :

http://www.dailymotion.com/video/xhbx5_bourguiba-palmarium_news

           

mercredi 23 mars 2011

REVOLUTIONS ARABES : LE REVEIL SYRIEN



REVOLUTIONS ARABES : LE REVEIL SYRIEN

Par Jacques BENILLOUCHE
L'armée syrienne en opération

            Les regards israéliens sont tournés vers la Syrie qui connait, comme d’autres pays arabes, des turbulences et des émeutes. Alors que la Libye intéresse peu les israéliens en raison de l’éloignement de ses frontières et des faibles risques militaires, le cas de la Syrie reste préoccupant. Aucune similitude n’est à retenir entre la révolution tunisienne ou égyptienne, qui toutes deux ont vu l’armée refuser de prendre position, et celle de Libye où le régime s’appuie sur la 32ème brigade commandée par le fils Khamis Kadhafi. Ces 10.000 militaires fidèles et fortement armés sont prêts à en découdre car leur avenir en dehors du clan Kadhafi est incertain.
La Syrie en revanche se distingue des autres pays. Sa population vit depuis 1963 sous le régime de l’état d’urgence à la suite du coup d’Etat du 8 mars 1963 fomenté par le général Amin Al-Hafez. L’armée y est au pouvoir et omnipuissante. Les informations qui nous parviennent sont sommaires puisque la presse occidentale est peu présente à Damas. Cela explique pourquoi les occidentaux ont du mal à évaluer la réalité de la révolution populaire mais ils sont prêts à soutenir tout élan tendant à l’émergence de la démocratie à condition que la volonté vienne de l’intérieur.

Troubles confirmés

            Le régime syrien n’innove pas pour contrer la propagation de la contestation. Il utilise les mêmes méthodes que tous les régimes dictatoriaux. Bassar El Assad a envoyé son frère cadet Maher Assad, à la tête de la 4ème division blindée, pour réprimer le 21 mars le soulèvement populaire. Il avait déjà ordonné à des forces parachutistes de la garde présidentielle d’organiser le 18 mars deux opérations héliportées à Daraa et à Deir Ezzor en y faisant au moins 54 morts. La télévision Al Arabiya a confirmé que les manifestations se sont étendues à Damas, Alep, Homs et Baniyas et qu’elles ont été l’objet d’une répression sévère. Les émeutiers ont rempli le rôle des journalistes en captant les images des émeutes avec leurs téléphones portables pour les diffuser sur le Net.
            La préoccupation d’Israël reste l’extension d’une guerre civile à ses portes car la révolution risque d’être incontrôlable lorsque plusieurs parties interviennent dans ce conflit. L’opposition syrienne a fait appel aux mouvements kurdes pour l’aider matériellement dans la contestation. Les Kurdes, la plus importante minorité, représentent environ 10 % de la population sans pour autant bénéficier d’une reconnaissance de leur identité spécifique. Ils menacent la cohésion nationale, selon le pouvoir, justifiant ainsi pourquoi leur grande majorité reste persécutée et pourquoi la nationalité syrienne leur est refusée. Cette communauté, prise dans l’étau turco-syrien, cherche à profiter des révolutions dans les pays arabes pour revendiquer ses propres droits. Le rapprochement entre la Turquie et la Syrie avait convaincu les israéliens de s’engager auprès des kurdes dans le cadre d’une coopération militaire de plus en plus étroite avec Tsahal. Cependant, les israéliens ne veulent surtout pas être partie prenante dans un conflit interne en Syrie qui risque de dégénérer par une répression contre leurs protégés.

La main de l’Iran

            Une éventuelle révolution syrienne risquerait d’avoir des conséquences inattendues pour Israël. L’Iran pourrait se donner le droit d’intervenir pour sauvegarder ses intérêts quitte à fomenter, comme au Liban, une guerre civile. Bassar El Assad est redevable vis-à-vis de l’Iran car il reçoit des armes en quantité importante et bénéficie de son soutien dans sa politique de mainmise sur le Liban par Hezbollah interposé. L’Iran lui a par ailleurs promis la modernisation du port de Lattaquié pour le transformer en base maritime iranienne en Méditerranée et en port de stockage d’armements contrôlé par les Gardiens de la Révolution. Les travaux ont déjà commencé et la dissémination d’armes à destination du Hamas avait été tentée par le navire Victoria qui devait décharger du matériel sophistiqué, embarqué en Syrie,  au port égyptien d’El-Arish mais qui a été arraisonné par la marine israélienne.
            Le président Bassar el Assad a donc demandé l’aide des iraniens pour obtenir que les troupes armées du Hezbollah, qui ne reçoivent d’ordres que d’Ahmadinejad, interviennent pour mater la rébellion. Des milliers de miliciens ont traversé la frontière pour participer à la répression contre les révoltés de Damas au point d’inquiéter l’opposant syrien en exil Maamoun Al-Homsi qui a demandé au Hezbollah de retirer ses hommes.
            La situation est donc plus complexe en Syrie qu’au Maghreb et en Egypte. Le soulèvement populaire couplé avec l’activisme kurde et l’intervention du Hezbollah risque d’envenimer une situation déjà tendue. Mais la peur a changé de camp puisque le régime syrien, actuellement aux abois, pourrait prôner l’anarchie ou la guerre civile pour favoriser une intervention extérieure qu’Israël jugerait plus dommageable que la situation actuelle de tension sans guerre.
            Un signe démontre la profondeur de la contestation. Les femmes sont entrées en opposition frontale et celles qui ont des proches enfermés  ont trouvé l’occasion de rappeler au bon souvenir des occidentaux que certains opposants politiques croupissent dans les prisons syriennes. Ainsi, Rouba Laouani et ses amies militantes défendent l’opposant Kamal Labouani condamné à 12 ans de prison.

Haines et craintes

            Israël est déçu de la réaction de la Ligue Arabe qui, à l’unanimité, a condamné les frappes contre la Libye alors qu’elle aurait dû applaudir l’avènement de la démocratie parmi les siens. Malgré les exactions commises contre le peuple libyen, elle a qualifié cette intervention occidentale de colonialiste. Aucun précédent positif d’ingérence dans les affaires internes d’un pays arabe ne peut donc être invoqué pour la Syrie.
Les occidentaux feraient preuve, selon Israël, d’indulgence vis-à-vis d’un Iran conquérant. La déception est grande de voir que les Etats-Unis se bornent à « vigoureusement condamner les violences qui ont eu lieu en Syrie et à appeler le gouvernement syrien à autoriser que les manifestations se déroulent pacifiquement. » Israël regrette que l'administration Obama ne soit pas allée au-delà d’une condamnation verbale de la répression brutale de la dissidence. Il sait toutefois que les situations se retournent toujours contre lui et que les tensions internes se dissipent dès qu’il est qualifié d’ennemi agissant de l’extérieur. Quelque soient la justification de ses actions et la volonté réelle des populations à s’affranchir de leurs dictateurs, il ne réussit qu’à fédérer toutes les haines et toutes les craintes à son égard.
Les dirigeants israéliens se sont refusés à communiquer sur les révolutions arabes car ils estiment que « le monde s’est arrêté de se taire » et que les occidentaux ont enfin compris que la communauté internationale ne garderait plus le silence lorsqu’un « tyran massacre ses compatriotes ». Alors, l’Etat juif laisse aux autres le soin de donner des leçons et de se comporter en gendarme de la région. Faisant face à de nouveaux défis sécuritaires, il cherche dorénavant à circonscrire les dangers qui le guettent à ses frontières immédiates.
Israël sait qu’il est à l’origine d’alliances insolites puisque la Syrie, championne du nationalisme arabe laïc, se trouve liée à un Iran arborant la bannière de l’islam révolutionnaire tandis que les sunnites du président Bassar Al-Assad, dont le père a assassiné des milliers d’islamistes, flirtent avec les chiites d’Ahmadinejad. Alors, face à ces conceptions volatiles, il surveille de près la situation en Syrie car il craint que le chaos ne déborde les frontières et que l’Iran n’intervienne en sauveur de la légitimité du régime syrien. Il soupçonne les iraniens d’entretenir les émeutes pour saper le processus de paix qui risque d’isoler le régime des mollahs. Une victoire des émeutiers pourrait alors être confisquée par un Hezbollah mandataire et partenaire à la fois avec Téhéran et Damas.
Les américains n’ayant plus d’influence face à Bassar El-Assad, la Syrie et ses alliés du Hezbollah et du Hamas restent dans l’œil de mire des dirigeants israéliens qui ne croient pas à l’émergence d’Etats démocratiques tant que la religion n’est pas mise à l’écart de la politique des pays arabes. Selon eux, un changement positif en Syrie est fortement improbable.

mardi 22 mars 2011

GUYSEN-TV : LES TROUBLES EN LIBYE ET EN SYRIE




GUYSEN-TV : LES TROUBLES EN LIBYE ET EN SYRIE

DEBAT ANIME PAR David SEBBAN

avec le professeur David LANDES de l'Université de BOSTON

et Jacques BENILLOUCHE













Voir la vidéo directement sur le site de Guysen en cliquant sur le lien

http://www.guysen.com/tv/index_flash.php?vida=5384

samedi 12 mars 2011

BILLET D'HUMEUR : L’HORREUR COMME FAIT D'ARMES PALESTINIEN



L’HORREUR COMME FAIT D'ARMES PALESTINIEN

Par Jacques BENILLOUCHE


Ecouter le texte radiodiffusé en cliquant sur le triangle noir

Les terroristes savent user de symbole pour attirer l’attention de l’occident. Décimer en pleine nuit sacrée de Shabbat une famille entière, un couple et ses trois enfants,  relève avant tout de la lâcheté car le combat, s’il doit avoir lieu, doit favoriser les attaques contre l’armée. Il est effectivement plus risqué, sinon plus courageux, de s’en prendre à des militaires qu’à des civils religieux endormis. Les sionistes, lors de leur guerre d’indépendance, avaient eu le cran de s’attaquer uniquement aux troupes anglaises chargées de l’ordre dans la région. Mais, les palestiniens font la guerre aux enfants et ils salissent leur cause et celle de ceux qui voudraient les voir bâtir leur pays.
La méthode n’est pas digne d’un humain. Le seul objectif poursuivi par les bouchers d’une nuit ne peut être que la volonté de déverser leur trop-plein de haine. Egorger un bébé de deux ans relève beaucoup plus de la psychiatrie que du haut fait d’arme militaire. Il n’est pas donné à tout le monde, à moins de disposer d’un cerveau dérangé ou totalement lavé, de tuer de sang froid des enfants qui dorment.
L’objectif visé ne pouvait être que crapuleux plutôt que nationaliste car il ne rehausse pas la cause palestinienne mais au contraire la dessert. Alors, le cycle violence représailles va se mettre en marche. La peur va se retrouver du côté des palestiniens  de Naplouse qui vont être interdits de déplacement et qui vont se retrouver aux pires heures de la répression de l’Intifada alors qu’une situation de ni guerre ni paix s’était instaurée dans l’intérêt des deux communautés. Le sang versé, appartenant à des civils religieux, aura du mal à sécher avant que les coupables ne soient trouvés et que leurs familles et leurs proches ne soient inquiétés dans une sorte de punition justifiée par l’horreur du crime.
L’implantation d’Itamar est maudite puisqu’en 2002 la famille Shabo a subi l’attaque d’un terroriste qui a d’abord planté son couteau dans le dos de la mère Rachel puis des enfants Néria, Zvi et Avishai à peine âgé de cinq ans.
 Dans leur hâte, le ou les criminels du Shabbat auront laissé leurs empreintes ADN sur le sang de leurs victimes et Tsahal n’aura alors de cesse que de les poursuivre et de les capturer. Ils n’auront pas où se réfugier et la vengeance suivra son cours. Les assassins auront cependant la chance d'avoir à faire à un pays démocratique et, s'ils sont capturés, ils bénéficieront de la défense d’un avocat alors qu’ils n’auront fait preuve d’aucune pitié à l’égard des craignant-Dieu. Ils auront surtout l’avantage d’échapper à la peine de mort qu’ils auraient risquée s’ils s’en étaient pris directement aux soldats israéliens dans un combat loyal d'égal à égal.  Mais là, il leur aurait fallu avoir du cran et du courage qui ne sont pas donnés au premier terroriste venu, fût-il palestinien. 

Ecouter l'annonce en anglais du porte-parole de l'Etat-Major du centre :


 

jeudi 10 mars 2011

RADIO KOL-ISRAEL : LE JOURDAIN, LIGNE STRATEGIQUE




RADIO KOL-ISRAEL :

LE JOURDAIN, LIGNE STRATEGIQUE

JOURNAL DU 10 MARS 2011

Jacques BENILLOUCHE au micro d'Annie GABAI



lundi 7 mars 2011

SLATE : ENTRE LE QUAI D'ORSAY ET ISRAËL, LA HAINE



SLATE : ENTRE LE QUAI D'ORSAY ET ISRAËL, LA HAINE

par Jacques BENILLOUCHE

       En dépit d'une «normalisation» récente, les relations entre la diplomatie française et Israël ont toujours été extrêmement conflictuelles. Le retour d'Alain Juppé au Quai d'Orsay va-t-il marquer un retour au passé?
          Au moment où les bouleversements géopolitiques nés des révolutions arabes sont perçus en Israël comme le meilleur ou le pire, les péripéties de la diplomatie française sont aussi suivies avec attention. Le retour d'Alain Juppé au Quai d’Orsay après un court intérim de Michèle Alliot-Marie n'est pas interprété comme une bonne nouvelle, surtout s'il marque un retour au passé. Un gaulliste succède à une autre gaulliste. Et ce qualificatif rappelle à Israël des souvenirs douloureux. 
          Les relations diplomatiques entre la France et Israël ont subi toutes les turbulences d’un couple: l’idylle, la passion, la haine, le divorce et finalement une normalisation née d'une certaine lassitude. Pourtant, la France a été à la source de l’éveil juif puisque le rêve sioniste, y a été imaginé par Théodore Herzl, pour être concrétisé par David Ben Gourion le 14 mai 1948. Mais la France se contenta déjà alors d’une contribution minimum et réticente à la création de cet Etat. Une méfiance qui ne s'est estompée que pendant seulement une dizaine d'année et encore parce que les gouvernements avaient alors tenu à l'écart le Quai d'Orsay......

Lire la suite en cliquant sur le lien :

http://www.slate.fr/story/35019/quai-orsay-israel-haine-diplomatie




vendredi 4 mars 2011

BILLET D’HUMEUR : L’ULTIME OPTION DU RAFALE


BILLET D’HUMEUR : L’ULTIME OPTION DU RAFALE

 

Par Jacques BENILLOUCHE

 

Paris et Londres s’inquiètent de l’agressivité de l’aviation libyenne et envisage de la bloquer. Les occidentaux voudraient empêcher les avions de chasse de Kadhafi de bombarder les civils libyens. Il semble que la France peut choisir cet instant opportun pour punir le colonel de n’avoir jamais voulu signer la commande promise concernant l’avion de combat Rafale.



 Cliquer sur le triangle noir pour écouter le texte radiodiffusé


 

Pour lui être agréable lors de sa visite à Paris, sa tente avait été plantée dans les jardins du palais de Marigny en contradiction totale avec les lois du protocole des pays hôtes. Mais l’équilibre de la balance commerciale française permettait toutes les exceptions. Les français ont à présent l’occasion de montrer que le Rafale est l’avion de combat adéquat pour l’attaque et la défense. Une expérience du feu à l’étranger pourrait donner une crédibilité à la production française et convaincre les hésitants comme les Emirats et le Brésil de se doter du meilleur avion actuellement sur le marché. 

 

En effet, l'utilisation d'avions de combat dans l'offensive lancée par les partisans de Kadhafi sur l'est du pays contrôlé par l'insurrection, semble avoir réveillé les occidentaux qui vont peut-être décider d’utiliser la manière forte contre le dictateur. Mais il les fournit en produits pétroliers et, dans sa folie toute relative d’ailleurs, il pourrait mettre le feu aux installations des compagnies étrangères. Comme à son habitude, la Ligue arabe attend que la situation s’envenime et prétend qu'elle aimerait avoir le temps d'« étudier » une solution diplomatique. 

 

Les morts peuvent continuer à tomber tandis que les palabres des politiques s’animent et que le Rafale reste dans son hangar car son coût élevé ne peut lui permettre de prendre des risques sur le terrain. Mais la raison pourrait être plus technique car, contrairement au Mirage qui sur de nombreux théâtres d'opération a prouvé ses aptitudes, le dernier né de Dassault n'a jamais été considéré comme révolutionnaire par les militaires.

 

Une solution pourrait s’imposer si l’on faisait fi des susceptibilités. Les occidentaux pourraient faire appel à Israël et à ses drones pour débusquer la cachette du bouillant colonel et pour détruire sa tanière. Mais il faudrait pour cela que la Ligue Arabe statue sur l’opportunité des armes sionistes dans ce combat.

 

Lire l’article paru sur Slate.fr au sujet du Rafale


http://benillouche.blogspot.com/2010/01/slate-le-rafale-na-jamais-eu-davance.html

 

Lien sur JérusalemPlus pour le texte radiodiffusé

 

http://www.jerusalemplus.tv/index.php?option=com_content&task=view&id=8055&Itemid=218


 

 

mercredi 2 mars 2011

LES REVOLUTIONS ARABES FACE A LA DEMOCRATIE


LES REVOLUTIONS ARABES FACE A LA DEMOCRATIE


Par Jacques BENILLOUCHE


 
L’effet domino de la chute des dictateurs tunisien, égyptien et libyen sonne comme un vent de démocratie en direction des pays arabes. L’espoir renait parmi les populations soumises à la dictature mais il est fort probable que cette espérance sera stérile. En fait, les pays arabes ne semblent pas prêts à la démocratie car le changement a été brutal et deux raisons s’opposent à cette évolution. 


Soumission à l’islam


La première cause est liée à la religion qui les enserre dans un carcan réducteur. L’islam n’est pas un récit parsemé de légendes comme la Bible mais la propre parole d’Allah, rapportée par l’archange Djibril à Mahomet. Or la parole divine ne peut pas être contestée par les humains et elle impose que le Coran reste figé dans sa version originale.
Alors que la Torah est axée sur le spirituel et sur la prééminence de l’homme, l’islam impose des rites pour que les actes de la vie quotidienne soient orchestrés de manière immuable avec une volonté de prendre le pas sur le raisonnement humain. Les adeptes doivent alors totale obéissance en rendant la religion en contradiction totale avec l’essence même de la démocratie.

Alexis de Tocqueville, le théoricien de la démocratie occidentale, défendait la liberté individuelle et l'égalité politique. Or le danger majeur pour les pays arabes se trouve dans le renoncement à la liberté, prôné par les partisans de l’islamisme. Le principe d’égalité exigé par la démocratie est combattu par la Charia qui insiste sur l’inégalité entre les humains. La notion d’esclave est d’ailleurs justifiée dans le Coran : « Abolir l’esclavage relevait quasiment de l’inconcevable. Interdire ce que Dieu permet est un crime presque aussi grand que de permettre ce qu’Il interdit ».
Jusqu’alors les pays arabes ont verrouillé leurs frontières pour ne pas être contaminés par les traditions des sociétés occidentales afin d’éviter la porosité entre les populations en terre musulmane. L’histoire moderne prouve qu’aucun pays musulman n’est entré ou n’est resté longtemps dans la démocratie puisque toutes les tentatives ont été vouées à l’échec. 

L’exemple de la Turquie est élogieux et démontre que l’expérience n’a été que de courte durée. Venus au pouvoir grâce à des élections libres, les islamistes de l’AKP ont progressivement éliminé ceux qui pouvaient leur porter ombrage. Les généraux ont été envoyés à la retraite et les plus récalcitrants ont eu à répondre de leur rébellion devant les tribunaux. La Constitution moderne a été modifiée dans le silence de l’opposition pour réduire le pouvoir des militaires qui garantissaient la laïcité. Ces péripéties prouvent qu’il n’y a qu’un seul islamisme et que ceux qui croient à l’existence d’un islamisme « light », dit modéré, se trompent. L’accès des islamistes au pouvoir se concrétise souvent par une perte de démocratie puisque, en se fondant sur leurs dogmes religieux, ils confisquent les libertés au détriment de l’intérêt de leur peuple.


L’emprise de la Oumma


Les citoyens musulmans ne contrôlent pas leur avenir car il dépend de la volonté d’Allah qui impose ses directives à la Oumma, la communauté des croyants, en imposant une emprise de la religion sur tous les aspects de la société et en frisant parfois la doctrine totalitaire. Les pays arabes ne pourront se réconcilier avec la démocratie que si l’islam est séparé de l’Etat puisque la Charia récuse à l’homme le droit de légiférer et que seule la loi de Dieu prime sur toutes les lois profanes.
Les dictateurs arabes abusent de ces concepts afin de briser toute velléité de combattre le carcan d’un régime totalitaire en utilisant la théocratie pour s’opposer à la démocratie. Alors, pour motiver des peuples brisés sous le joug d’un tyran, ils se servent du joujou du djihad, la guerre sainte, dans une sorte de défouloir pour détourner leur attention sur les réalités modernes de la société. Dans ce combat permanent, les militants qui s’entrainent pour le djihad n’ont plus le temps de s’intéresser à leur sort et aux sollicitations du monde moderne trop attaché à défendre les droits de l’Homme.


Nature des régimes



Le deuxième obstacle à la démocratie tient à la nature des régimes politiques mis en place. En dehors des monarchies féodales, les pays arabes ont simplement copié les dictatures européennes du vingtième siècle en exploitant les mêmes ingrédients : un leader adoubé par le peuple, un parti unique pour museler l’opposition, une armée aux ordres du chef, des services secrets omnipuissants et omniprésents, un nationalisme qui prône la prééminence de l’identité arabe sur toutes les autres ethnies, une économie centralisée et étatisée, et enfin le frein au progrès pour étouffer toute volonté de s’émanciper.
Par ailleurs, les sociétés arabes sont constituées en clans qui permettent aux dictatures de s’appuyer sur les liens tribaux tandis que les promotions des écoles militaires cimentent leur pouvoir. Ces clans se substituent à la constitution de partis politiques en réprimant, par la force et la terreur, toute velléité d’instituer la démocratie.

Les américains ne sont pas exempts de responsabilité parce qu’ils ont toujours imposé leur double jeu. Par des discours, ils incitent à la démocratie et soutiennent les mouvements d’opposition à l’étranger tout en protégeant les régimes autoritaires dans l’intérêt des Etats-Unis. En fait, la volonté hégémonique des propriétaires pétroliers fait le jeu des démocraties qui se garderaient bien de changer la donne. Le génie des dictatures à inventer une machine d’acquisition de revenus à leur profit personnel les amène à négliger des populations réfugiées dans la soumission et la résignation.
Cette puissance financière, doublée d’une puissance démographique, aurait pu concrétiser des projets ambitieux dans la technologie, dans le développement social, dans le bien-être général, dans l’acquisition de monopoles européens et dans la mainmise sur les potentats occidentaux. En fait l’inverse a été atteint. Les revenus sont reversés à une minorité qui les accapare et les stocke dans les coffres des banques occidentales à des fins purement personnelles sinon crapuleuses. Par ailleurs, pour asseoir leur pouvoir non partagé, les despotes dilapident une grande partie des revenus des hydrocarbures dans l’achat d’armes afin de protéger leurs privilèges par la force. 

Les occidentaux avaient besoin des dictateurs qui s’opposaient au réveil démocratique, qui garantissaient leurs approvisionnements en hydrocarbures à des coûts compétitifs tout en sauvegardant les intérêts économiques et en combattant les terroristes à l’instar des Frères musulmans en Egypte. Mais ce double jeu a joué contre l’apprentissage de la démocratie alors que les actes terroristes se multipliaient sous l’effet de l’oppression des dictateurs à l’encontre de leur peuple. 

Il n’est pas certain que les dictatures tunisienne, égyptienne et libyenne soient remplacées par des démocraties au sens où l’entend l’occident. D’ailleurs Nasser a été remplacé par Moubarak et Bourguiba par Ben Ali. La force succède à la force. Les régimes dictatoriaux génèrent leur propre anticorps alors que la démocratie souhaitée par les peuples arabes risque de se diluer dans un pouvoir islamique qui n’aura de modéré que le nom. Les pays arabes doivent se résoudre à soigner leur malédiction héréditaire qui porte le nom de dictature s’ils veulent se réconcilier avec la démocratie.