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vendredi 30 septembre 2011

KOL-ISRAEL : RETROSPECTIVE D'UNE ANNEE RICHE EN EVENEMENTS



KOL-ISRAEL : JOURNAL DU 30 septembre 2011



RETROSPECTIVE D'UNE ANNEE RICHE EN EVENEMENTS

Jacques BENILLOUCHE 

au micro de 

Annie GABAI et Maurice IFERGAN


Cliquer sur le triangle noir pour voir la vidéo
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En ce jour de Rosh-Hachana, la nouvelle année juive, les mois qui viennent de s’écouler ont été riches en évènements. Israël s’est trouvé confronté à de nouveaux défis qu’il a dû surmonter avec plus ou moins de réussite.

Sur le plan diplomatique

Une déclaration inédite conditionne les négociations futures : la fin du dogme du Grand Israël. Sous la pression internationale, le  nationaliste Avigdor Lieberman, a ouvert la porte à un État palestinien. L’évolution du ministre des affaires étrangères se confirme dans l’exposé d’arguments que ne désavoueraient pas la gauche. Il se justifie en qualifiant son appartenance à la «droite rationaliste, qui estime que l’idéal sioniste n’est plus aujourd’hui accessible dans son intégralité». L’expérience l’a convaincu de choisir le pragmatisme plutôt que les rêves insensés.
Il s’est décidé à évoluer car il a été à l’origine de l'échec de la diplomatie israélienne. En effet, huit pays d'Amérique latine ont reconnu l'État de Palestine tandis que le ministre des affaires étrangères israélien est persona non grata dans 80% des pays membres de l'ONU. Il est responsable d’une diplomatie israélienne en panne.

Sur le plan intérieur

La révolution israélienne, symbolisée par l’installation de tentes dans les villes  d’Israël, a démontré que l'économie va bien mais pas la population. Dix grandes familles contrôlent les activités économiques de dix grands groupes dans une impunité totale du contrôle du marché. Les manifestations ont mis en évidence un aspect méconnu d’une économie israélienne dynamique masquant des inégalités de plus en plus grandes. La politique économique, mise en place par Benjamin Netanyahou, ministre des finances du gouvernement Sharon en 2003, a donné naissance à une génération d’oligarques née sur le modèle russe qui ont surfé sur l’ultra libéralisme à outrance.
Israël va retrouver son indépendance énergétique puisque le gisement de gaz naturel, découvert au large de Haiffa, va transformer le Moyen-Orient, et ajouter davantage de combustible à une région d'ores et déjà inflammable. Le champ gazier, baptisé Léviathan, renferme 450 milliards de m3 c’est-à-dire de quoi satisfaire la demande des États-Unis en gaz chaque année. Israël serait ainsi à l’abri de tout chantage lié à la fourniture énergétique.

La Palestine

Dans les relations avec les palestiniens, deux stratégies se sont affrontées pour avoir l'initiative. Benjamin Netanyahou et Mahmoud Abbas ont cherché, l'un comme l'autre, à avoir le plus d'atouts pour une éventuelle grande négociation. Tandis que les américains tentent de ranimer les pourparlers de paix et que Sarkozy essaie d’arbitrer le débat qui s’enlise, les deux dirigeants cherchent à se donner des marges de manœuvres.
Le récent ballet diplomatique montre que les dirigeants israéliens et palestiniens ne sont pas à la hauteur des enjeux. Netanyahou ne propose rien de concret pour débloquer le processus de paix tandis que Mahmoud Abbas s’est fourvoyé dans une démarche onusienne stérile. La déclaration unilatérale d’indépendance s’avère un pétard mouillé plutôt que l’étincelle qui mettra le feu à toute la région. Les palestiniens espéraient beaucoup d’une annonce qui, passé le moment de liesse, risque de décevoir parce que les résultats seront loin des attentes.
Les attributs d’un véritable État ne seront pas au rendez-vous. Si le drapeau et l’hymne sont acquis, l’armée, les frontières et la monnaie restent hypothétiques, à la merci en fait de décisions des israéliens. En tout état de cause, l’initiative palestinienne butera contre le véto américain car Barack Obama tient à un accord négocié.
Les dirigeants israéliens n’ont pas compris la stratégie de Mahmoud Abbas qui joue à quitte ou double en risquant de casser une économie qui n'est pas en état de supporter un conflit avec Israël. L’assise économique palestinienne est très fragile car axée sur le secteur public tenu à bout de bras par les dons internationaux, très importants au regard de la taille de la Cisjordanie. L’Autorité palestinienne risque de s’effondrer si la Palestine choisissait l’aventure.

Le programme nucléaire iranien

Israël avait prévu d’attaquer les installations nucléaires en fin 2010 mais les États-Unis l’ont empêché bien que le roi Abdallah d'Arabie saoudite ait cautionné cette frappe. Nos articles sur Slate avaient fait état des pressions qu’Israël maintenait sur Barack Obama pour le persuader de la nécessité d’une frappe préventive contre les installations nucléaires de Téhéran. WikiLeaks avait confirmé nos affirmations.
Les dirigeants israéliens, usant d’analyses fluctuantes, ont donné le sentiment de ne pas avoir de stratégie précise. Ils ont  brouillé les pistes sur leurs intentions réelles à l’égard de l’Iran. L’ancien chef du Mossad Meir Dagan avait tempéré la situation en précisant que l’Iran n’aurait pas de capacité nucléaire militaire avant 2015.
Ces atermoiements ont été justifiés par les dysfonctionnements intervenus dans les centrales nucléaires sous l’effet du virus Stuxnet. Les experts sont maintenant convaincus que ce virus avait été conçu pour s'attaquer aux centrifugeuses de Natanz utilisées pour enrichir l'uranium. Contrairement aux virus de type «familiaux», Stuxnet avait été élaboré «sur mesure» pour s’attaquer spécifiquement aux sites nucléaires iraniens. Il était chargé de saboter exclusivement les alimentations électroniques des centrifugeuses nucléaires. Le virus a ainsi agit comme une arme de destruction, nouvelle génération.
Parallèlement à cette attaque cybernétique, une guerre totale des services secrets avait été engagée entre l'Iran et Israël. Des savants iraniens ont été assassinés, retardant d'autant la réalisation du programme iranien. Le virus Stuxnet et les assassinats de scientifiques ont suffisamment retardé le programme nucléaire pour qu'Israël renonce presque officiellement à une attaque risquée et incertaine.
 
Israël et la France

Depuis 2008 les relations diplomatiques entre la France et Israël n'ont cessé de se dégrader. Le discours de Nicolas Sarkozy à la Knesset, où il prônait le partage de Jérusalem, avait été mal accepté par les dirigeants israéliens. Sarkozy et Netanyahou, les «frères» étaient devenus ennemis. Les israéliens accusaient le Quai d’Orsay d’avoir entretenu cette haine.
En dépit d'une «normalisation» récente, les relations entre la diplomatie française et Israël ont toujours été extrêmement conflictuelles. Le retour d'Alain Juppé, gaulliste et chiraquien pur et dur, n'a pas été interprété comme une bonne nouvelle mais plutôt comme une marque d’un retour au passé pro-arabe du Quai d’Orsay. Les choses n’ont pas bougé dans ce domaine.

Les révolutions arabes

Les israéliens n’ont pas apprécié que Washington lâche Moubarak car ils craignaient une prise du pouvoir en Égypte par les Frères Musulmans. La position de l'administration américaine a toujours été ambigüe vis-à-vis d'Hosni Moubarak. Les américains, qui savaient qu’il représentait la stabilité dans la région et le seul allié d’Israël, ont hésité pourtant à l’appuyer ouvertement. La nouvelle donne en Égypte scellait le syndrome de l'encerclement d’Israël. Si le nouveau pouvoir égyptien revenait sur la paix signée avec Israël, l'État hébreu risque de se retrouver dans la même situation que lors de la guerre des Six-Jours en 1967, et la guerre de Kippour en 1973.
Les américains restent confiants car ils misent sur l’armée. Les militaires pouvaient assurer la relève des régimes dictatoriaux en étant le rempart contre l’arrivée des extrémistes au pouvoir. En effet l’armée est dans les pays arabes la seule structure organisée dont les dirigeants sont issus d’une élite forgée au contact des écoles militaires étrangères.
Mais depuis des mois, des combattants liés à Al-Qaeda ont profité de la révolution égyptienne pour faire du Sinaï un sanctuaire et une base d'attaques contre Israël. L'armée égyptienne tente de reprendre le contrôle de la péninsule mais sa tâche s'annonce difficile. Israël avait constaté l’installation de forces terroristes liées à Al-Qaeda, au Hamas et aux Frères Musulmans mais s’est abstenu d’intervenir au Sinaï. Cependant le risque de guerre pourrait venir de cette zone perturbée.

Turquie

            La victoire décisive d'Erdogan sur son armée est totale. Après l'arrestation de dizaines de généraux pour complot et la démission des principaux chefs de l'armée turque, le pouvoir civil aux mains de l'islamiste Tayyip Erdogan prend définitivement le pas sur le pouvoir militaire. La vague de démissions à la tête de l'armée turque marque un bouleversement des équilibres politiques dans le pays.
Mais Erdogan, qui visait à prendre le leadership du monde arabe, a compris que son projet était contrecarré par le roi Abdallah d’Arabie et que son rêve s’était dissipé lors de son dernier voyage en Égypte où les Frères musulmans lui ont signifié une fin de non recevoir.
Contrairement aux prévisions les plus pessimistes, Israël et la Turquie sont condamnés à s'entendre. Entre la Turquie, qui estime son honneur bafoué, et Israël qui a pour principe intangible de ne jamais s'excuser quand sa sécurité est en jeu, l'impasse semble totale. Mais quand la raison finira par reprendre le dessus, les deux pays ne pourront que s'entendre. 

Iran

Pour Israël, la menace iranienne se rapproche. Téhéran a profité du flottement du pouvoir égyptien et de l'affaiblissement américain pour envoyer des navires de guerre en méditerranée. Deux navires de guerre iraniens ont franchi le canal de Suez et pénétré en Méditerranée pour la première fois depuis 1979 pour établir une base navale à Lattaquié en Syrie, entièrement équipée et contrôlée par les Gardiens de la révolution iraniens.
En alimentant en missiles la bande de Gaza et le Hezbollah, en soutenant à bout de bras le régime d’Al-Assad en Syrie, l'Iran cherche à mettre le feu au Proche-Orient pour avoir le temps de se doter d'un arsenal d'armes nucléaires.

Syrie

La Syrie restait une exception bien que le régime se montrait aux abois. En dépit de l'aide de l'Iran et du Hezbollah libanais, le régime syrien n’est pas parvenu à enrayer la soif de liberté de son peuple.
Bassar el-Assad semble jouer son va-tout. La répression se poursuit en Syrie. L’offensive militaire pour noyer dans le sang la révolte s’effectue dans  l'indifférence du monde occidental alors que la Syrie frise la guerre civile puisque la révolte se transforme en conflit armé entre communautés.

jeudi 29 septembre 2011

SLATE - Iran: le crépuscule d'Ahmadinejad




SLATE - Iran: le crépuscule d'Ahmadinejad

par Jacques BENILLOUCHE

Dans la guerre pour le pouvoir à Téhéran entre l'ayatollah Khamenei et le président Ahmadinejad, ce dernier semble avoir perdu. Cela laisse peut-être augurer d'une stratégie moins belliqueuse de la République islamique.


Les observateurs se posent depuis des mois la question de savoir quel peut être l'impact des révolutions arabes sur la République islamique Iran. Après le trucage de l'élection présidentielle de juin 2009, la population iranienne avait en quelque sorte donné l'exemple en descendant dans les rues pour réclamer le départ de  Mahmoud Ahmadinejad. La répression avait été féroce.....

Lire la suite en cliquant sur le lien :

http://www.slate.fr/story/44313/iran-ahmadinejad-crepuscule


mardi 27 septembre 2011

ISLAMISME, DEMOCRATIE ET HAINE : vidéo révélatrice




ISLAMISME, DEMOCRATIE ET HAINE

Une vidéo révélatrice

Par Jacques BENILLOUCHE


Guy Sauvage vient de me transmettre une vidéo qu’il a tournée, le 16 septembre 2011, à l’heure de la prière, à Paris. En visionnant ces images, la question est posée de savoir si la démocratie peut s’accorder avec la haine. Les communautés vivant en France ont certes le droit à la liberté cultuelle mais dans le respect d’autrui et surtout des autres religions. Cette notion est rejetée parce qu’il n’y a plus de logique dans le comportement d’une minorité qui veut imposer ses règles et ses lois.

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Appel au meurtre

Je suis révolté car je ne peux contenir ma colère alors que d’ordinaire, par déformation journalistique, les faits glissent sur mon esprit tanné et ma résignation. Les appels au meurtre : «égorgez les juifs» sont lancés en toute liberté face aux caméras et dans une impunité totale. Les tenants de la République laissent bafouer ses principes fondateurs sans réagir. Les islamistes occupent le terrain et la rue en sachant que l’opinion publique restera inerte. Le silence et la passivité des autorités sont troublants car elles refusent de s’attaquer à tout ce qui touche à l’islamisme de crainte de représailles, de troubles et d’attentats. Elles s’achètent, en fait, une neutralité au prix d’un renoncement aux valeurs essentielles qui ont toujours régi les fondements d’un occident attaché aux Droits de l’Homme.
Les immigrés arrivés au siècle dernier, les arméniens, les italiens, les espagnols, les portugais, les juifs de l’Est et d’Afrique du nord s’étaient fait un point d’honneur de se fondre dans le moule de la nation en respectant la République qui les protégeait tandis que leur rêve le plus fou, au risque de tomber dans l’assimilation totale, a toujours été de s’intégrer au milieu national en épousant la culture, les traditions et les règles républicaines du pays qui les hébergeait sans pour autant brader leur religion et leurs racines.

Anachronisme

Aujourd’hui les immigrés semblent vouloir imposer leur conception d’une vie anachronique faite d’abaissement de la nature humaine. La cause essentielle n’est pas liée à la nature même des peuples mais à la religion qui les enserre dans un carcan réducteur. L’islam n’est pas un récit parsemé de légendes comme la Bible mais la propre parole d’Allah, rapportée par l’archange Djibril à Mahomet. Or la parole divine ne peut pas être contestée par les humains et c’est pourquoi le Coran reste figé dans des dogmes anachroniques, sans subir ni modification et ni évolution.
Alors que la Torah est axée sur le spirituel et sur la prééminence de l’homme, l’islam impose des rites pour que les actes de la vie quotidienne soient orchestrés de manière immuable avec une volonté d’annihiler le raisonnement humain. Les adeptes doivent alors obéissance totale à ceux qui sont censés gérer la religion dans une contradiction totale avec l’essence même de la démocratie.
Alexis de Tocqueville, le théoricien de la démocratie occidentale, défendait la liberté individuelle et l'égalité politique. Le danger majeur pour la société démocratique se trouve  dans le renoncement à la liberté qui est prôné par les partisans de l’islamisme. L’égalité exigée par la démocratie est une notion qui est combattue par la Charia puisqu’elle insiste sur l’inégalité entre les humains. La notion d’esclave est d’ailleurs justifiée dans le Coran : « Abolir l’esclavage relevait quasiment de l’inconcevable. Interdire ce que Dieu permet est un crime presque aussi grand que de permettre ce qu’Il interdit ».

Carcan réducteur

Alors, les islamistes vivant en Europe ont tendance à s’enfermer pour ne pas être contaminés par les sociétés occidentales et pour éviter la porosité entre les populations. L’histoire moderne prouve qu’aucun pays musulman n’est entré ou n’est resté longtemps dans la démocratie puisque toutes les tentatives ont été vouées à l’échec. Venus au pouvoir grâce aux bienfaits d’élections libres, les islamistes ont tôt fait d’éliminer ceux qui pouvaient leur porter ombrage. Ces péripéties prouvent, s’il en était besoin, qu’il n’y a qu’un seul islamisme et que ceux qui croient à l’existence d’un islamisme « light », dit modéré, se trompent grossièrement. L’expérience démontre que l’accès des islamistes au pouvoir se concrétise par une perte de démocratie puisque, selon leurs dogmes religieux, ils confisquent les libertés au détriment de l’intérêt pour leur peuple.
            Les citoyens musulmans n’ont pas le droit de prendre leur avenir en main car ils dépendent de la volonté d’Allah qui impose ses directives à la Oumma, la communauté des croyants, réglant ainsi leur avenir et imposant une emprise de la religion sur tous les aspects de la société au point d’en faire une doctrine totalitaire. C’est pourquoi, les pays arabes ne pourront se réconcilier avec la démocratie que si l’islam est séparé de l’État puisque la Charia récuse à l’homme le droit de légiférer et que seule la loi de Dieu prime sur toutes les lois profanes. 
La vision des images de cette vidéo de Guy Sauvage démontre que les islamistes cherchent en fait à briser toute velléité de sortir du carcan totalitaire utilisant la théocratie pour s’opposer à la démocratie. Alors, pour motiver des peuples brisés sous le joug de la domination des barbus, ils se servent du joujou du Djihad, la guerre sainte contre Israël, dans une sorte de défouloir qui permet de détourner leur attention sur les réalités modernes de la société. Donc la vie devient un combat permanent pour soumettre les populations qui refusent l’islam. Pendant que les militants s’entrainent pour le Djihad, ils n’ont plus le temps de s’intéresser à leur sort et de répondre aux sollicitations du monde moderne trop attaché à défendre les droits de l’Homme.
Si les républicains et les démocrates français ne s’éveillent pas à la réalité, ils finiront pas être submergés par ceux qui cherchent en fait à leur imposer leur loi et leur manière de vivre en toute impunité.
   

LA LIBYE A LA DERIVE par Zvi MAZEL



LA LIBYE A LA DERIVE

par Zvi MAZEL
Ancien ambassadeur d'Israël en Egypte
Fellow of JCPA (Jerusalem Center for Public Affairs)



Rien n’est encore résolu en Libye et l’avenir est incertain. Le Conseil National de Transition va-t-il pouvoir étendre son autorité sur l’ensemble du territoire? Les combats vont-ils se poursuivre, rendant impossible l’apparition d’un régime stable? Non moins important, y-a-t-il un consensus au sein du CNT  concernant la  formation d’un gouvernement,  la tenue d’élections, la rédaction de la constitution, et la remise en route du pays ? Quelle est la force véritable des Islamistes au sein du Conseil ? Dans quelle mesure vont-ils déterminer la nature du futur régime ?

Questions vitales

Ce sont là des questions vitales – et pas seulement pour la Libye.  Pour les pays européens de l’autre côté de la Méditerranée, la poursuite du conflit aurait de graves conséquences. Il leur faudrait, d’une part continuer à fournir une coûteuse assistance aérienne aux rebelles alors que leurs budgets de défense sont déjà bien réduits, et d’autre part affronter le flot de réfugiés venant de la Libye, y compris les réfugiés africains transitant par le territoire libyen. Ces deux préoccupations expliquent la récente visite de Sarkozy et de Cameron.
Certes, les rebelles se sont emparés de la capitale, Tripoli, mais le CNT est loin de contrôler l’immense pays qu’est la Libye, près de deux millions de kilomètres carrés et de vastes étendues désertiques. De violents combats sont en cours dans plusieurs zones clé. Les forces fidèles à Kadhafi tiennent encore en partie sa ville natale, Syrte, et résistent à Beni Walid. Pour leur part les  « rebelles »  soutiennent qu’ils ont « libéré » Sabhra et Jofra dans le Sahara central – une information encore non confirmée – où ils auraient trouvé un énorme dépôt de munitions comprenant des armes biologiques. Kadhafi s’était pourtant engagé à les détruire dans le cadre de son rapprochement avec l’occident en 2004.
Les partisans du leader déchu se battent avec courage et détermination alors que les rebelles, pourtant puissamment appuyés par les frappes aériennes de l’OTAN et par le soutien discret de forces spéciales européennes – en petit nombre il est vrai - manquent d’organisation, d’artillerie et de munitions. D’ailleurs l’OTAN a dû se résoudre à prolonger de trois mois son soutien aérien, sans lequel la rébellion aurait fait long feu. Le CNT a une lourde dette de gratitude vis-à-vis des pays européens et tout particulièrement de la France, qui a vigoureusement poussé à l’intervention.

Kadhafi encore libre

Selon un porte parole de Kadhafi, 17 mercenaires – français, anglais et qataris, auraient été capturés et vont être jugés publiquement. La France et la Grande Bretagne ont répliqué que leurs soldats n’étaient pas impliqués.
Kadhafi est toujours libre, sans doute caché quelque part en Libye et encourage ses partisans à poursuivre le combat. Aucun de ses fils n’a été fait prisonnier. D’un autre côté, l’OTAN poursuit ses bombardements, faisant de nombreuses victimes civiles dans les zones qu’il contrôle encore. Combien de temps va-t-il pouvoir résister ? Pourtant même si Syrte et Beni Walid tombaient, la guérilla pourrait continuer,  ce qui rendrait difficile la formation d’un régime stable.
Le CNT a nommé Mahmoud Jibril,  un ancien ministre de Kadhafi,  premier ministre par intérim  et l’a chargé de former le  nouveau gouvernement. Il n’y est toujours pas arrivé.  Or la formation d’un gouvernement est attendue avec impatience par l’opinion publique internationale ; le CNT doit démontrer qu’il a la situation bien en main et que des élections démocratiques et une nouvelle constitution  vont permettre la naissance de la « première démocratie de l’Afrique du nord ».

Première démocratie d’Afrique du nord

Le Conseil National de Transition a été récemment reconnu par les Nations Unies en tant que seul représentant légitime du pays, et son « nouveau » drapeau, celui de la royauté, flotte au fronton de cet établissement. L’Union des Etats Africains a suivi sans enthousiasme, après avoir longtemps et vainement  essayé  une médiation entre Kadhafi et les rebelles.  La Ligue arabe, les Etats Unis et la plupart des pays européens ont aussi reconnu le CNT.  Tout cela est très positif. Le malheur est qu’après  40 ans de dictature  il n’y a plus de partis politiques.  Seuls les  Islamistes, notamment les Frères Musulmans et ce qui reste du « Groupe islamiste combattant »  ont réussi à se maintenir dans la clandestinité.
Il faudra deux ans, sinon trois, pour qu’émergent de nouvelles formations politiques représentant tous les courants d’une société profondément divisée et encore largement tribale. En attendant, le Front Rebelle Unifié de Misrata  a avancé    son candidat au poste de premier ministre : Abd el Rahman Al Sowiehali, un opposant de longue date au régime, connu pour ses positions modérées. Sowiehali a déclaré à plusieurs reprises qu’il se demandait qui Jibril pouvait bien représenter, étant donné ses liens avec de nombreuses personnalités de l’ère Kadhafi, peu propices à l’établissement d’un régime démocratique.
Alors que l’arène politique sort de son long sommeil, le conflit entre forces islamiques et forces laïques prend de l’ampleur. Le président du CNT, Mustapha Abd el Jalili, a souligné dans le communiqué de victoire qu’il a publié, après la prise de Tripoli, que l’Islam serait la source principale du droit. Ce qui était le cas dans tous les pays arabes avant les révolutions de 2011 et continuera sans doute à l’être. Les Frères Musulmans,  principale force politique dans ces pays, sont largement représentés au CNT libyen ; on ne voit pas  comment leurs demandes pourraient être rejetées pour le moment. 

Islamiste actifs

Plus grave encore, le chef des forces rebelles qui ont pris Tripoli n’est autre qu’un certain Abd el Hakim Belhaj, islamiste pur et dur qui s’est battu  contre les Russes en Afghanistan. Ce n’est qu’après la prise de Bab el Aziziya, qu’on a appris sa véritable identité : c’est lui qui avait créé le «Groupe  Islamiste combattant»  dans les années quatre-vingt dix ; ayant réussi à s’enfuir, il a rejoint des formations jihadistes. Arrêté par des agents américains, il a été remis aux Libyens en 2004 et jeté en prison. Curieusement, Kadhafi l’a remis en liberté en 2010, l’homme s’étant parait-il « repenti ». Ce qui ne l’empêcha pas de faire cause commune avec les rebelles lorsque les premières manifestations eurent lieu le 17 février 2011 ; selon les média libyennes et les sites islamiques il devint rapidement le moteur du Conseil de la Rébellion.
Pris de court par ces révélations, les européens durent se contenter des assurances  données par Belhaj selon lesquelles il n’avait aucun lien avec al Qaeda et n’avait nullement l’intention d’établir un état islamique en Libye. Reste à savoir quelles sont ses véritables intentions.  Autre question en suspens : quel rôle a joué Belhaj dans l’assassinat d’Abdel Fattah Younes, le comandant des forces rebelles ? Cet ancien ministre de l’intérieur, compagnon de longue date de Kadhafi,  qui était l’un des Officiers Libres qui avaient renversé la monarchie avec lui en 1970, était passé du côté des rebelles le 24 février, quatre jours à peine après le déclenchement de la rébellion ; il avait été immédiatement nommé commandant en chef de toutes les forces rebelles – le poste occupé aujourd’hui par Belhaj.

Risque de sécession

Membre de l’influente tribu Obeiddat, l’une des plus importantes des tribus de la Libye orientale, Younes était voué à un rôle clé dans le nouveau régime. Les circonstances de sa mort, fort opportune pour Belhaj, ne sont toujours pas élucidées, malgré la commission d’enquête établie par le CNT.  De l’avis général, sa disparition sert avant tout les Islamistes, car l’homme aurait renforcé l’influence laïque au sein du CNT.  Pour le moment, aucun élément ne permet de confirmer ou d’infirmer ces soupçons, ce qui n’a pas empêché les membres de sa tribu de manifester à Benghazi pour demander une enquête rapide afin de trouver et de punir les coupables. Ils ont choisi cette occasion pour établir un « Conseil militaire de la Cyrénaïque», tout en rassurant qu’il ne s’agissait pas d’une sécession mais de la création d’une armée nationale à la disposition du CNT. En fait, il y a là le premier signe d’une sécession éventuelle entre  les tribus de la Cyrénaïque et celles de la Tripolitaine qui pourrait faire éclater la Libye.
Parallèlement, de nouveaux journaux de tendance libérale sont apparus à Tripoli après la libération de la ville ; ils multiplient les attaques contre les islamistes et contre Belhaj. Ils s’élèvent contre la présence d’éléments islamistes qui auraient créé des « patrouilles de modestie » semant la panique dans les rues, exigeant la fermeture des salons de beauté et des salles de fête. Une série de Fatwas – décrets islamiques – d’origine inconnue demandent aux femmes de se voiler , leur rappelant qu’il leur est interdit de quitter la maison pour se rendre au travail ; des chaines de télévision ont reçu des menaces parce que des femmes apparaissent sur le petit écran.
Selon certains journaux, le CNT se serait emparé d’un certain nombre de bâtiments publics où se trouvent des groupes de presse et des chaines de télévision, sans en informer le CNT de Benghazi. Par ailleurs un journal – Arouss el Bahr, la fiancée de la mer – a publié le 20 septembre une information sensationnelle : neuf avions en provenance de Qatar auraient atterri  à l’aéroport international de Tripoli, avec à leur bord cent tonnes d’armes, de matériel de communication et de jumelles. Les officiers qataris accompagnant ce cargo l’auraient remis à Belhaj, et, loin de repartir, auraient pris position dans un  poste de commandement à l’aéroport. Selon le journal, Belhaj se prépare à prendre le contrôle de l’ensemble de la Libye comme le fit le Hezbollah au Liban et il faut s’attendre à une nouvelle et sanglante guerre civile.  L’information n’est pas confirmée ; il semble bien quand même que, sous couvert du CNT, Belhaj et ses hommes cherchent à instaurer un type de contrôle islamique.
La Libye est à la dérive. La communauté internationale a bien reconnu le CNT mais les combats n’ont pas pris fin ; le monde politique, sortant d’une longue hibernation cherche sa voie ; les forces islamiques tentent en sous main de prendre le pouvoir. Que va-t-il se passer ? La lutte va-t-elle continuer ? Une guerre civile d’un autre type est-elle à craindre, entrainant peut-être la dislocation de ce grand pays suivant des lignes tribales ?  La révolution libyenne saura-t-elle malgré tout aboutir à la formation d’un régime démocratique ?
Bien malin qui a la réponse.




mercredi 21 septembre 2011

SLATE : Palestine: scénarios pour l'après 23 septembre




SLATE : Palestine: scénarios pour l'après 23 septembre

par Jacques BENILLOUCHE
Passé l'effet d'annonce, les attributs d'un véritable Etat ne seront pas au rendez-vous et le risque d'embrasement de la région est bien réel.
Un garçon palestinien durant une manifestation contre le mur de séparation près de Tulkarem
La déclaration unilatérale d’indépendance des Palestiniens prévue le 23 septembre peut aussi bien être un pétard mouillé que l’étincelle qui mettra le feu à toute la région. Les Palestiniens mettent beaucoup d'espoir dans l'effet d'annonce d'une déclaration qui passé le moment de liesse risque de décevoir et dont les résultats pourraient bien ne pas être à la mesure des attentes. Les attributs d’un véritable Etat ne seront pas au rendez-vous. Si le drapeau et l’hymne sont acquis, l’armée, les frontières et la monnaie restent hypothétiques, à la merci en fait de décisions des Israéliens.....


Lire la suite en cliquant sur le lien :


http://www.slate.fr/story/43941/palestine-etat-scenarios-ONU-23-septembre



dimanche 18 septembre 2011

Israël, Egypte, Turquie : sables mouvants




Israël, Egypte, Turquie : sables mouvants

par Zvi MAZEL
Ancien ambassadeur d'Israël en Egypte
Fellow of JCPA (Jerusalem Center for Public Affairs)

Israël plus que jamais isolée au Moyen Orient clament les commentateurs avisés, oubliant un peu vite que ce n’est pas vraiment nouveau. En 1948 les pays arabes ont dépêché leurs armées  pour tenter de détruire l’Etat d’Israël naissant. Cet échec a été suivi par d’autres tentatives qui ont connu le même sort. Les pays arabes se sont alors inclinés à regret devant le fait accompli sans pour autant l’accepter. La paix signée avec l’Egypte puis avec la Jordanie n’a jamais été qu’un accord entre gouvernements, pas avec les peuples. La presse arabe a continué à se déchainer contre l’Etat juif, trouvant un terrain fertile auprès de populations auxquelles on apprend, depuis le berceau, que les juifs sont les ennemis de l’islam et seront détruits lors du Jugement Dernier. Privés du soutien populaire, les accords de paix ne reposent donc que sur des intérêts politiques et économiques susceptibles d’évoluer.

L’évolution de la Turquie

La Turquie a été le premier pays musulman à reconnaître Israël en 1949. Atatürk était mort depuis dix ans à peine et le pays s’était engagé sur la voie de la modernité laïque.  Les relations entre les deux pays ont connu des hauts et des bas – déjà en 1980 Ankara avait rétrogradé les représentations au niveau de Second Secrétaire, comme aujourd’hui. Ensuite la situation s’est rétablie. A la veille de la crise actuelle, les échanges commerciaux dépassaient quatre milliards et demi de dollars par an, un demi million d’israéliens partaient passer leurs vacances en Turquie chaque année et Israël fournissait à l’armée turque des armements sophistiqués et de la haute technologie. 
En d’autres temps, l’affaire du Mavi Marmara, qui n’aurait pas dû occuper la première place, aurait pu être réglée entre les deux pays. Mais voila : à la tête du pays se trouve aujourd’hui un dirigeant islamique qui ne cache pas sa volonté de voir la Turquie retrouver son empire d’antan – et qui a le plein soutien de son ministre des Affaires étrangères, auteur d’un ouvrage où il proclama que la Turquie s’apprêtait à reprendre  la place qui lui revient  et à imposer  son hégémonie à travers tout le Moyen Orient.
C’est dans les élections de 2002, qui ont porté au pouvoir Erdogan et son parti islamiste – bien connu pour son hostilité pour les juifs - qu’il faut chercher la genèse de la crise actuelle. Erdogan a démantelé les uns après les autres les remparts établis par Atatürk, père de la Turquie moderne, pour garantir la laïcité dans son pays.  Le plus puissant de ces remparts était l’armée. Profitant du soutien inattendu de l’Union Européenne, pour laquelle  les pouvoirs spéciaux dont disposait l’armée étaient incompatibles avec la démocratie,  Erdogan a sapé ces pouvoirs tout en nommant  des hommes qui lui étaient acquis et en jetant en prison sans procès 400 officiers supérieurs qu’il accusa de comploter contre le régime. Lorsque le chef d’état major, suivi par les chefs de toutes les branches de l’armée, démissionna pour protester, cette démission fut acceptée instantanément et les hommes d’Erdogan nommés à leur place. 
L’armée ainsi neutralisée, ce fut la fin de la coopération avec Israël. Erdogan s’attaqua ensuite à la magistrature, changeant ou amendant les lois et annulant les mesures si soigneusement élaborées par Atatürk. Le caractère islamique de la Turquie se renforça progressivement. La révolution laïque qui avait transformé le pays et lui avait donné force et stabilité fit place à un retour à l’islam tandis que l’hostilité à Israël se développait.

Alliance avec la Syrie et l’Iran

Erdogan chercha alors à forger une alliance stratégique avec la Syrie et avec l’Iran. Le  soulèvement en Syrie, et l’appui accordé à Bassar Al-Assad par l’Iran, associés à la crise ouverte entre Téhéran et l’Occident, ont montré la futilité de ces alliances. Changeant de cap, la Turquie accéda à la demande de l’OTAN – dont elle est membre -  et permit l’installation sur son sol d’installations chargées de suivre de près les missiles iraniens qui ont la capacité d’atteindre l’Europe – et Israël.
La Turquie n’avait plus d’allié dans la région mais continua à se positionner en grande puissance.  Erdogan décupla sa rhétorique contre Israël tout en soutenant les palestiniens afin de se poser en leader du monde arabe et de tenter de former des alliances aléatoires avec  des  pays en crise  en proie à des dissensions internes.  Il vient de se rendre en Egypte,  pour chercher à établir une alliance stratégique avec sa grande rivale du temps de Moubarak.  Applaudi par la foule pour ses prises de positions contre Israël, il réussit à conclure quelques contrats commerciaux mais le Conseil Militaire suprême qui gouverne le pays refusa de s’engager. L’Egypte a assez à faire avec ses propres problèmes et ne tient pas à déclencher une crise avec les Etats Unis. Pire encore, les Frères Musulmans, alliés de longue date du leader turc, n’ont pas apprécié  sa proposition de  faire de l’Egypte une démocratie laïque et suggérèrent poliment au visiteur de se mêler de ses propres affaires.

Isolement des turcs

Résumons. L’alliance avec l’Iran n’est plus ; Turquie et Syrie ont massé des troupes de part et d’autre de leur frontière commune. La minorité kurde en Turquie se montre plus que jamais déterminée à gagner son indépendance par la force. Les relations avec l’Arménie et avec la Grèce sont plus tendues que jamais. L’ultimatum de la Turquie interdisant à Chypre de chercher des gisements de gaz naturel dans ses eaux territoriales au prétexte que cela porterait atteinte à la partie nord de l’ile (illégalement occupée par la Turquie) a déclenché une crise ouverte. Parallèlement le Liban a dû, sous la menace, déférer la ratification du traité conclu avec Chypre pour délimiter leurs frontières maritimes. Les Etats Unis, mais aussi la Russie s’inquiètent de ces manifestations belliqueuses ; selon un porte-parole russe cité par un site internet, deux sous-marins à propulsion nucléaire auraient été dépêchés en Méditerranée orientale  pour permettre à Chypre de procéder à la recherche de gisements de pétrole et de gaz dans ses eaux territoriales.
Tel est le pays qui évoque l’isolement d’Israël. Il faut dire encore que la Turquie est 40 fois plus grande, qu’elle a dix fois plus d’habitants et une armée puissante, mais aucune frontière commune avec Israël, un pays qui ne la menace d’aucune façon et qui ne demande qu’à reprendre les bonnes relations du passé pour le plus grand bien des deux peuples. Il n’existe aucun véritable contentieux entre les deux pays – hormis la rhétorique et l’extrémisme religieux. La raison pourra-t-elle triompher de la passion ?
Toute autre est  la situation concernant L’Egypte.  Egypte et Israël ont signé un traité de paix garanti par les Etats Unis ; une longue frontière terrestre les sépare. Aujourd’hui le pays  des Pharaons traverse une période d’instabilité qui s’annonce longue. Il va falloir des mois ou plutôt des années pour que de nouvelles institutions démocratiques soient mises en place, les extrémistes musulmans ont le vent en poupe et pourraient faire partie du futur gouvernement.  Le risque de confrontations violentes entre les diverses forces du pays est plus que jamais présent, d’autant que les masses populaires se sentent frustrées du manque de progrès. L’Egypte importe plus de cinquante pour cent de son blé et doit faire appel à ses réserves pour subventionner les produits de base. Le tourisme est au plus bas, les investisseurs restent dans l’expectative. Près de la moitié  de la population – qui compte 83 millions – doit se contenter de moins de deux euros par jour pour survivre.  L’Egypte sera peut-être contrainte d’avoir recours à l’aide extérieure pour survivre.

Montée de l’extrémisme religieux

Durant près de 32 ans, la paix avec Israël et le calme le long de la frontière ont accordé à l’Egypte la stabilité dont elle avait besoin ainsi qu’une aide américaine considérable.  Le pays n’a aucune raison de changer cet état de choses et a suffisamment de problèmes à résoudre au plan intérieur ;  il n’a rien à gagner dans une confrontation que son armée ne souhaite pas. Malheureusement la montée de l’extrémisme religieux et les années d’incitation ont fait leur œuvre et beaucoup d’égyptiens sont aujourd’hui hostiles à Israël.  N’oublions pas non plus que l’Etat juif  est un bouc émissaire tout trouvé pour expliquer l’échec des dirigeants militaires qui n’ont pu réaliser aucun des objectifs de la révolution. Là encore, la raison l’emportera-t-elle contre la passion ?
Turquie, Egypte – Jordanie peut-être –  trois brûlots pour Israël alors que la question palestinienne arrive à l’ONU.  Pourtant il faut bien reconnaître que ce n’est pas Israël qui porte la responsabilité de la crise, reconnaître aussi que les intérêts de base de la région sur le plan politique, stratégique et économique n’ont pas changé.  Espérons donc que le calme reviendra après la tempête pour le plus grand bien non seulement d’Israël, mais de toute la région.





mercredi 14 septembre 2011

SLATE - Israël-Turquie: condamnés à s'entendre



SLATE - Israël-Turquie: condamnés à s'entendre

Par Jacques BENILLOUCHE 

Entre la Turquie qui estime son honneur bafoué et Israël qui a pour principe intangible de ne jamais s'excuser quand sa sécurité est en jeu, l'impasse semble totale. Mais quand la raison finira par reprendre le dessus, les deux pays ne pourront que s'entendre.
Sous-marin israélien Dolphin

La brouille entre Israël et la Turquie semble avoir atteint un point de non retour. Pour autant, le conflit entre les deux pays ne devrait pas s’éterniser. Les intérêts communs stratégiques et économiques sont trop grands. Au-delà des invectives, des menaces populistes et des mouvements d’humeur, les protagonistes reviendront à de meilleurs sentiments, poussés en cela par leurs armées respectives. Israël et la Turquie ont besoin l’un de l’autre et ils n’ont pas de politique de rechange à court terme....

Lire la suite en cliquant sur le lien :

http://www.slate.fr/story/43359/israel-turquie-condamnes-entendre




dimanche 11 septembre 2011

LA PROSTITUEE DE JERICHO




LA PROSTITUEE DE JERICHO

Michèle MAZEL
Editions ELKANA



Michèle Mazel a écrit un véritable thriller qui, dans le cadre d’une histoire d’amour, permet de restituer les évènements de l’intifada palestinienne. Tous les ingrédients figurent dans ce roman d’espionnage : le suspense, les retournements de situation, l’action, la mort et l’amour. Le conflit palestinien reste la toile de fond du récit où le héros Michel Guirgis, « le séduisant médecin libanais » exploite la naïveté  de l’idéaliste étrangère Fiona Farquart qui cherche à combattre « la maladie, l’analphabétisme, et les occupants maudits ».
L’auteur profite de son récit pour faire des digressions vers quelques épisodes bibliques, que certains découvriront avec plaisir, pour démontrer qu’à travers les siècles, l’Histoire du peuple juif est vivante en Israël et qu’elle reste encore aujourd’hui une référence pour le pays. Les lecteurs ont droit aussi à une visite touristique de la région avec guide confirmé. 
Usant d’un vocabulaire riche, l’écriture est simple et alerte pour laisser au récit sa vivacité et pour maintenir en permanence le suspense. Michèle Mazel a utilisé la technique des poupées russes où une histoire s’ouvre progressivement sur une autre dans le cadre d’un puzzle qui se construit progressivement. Elle aborde des sujets graves et sensibles sous couvert du roman pour capter l’attention du lecteur. Il n’est pas facile en effet de traiter du conflit israélo-palestinien sans être taxé de parti-pris, de militantisme ou de naïveté. Mais la mayonnaise prend vite et chacun aura le loisir de retrouver à sa guise soit le côté historique et politique, soit la trame romanesque. 
 
Le roman est lourd par son contenu mais léger par la façon dont les thèmes sont traités. Il ne se veut pas une thèse politique qui rebute souvent, mais un roman d’espionnage intelligent qui détend et instruit à la fois. Le lecteur apprendra sur l’intifada et les mouvements palestiniens beaucoup plus qu’il n’a lu dans les journaux de manière rébarbative. On sent par ailleurs que l’auteur a soigné sa documentation et détient des sources originales.
Tour à tour politique, historique, romantique ou dramatique, le récit s’insère dans le quotidien normal d’un couple mixte avec ses moments de passion, d’amour et de haine. Il évolue dans le monde mystérieux du KGB, de la CIA,  du Mossad et du Shabak ; une excellente manière pédagogique et ludique pour aborder les choses sérieuses. 
Le suspense est bien entretenu. Vous ne lâcherez pas le livre avant la dernière page pour connaitre son dénouement. Les tréteaux du théâtre de la vie humaine ont été montés et grâce à l’imagination débordante de Michèle Mazel, on passe un agréable moment de littérature. Les francophones d’Israël seront fiers que l’une de leur représentante soit capable  de prouver à l’Organisation de la Francophonie, qui refuse de se prononcer sur une anomalie qui met Israël au ban de la culture française, que de nombreuses publications dans la langue de Molière naissent en Israël au fil des amours des israéliens avec le texte et les mots. Une bonne leçon à ceux qui ignorent la vivacité de la langue française dans « ce petit pays de merde »


Le livre est disponible dans toutes les bonnes librairies en Israël et en France 

Vice Versa 1 Ben Shattah, JERUSALEM

le Foyer place Masaryk, TEL-AVIV

En France a la FNAC (commande internet possible....

samedi 10 septembre 2011

SLATE : Les troubles prévisibles d'Egypte



SLATE : Les troubles prévisibles d'Egypte
par Jacques BENILLOUCHE

Israël a rapatrié son ambassadeur en Égypte et doit désormais revoir sa stratégie vis-à-vis de son voisin.
Des manifestants égyptiens détruisent un mur devant l'ambassade israélienne au Caire,
L’ancien ambassadeur israélien en Egypte et analyste au JCPA (Jerusalem  Center of Public Affairs), Zvi Mazel, nous avait fait, le 3 septembre, une déclaration prémonitoire:
 «Cela fait six mois que Hosni Moubarak est tombé de son piédestal et pourtant on a la triste impression que le seul point d’accord reliant les diverses forces en présence, qui se battent pour le contrôle du pays, c’est la haine d’Israël…. Aujourd’hui la parole est aux Frères Musulmans et aux partis laïcs ultranationalistes.» ....

Lire la suite en cliquant sur le lien :

http://www.slate.fr/story/43487/egypte-israel-violence 

mercredi 7 septembre 2011

Valérie HOFFENBERG : LA SANCTION




Valérie HOFFENBERG : LA SANCTION

Par Jacques BENILLOUCHE



Un article avait été publié, en mars 2011, sur Slate.fr intitule : « Entre le Quai d'Orsay et Israël, la haine ». Les questions étaient posées : en dépit d'une «normalisation» récente, les relations entre la diplomatie française et Israël ont toujours été extrêmement conflictuelles. Le retour d'Alain Juppé au Quai d'Orsay va-t-il marquer un retour au passé?

Bastion inexpugnable

Il semble bien que le Quai d’Orsay reste fidèle à son indépendance et jaloux de ses prérogatives qui avaient fait dire à Claude Goasguen, lors de notre interview : «En vérité la politique étrangère en France est réservée à une poignée d’individus sans contrôle. Le président de la République, un petit peu le ministre des Affaires étrangères qui n’a pas grand pouvoir et le Quai d’Orsay. L’Assemblée nationale ne connaît rien de la politique étrangère de la France. En tant que député, j’apprends tout par la presse, comme vous. Nous sommes le seul pays à avoir un homme et un seul à l’Elysée, avec le secrétaire général du Quai qui décide de tout et qui est par nature en dehors de toute responsabilité politique.»
La brutalité de la décision annoncée, sans diplomatie, par le porte-parole du Quai d’Orsay est éloquente en la matière. «Mme Valérie Hoffenberg n'exerce plus les fonctions de représentante spéciale de la France pour la dimension économique, culturelle, commerciale, éducative et environnementale du processus de paix au Proche-Orient. Elle n'a pas qualité pour s'exprimer sur ce sujet. Elle a d'ailleurs précisé qu'elle le faisait à titre personnel», a déclaré Bernard Valero, porte-parole du Quai d'Orsay. 
Paradoxalement Mme Hoffenberg avait été nommée à ce poste par le président Nicolas Sarkozy en août 2009 et son limogeage n’a pas été décidé ni annoncé par l’Elysée. Il est vrai qu’elle avait pris des risques, se sachant protégée en haut lieu, en s’attaquant au bastion du Quai d’Orsay. Elle avait pris l’initiative de demander au président de la République de ne pas voter la reconnaissance de l'Etat palestinien en septembre ce qui n'avait pas plu aux fonctionnaires du Quai, et encore moins à Alain Juppé.

Le rêve israélo-palestinien

Valérie Hoffenberg avait reçu du président de la république un poste taillé sur mesure et dont le long intitulé permettait de noyer sa mission dans un verbiage politique. Nicolas Sarkozy visait en fait un électorat qui l’avait appuyé en masse en 2007 mais qui l’a progressivement abandonné parce que les relations avec Israël s’étaient distendues . Il avait en effet prôné, lors de son dernier voyage, le partage de Jérusalem ce qui reste inacceptable par les nationalistes. Par ailleurs, en aidant au développement économique de la Palestine, Nicolas Sarkozy voulait réintroduire la France au sein du processus de paix en appliquant la formule de son ami Netanyahou qui voulait la «paix par l’économie». Le renvoi de la représentante spéciale met fin au rêve du développement du dialogue entre israéliens et palestiniens sous l’égide de la France.
Le président français l’avait ensuite imposée comme candidate UMP aux législatives de 2012 dans la circonscription des français de l’étranger comprenant, entre autres pays, Israël, la Turquie, Italie et la Grèce. En supprimant onze circonscriptions de France, en majorité tenues par la gauche, et en créant des circonscriptions pour les français de l’étranger, Nicolas Sarkozy voulait s’assurer des postes de députés dont les électeurs avaient massivement voté pour lui lors des élections de 2007.
Valérie Hoffenberg se sentait en porte-à-faux entre sa fonction «pro-palestinienne» et son désir de représenter les français d’Israël à l’Assemblée Nationale. Elle a donc manifesté plus de sens critique à l’égard des déclarations françaises lorsqu’elles égratignaient les prises de position du gouvernement israélien. Elle était par ailleurs au centre d’une guerre à fleuret moucheté entre les conseillers de l’Elysée et ceux du Quai, qui sous la conduite d’Alain Juppé, tenaient à démontrer leur indépendance vis-à-vis du président de la République. Le greffon n’avait pas pris et Valérie Hoffenberg paie les conséquences de sa proximité avec Nicolas Sarkozy. Alain Juppé n’avait jamais accepté la présence à ses côtés d’une représentante considérée à ses yeux pro-israélienne.

Greffe mal vécue

Elle était consciente de la tâche ardue qui l’attendait puisqu’elle s’en était expliquée lors de son interview : «Quand j’ai accepté la proposition de Nicolas Sarkozy, je savais que cela ne serait pas facile. C’est vrai que c’est plus simple de parler à des juifs convaincus que d’agir de l’intérieur. S’il n’y a personne au sein du Quai d’Orsay, alors on ne changera pas l’image que l’on a d’Israël. Veut-on qu’il n’y ait que la rue arabe au Quai ? Moi j’ai décidé d’arrêter de me plaindre et d’agir de l’intérieur pour faire bouger les choses. Je mentirais si je disais que je peux changer tout, mais être à l’intérieur est déjà une victoire pour ceux qui aiment Israël.» Cette déclaration sur la «rue arabe» et sur sa volonté de peser de l’intérieur avait été jugée sincère mais maladroite par ses collègues.
Son discours irritait plusieurs dirigeants français, à la fois de gauche comme de droite. En exigeant des rectificatifs à des déclarations du Quai d’Orsay et en prenant la parole à la tribune du Conseil de Paris pour défendre ouvertement les positions d’Israël, elle s’est attiré les foudres des socialistes qui ont attribué sa position à ses prétentions électorales. Elle avait réagi en rappelant que ses propos en faveur d’Israël au sein du Conseil de Paris étaient bien antérieurs à sa candidature aux élections des français de l’Étranger.
Nicolas Sarkozy n’est plus en odeur de sainteté auprès des israéliens, et des français  d’Israël en particulier. Tous les candidats à cette élection législative se sont par ailleurs démarqués du président et refusent même son soutien à l’instar de la très sarkoziste UPJF (Union des Patrons Juifs de France) dont le candidat, Edward Amiach, a très officiellement attaqué le président de la République : «Nous sommes déçus  des positions qu’a prises Sarkozy ou son ministère des affaires étrangères. Je crois que Nicolas Sarkozy s’est fait déposséder de la politique au Proche Orient, par des conseillers ou des fonctionnaires du ministère des affaires étrangères.»
Valérie Hoffenberg paie ainsi sa volonté de mettre en avant son attachement à l’Etat d’Israël plutôt que de cautionner les décisions gaulliennes du Quai d’Orsay. Cette «mise à la porte» risque de la fragiliser au moment où ses adversaires grignotent du terrain et de faire perdre à l’UMP un siège qui lui était pratiquement acquis.  Par cette décision qu'il a certainement cautionnée, Alain Juppé a définitivement imprégné son ministère de son sceau jugé anti-israélien. Pour lui, il s’agissait de prouver son indépendance et ses distances vis-à-vis d’un pouvoir qui s’affaiblit. Nous avions ainsi la réponse à notre question posée en mars.
Il est étonnant que Nicolas Sarkozy ait paradoxalement scié la branche sur laquelle il se posait. Bien sûr il n'y a pas de vote juif mais il existe en France un électorat pro-israélien  qui pourrait être lassé des prises de position qui collent à celles des fonctionnaires à particule du Quai d'Orsay, profondément pro-arabes et parfois antisémites. 
Valérie Hoffenberg reprend ainsi sa liberté de parole et de ton et, à la façon dont elle s'est exprimé à la première conférence internationale pour la coopération régionale organisée par le vice-ministre Sylvain Shalom, on comprend qu'elle va afficher ouvertement son attachement  à Israël avec moins de discrétion. Ses adversaires pourront difficilement la qualifier de pro-palestinienne et d'irréductible soutien d'un président qui ne semble plus axer sa stratégie sur l'amitié avec Israël. 
La sanction qui est tombée pourrait en fait lui être plus favorable qu'il n'y parait.Valérie Hoffenberg se décharge du boulet de la Palestine et pourrait rebondir en perdant l'obligation de ménager son ministère de tutelle qui a toujours été considéré comme un opposant aux israéliens. Elle pourrait éliminer son adversaire à droite et ancien soutien de Nicolas Sarkozy, Philippe Karsenty, qui semble fuir le débat en Israël.